A la surface de l'eau en cette fin de mois de janvier, l'archipel de Pointe Géologie, prolongement marin de la Terre Adélie, apparaît comme un ensemble d'îles granitiques encore à cette saison partiellement recouvertes de neige et de glace. Le glacier de l'Astrolabe distant d'un kilomètre de la base Dumont d'Urville est un mur d'eau douce gelée haut de 50 m. Ce mur s'effondre, se brise et se disloque dans un fracas impressionnant. Il laisse ainsi s'échapper des icebergs de toutes tailles. D'énormes lambeaux de glaces partent à la dérive vers le large ou arrivent d'autres glaciers. Le vent et la marée déplacent ces blocs blancs. Lorsqu'ils touchent les fonds rocheux les icebergs se brisent et se fragmentent, laissant remonter vers la surface la glace qui vient de se casser. Ainsi, des morceaux de glaces dont la taille varie entre le centimètre et la dizaine de mètres ou plus dérivent ou s'accumulent en surface au grès des vents et des courants.
![]() Archipel pointe géologie |
![]() Glacier de l'Astrolabe |
![]() Iceberg |
![]() Site de plongée |
| Selon la météo, la surface de la mer est occupée, autour de Dumont d'Urville, par quelques icebergs immobiles ou alors par un voile continu de glace pilée et d'icebergs plus volumineux. Chaque jour le paysage change. Et, chaque jour notre site de travail, l'anse du Macarbi est libre de glace ou accueille des icebergs de 10 m de haut ou encore n'est pas navigable tant la densité des " glaçons " en surface est importante. Par ailleurs, le froid de la nuit peut transformer la couverture de glace pour en faire de grandes plaques épaisses sur lesquelles notre zodiac est obligé de s'appuyer pour avancer.Il est facile de comprendre que dans ces conditions nous avons dû apprendre un nouveau mode de plongée. Parfois, il faut se frayer un passage pour pouvoir accoster au mât iono. |
![]() Le zodiac dans la glace |
Puis, lorsque les plongeurs sont prêts ils doivent prendre garde aux blocs
de glace avant de basculer dans l'eau. Sous l'eau, le bruit des glaçons
est assez surprenant. La glace est évidemment un obstacle et la nage
en surface est souvent impossible. Un cliquetis accueille les plongeurs en surface,
c'est le même bruit que celui des glaçons dans un verre.
![]() Laurent et Erwan travaillent |
![]() Laurent dans les glaçons |
![]() Erwan en surface |
Au fond, nous entendons les bruits beaucoup plus violents des icebergs qui se brisent. Ces bruits sont ceux d'une explosion sous-marine. Sous la glace, la lumière s'estompe et selon les angles de vue la glace de surface ou les icebergs talonnant le fond ont des intensités lumineuses très variable. Comme toute cette glace bouge, l'ambiance est changeante.
![]() Variations de lumière |
![]() Glace en surface |
![]() Jeu de lumière |
![]() Laurent entre ciel et glace |
Lors de chaque plongée, nous travaillons d'abord, mais l'esthétique
de cette glace nous invite à la balade. Aussi, lorsque le travail est
achevé, nous nous accordons 10 minutes de promenade dans les dédales
de glace. L'anse du mât iono devient notre terrain de jeu. Les glaçons
apparaissent sculptés. Des voûtes pleines et des arc-boutants se
forment.
![]() Laurent fait une pause |
![]() Erwan aureole |
![]() Vol sous glace |
Des cratères apparaissent sur les faces des icebergs qui deviennent des balles de golf gigantesques. Nous évoluons alors dans des véritables cavités de glace. L'ambiance est surnaturelle mais bientôt le froid nous rappelle à l'ordre et nous devons retrouver la surface.
![]() Iceberg en balle de golf |
![]() Exploration |
![]() Art et lumière |
Laurent et Erwann