Il faut que tu respires !...le pétoncle aussi !

On comprend bien pourquoi on mange… ! Si on ne mangeait pas on ne pourrait pas vivre et pas grandir, c'est évident !
Mais pourquoi on respire ??? A quoi sert cet air qu'on fait rentrer dans notre corps ???

Eh bien l'air, l'oxygène qu'il contient pour être plus précis, c'est ce qui permet de tirer l'énergie de tout ce que nous avalons.

C'est un peu comme le bois qu'on utilise pour faire du feu. Si on ne laisse pas passer l'oxygène entre les bûches…le feu s'éteint. D'ailleurs les pompiers disent que pour éteindre un feu, le mieux c'est d'étendre une couverture dessus, comme ça on empêche l'oxygène d'approcher les flammes, et tout s'arrête.
Une bûche sans oxygène ne brûle pas, donc ne libère pas d'énergie, eh bien pour les aliments c'est pareil, sans respiration ils ne serviraient à rien.
Eh bien c'est pour ça que presque tous les êtres vivants respirent. Plus on respire plus on consomme d'énergie. C'est vrai aussi pour les pétoncles de l'antarctique.

Le pétoncle utilise l'oxygène qui se trouve dans l'eau de mer.
Dans l'eau, on ne voit pas l'oxygène, mais il y en a. En fait, il est dissous. Comme le morceau de sucre que l'on met dans un verre d'eau. Le sucre fond, on ne le voit plus. Mais pourtant le sucre est toujours là puisque l'eau a un goût sucré. On dit que le sucre est dissous dans l'eau. C'est pareil pour l'oxygène, on ne le voit pas mais pourtant il est là.


Pour en savoir un peu plus

Tous les organismes vivants utilisent de l'énergie pour se maintenir en vie, pour grandir et pour se reproduire. Cela veut dire que tout ce qui vit sur la terre a besoin d'énergie. Ces organismes tirent cette énergie de molécules qu'ils fabriquent eux-mêmes
1 (végétaux) ou alors cette énergie vient de molécules qu'ils ont digérées et absorbées après avoir mangé (animaux). Dans tous les cas il faut comprendre que ces molécules sont une réserve d'énergie, comme un tas de bois sous un préau. Il faut brûler ce bois pour récupérer l'énergie (la chaleur) qu'il contient. La combustion du bois utilise l'oxygène de l'air. Sans air, c'est-à-dire sans oxygène, le feu meurt. De façon assez similaire, chez les organismes vivants, des microbes jusqu'aux baleines, l'une des manières les plus efficaces qui permettent la production de l'énergie indispensable à la vie utilise l'oxygène. Cet ensemble d'étapes complexes qui utilise l'oxygène pour extraire de l'énergie à partir, par exemple, de ce qu'un animal a mangé, est appelé respiration. Il faut comprendre que la respiration avec oxygène (aérobie) est de loin la plus efficace pour produire de l'énergie mais la respiration sans oxygène (anaérobie) est également possible. Quoiqu'il en soit nous mangeons pour récupérer des molécules (le bois du feu) et nous récupérons de l'oxygène à partir de l'air qui rentre dans nos poumons pour respirer ces molécules et ainsi avoir de l'énergie et vivre. Un pétoncle fait la même chose. Une coquille Saint-Jacques aussi. Et, ces animaux aquatiques utilisent des branchies pour récupérer l'oxygène qui est comme le sel dissous dans l'eau de mer.

Notre travail, avec notre système de cloches en plastiques que vous voyez sur les photos, c'est de mesurer à quelle vitesse respirent les pétoncles. S'ils respirent vite, c'est qu'ils consomment beaucoup d'énergie, s'ils respirent lentement c'est qu'ils sont plutôt économes. C'est très important pour étudier leur croissance, leur reproduction et leur relation avec leur environnement.



Pour en savoir un peu plus

Dans le cadre du programme MACARBI nous cherchons à estimer la respiration aérobie du pétoncle polaire. Cette information est cruciale pour approcher la bioénergétique de cette espèce. La recette pour cette mesure est simple : il nous faut placer sous une cloche en plexiglass (enceintes) un ou plusieurs pétoncles. Mesurer à l'aide d'une sonde la quantité d'oxygène qu'il y a dans l'enceinte. Faire cette mesure toutes les minutes, pendant une demi-heure afin de déterminer une consommation d'oxygène par unité de temps. Puis, remonter à la surface les pétoncles. Les sécher. Les peser. Calculer à l'aide des résultats de la sonde (quantité d'oxygène dan l'eau de l'enceinte), du temps passé dans l'enceinte et du poids des animaux la respiration du pétoncle antarctique.


Les premiers résultats montrent que le pétoncle polaire respire beaucoup moins que la coquille Saint-Jacques Bretonne, qu'elle soit de Belle-ïle en mer ou de la rade de Brest ou encore qu'elle vive juste en face du port de l'Aber Wrac'h, au bout de la cale de la SNSM.


Pour un animal de 10 grammes, les consommations journalières moyennes des deux espèces sont les suivantes :

Coquille Saint-Jacques

250 mg d'oxygène

Pétoncle polaire

80 mg d'oxygène



1(soit à l'aide de la lumière du soleil et on appelle cette étape la photosynthèse soit à l'aide d'autres molécules et on appelle cette étape la chimiosynthèse).