Décembre 2007 : MACARBI au Travail
Décembre 2007. Base Dumont D’Urville
Cette année, en arrivant plus tôt qu’à l’habitude (mi-décembre plutôt que mi-janvier), nous avons atteint notre premier objectif, qui était de pouvoir commencer nos travaux scientifiques avant que les températures positives de l’été austral n’aient fait fondre la banquise. En effet, on ne sait pas grand-chose de la vie des organismes qui se trouvent au fond de la mer quand la glace est présente.
Comment en absence de lumière, ou avec une lumière très faible, les végétaux peuvent-ils se développer et ainsi nourrir les animaux ? Est-ce que tout le monde « dort » là-dessous pendant les 10 mois de banquise ? Y a-t-il quelques algues dans l’eau, au fond, dans la glace ? Et puis comment va se dérouler, pour toute cette vie marine côtière, ce véritable « cataclysme » que constitue la débâcle de la banquise ?
Arrivé suffisamment tôt, une année où en plus la débâcle est tardive, nous allons pouvoir essayer de résoudre toutes ces énigmes. Dès le 14 décembre, le lendemain de notre arrivée, nous voilà donc au travail sur la banquise. Nous voulons rapidement prélever l’eau qui se trouve sous la banquise, juste en dessous ou bien près du fond. Si nous sommes plutôt à l’aise sur les bateaux, travailler à partir de la glace était vraiment une nouveauté pour nous. Nous avons donc dû apprendre à faire des trous dans la glace, à embarquer notre matériel dans de petits traîneaux et les tirer sur la glace, et puis à se familiariser avec cette glace par endroit moins épaisse et donc dangereuse.
Une fois les trous faits, notre objectif a été de prélever de l’eau pour étudier le plancton qu’elle contenait, et aussi de poser dans ces trous à différentes profondeurs des sondes qui permettent de mesurer la température, la salinité et la quantité d’oxygène.
Dans notre petit laboratoire du Maiono, l’eau prélevée est filtrée pour en extraire le plancton. Les filtres sont très fins et permettent de recueillir les plus petites particules présentes dans l’eau.
Au laboratoire il nous faut aussi programmer nos sondes et récolter les informations qu’elles contiennent. Du 14 décembre jusqu’à Noël nous avons réalisé régulièrement ces mesures et prélèvements sur trois sites, ou plus exactement dans trois trous situés dans le sud de l’Île au Pétrels. Les filtres sont congelés et seront analysés à notre retour en France. Par contre les mesures faites par les sondes sont étudiées au fur et à mesure. Le graphique ci-dessous vous donne en exclusivité les mesures de température et de salinité sous la glace au site du « pré ». Il ne fait pas chaud, la température moyenne est d’environ -1,8°C durant les trois jours de mesure, tandis que la salinité est assez faible, probablement à cause de la fonte estivale de la glace.Ces mesures et observations ont été une partie de notre travail durant cette première période de la mission MACARBI 3, mais les choses ne se sont pas arrêtées là ! Dès que le matériel de plongée sous-marine a été disponible, le 18 décembre, les prélèvements d’animaux ont alors commencés...vous en saurez beaucoup plus sans tarder !
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La banquise est là ! Il nous faut donc creuser des trous pour
y glisser matériel,
plongeurs et pour y prélever de l’eau. |
Extraire la glace une fois découpée n’est pas une mince affaire…
moins facile que pour l’esquimau pêcheur des dessins animés !
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| Océanographie sur glace ! Nous voilà descendant nos équipements scientifiques dans un trou de glace. Celui-ci est particulièrement bien aménagé avec son trépied et son cadre en bois ; c’est l’œuvre de Stéphanie, une scientifique qui a passé son année sur la base et qui gentiment a mis à notre disposition ce matériel. |
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Une des sondes que nous utilisons pour mesurer les caractéristiques de l’eau de mer. A l’extrémité droite ce sont les capteurs. La sonde peut être suspendue par une corde ou posée sur le fond. Elle peut enregistrer des informations sur la température, la salinité et l’oxygène pendant des dizaines de jours sans s’arrêter.
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Notre petit labo du « Maiono », où nous traitons nos échantillons
et préparons nos sorties sur la banquise.
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Joëlle en plein travail de filtration dans le labo. |
Laurent programme une sonde. Il lui indique le type de mesures à faire, leur fréquence et pendant combien de temps. Cette sonde sera ensuite mouillée dans un de nos trous dans la banquise |
| Une filtration en cours. L’eau de mer passe dans un filtre très fin qui va récupérer les particules les plus petites. On voit sur l’encadré en bas à gauche, un filtre à la fin d’une filtration, le plancton récupéré est bien visible il donne une couleur orangée. Ce filtre sera congelé et étudié plus tard en France |
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La courbe des températures et des salinités sous la glace du 17 au 21 décembre 2007.
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