4 décembre 2007 – Hong Kong
Après 10h de vol depuis Paris, notre Airbus A330 se pose vers midi sur l’aéroport de Hong Kong, où nous devons attendre jusqu’à minuit l’avion qui nous conduira à Sydney en Australie.
Ce qui frappe ici, c’est l’absence de ciel… ou plutôt l’existence au dessus de nos têtes d’une couche brumeuse, blanc jaunâtre, qui nous empêche de le voir. Par moment, le soleil apparaît quand même, mais il a l’air plutôt l’air d’une lune timide. Nous sommes dans l’un de ces décors de bandes dessinées futuristes (Bilal, Moebius,…). Oui, c’est bien ce que l’on retrouve à chaque fois, et que tous les livres nous décrivent, une couverture permanente de pollution lancée sur la ville.
Douanes passées, nous décidons une escapade dans cette immense cité chinoise. Une Chine un peu particulière il faut le dire, puisque Hong Kong n’est réuni à la Chine communiste que depuis quelques années après une longue histoire sous le drapeau britannique. Nous descendons du métro à la gare centrale. Une jungle d’immeubles étonnement étroits et incroyablement hauts comme déformés par la pénurie de place laisse voler ses gros bourdons hélicoptères….Il est ici plus facile de voler que de rouler. L’hyperactivité de la cité nous frappe immédiatement ; cette ville est en construction permanente, depuis le sommet des tours qui s’élèvent encore et encore jusqu’aux couloirs souterrains que l’on creuse à leurs pieds et où passeront nouveaux métros et autoroutes. La vibration d’une fourmilière.
La ville, au moins le centre ville, est prise en sandwich entre la mer d’un côté et la montagne de l’autre. Entre les deux une bande de gratte-ciels du côté mer, et derrière eux, sur les premières pentes de la montagne, les restes de la ville ancienne avec ses petites rues tortueuses. Le contraste entre les deux quartiers est saisissant. On passe sans transition du quartier des gratte-ciels, avec ses limousines noires, ses magasins de luxe et tous ses habitants vêtus en costards cravates comme en uniforme, au quartier ancien, vaste marché à ciel ouvert, où couleurs, odeurs et sons vous saisissent.
Nous avons passé l’après-midi à déambuler dans cette ville, étonnant lieu de rendez-vous de deux mondes. C’est certainement devant les étals des poissonniers que nous avons passé le plus de temps, étonnés de la multitude d’espèces inconnues de nous, qu’il s’agisse de poissons ou de coquillages. Nous avons admiré aussi la précision du geste de ce commerçant préparant à la demande les crapauds vivants qu’il proposait à se clients. Décapitation et écorchage des batraciens se font dans une ambiance bactérienne avec une feuille de boucher et avec un savoir faire impressionnant. Anguilles et tortues d’eau douce côtoient poissons lune et pétoncles roses. Les crevettes bondissantes d’ultrafraîcheur se font voler à l’étal par des clients cravatés. C’est dans ce marché que l’odeur des billots couvre l’odeur de pollution.
La nuit est tombée, il nous faut regagner l’aéroport par le train qui assure la liaison entre la ville et l’aérogare et poursuivre notre migration hivernale.