Le vent catabatique souffle sur l’archipel Pointe Géologie et c’est une leçon d’humilité. Jours après jours nous avions scruté, sans modestie aucune, le fond de la mer. Nous avions cessé de parler du ciel toujours bleu. Le vent était nul. La mer était belle.
Des manchots Adélie « profitent » de l’été austral. |
La mer est calme sous un soleil d’or. |
Le temps était à l’insouciance scientifique blotti dans un été en antarctique sans précédent par sa constante clémence et par sa douceur. Puis, hier, un torrent atmosphérique s’est imposé dans ce paysage trop calme. Ce vent vient du Sud, froid comme les vents du nord des côtes aux bateaux éventrés… en armorique. Comme une goutte trop épaisse et trop grosse, il s’est enfuit du pôle pour courir vers la mer. Il a dévalé la pente du continent antarctique. Il va vite. Arrivant sur notre île, cent puis cent cinquante kilomètres par heure, avec des rafales hargneuses, ce vent bouscule nos habitudes, nos lits, les manchots et leurs poussins encore duveteux. Les volutes du vent, trop promptes, buttent contre les icebergs
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