MACARBI3. Ecole primaire de Bourg Blanc



Le pétoncle antarctique à découvert

Que fait-on au laboratoire avec les pétoncles récoltés ?

Comme nous vous l'avions expliqué, nous nous intéressons surtout aux marques visibles sur les coquilles des coquillages. Ces marques nous permettent de connaître les conditions de vie des animaux, et par exemple de déterminer si le climat change.
Pour être sûr de bien comprendre ces stries, il nous faut connaître la biologie de l'animal : sa croissance, son âge, sa reproduction, sa respiration, etc.
Une fois rapportés dans notre petit laboratoire (voir la chronique installation du laboratoire) les pétoncles, sont d'abord mesurés, puis pesés. Ensuite nous les disséquons, avec des petits ciseaux et des pinces très fines, pour séparer la coquille et la chair et aussi pour séparer les différents organes entre aux. En fait, nous séparons la chair en 4 parties, le muscle (la noix ! c'est-à-dire la partie blanche et comestible d'une coquille Saint-Jacques), la gonade (c'est l'appareil reproducteur, c'est ce qu'on appelle le corail chez la coquille Saint-Jacques), la glande digestive (c'est un peu comme un organe qui serait foie et intestin grêle en même temps, ça ressemble un peu à une olive noire !) et pour finir, le reste des organes (rein, branchies et le " manteau " comme un sac qui emballe l'animal).


Mesure d'un pétoncle

Yves Marie dissèque


Ici, après avoir enlevé une partie de la coquille, on retire le manteau. Là, Joëlle détache très délicatement le muscle du pétoncle (la noix). Enfin le corail est détaché à son tour ; chez la femelle celui-ci est orange vif, chez le mâle il est blanc. La glande digestive est l'organe qui est retiré en dernier.


Manteau


Extraction du muscle


Glande digestive


Pétoncle femelle (corail orange)

Pétoncle mâle (corail blanc)

Tous les organes sont pesés avec précision, puis conservés au congélateur pour que nous puissions réaliser l'analyse de leur composition quand nous rentrerons à Brest. Certains échantillons d'organe sont aussi placés dans des liquides conservateurs et seront étudiés au microscope plus tard.
A la fin, les coquilles sont lavées, numérotées et soigneusement rangées avec précaution dans du coton.


Et alors, les fameuses stries de croissance ?

Nous avons commencé l'observation des stries de croissance sur les coquilles. Les stries sont très bien visibles, et on pense sérieusement qu'une strie est déposée chaque année (il nous faudra quand même le prouver définitivement !). Les animaux que nous observons auraient alors plus de 50 ans pour les plus gros !!! De véritables archives…c'est ce que nous voulions.
Encore plus intéressant, les stries ne font pas toujours la même taille ; cela veut dire qu'il y aurait des années à faible croissance et des années à forte croissance. L'environnement du pétoncle antarctique varierait donc d'une année à l'autre. Sur certains pétoncles, nous voyons les stries se rapprocher pendant plusieurs années, comme si ses conditions de vie avaient été mauvaises pendant de longues périodes . Nous avons à peine commencé nos observations. Ces premiers résultats sont très prometteurs.


Vue générale des stries
 

Exclusif, le pétoncle antarctique attaqué par un perceur inconnu !!

A notre grande surprise nous avons pêché un pétoncle dont la coquille était percée. Bien sûr il était mort. Ce petit trou nous fait penser au travail d'un bigorneau perceur …mais pour l'instant nous n'avons vu aucun bigorneau perceur dans la région. Un avis de recherche est donc lancé !!