Société d'études anglo-américaines
des XVIIe et XVIIIe siècles

COLLOQUES ANNUELS


Programme du colloque
(Télécharger le programme au format pdf)



Comme l'Espagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l'Angleterre, pays et puissance maritime ( avant d'être continentale,intercontinentale et mondiale) porte en elle, dès les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (mais il faudrait remonter à John Cabot, vénitien de Bristol) l'esprit d'aventure, d'ouverture, d'exploration, d'expansion. Comme elle a conquis des territoires à l'Ouest (notre colloque de 2009), elle a éprouvé l'attrait de l'Orient, d'abord en Méditerranée, par routes maritimes, puis très au-delà par voies de terre et d'eau.
Le colloque couvrira les domaines qui font partie des études dites de "civilisation" (sans connotations valorisantes ou dépréciatives) : histoire, diplomatie, économie, commerce, guerres, histoire de l'art (peinture, paysage, aménagement, décoration, histoire du goût, musique) ; histoire des religions.
En termes de littérature (où souvent règnent l'imagination, le fantasme, le rêve) et de langues, autres, savantes ou rares, il pourra recueillir les oeuvres de voyage, de témoignages, de correspondances, de poésie, de théâtre. Il pourra s'arrêter à des villes-phares: Alep, Alexandrie, Constantinople, Jérusalem, Troie, Venise sans perdre de vue (de l'esprit) les distants horizons de l'Inde, de Cathay...
Quelques dates-repères pour le voyage : 1575: discours de Humphrey Gilbert sur le passage du Nord-Ouest; 1600: création de la Compagnie des Indes Orientales; 1603: Richard Knowles: " The General History of the Turks" , qui exerça une lointaine influence sur Byron ; 1779 : mort de James Cook à Hawaï; 1810-1812: "Childe Harold"; 1824 : mort de Byron , dans les circonstances que l'on sait.

Le colloque se déroulera en deux journées, la troisième semaine de janvier 2010, à Paris. Un comité d'organisation scientifique examinera les propositions rédigées en français et / ou en anglais et les répartira, sur critères de pertinence et si possible également en littérature et civilisation. Les propositions (300 mots maximum) seront envoyées par courrier électronique et sur tirage papier avant le 15 septembre 2009 à Madame Suzy Halimi (shalimi@univ-paris3.fr), Présidente de la Société SEAA XVII-XVIII, Université de la Sorbonne Nouvelle, 5, rue de l'Ecole de Médecine, 75005, Paris, cedex, et à Monsieur Louis Roux, professeur émérite, 1, rue de la Vapeur, 42100, Saint-Etienne (louis.roux@univ-st-etienne.fr).







Colloques depuis 1994


Année
Thème du colloque annuel
Actes parus dans
la revue n°
2009
Territoires d'autorité / Territoires de connaissance (Programme)
66
2008
The Forms of Appealing/Seductive Arts in the 17th and 18th Centuries (Programme)
65
2006
L'héritage judeo-chrétien dans la culture et la civilisation anglo-américaines des XVIIe et XVIIe siècles (Programme)
64
2005
Âges de la vie et rites de passage en Grande-Bretagne et en Amérique aux XVIIe-XVIIIe siècles (Programme).
2004
Les Sources classiques et romaines de la culture anglo-américaine des XVIIe et XVIIIe siècles (Programme)
2003
Emblème(s) et allégorie(s) (Programme)
2002
La sympathie (Programme)
56
2001
Le Baroque
54
2000
D'un siècle à l'autre : continuités, ruptures et évolutions
52
1999
Le Livre
50
1998
Le Livre
48
1997
Culture populaire et culture aristocratique
46
1996
La violence et ses représentations
44
1995
Histoire et littérature
42
1994
"The Sister Arts"
40

 



Colloque 2002

Salle des commissions du Rectorat de l'Académie de Paris,
46 rue Saint Jacques, 75005 Paris

Vendredi 15 novembre 2002 matin :
Présidente de séance : Suzy Halimi (Paris III)

9h30 : Pascale Drouet (Limoges) : « Les gueux sympathiques de Richard Brome dans A Jovial Crew, or the Merry Beggars.»
10h15 : Gilles Sambras (Reims) : « Marvell et l'amour des jardins : sympathie naturelle et sympathie politique. »
11h : Michaël Biziou (UFR de Philosophie, Rennes I) : « De la sympatheia des Grecs à la sympathy des Ecossais : les origines stoïciennes du concept de sympathie chez David Hume. »


Vendredi 15 novembre 2002 après-midi :

Présidente de séance : Guyonne Leduc (Lille III)

13h45 : Cornelius Crowley (Paris X) : « Hume et la possibilité d'une sympathie universelle. »
14h30 : Emmanuelle De Champs (Paris III) :  « Le moraliste et le législateur : le rôle de la sympathie dans l'utilitarisme benthamien. »
15h15 : Andréa Gagnoud (Montpellier III) : « Du rôle de la 'sympathie' dans l'évolution de la pensée esthétique britannique au XVIIIe siècle.»
16h15 :  Assemblée générale :
18h30 : Réception au fumoir de la salle des commissions


Samedi 16 novembre 2002 matin :
Présidente de séance : Elisabeth Soubrenie (Paris IV)

9h30 : Michel Blay (CNRS, UMS 2267) : « Affinités et attractions chez Newton .»
10h15 : David Knight (Durham, GB) : « Sympathy, attraction and elective affinity. »
11h : Nadine Jammet (Montpellier) : « Sympathie et discours médical sur la folie dans l'Angleterre de la seconde moitié du dix-huitième siècle. »


Samedi 16 novembre 2002 après-midi
Présidente de séance : Elizabeth Tuttle (Paris X)

13h45 : Emma Renaud (Rennes II) : « Le Discours sur l'amitié de Mary Beale (1632/3-1699). »
14h30 : Orla Smyth (Le Havre) : « Sympathy in a Puritan/Latitudinarian Context. »
15h15  : Andrea van Nort (American University, Paris) : « L'amour, l'amitié et la sympathie chez Saint-Évremond : ses écrits en exil à Londres. »


Colloque 2003

Le prochain colloque de la société se tiendra
le vendredi 14 novembre 2003,
salle des Commissions du Rectorat de l'Académie de Paris,
46, rue Saint-Jacques, 75005 - Paris, sur le thème suivant :


" Emblème(s) et allégorie(s) "


Programme :

Vendredi matin
Président de séance : Luc Borot

10 h. Anne Dunan
Les emblèmes dans l'allégorie du XVIIe siècle : variations sur la méditation religieuse

10 h. 45 Brigitte Friant-Kessler
Illustrations et discours des emblèmes : la représentation de la mort dans les gravures de Tristram Shandy


Vendredi après-midi
Président de séance : Pierre Lurbe

14 h. James Brown
Le voile de l'ignorance dans l'œuvre de Toland


14 h. 45 Nadine Jammet
Allégories religieuses et représentations emblématiques de la folie
dans les récits autobiographiques de Hannah Allen (1694) et Johanna Southcott (1792)

15 h. 30 Pierre Carboni
La figure emblématique du poète dans The Seasons de James Thomson


16 h 15 Assemblée générale
Ordre du jour
Intervention du Président
Rapport financier
XVII-XVIII et Comité de rédaction
Site internet
Colloques 2004 et 2005
Élections
Questions diverses


18 h 30 Réception au Club


Colloque 2004
Appel à communications

Les Sources classiques et romaines
de la culture anglo-américaine des XVIIe et XVIIIe siècles


Propositions de communications à adresser, avec quelques lignes de présentation à Pierre Dubois
(UFR d'anglais, Paris IV-Sorbonne, 1, rue Victor Cousin, 75005 Paris)
avant le 10 mai 2004.


 

Le colloque annuel de la Société à Paris
les vendredi 25 et samedi 26 novembre 2005.

ÂGES DE LA VIE ET RITES DE PASSAGE
EN GRANDE BRETAGNE ET EN AMÉRIQUE
AUX XVIIe-XVIIIe SIÈCLES


Vendredi 25 novembre
(Salle 33, 5 rue de l'École de Médecine, 75006 - Paris)

Président de séance : Jean Dulck (Université de Paris III)

9h - Pascale Drouet (Université de Poitiers) - 'I, --, do stall thee, --, to the rogue' : la confrérie des gueux dans The Bellman of London (1608) de Thomas Dekker.
9h4. - Antoine Ertlé (Université Michel de Montaigne-Bordeaux III) - Thomas Middleton et William Rowley, The Old Law (1618).
10h30 - 10h45 : pause.

Président de séance : Luc Borot (Université de Montpellier III)

10h45 - Claire Gheeraert-Graffeuille (Université de Rouen) - Rites de passage et autobiographie spirituelle: Le cas de quelques femmes au milieu du XVIIe siècle.
11h30 - François Poirier (Université de Paris XIII) - Rites et risques du trafic de bois d'ébène.

12h15 - 14h30 : déjeuner libre.

Anniversaire des 30 années d'existence de la SEAA XVII-XVIII
(Grand amphithéâtre, 5 rue de l'École de Médecine, 75006 - Paris)

Président de séance : Louis Roux (Université de Saint-Étienne)

14h30 - Conférence de Lucien Jaume (CNRS/CEVIPOF) : " La place de la loi d'opinion dans le Traité sur l'Éducation de John Locke ".
15h30 - Remise du Prix de Maîtrise 2005.
15h45 - 16h : pause.
16h - Table ronde animée par MM. Luc Borot Jean Dulck et Franck Lessay sur " l'évolution de la place des études XVIIe et XVIIIe à l'université ".
17h15 : Assemblée générale de la Société.

Ordre du jour
Intervention de la Présidente - rapport moral ; rapport financier ; XII-XVIII et Comité de rédaction ; colloque 2006 ; élections; questions diverses.

18h30 - Réception au Club des Enseignants de Paris IV-Sorbonne.

Samedi 26 novembre
(Grand amphithéâtre, 5 rue de l'École de Médecine, 75006 - Paris)

Président de séance : Alain Bony (Université de Lyon II)

9h - Anny Crunelle (Université de Paris X-Nanterre) - "Cinq arcs pour un triomphe".
9h45 - Andrea Trocha Van Nort (Université de Paris XII Val de Marne) - 'Pigeonholing' Women in Restoration Theater: the Maturing of Satire.
10h30 - 10h45 : pause.

Président de séance : Alain Morvan (Université de Paris III)

10h45 - 11h30 : - Florence March (Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse) - La mise en scène du mariage dans la comédie de la Restauration : interaction entre codes sociaux et dramatiques.
11h30 - Luc Borot (Université de Montpellier III) - Des chevaux et des hommes: de quelques rituels équestres d'inclusion et d'exclusion dans la Grande Bretagne moderne.

12h15 - 14h : déjeuner libre.


Président de séance : Michel Baridon (Université de Dijon)

14h. - Elizabeth Durot-Boucé (Université de Paris III - Sorbonne Nouvelle) - Du labyrinthe de la wilderness à la connaissance de soi: Charles Brockden Brown ou la transformation.
14h45 - Anne Dromart (Université de Lyon III) - 'What am I now? a Thief!' - Moll Flanders la voleuse.

Président de séance : Pierre Arnaud (Université de Paris IV)

15h30 - Jean-Marc Serme (Université de Bretagne Occidentale) - "'Solemnize the Rites of Matrimony': les mariages d'Andrew et Rachel Jackson sur la Frontière du Tennessee, 1789-1794".
16h15 - Fin du colloque.

Colloque des 24 et 25 novembre 2006

L'héritage judeo-chrétien dans la culture et la civilisation anglo-américaines
des XVIIe et XVIIe siècles

Programme

Vendredi 24 novembre
[Salle 216 (2ème étage) Paris I - 12 place du Panthéon]


Matin : Président : Professeur Robert Ellrodt, université de Paris III

- 9 heures : M. Jean-Jacques Chardin, université de Strasbourg 2
Sources chrétiennes de quelques emblèmes du début du XVIIème siècle

- 9 heures 45 : M. Lionel Ifrah, université de Versailles Saint- Quentin
Les visions de Daniel et les visées millénaristes [Abstract]

- 10 heures 30 : M. Laurent Curelly, université de Haute-Alsace
'Christ's Bloody Sweat' : la representation de la scène de la retraite
à Gethsémani dans la poésie de dévotion anglaise du dix-septième siècle. [Abstract]

- 11 heures 15 : M. Jean Pironon, université de Clermont-Ferrand
Les Psaumes traduits par Milton de l'exercice stylistique au mythe personnnel


Après-midi : Présidente : Professeur Françoise Deconinck-Brossard, université de Paris X

- 14 heures 15 : M. Frédéric Herrmann, université de Lyon-II
Israel, modèle double en Angleterre au XVIIème siècle [Abstract]

- 15 heures : Professor Isabel Rivers, guest speaker, Queen Mary College, University of London
'The life of God in the Soul of Man' : The fortunes of a book [Abstract]

- 15 heures 45 : Professor J.R. Watson, guest speaker, University of Durham
The transmission of the Old and New Testaments
in the 18th- century hymn, with special reference to Charles Wesley [Abstract]

- 16 heures 30 : Assemblée générale de la Société d'études anglo-américaines des XVII et XVIII siècles

- 18 heures : Pot-rencontre des participants au Club des Enseignants de Paris IV-Sorbonne.


Samedi 25 novembre
[Salle F 368 - Paris IV-Sorbonne - 17 rue de la Sorbonne]


Matin : Président : Professeur Bernard Vincent, université d'Orléans

- 9 heures 30 : M. Eric Marquer, université de Paris 1
" Nombre, poids, mesure " : d'une formule biblique dans l'arithmétique politique de William Petty

- 10 heures 15 : M. Pierre Lurbe , université de Rennes
Panthéisme et république des Hébreux : Origines Judaicae ( 1709) de John Toland

- 11 heures : Mme Nathalie Caron, université de Paris 10
Thomas Paine en guerre contre les " faiseurs de Bibles "


Après-midi : Président : Professeur Louis Roux, université de Saint-Étienne

- 14 heures 15 : Mme Françoise Deconinck-Brossard, université de Paris 10
Bible(s) de prédicateurs(s) - Les beaux sermons: de la théorie à la pratique [Abstract]

- 15 heures : M. Patrick Menneteau, université de Toulon
Les lectures que William Blake fait de la Bible [Abstract]

- 15 heures 45 : M. Laurent Simon
Sources bibliques dans les œuvres vocales religieuses de Henry Purcell [Abstract]

- 16 heures 30 -17 heures : clôture du colloque


Colloque 2007-2008

 

COLLOQUE INTERNATIONAL
DE LA SOCIÉTE D'ETUDES ANGLO-AMÉRICAINES
DES XVIIème ET XVIIIème SIECLES

PARIS, 17, 18 et 19 janvier 2007 (nouvelle date)

Le colloque sur "les formes de la séduction" qui devait se tenir les 22, 23 et 24 novembre et avait dû être
reporté en raison de la fermeture des universités, se déroulera les 17, 18 et 19 janvier 2008 à Paris, dans les lieux et aux heures initialement prévus (voir programme ci-dessous).
Suzy Halimi, Présidente


" Les formes de la séduction aux XVIIème et XVIIIème Siècles "

Séduction : " action de séduire, d'entraîner, de corrompre ".

La séduction est l'art de convaincre autrui que quelque chose représente un attrait particulier afin d'emporter ainsi l'adhésion de cette personne, de susciter son approbation, son admiration ou son désir. Cette démarche implique la mise en œuvre de procédés divers, y compris celle d'artifices parfois trompeurs. Toute séduction passe par une mise en forme, un discours, une représentation ou une rhétorique. Il n'est pas de séduction sans travail sur la forme. La façon de séduire - dans quelque domaine que ce soit : amoureux, esthétique, politique, religieux, etc. - est donc nécessairement tributaire d'un ensemble de facteurs culturels et historiques. Étudier les formes de la séduction de telle ou telle époque - les XVIIe et XVIIIe siècles, en l'occurrence -, c'est se pencher sur l'esprit ou le " génie " même de cette époque.

On comprendra la séduction au sens le plus large possible : anthropologique (la séduction dans les rapports humains) ; rhétorique (les moyens mis en oeuvre pour convaincre en charmant) aussi bien en littérature, dans le discours politique (l'argumentation partisane), que dans l'homilétique ; esthétique (les armes de l'artiste pour entraîner une adhésion dans la réponse à l'œuvre d'art), etc. On s'interrogera aussi sur le mensonge ou le faux comme armes de la séduction, sur les manipulations effectuées pour convaincre et faire adhérer à une cause ou un discours aussi bien que pour séduire l'autre dans la relation amoureuse. Les exemples de mensonge ou de faux (en art - on pense aux emprunts non avoués d'un auteur, d'un peintre ou d'un compositeur à ses homologues) pourront faire partie de cette étude de moyens d'entraîner l'adhésion à l'insu du récepteur " ciblé ". On pourra étudier les écarts entre le discours de la séduction au XVIIe et au XVIIIe siècle. Il s'agira en somme d'explorer à la fois la gamme des moyens de séduction utilisés alors - dont l'étude devrait livrer d'intéressants constats sur la sensibilité de l'époque, ses attentes, ses modes d'échange, son utilisation de la rhétorique - et des cas particuliers de " manipulation " idéologique, émotionnelle, esthétique, politique, etc. On s'intéressera tout autant aux outils de séduction utilisés par un auteur qu'à ceux mis en œuvre par ses personnages, en prenant soin de ne pas les confondre. L'étude des " formes de la séduction " pourra aussi inclure toute analyse des rapports entre les canons de la beauté (féminine comme masculine) et des " manières " qui les exaltent, tels qu'ils transparaissent aussi bien dans la peinture que dans la littérature. La forme à la fois première et ultime de la séduction ne réside-t-elle pas dans la rencontre entre la beauté du corps et du visage d'une personne et le charme qui les anime ?



INTERNATIONAL CONFERENCE
OF THE SOCIÉTE D'ETUDES ANGLO-AMÉRICAINES
DES XVIIème ET XVIIIème SIECLES

PARIS, 22, 23 ET 24 NOVEMBRE 2007

'The Forms of Appealing/Seductive Arts in the 17th and 18th Centuries'

To seduce: 'to lead aside or away; to lead astray in conduct or belief; to tempt, entice or beguile.'

'Seduction' is the art of convincing a person that something is particularly attractive in order to win his or her support or to arouse his or her approval, admiration or desire. It implies that various devices be used, sometimes including misleading tricks. All effort to charm, seduce or appeal to someone requires some work on form, whether through speech, representation or rhetoric. As there can be no seduction without 'formalization', any attempt to charm, seduce or appeal to the other, whatever the field (love, aesthetics, politics, religion, etc.), will inevitably be determined by the cultural and historical context. Studying the forms of charm, appeal and seductiveness of any given period - in this instance, those of the seventeenth and eighteenth centuries - means, then, considering the spirit or 'genius' of the said period.

'Appeal and seductiveness' shall be understood in the broadest possible sense: anthropological (appeal in human relations); rhetorical (the techniques employed so as to charm in order to convince) whether in literature, political discourse or preaching; and aesthetic (the means used by the artist to win over the public in their response to the work of art), etc. Lying and falsehood as weapons of seductiveness may also be investigated, as well as the manipulations used to convince or make someone adhere to a given cause or discourse, as well as to seduce a person in a private relationship. Examples of falsehood and fakery (e.g. in art, where one thinks of unacknowledged borrowings from other artists by a writer, painter or composer) may be included in this study of the various means of luring one's 'target' into adherence, without his or her knowledge. It will also be possible to study the differences between discourses of seductiveness in the 17th and 18th centuries. In short, we shall attempt to explore both the whole gamut of the means of seductiveness used in that period - the study of which should enable us to make interesting observations on contemporary sensibility, people's expectations, modes of exchange and the use of rhetoric - and case studies of particular ideological, affective, aesthetic or political 'manipulations'. We shall devote as much attention to the tools of seduction and appeal used by writers as to those employed by their fictitious characters, making sure to distinguish clearly between the latter and the author. The study of the 'forms of appeal/seductiveness' may also include analysis of the canons of beauty (feminine as well as masculine) and the manners that enhance them, such as they appear both in painting and literature. For, we may suggest, the first as well as the ultimate form of appeal lie in the meeting of the beauty of a person's body and face with the charm that gives life to them.



PARIS, 22, 23 ET 24 NOVEMBRE 2007
" Les formes de la séduction aux XVIIème et XVIIIème Siècles "

Programme

Jeudi après-midi 22 novembre (La Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle Bourjac) :

1. 14h30. Frédérique Fouassier (Université de Tours) : " Séductrices malgré elles ? Etude de quelques personnages de vierges érotisées sur la scène jacobéenne ".
2. 15h15. Guillaume Coatalen (Université de Cergy-Pontoise) : " Le rituel de la séduction comme art poétique dans quelques pièces Elisabéthaines et Jacobéennes ".
3. 16h15. Nathalie Mandon (Université Jean Moulin-Lyon 3) : " 'Join in the triumph' : rire et rhétorique dans le théâtre de William Congreve ".
4. 17h. Thierry Demaubus (Université de Picardie) : " Portrait du roi : espace symbolique et séduction".

Vendredi matin 23 novembre (Censier, 13 rue de Santeuil, 75005 - Paris - salle Las Vergnas) :

5. 9h. Laurence Lux-Sterritt (Université de Aix-en-Provence) : " La Séduction au service de la perfidie : représentations des missionnaires de la Contre-Réforme en Angleterre ".
6. 9h45. Koji Yamamoto (Post-grad. University of York) : 'A Seductive Con Artist? Andrew Yarranton's promotion of technical ingenuity after the Restoration'.
7. 10h45. Patrick Menneteau (Université de Sud-Toulon-Var) : " La sensation et la réflexion selon John Locke, ou la rhétorique au service de la séduction ".
8. 11h30. Florence March (Université d'Avignon) : " Jeux de séduction dans la comédie de la Restauration anglaise : de la pratique sociale à la pratique théâtrale ".

Vendredi après-midi 23 novembre (Censier, 13 rue de Santeuil, 75005 - Paris - salle Las Vergnas):

14h30. Guest-speaker - Peter Wagner : 'Eroticism in Hogarth's Art'.
15h30-18h30. Assemblée Générale de la Société, suivie d'un pot.

Samedi matin 24 novembre (La Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle Bourjac) :

9. 9h. Claire Bardelmann (Université de Metz) : " 'Shall I ever get him by singing?' : séduction musicale et typologie dramatique dans The Northern Lass de Richard Brome ".
10. 9h45. Vanessa Alayrac (Université de Lille III) : " Sous le charme de Cathay : figures de la séduction dans le décor extrême-oriental en Angleterre au dix-huitième siècle ".
11. 10h45. Claire Cage (Department of History, Johns Hopkins University, Baltimore) : 'Discourses of Clerical Seduction in Eighteenth-Century England'.
12. 11h30. Marlène Bernos (Allocataire monitrice, Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle) : "Séductrice ou victime de séduction ? Les deux visages de la prostituée en Angleterre au XVIIIe siècle".

Samedi après-midi 24 novembre (La Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle Bourjac) :

13. 14h30. Nathalie Zimpfer (LIRE-SEMA, ENS-LSH de Lyon) : " L'homilétique swiftienne ou l'anti-séduction comme manipulation ".
14. 15h15. Elisabeth Martichou (Université de Paris XIII) : " Dialogues on the Usefulness of Ancient Medals de Joseph Addison et Polymetis de Joseph Spence ou le dialogue philosophique comme forme de séduction ".
15. 16h15. Amélie Junqua (Doctorante Paris VII) : " La ligne courbe ou le droit chemin : esquive et signes de la séduction littéraire de Joseph Addison (1711) et Laurence Sterne (1768) ".
16. 17h. Stéphanie Gourdon (Université Lumière Lyon 2, LERMA, Université de Provence) : " Mary Wollstonecraft, intellectuelle et femme : discours de vérité et manipulation rhétorique ".


Programme et résumés des communications

Jeudi après-midi 22 novembre (La Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle Bourjac) :

1. 14h30. Frédérique Fouassier (Université de Tours) : " Séductrices malgré elles ? Etude de quelques personnages de vierges érotisées sur la scène jacobéenne ".
Si la séduction suppose une mise en forme consciente, le déploiement d'une stratégie pour parvenir à ses fins, certaines jeunes filles semblent séduire malgré elles. Construits sur le modèle de Lucrèce, ces personnages ne font en apparence rien pour susciter le désir des hommes. Pourtant, elles éveillent leur intérêt bien plus que si elles déployaient toute leur ingéniosité à les attirer, ce que formule explicitement Angelo à propos de la novice Isabella dans Measure for Measure de Shakespeare (1604) : " Never could the strumpet, / With all her double vigour, art and nature, / Once stir my temper; but this virtuous maid / Subdues me quite " (II.ii.182-85). Point d'artifice déployé ici : c'est sa pureté, emblématisée par son habit de nonne, qui rend la jeune femme désirable. Nous examinons ici dans quelle mesure Isabella est séductrice malgré elle. En effet, le dramaturge est ambigu quant aux motivations du personnage, si bien que l'on peut se demander si Isabella n'utilise pas délibérément sa virginité comme instrument de séduction pour parvenir à ses fins. Cette théorie semble confirmée si l'on rapproche Isabella de Marina dans Pericles de Shakespeare (c. 1607-1608) et de Gloriana dans The Revenger's Tragedy de Cyril Tourneur (1607). Nous poursuivons l'exploration de cette problématique avec l'étude de Beatrice-Joanna dans The Changeling de Thomas Middleton et William Rowley (1622), personnage plus tardif de vierge non seulement érotisée mais aussi diabolisée. Il s'agit notamment d'analyser la filiation entre cette dernière et les personnages comme Isabella. Enfant gâtée dont le double prénom met en exergue l'ambiguïté, Beatrice-Joanna est prête à tout pour obtenir l'homme qu'elle désire. Elle joue de l'ardeur qu'elle suscite chez le serviteur difforme De Flores pour parvenir à ses fins. Mais les cartes se brouillent et la relation entre les deux personnages est complexe et ambiguë, si bien que l'on ne sait plus très bien qui manipule l'autre ni qui est le plus attiré par l'autre. Cette ambiguïté transparaît notamment à travers la manière dont les auteurs détournent la rhétorique de l'amour courtois. Tout finit dans un bain de sang où la volonté de toute puissance sur l'autre aboutit à la destruction mutuelle. Nous sommes alors bien loin de la pure jeune fille séductrice malgré elle.

Innocent temptresses, or the study of a few characters of eroticized virgins on the Jacobean stage

Although seduction implies deliberate staging and the construction of a strategy to achieve one's ends, some young women seem to be seducers despite themselves. These characters, who are built on the model of Lucretia, apparently do nothing to arouse male desire. Yet, they awaken men's senses much more than if scheming to appeal to them, which Angelo explicitly states when talking about the novice Isabella in Shakespeare's Measure for Measure (1604): "Never could the strumpet, / With all her double vigour, art and nature, / Once stir my temper; but this virtuous maid / Subdues me quite" (II.ii.182-5). The young woman has not resorted to a single artefact; it is her very purity, epitomized in her nun's garment, which makes her attractive. This paper purposes to analyze extent to which Isabella seduces Angelo despite herself. Indeed, the playwright is ambiguous regarding the character's motives, so that Isabella may be suspected of using her virginity deliberately as a tool of seduction to get what she wants. This theory seems confirmed when one compares Isabella with Marina in Shakespeare's Pericles (c. 1607-1608) and Gloriana in Cyril Tourneur's The Revenger's Tragedy (1607). The study of Beatrice-Joanna in Thomas Middleton and William Rowley's The Changeling (1622) sheds new light on the problem of unconscious seduction, for the character appears later on the Jacobean stage, and is not only eroticized but also diabolized. In this paper, I analyze, among other things, the link between Beatrice-Joanna and her forerunners. A spoilt child whose double name symbolizes her ambiguity, the young woman will stop at nothing to obtain the man she desires. She takes advantage of the ardour she arouses in the misshapen servant DeFlores to achieve her ends. But the relationship between the two characters is a complex and ambiguous one, so that it becomes difficult to ascertain who manipulates whom or who is the most attracted by whom. This ambiguity is particularly felt in the way the authors play with the rhetoric of courtly love. The play ends in a blood bath in which each character's desire to subdue the other eventually leads to mutual destruction. This is a far cry from the pure maiden arousing male desire despite herself.


2. 15h15. Guillaume Coatalen (Université de Cergy-Pontoise) : " Le rituel de la séduction comme art poétique dans quelques pièces Elisabéthaines et Jacobéennes ".
La communication propose de considérer les scènes de séduction dans quelques pièces élisabéthaines et jacobéennes comme des arts poétiques en action. En effet, le séducteur est toujours un double du dramaturge dont le métier consiste à séduire le spectateur. Non seulement ce rapport de séduction, sans lequel le théâtre ne peut exister, est constamment mis en scène, mais encore forme-t-il le point de départ de l'intrigue dans une majorité de pièces comiques et tragiques. Une typologie sommaire des scènes de séduction selon la nature du séducteur, (homme de bien, Machiavel ou bouffon), laisse apparaître que trois types de scènes de séduction engendrent trois types de textes distincts. Ainsi, l'homme de bien provoque un échange sur un mode pétrarquisant qui touche souvent au sublime. Le Machiavel, quant à lui, appelle la stichomythie, alors que le bouffon et son partenaire pratiquent volontiers la parodie de l'échange courtois propre à l'homme de bien. Ces trois types de styles entretiennent des relations diverses à la vue et à l'ouïe, les deux sens visés par la séduction. Dans le cas de l'homme de bien, sa langue est aussi digne de louange que son corps, ses gestes et mouvements sur la scène. Pour le Machiavel, au contraire, une redoutable éloquence vient compenser une tarre physique. Enfin dans la scène de séduction bouffonne, la langue s'accorde au corps du séducteur, tous deux se caractérisant par l'excès et l'outrance. La prédominance de la vue ou de l'ouïe dans la mécanique de la séduction rejoint des préoccupations esthétiques et théologiques aussi inséparables qu'essentielles : le théâtre est-il d'abord texte ou plutôt mime, est-ce le verbe ou l'image divins qui sauvent l'âme ? Loin d'être un moment anecdotique de la pièce de théâtre, la scène de séduction semble être le lieu privilégié d'une grave méditation sur la définition même de l'art théâtral ainsi que sur les manifestations de la transcendance divine.

The paper analyses seduction scenes in a few Elizabethan and Jacobean plays as poetics performed on the stage. Seducing the audience is crucial to survive in a highly competitive context. Seducing someone against a father's will or seducing the wrong person is often the very basis of numerous comic and tragic plots. It seems to be possible to classify seduction scenes according to the nature of the seducer: the perfect courtier, a Machiavel or a fool. These three basic, and somewhat schematic, types of seduction scenes produce three distinct types of dramatic styles or literary games played by the seducer and the seduced: the noble seducer and his mistress speak the lofty language of Petrarchan sonnets, the Machiavel and his prey engage in bristling stychomithia, the fool and his comic partner mock the social and literary conventions of wooing. The relative importance of sight and sound varies according to the type of seduction scene. The courtier's tongue is as fine as his appearance and demeanour. The Machiavel, despite his repulsive looks, is successful thanks to his rhetorical skills. The fool's language fits his appearance: both are excessive and a sign of the author's poetic power. The ratio between sight and sound at work in all seduction scenes is inseparable from core theatrical and theological concerns in the period. Is drama basically visual or aural? Does salvation depend on meditating on images or listening to God's Word. Thus, seduction scenes can certainly not be dismissed as light banter in plays. On the contrary, they grapple with central aesthetic and theological issues.


3. 16h15. Nathalie Mandon (Université Jean Moulin-Lyon 3) : " 'Join in the triumph' : rire et rhétorique dans le théâtre de William Congreve ".
Les comédies de William Congreve (1670-1729) visent à la représentation comique d'un monde bien connu du spectateur des théâtres londoniens à la fin du 17ème siècle. Mais à la peinture sociale que constitue la représentation théâtrale s'ajoute un discours sur le monde qui séduit par sa poésie et par le comique d'idées qu'il renferme. Sous prétexte de peindre les folies de son temps, Congreve met en scène le verbe. Au théâtre, les raisonnements les plus spécieux sont souvent les plus comiques. La situation d'énonciation théâtrale confère légitimité et justesse aux idées les plus subversives. La rhétorique comique se nourrit de l'écart qu'elle creuse avec des valeurs morales communes, et le rire qu'elle déclenche vient renforcer son emprise sur le public. Nous nous proposons de montrer comment le dramaturge tire profit de la spécificité du théâtre comique pour séduire son public par le discours.

"Join in the triumph": Laughter and Rhetoric in William Congreve's Comedies
The four comedies written by William Congreve (1671-1729) in the last decade of the seventeenth century appealed to contemporary London audiences who saw them as the comic representation of a familiar world. But these works' most enduring seductive strength resides chiefly in the stylistic perfection of the dialogues and the comic rhetoric which dominates throughout. Congreve's was a speaker's theatre. While all the time claiming that his aim was to depict the follies of his time, Congreve used the theatre above all to present highly stylised and intellectually stimulating discourse. In the theatre, the most specious reasoning is met with triumphant laughter. The most subversive suggestions may be made to seem legitimate and founded. When laughter takes hold, the most morally unacceptable ideas are embraced by the jubilant crowd. This paper aims to show how Congreve exploited the unique possibilities offered by comic theatre in order to seduce his audience with discourse.


4. 17h. Thierry Demaubus (Université de Picardie) : " Portrait du roi : espace symbolique et séduction".
La séduction au XVIIème siècle est un acte qui est considéré comme l'exercice d'une influence sur quelqu'un. Séduire quelqu'un, c'est le mettre en quelque sorte dans une position de dépendance à l'égard de soi, voire exercer une sorte d'acte de force à son égard.
Dans le monde du XVIIème siècle anglais, la démarche de reconnaissance de la séduction s'opère dans une logique de mise en supériorité de soi par rapport à l'autre. La séduction est pensée dans un monde qui est inégalitaire, et qui ne peut être saisi qu'à partir d'une logique inégalitaire. Autrement dit, les sujets sont toujours vus comme objets d'influence.
Elève de Rubens, fait chevalier par Charles Ier qui lui donna le titre de " Principalle paynter in ordinary to their Majesties at St James ", Sir Anthony Van Dyck créa pour la cour d'Angleterre un type de portrait élégant et naturel dans lesquelles s'affirme le pouvoir du roi en tant que monarque absolu.
Avec le Portrait de Charles I à la chasse, on est en présence de l'archétype d'une nouvelle image du pouvoir. Ce grand tableau était destiné à être montré et diffusé. L'image du roi n'est pas une simple illustration ou mise en scène, car elle incarne le pouvoir, le corps de l'État et possède une dimension à la fois esthétique, culturelle et politique. A travers un " rituel d'échange", le roi nous contemple tandis que son image nous observe. Mais cette image n'est pas seulement la trace visible de l'autorité, elle est aussi un lieu de séduction où se noue un rapport affectif et culturel entre l'observateur et le monarque, entre la peinture et son modèle, et où s'affirme ce que Baudrillard appelle " la maîtrise de l'univers symbolique". Le paysage participe, lui aussi, à cette stratégie de séduction.
Cette image du roi est à la fois séduisante et fascinante. Mais cette fascination présente différents degrés. Ce n'est d'abord qu'un effet, en quelque sorte mécanique, du pouvoir propre du portrait comme énoncé du monde. On ne saurait s'en tenir là dans l'analyse, bien qu'apparaisse déjà, dans cet effet même, l'impact structurant du portrait, qui tient au fait qu'en lui, l'énoncé du monde n'est qu'imaginaire, ce qui le renforce d'autant, en le plaçant, d'une certaine manière, hors d'atteinte du spectateur. Le portrait du roi n'est plus seulement image : il est monde, mais le monde est autant là qu'il est absent dans une présence envoûtante.

Vendredi matin 23 novembre (Censier, 13 rue de Santeuil, 75005 - Paris - salle Las Vergnas) :

5. 9h. Laurence Lux-Sterritt (Université de Aix-en-Provence) : " La Séduction au service de la perfidie : représentations des missionnaires de la Contre-Réforme en Angleterre ".
Dans l'Angleterre des XVIIème et XVIIIème siècles, le sujet catholique, perçu comme comploteur et traître par excellence, suscite une fascination aisément perceptible au travers des publications qui dénoncent pêle-mêle les renversements sociaux, les dangers politiques et les horreurs doctrinaires qui ne manqueraient d'affliger le royaume si les suppôts de la papauté honnie parvenaient un jour à s'emparer du pouvoir. Dans cette littérature volontiers alarmiste où les titres rivalisent d'inventivité pour provoquer l'émoi du lecteur, tous sont d'accord sur un point : c'est par le truchement de son alliance avec la gent féminine que le missionnaire, et le Jésuite en particulier, compromet l'intégrité du royaume anglican et des ses valeurs. En effet, ce flagorneur s'immisce à dessein dans l'entourage de femmes qu'il envoûte de ses discours mensongers pour s'assurer leur entière dévotion. Et si la séduction est d'abord spirituelle, elle ne saurait manquer de prendre un tour plus personnel : et de spéculer sur la nature intime, voire sexuelle des relations qui lient prêtres et pénitentes.
L'accent mis sur les relations entre une catholique et son père spirituel permet donc de représenter celui-ci comme maître dans l'art de la séduction et de l'artifice : c'est un " renard à deux pattes " adepte d'" intrigues " et autres " impostures " qui, incite ses victimes à trahir leur époux, leur monarque et leur Dieu au profit de leur prêtre. Il corrompt tour à tour famille, politique et religion en usurpant sans vergogne l'autorité établie. Aussi les polémistes protestants s'efforcent-ils de mettre en exergue les procédés de séduction du papiste afin de mieux le diaboliser : pareil au serpent qui poussa Ève à défier l'autorité de Dieu, précipitant ainsi la chute d'Adam et la perte de l'humanité toute entière, le missionnaire s'acquiert la loyauté de la femme afin de s'emparer de son époux et d'assujettir enfin le royaume d'Angleterre à l'autorité usurpée de Rome.

'Perfidious Seducers: Representing Counter-Reformation missionaries in England'

Under the Stuart dynasty, English Catholics were increasingly perceived as plotters and traitors; the focus of an intense national fascination, missionary priests, and Jesuits in particular, became the objects of a virulent diatribe which warned its Protestant readership about the evil of those it portrayed as 'two-legged foxes' constantly involved in 'intrigues' and 'impostures' to procure the downfall of the kingdom. Family values were corrupted daily, the nation's integrity constantly undermined, and the very Church of Christ everywhere defiled by the abominations the agents of Rome. All anti-Catholic publications agreed: it was in large part through their associations with recusant women that priests were able to jeopardise the commonweal. These consummate masters in the art of seduction deviously targeted women, seducing them with lies and keeping them enthralled in order to manipulate their households. It was generally assumed that such odious spiritual seduction paved the way for scandalous intimacy, and salacious allegations were rife about the sexual nature of the relationship between priests and their female penitents.

6. 9h45. Koji Yamamoto (Post-grad. University of York) : 'A Seductive Con Artist? Andrew Yarranton's promotion of technical ingenuity after the Restoration'.
Unscrupulous art of seduction was central to the public image of the 'projector', the promoter of technical inventions and improvement in seventeenth- and eighteenth-century England. Daniel Defoe drew upon this widespread image when he denounced projectors' 'pretences of fine Discoveries, new Inventions, [and] Engines' in his An Essay upon Projects (1697): 'they [. . .] have rais'd the Fancies of Credulous People to such height, that merely on the shadow of Expectation, they have [. . .] cri'd up an empty Notion to that degree, that People have been betray'd to part with their Money'. Facing this image, the promoter of technical ingenuity developed a subtle, if not almost paradoxical, form of seduction: they had to seduce patrons and investors by arguing that they were ingenuous experts and not one of the projectors, the seductive con artists.
This paper investigates the ways this form of persuasion could be managed. In particular, it explores the extent to which this form of seduction drew upon the rhetoric of disinterestedness, the cultural repertoire of seduction/persuasion that historians of science (Steven Shapin most prominently) have often associated with the gentlemanly sections of the society.
The paper focuses on pamphlets and rarely-examined letters and legal records of Andrew Yarranton, the notable technical expert active after the Restoration. His case is ideal for the purpose of this paper. He was not from the gentlemanly section of the society, not a fellow of the Royal Society (whose members were often very prominent gentlemen), and above all elements of his promotional strategies were dangerously close to those of the projector the con artist Indeed, he occasionally justified his private interests in his projects, and often concealed some details of his schemes. Despite all this, his projects of cultivating clover and improving the river Stour arouse considerable interest and investment, thereby allowing him to claim to have served the public good unlike the projector.
For this reason, Yarranton's case enables us to reconsider 1) to what extent successful art of seduction could operate outside the cultural repertoire of disinterested gentlemen, and 2) on what grounds the middling sort promoter could integrate his private stakes and secrecy into successful strategy for eliciting patronage and investment. In doing so, the paper will help us to rethink how the practice of seduction in the public domain drew upon social distinction and cultural capitals of C17 and C18 England.

7. 10h45. Patrick Menneteau (Université de Sud-Toulon-Var) : " La sensation et la réflexion selon John Locke, ou la rhétorique au service de la séduction ".
Le texte du livre II de l'Essai sur l'entendement humain intitulé " Of Ideas in General, and their Original " constitue un véritable point-charnière dans l'histoire des idées. L'empirisme y trouve la définition des principes de base de l'acquisition du savoir, principes qui, depuis, fondent la démarche des recherches scientifiques modernes telle qu'elle fut reprise et développée par exemple par l'Ecole de Vienne : la sensation et la réflexion, l'observation suivie du raisonnement qui infère les lois générales…
Or dans ce texte, qui se présente comme philosophique, Locke a recours à un grand nombre d'artifices rhétoriques surprenants, que l'analyse met facilement en évidence, et donc la fonction de séduction semble destinée à dissimuler de réelles difficultés d'administration de preuves dans un domaine (celui de l'entendement humain) qui, il est vrai, échappe à l'emprise de la démarche empirique. Hume mettra d'ailleurs en lumière les limites intrinsèques de l'empirisme.
Par delà le débat philosophique sur les idées innées, largement escamoté par Locke, il sera tenté de démontrer comment les illusions engendrées par ces procédés de séduction sont encore de nos jours à l'origine de maints débats dans l'histoire des idées.

8. 11h30. Florence March (Université d'Avignon) : " Jeux de séduction dans la comédie de la Restauration anglaise : de la pratique sociale à la pratique théâtrale ".
Le jeu de la séduction, qui conditionne le discours comme la proxémique des personnages, s'avère le moteur de l'action dans la comédie de la Restauration. Selon l'étymologie, le verbe " séduire " signifie mener à part, détourner du droit chemin. La séduction serait donc un art de l'écart, du détour et du contournement. Fondée sur la dialectique de l'attirance et du rejet, de l'immédiateté des émotions et de leur constante différance (au sens derridien du terme), la poursuite amoureuse se traduit effectivement, dans le théâtre comique de la fin du XVIIe siècle, par une spatialisation complexe des relations entre les sexes. Il s'agira dans un premier temps de définir une topographie de la séduction en tant que pratique sociale, avant de démontrer que le parcours amoureux conduit invariablement à une expérience esthétique. Les jeux d'espace s'accompagnent de jeux de rôle visant à " convaincre en créant l'illusion ", selon le deuxième sens du verbe " séduire ". La séduction comme pratique sociale strictement codifiée renvoie systématiquement à la pratique théâtrale, à la relation, codifiée elle aussi, entre le public et le dramaturge, le public et les comédiens, les spectateurs d'une même salle. Le mouvement centrifuge de la course poursuite se double ainsi d'un mouvement centripète qui ramène au théâtre, point de convergence de toutes les lignes de fuite, temple de la séduction dans toutes ses acceptions.

Seduction games in Restoration comedy : from social to theatrical practices
The game of seduction, which conditions the speech as well as the proxemics of the characters, is the mainspring of action in Restoration comedy. According to the etymology, the verb 'seduce' means 'to lead aside, away or astray'. Grounded in the dialectics of attraction and rejection, immediate emotions and their constant differance (in the Derridean acception of the term), the love chase in English comedy at the end of the 17th century is characterized by a complex spatialization of sex relationships. We will first endeavour to define a topography of seduction as a social practice, before trying to show how the love chasing process inevitably leads to aesthetic experience. Playing hide-and-seek goes together with role-playing and creating some sort of illusion, which is the other meaning of the verb 'seduce'. Seduction as a strictly codified social practice thus turns out to be systematically related to theatrical practices, and to the equally codified relationship between the audience and the dramatist, the audience and the actors, the spectators in the playhouse. The centrifugal movement of love chasing paradoxically generates a centripetal movement which leads back to the theatre house, where all vanishing lines eventually meet.

Vendredi après-midi 23 novembre (Censier, 13 rue de Santeuil, 75005 - Paris - salle Las Vergnas):

14h30. Guest-speaker - Peter Wagner : 'Eroticism in Hogarth's Art'.


15h30-18h30. Assemblée Générale de la Société, suivie d'un pot.

Samedi matin 24 novembre (La Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle Bourjac) :

9. 9h. Claire Bardelmann (Université de Metz) : " 'Shall I ever get him by singing?' : séduction musicale et typologie dramatique dans The Northern Lass de Richard Brome ".
The Northern Lass (1629) accorde une place considérable à la musique de scène, ce qui est une des caractéristiques des comédies de Richard Brome. La pièce ne comprend pas moins de cinq chansons, auxquelles s'ajoutent un masque, une danse et des fragments de ballades. Cette abondance de musique correspond au goût du public caroléen, mais permet aussi de caractériser le personnage principal, Constance ou " the Northern Lass ", une jeune fille devenue folle d'être délaissée: type dramatique dans la lignée d'Ophélie ou de la fille du geôlier de The Two Noble Kinsmen. La caractérisation musicale de la mélancolique Constance est mise en relation avec la musique de deux personnages féminins qui correspondent également à des archétypes théâtraux et musicaux : la mégère, Fitchow, et la fille facile, Constance Holden. L'ensemble de la musique de la comédie converge vers ces trois femmes, soulignant leur opposition et ainsi les principales lignes de la construction dramatique. La convergence des musiques de l'oeuvre vers trois personnages féminins emblématiques de la séduction, de ses hasards et de ses contraires, repose ainsi sur une typologie dramatico-musicale bien établie des jeux de l'amour et de ses variations.

Richard Brome's play The Northern Lass (1629) includes extensive stage music, which is one of the characteristics of Brome's comedies. Indeed, the play features five songs, a court masque, a dance and snatches of popular ballads. The lavishness of the music answers the Carolean taste for such entertainment in drama; but it also helps to delineate the character of the melancholy Constance, the " Northern lass ". Just like Ophelia or the Gaoler's Daughter in The Two Noble Kinsmen, two characters to which she stands close in terms of dramatic typology, the reason for Constance's melancholy is that she has been forsaken by her lover. In The Northern Lass, Contance is all the more characterized through her music as she is contrasted with two other dramatic and musical stereotypes: the shrew (Fitchow) and the lady of pleasure (Constance Holden).

10. 9h45. Vanessa Alayrac (Université de Lille III) : " Sous le charme de Cathay : figures de la séduction dans le décor extrême-oriental en Angleterre au dix-huitième siècle ".
Le dix-huitième siècle européen connut un fort engouement culturel et matériel pour la Chine. En Angleterre, nombreux furent ceux des classes aristocratiques ou bourgeoises qui s'entourèrent d'objets usuels ou d'objets d'art dans le style chinois ou chinoisant : soie, porcelaine, papier peint, mobilier en particulier furent achetés avec passion. Les arts décoratifs ont cette particularité qu'ils impliquent nécessairement la question du plaisir de l'individu : personne ne s'entoure d'objets qui déplaisent. Il fallait donc que l'on fût friand du style chinois pour décider de l'adopter. Pourquoi le public anglais fut-il séduit par ce style ? Quelles furent les raisons qui le poussèrent à tomber sous le charme de la Chine et à faire l'acquisition d'objets dans le goût chinois ? Cette communication cherche à analyser l'esthétique du style chinois pour montrer comment cet art ornemental s'est révélé un art de plaire.
On verra dans un premier temps que la séduction exercée par le style extrême-oriental peut être rattachée à la vision rêvée de l'Asie comme un lieu de plaisirs, de luxe et de volupté, métaphorisée par l'image de la courtisane. La forme de la séduction revêt ainsi d'abord les traits de l'ailleurs et de l'Autre. Les objets de décoration deviennent le réceptacle des fantasmes d'un Extrême-Orient devenu objet de désir, séduisant par son étrangeté et son exotisme.
Il semble dans un deuxième temps que l'on puisse expliquer le succès du style en raison de ses affinités avec l'esthétique anglaise qui reposait sur la psychologie sensualiste et accordait une large place à la matérialité et aux sensations. On étudiera comment le style chinois conviait le public à un plaisir des sens, en particulier le toucher et la vue, par un jeu sur les textures et les formes. On tentera alors de rapprocher la grammaire de ce style artistique de la rhétorique : toutes deux offrent un langage (visuel ou verbal) qui cherche à remporter l'adhésion du public (spectateur ou auditoire), à séduire ce dernier par un jeu sur les formes et les ornements de leur discours respectif.
Si certains furent conquis, d'autres reprochèrent au style orientalisant de chercher à tromper le public en lui faisant confondre art et artifice. On montrera que le charme du décor extrême-oriental fut condamné par les moralistes parce que cet art ornemental était perçu comme un art du fard, visant à détourner de l'art véritable et de la vraie beauté, c'est-à-dire précisément à " séduire ".

11. 10h45. Claire Cage (Department of History, Johns Hopkins University, Baltimore) : 'Discourses of Clerical Seduction in Eighteenth-Century England'.
In 1724, a French ecclesiastical tribunal charged the abbé Des Rues with debauchery and the seduction of a twenty-year-old young woman. The tribunal of public opinion, on both sides of the Channel, was eager to pass a verdict on the case. London printers capitalized upon the commercial appeal of translated printed legal briefs and news about this sexual scandal. Cases of Catholic priests seducing their innocent young female parishioners ignited the English imagination and served as rich material for pointed social, political, and cultural commentary. The reception and reimaginings of the abbé Des Rues affair in England demonstrates the ways in which Catholicism and seduction were wedded from the Anglo-Protestant perspective. The English public's engagement and fascination with the Des Rues trial cast the merits of Protestantism in relief against a backdrop of Catholic depravity.

En 1724, un tribunal ecclésiastique a chargé l'abbé Des Rues de la débauche et de la séduction d'une jeune femme de vingt ans. Le tribunal d'opinion publique, des deux côtés de la Manche, n'a pas hésité de passer jugement sur le cas. Les imprimeurs de Londres ont profité du succès commercial des mémoires judiciaires traduites en anglais et d'autres publications qui traitaient ce scandale sexuel. L'image des prêtres catholiques qui séduirent leurs jeunes paroissiennes a mis à feu l'imagination anglaise et a provoqué beaucoup de commentaire social, politique, et culturel. La réception de l'affaire d'abbé des Rues en Angleterre souligne les manières dont le catholicisme et la séduction étaient noyés selon la perspective anglo-protestante. L'enclenchement et la fascination du public anglais avec le procès de l'abbé Des Rues ont accentué les mérites du protestantisme face à la dépravation catholique.

12. 11h30. Marlène Bernos (Allocataire monitrice, Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle) : "Séductrice ou victime de séduction ? Les deux visages de la prostituée en Angleterre au XVIIIe siècle".
La prostituée a depuis toujours cultivé un art certain du charme et de la conviction et ce, à des fins lucratives. Mais lorsqu'il s'agit de lier le thème de la séduction et de ses diverses formes à la prostitution londonienne au XVIIIe siècle, la question devient complexe. En effet, largement controversé, le commerce du sexe relève d'une problématique double et paradoxale : non seulement les formes de séduction sont variées (séduction par le corps et par les mots) mais la perception même de la prostituée varie entre l'image d'une femme séductrice et l'image d'une femme victime de la séduction. Comment peut-on relier ces différentes approches et ainsi comprendre ce qui semble être une contradiction dans les discours?
Il est intéressant d'analyser dans un premier temps comment la prostituée, considérée comme séductrice ou femme prédatrice, utilise le faux et le mensonge pour arriver à convaincre et corrompre de nombreux Londoniens ou étrangers de passage dans la capitale. La séduction passe à l'évidence par le jeu du théâtre : créature d'illusion, la fille de joie se métamorphose et aime à charmer sous de multiples identités, séduire ses amants en manipulant les apparences. Le vêtement et le masque sont des accessoires indispensables et prennent ainsi une place considérable dans le jeu de séduction.
Séduire autrui pour susciter désir et admiration autour de cet idéal féminin est bien la démarche mise en œuvre par une catégorie de presse et périodiques érotiques qui prolifèrent au milieu du dix huitième siècle. La courtisane ou 'Woman of Pleasure' fait l'objet d'un véritable culte à Londres et l'on parle même d'une littérature spécialisée servant de support médiatique à la profession. Des guides célèbres tels que Harris's List of Covent Garden Ladies proposent une liste des prostituées les plus renommées de la capitale. Les procédés rhétoriques utilisés dans certains discours, notamment celui des libertins, méritent ainsi d'être examinés. Comment une telle propagande vantant le plaisir des sens et les talents de la prostituée séductrice a-t-elle pu être établie?
Enfin, au delà des diverses formes de séduction (qu'elles passent par la représentation ou la rhétorique), les implications morales et sociales de l'acte de séduire sont, au milieu du siècle, au cœur d'un grand débat public. En effet, certains réformateurs ont une tout autre conception de la prostituée qu'ils ne considèrent plus en séductrice mais en femme séduite, 'Seduced Woman', victime de son innocence et de sa naïveté. Trompée, leurrée et abandonnée, la fille de joie devient même un symbole dans la littérature de l'époque avec le développement des " seduction narratives ".
Les discussions autour de la séduction et de son rôle dans le commerce de la prostitution sont donc régulières à cette période et présentent la plupart du temps un réseau complexe d'analyses et d'arguments contradictoires. C'est cette dynamique même qui mérite d'être examinée et ce, en se fondant sur un corpus diversifié, composé d'ouvrages littéraires (tel Fanny Hill (1748-1749) de John Cleland), d'œuvres iconographiques (William Hogarth, A Harlot's Progress (1732)), et de quelques pamphlets.

'Seductress or Victim of Seduction ? The Two Images of the Prostitute in Eighteenth-Century England'
The prostitute has always possessed an undeniable talent for appeal and conviction, with a mercenary aim. When it comes to linking the various forms of seductiveness to prostitution in eighteenth-century London, the issue becomes more complex. Indeed, disputed as it is, the commerce of prostitution raises a paradoxical question : not only do the forms of appeal vary (seduction by the body and seduction by words) but the very discourse on the prostitute oscillates between the images of the seductress and of the seduced woman. How shall we reconcile these opposed theories and make sense of seemingly contradictory tenets?
It is interesting to analyse how the prostitute, as seductress or predatory woman, resorts to falsehood and lying in order to allure and corrupt many Londoners and visitors in the metropolis. "Seduction" obviously involves acting. The prostitute turns into a creature of deceit, charming under multiple identities and seducing her lovers by manipulating appearances. Clothes and masks are essential assets and consequently take an important part in the play of seduction.
Relying heavily on desire and admiration for the feminine ideal, seduction and appeal are indeed the purposes of a specifically-oriented press which climaxed with the development of numerous erotic periodicals in the middle of the eighteenth century. The courtesan or "woman of pleasure" is hugely fashionable in London - one may even talk of specific writings serving as propaganda for the profession. Famous guides, such as Harris's List of Covent Garden Ladies, offer a list of the most celebrated prostitutes in the capital. It is worth examining the rhetorical devices, particularly those employed by the libertines. How could such a propaganda, praising the pleasure of the senses and the talents of the prostitute as seductress, develop publicly?
But beyond the various forms of appeal (pertaining to the world of representation or that of rhetoric) the moral and social implications of the act of seduction are at stake in the significant public debate in the eighteenth century. Some reformers have a totally different conception of the prostitute. For some, she no longer appears as a seductress but as a woman who is a victim of her innocence and her naivety. Betrayed, deceived and abandoned, the prostitute becomes a recurrent figure in the literary works of the time through the development of the "Seduction Narratives".
Debates around seductiveness and its role in the commerce of prostitution are thus regular during that period, and build, most of the time, a complex network of contradictory analyses and arguments. This point is worth examining through a diversified corpus composed of literary sources (John Cleland : Fanny Hill (1748-1749), the visual arts (William Hogarth, A Harlot's Progress (1732)), and a few selected pamphlets.

Samedi après-midi 24 novembre (La Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle Bourjac) :

13. 14h30. Nathalie Zimpfer (LIRE-SEMA, ENS-LSH de Lyon) : " L'homilétique swiftienne ou l'anti-séduction comme manipulation ".
Cette communication se propose de montrer que la rhétorique des sermons de Jonathan Swift (1667-1745) est particulièrement représentative d'une homilétique anglicane envisagée comme rejet de toute séduction oratoire. Engagés dans une entreprise de réforme qui, plus que rhétorique, est avant tout théologique et idéologique, les prédicateurs anglicans de l'après " Glorieuse Révolution " privilégient un dépouillement stylistique qui se veut le reflet de l'irénisme dont l'Église établie a fait sa caractéristique principale. Mais l'analyse des sermons swiftiens montrera de quelle manière ce plain style peut être instrumentalisé à des fins rhétoriques permettant de dissimuler le dogmatisme bien réel de l'homilétique anglicane.

14. 15h15. Elisabeth Martichou (Université de Paris XIII) : " Dialogues on the Usefulness of Ancient Medals de Joseph Addison et Polymetis de Joseph Spence ou le dialogue philosophique comme forme de séduction ".
Les Dialogues… d'Addison et le Polymetis de Spence participent de la même intention : établir une correspondance entre l'art de la médaille, pour le premier, ou l'art de la sculpture, pour le second, avec les auteurs anciens. Dans ces deux ouvrages le dialogue philosophique apparaît comme un moyen de séduire un lectorat susceptible d'être rebuté par l'étude de l'Antiquité.
On verra dans un premier temps comment les deux écrivains justifient le recours au dialogue. On évoquera également le contexte intellectuel, la forme dialoguée étant fréquemment utilisée dans les écrits à teneur philosophique en Grande Bretagne dans la première moitié du dix-huitième siècle.
Les deux dialogues étant dramatisés afin d'inciter à la lecture, on distinguera dans cette mise en scène ce qui relève des conventions du genre de ce qui est apport original, ainsi l'invitation à une visite des collections de médailles ou de statues, qui renvoie à la vogue des collections d'antiques et à leur importation d'Italie. La dramatisation passe aussi par l'invention de personnages aux rôles bien définis, censés rompre la monotonie de l'exposé érudit.
Enfin, l'impératif classique de plaire en instruisant demeurant l'objectif des auteurs, on s'intéressera aux aspects de la doctrine privilégiés dans les deux œuvres ainsi qu'à la façon dont l'érudition est rendue accessible (rôle des notes, digressions, mise à distance du texte).

Addison's Dialogues on the Usefulness of Ancient Medals and Spence's Polymetis or philosophical dialogue as a form of seduction
Both Addison's and Spence's texts aim at establishing a link between ancient authors and antiques, be they medals or statues. As a form, the dialogue seems likely to seduce readers not necessarily interested in studying antiquity.
I'll first examine how these writers justify resorting to this form. Their choice will also be interpreted in the intellectual context of the first half of the eighteenth century, when a certain number of such dialogues were published in Britain .
Then I'll study dramatization : both characters and places will be considered with an eye to the impact of tradition and the originality of the approach.
The role of dialogues is to please and instruct at the same time and so finally I'll focus on the aspects of the classical doctrine discussed in both texts as well as on the ways in which the dialogues try to make erudition accessible.


15. 16h15. Amélie Junqua (Doctorante Paris VII) : " La ligne courbe ou le droit chemin : esquive et signes de la séduction littéraire de Joseph Addison (1711) et Laurence Sterne (1768) ".
L'étymologie du mot séduction -- détourner, corrompre, trahir - ne décrit qu'une partie du sujet que l'on propose d'étudier. On désire ici examiner le fonctionnement sémiologique et l'évolution de la séduction littéraire telle qu'elle se manifeste dans deux textes : le périodique addisonien The Spectator et A Sentimental Journey de Sterne. Entre ces deux " moments " de la littérature anglaise du dix-huitième siècle, on observe l'évolution d'une seule et même séduction.
Comment définir cette séduction littéraire ? Dans les deux textes choisis, les charmes pluriels du corps féminin exercent leur pouvoir sur un personnage masculin - rien moins que la persona autoriale - qui reflète alors dans les mots du texte le désir qui le saisit : verbalisé, difracté en fragments signifiants, ce désir ricoche pour toucher le lecteur d'un même émoi. Le terme de séduction littéraire ainsi défini implique un double processus : rapt du personnage-spectateur et propagation, vers le lecteur, de sa propre fascination. La contagion de la séduction à travers l'écran d'un texte, on le mettra en évidence, fait nécessairement appel à une sémiologie du corps et du vêtement : autant de stratégies insidieuses de manipulation et de morcellement du corps en signes.
Pour condenser notre problématique, on a choisi le contraste de la ligne courbe et de la droite. Outre qu'elle nous invite à reconnaître avec Hogarth la dimension esthétique de toute séduction, cette formulation articule les tensions et les détours inhérents à la séduction littéraire.
La séduction ne survit pas à l'éphémère. Séduite, la proie amoureuse cesse d'exister comme objet de désir. Consommé - décrypté et dévoré du regard - le texte s'évanouit dans la matière de son support et devient simple papier : tel ce carnet perdu dans Tristram Shandy qui se transforme en papillotes, ou le feuillet périodique du Spectator, journal le temps de sa lecture, emballage ou combustible s'il n'est plus déchiffré. Puisque la séduction n'est qu'étape ou prélude, rituel et passage attendu, elle est toujours sous-tendue par ce paradoxe : destinée à disparaître, elle aspire à une éternelle renaissance. C'est à cette fin qu'elle prend la forme d'une ligne fuyante et asymptotique. Qu'elle se matérialise en courbe, volute, boucle ou digression, la séduction refuse l'immobile et se détache du néant dans un perpétuel mouvement de vrille, d'une beauté fluide mais trompeuse, car elle exorcise et frustre l'accomplissement mortifère du désir.
Sterne comme Addison comprennent et capturent l'énergie de la séduction dans leurs proses. Sans figer ni affadir leur perfection, ils passent ces précieux moments de séduction au crible des signes, forcent leur évanescence à travers le tamis du langage, pour inscrire et réinscrire leur infinie beauté.

'The straight path and the waving line of beauty - the signs and pursuit of literary seduction, from Joseph Addison to Laurence Sterne'
How to define a "literary seduction" ? The etymology of the term - prevarication, corruption, and betrayal - conveys but an incomplete idea : in the works of Joseph Addison and Laurence Sterne, and particularly in The Spectator (1710-1714) and A Sentimental Journey (1768), the same seduction scene is re-enacted time and time again, with slight and telling variations.
A literary seduction thus involves a masculine character - more often than not, that of the narrator himself - perceiving the multifarious charms and attractions of the feminine body. Overpowered by desire, he reflects on this temptation and translates it into words. Thus broken into verbal units or fragments, the longing and yearning of the author bounces back onto the reader, inducing similar propensities and performing a second seduction. A literary seduction therefore implies two distinct, echoing conquests, the temptation of the narrator and the gradual contagion of the reader through the artful, screen-like mediation of the literary text. This necessarily implies, as will be demonstrated, that subtle semantic strategies are used to manipulate and break the body into physical signs, signs to be used and deciphered - the language of clothes and accessories, the meanings of gestures, the shades of colours and blushing skin.
The title of our paper, contrasting the straight, strict path of duty, moral convention or forthright narration with an alluring, meandering curve - borrowed from Hogarth's deceptively simple line of beauty - reminds us that, while emphasizing its inherent tensions, we must acknowledge the essentially aesthetic nature of literary seduction. The process being by nature pleasing and ephemeral, its object - be it a woman or a text - ceases to exist once seduction is completed and desire satiated. A torn page from a book no longer holds any power of suspense once it is deciphered, and becomes mere paper, sheer materiality. Tristram's notebooks meet such a fate when turned into "papilliotes" and the Spectator finds his daily sheet recycled into wrappers, pie-foundations, tobacco-stoppers, crackers and paper kites. Since seduction is nothing but a highly aesthetic, briefly enjoyable prelude, Addison and Sterne strive to protract it into an ever-eluding and unsolved paradox - a frustratingly asymptotic curve of elegance, grace, and illusion.
Both authors, we propound, understand the fundamental contradiction of seduction, and both attempt to capture or channel its energy into their prose, by fragmenting the object of their desire into a profusion of minute signs reflecting infinite, and inexpressible beauty.

16. 17h. Stéphanie Gourdon (Université Lumière Lyon 2, LERMA, Université de Provence) : " Mary Wollstonecraft, intellectuelle et femme : discours de vérité et manipulation rhétorique ".
Pour que les femmes aient accès à l'instruction, Mary Wollstonecraft doit convaincre qu'elles sont dotées de raison. C'est sur ce point qu'elle attire l'attention de Talleyrand dans la lettre liminaire de Défense des droits de la femme (1792). L'auteur s'insurge contre l'image de la femme séductrice qui, seule, semble la définir. Parallèlement, dès son premier ouvrage argumentatif, Mary Wollstonecraft se réclame d'un style simple et vrai qui contredit l'idée reçue selon laquelle l'écriture féminine est désordonnée et empreinte de préciosité. Ainsi, le pamphlet A Vindication of the Rights of Men (1790), dont le genre même l'inscrit dans un rapport au vrai, dénonce-t-il l'imposture du discours mystificateur voire incohérent de Burke. Pour ce faire, Mary Wollstonecraft subvertit les catégories esthétiques du beau et du sublime associées respectivement à une féminité trompeuse et aux qualités masculines les plus élevées. Paradoxalement, les deux ouvrages argumentatifs qui suivent semblent relever d'une rhétorique plus insaisissable. Dans Défense des droits de la femme, Mary Wollstonecraft s'adresse au redoutable Talleyrand, fin politique et amateur du beau sexe. Dans Letters Written During a Short Residence in Sweden, Norway and Denmark (1796), récit de voyage mêlant essai, traité et pamphlet, la femme éconduite s'adresse sous forme épistolaire à l'époux vagabond. La femme aurait-elle alors raison du discours vrai dont se réclame l'intellectuelle ?

Mary Wollstonecraft feels she must prove women are endowed with reason so that they can have access to education. She draws Talleyrand's attention to this point in the introductory letter to A Vindication of the Rights of Woman (1792). The author condemns the idea of woman seen as a seductive figure only. In her first argumentative work, Mary Wollstonecraft insists on the simplicity and truth of her style which contradicts the preconceived idea of desultory and affected feminine writing. The pamphlet A Vindication of the Rights of Men (1790), in a genre that by its nature lays claim to truth, denounces a deceptive and inconsistent style. MW subverts the aesthetic categories of the beautiful and the sublime which are respectively associated with deceptive femininity and the noblest masculine qualities. Paradoxically, the rhetoric of the two following works is more complex. In A Vindication of the Right of Woman, Mary Wollstonecraft addresses Talleyrand, the cunning diplomat and connoisseur of the fair sex. In Letters Written during a Short Residence in Sweden, Norway and Denmark (1796), the travelogue which form combines the essay, the treatise and the pamphlet, the betrayed woman uses the epistolary genre to address her unfaithful lover. Does the woman renounce the discourse of truth that the intellectual lays claim to?

 


Territoires d'autorité / Territoires de connaissance
17-18 janvier 2009
programme pdf

Repères :1551 traduction anglaise de l'Utopie de Thomas More / 1831 voyage d'Alexis de Tocqueville dans le "désert américain", préparatifs du grand périple de Darwin.

Pistes : s'agissant d'autorité(s) on peut penser en termes d'autorité administrative (aménagement, colonisation, conquête, , etc), culturelle, juridique ( légitimité, prisons, tribunaux, etc) , politique, religieuse (depuis le "cujus regio ejus religio" jusqu'au magistère paroissial, selon que l'on pense en termes de continent, (territorialisation des minorités, assignation de catégories de populations), d'état(s), de pays, de provinces , de régions ; s'agissant de connaissance(s) (de Bacon à Bentham), on travaillera autour des notions d'espace (macrocosme-microcosme, cartes, cloture-ouverture, découvertes, explorations, géographie, proche-lointain, voyages réels et/ou fictifs), d'expérience, de nature, en privilégiant si possible du matériau nouveau (breaking new ground ou lectures nouvelles; on mettra en relief l'histoire des arts, des sciences, de la médecine (connaissance du corps humain, espaces hospitaliers (on signifie par là les hopitaux)

Autour de la notion de temps (géologie, histoire du monde, histoire nationale, histoire patrimoniale), dans les deux domaines, ou champs si l'on veut, autorité et connaissance, on posera les questions des continuités, des enjeux, des finalités,des interdits, des limites, des ruptures (paradigmatiques en particulier), des transgressions. Des questions essentielles, l'éducation en particulier, se trouveront à la rencontre, à l'intersection des deux thématiques.

Sans frontière, mais dans un souci de cohérence, d'efficacité, d'harmonie, de rigueur, il sera ménagé, autant que faire se pourra, la moitié du temps de parole (6 à 8 communications) à la thématique de l'autorité, et l'autre moitié (6 à 8 communications) à celle de la connaissance, et dans chacune la moitié à la civilisation et la moitié à la littérature.

Un comité scientifique d'organisation pésidé par Mme Suzy Halimi, Présidente de la Société d'études anglo-américaines des 17e et 18e siècles recevra les propositions de communications jusqu'au 15 septembre 2008 (textes papier et courriels à envoyer à M Louis Roux, 1 rue de la Vapeur, 42100 Saint-Etienne).

 




Dernière mise à jour le 15/01/2006 par Alain Kerhervé.