Société d'études anglo-américaines                 
des XVIIe et XVIIIe siècles

COLLOQUES ANNUELS


Colloque des 24 et 25 novembre 2006

L'héritage judeo-chrétien dans la culture et la civilisation anglo-américaines
des XVIIe et XVIIe siècles

Abstract


Vendredi 24 novembre
[Salle 216 (2ème étage) Paris I - 12 place du Panthéon]


Matin : Président : Professeur Robert Ellrodt, université de Paris III

- 10 heures 30 : M. Laurent Curelly, université de Haute-Alsace
'Christ's Bloody Sweat' : la representation de la scène de la retraite
à Gethsémani dans la poésie de dévotion anglaise du dix-septième siècle.


Fortement christocentrique, la poésie de dévotion anglaise du premier dix-septième siècle regorge de références à cet événement majeur du christianisme qu'est la Passion du Christ. Débutant le récit scripturaire du sacrifice christique et préfigurant la Crucifixion, l'épisode de la retraite de Jésus à Gethsémani suscita l'intérêt de nombreux poètes de dévotion, parmi lesquels le catholique Southwell et les anglicans Herbert et Vaughan. On s'efforcera de comprendre pourquoi, indépendamment de leur foi, tous ces poètes intègrent volontiers à leurs vers cet épisode biblique, s'en remettant principalement au récit de Luc ; en corollaire, on tentera de mesurer le degré de fidélité aux sources scripturaires lisible dans leurs poèmes. En effet, entre emprunt et réécriture, leur écriture poétique paraît agir comme un filtre par lequel se manifeste l'influence d'autres sources. Ce constat pose inévitablement la question de la force créatrice dont peuvent se prévaloir les poètes de dévotion : leur plume peut-elle encore faire acte de création ou se trouve-t-elle tragiquement bridée par ses sources ?

Seventeenth-century English devotional poetry with its Christocentric perspective is imbued with references to the Passion of Christ, Christianity's pivotal event. Christ's solitary prayer at Gethsemane, which begins the narrative of his Passion and foreshadows his death on the Cross, inspired many devotional poets of the time. This paper seeks to explain why poets of such seemingly conflicting religious persuasions as Southwell, a Catholic, and his Anglican counterparts Herbert and Vaughan draw upon the Gethsemane scene as their source material, mostly referring to Luke's Gospel rather than the other three. It also aims at assessing how close to biblical sources their poems are. Their writing, which runs the gamut of the borrowing process from copying to rephrasing, proves to be conditioned not only by Scripture but also by other sources, thus raising questions about the poets' creativeness. In other words, do sources contaminate those poets' art so extensively that they can be said to obliterate its poetic value?

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Dernière mise à jour le 15/10/2006 par Alain Kerhervé.