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L'ENTRETIEN DU XVIIIe AU XXIe SIECLE

L’Entretien du XVIIIe au XXIe siècle

Colloque organisé par Agnès Cousson, 9 et 10 juin 2016

Centre d’Étude des Correspondances et des Journaux Intimes

Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen

Université de Bretagne Occidentale, Brest.

Appel à communication

  

 

Le colloque s’inscrit dans le prolongement du colloque L’Entretien au XVIIe siècle organisé à Brest les 19 et 20  mars 2015, et dont les actes paraîtront chez Garnier.

Il s’agit d’analyser maintenant l’évolution d’un genre qui a connu un vif succès au cours du Grand Siècle, et qui s’est imposé comme une forme privilégiée de pratique dialogique. Les mêmes approches, générique, thématique, esthétique et anthropologique seront privilégiées. La floraison des dialogues dans la littérature du XVIIIe siècle, la place accordée à la promenade méditative, une caractéristique de l’Entretien présente dès le XVIIe siècle, illustrée par les Entretiens d’Ariste et d’Eugène du père Bouhours, appelle ce second volet. L’Entretien constitue aussi une large part de la littérature contemporaine. Au XXIe siècle,  hommes politiques, journalistes, écrivains, célébrités choisissent cette forme comme une voie de discussion intellectuelle, ou pour évoquer leur vie personnelle, sous une forme différente de l’autobiographie, très présente dans la production littéraire actuelle. Qu’en est-il des  XIXe et XXe siècles ?

Les communications pourront porter sur tout type d’Entretien, littéraire, philosophique, pédagogique, spirituel, libertin, lié aux querelles religieuses ou politiques, ou à des sujets culturels. Inscrites dans le prolongement des travaux sur le XVIIe siècle, elles permettront de dégager les principales caractéristiques de l’évolution d’un genre alors codé et indissociable de la rhétorique et de l’éloquence. Les communications portant sur des textes de la fin du XVIIe siècle sont encouragées, par exemple L’Entretien sur la pluralité des mondes, de Fontenelle, qui annonce le dialogue philosophique des Lumières. Toutes les communications s’attacheront à mettre en relief la spécificité de l’Entretien envisagé, en lien avec l’histoire des idées, l’évolution des formes de sociabilité, le contexte historique, la diffusion de la culture, comme dans le précédent colloque. Y a-t-il une spécialisation des sujets selon les siècles, des thèmes qui s’imposent ou qui disparaissent ? L’Entretien spirituel conserve-t-il la même importance ? Qu’en est-il de la dimension autobiographique du genre, amorcée dès le XVIIe siècle ?

Les mêmes axes d’étude peuvent être repris, dans le dessein d’observer les variantes de la poétique de l’Entretien au fil des siècles. Par exemple, l’influence du sujet et de la situation d’énonciation sur la forme, les relations des personnages en présence, les raisons du choix de l’Entretien et ses finalités, les valeurs proposées. Dans le cas du récit de soi, pourquoi « s’entretenir » plutôt qu’écrire ses Mémoires ou son autobiographie ? Pourquoi « s’entretenir » avec un tiers plutôt qu’écrire un Essai, dans le cas des Entretiens « savants », politiques ou idéologiques ? Pour rappel (et nous soulignons l’aspect réducteur de l’esquisse de définition proposée), l’Entretien est au XVIIe siècle le fruit d’une mise à l’écrit d’un échange oral ou écrit, souvent par lettres dans ce second cas, réel ou fictif, entre deux interlocuteurs amis, dont l’un fait figure d’autorité ; entre un directeur et ses dirigé(e)s dans les Entretiens spirituels ; enfin, dans les Entretiens pédagogiques, entre un maître et ses élèves. La question de la sincérité et de la fiabilité de la retranscription méritera cette fois encore d’être soulevée. Les obstacles à la fidélité de la mise à l’écrit et à la libre expression de soi sont nombreux : le statut du personnage entretenu, parfois soumis à un devoir moral d’édification, la volonté du scripteur de laisser de l’autre une image dorée pour la postérité, un accord tacite entre les deux personnages en présence, la supériorité intellectuelle, sociale, spirituelle de l’un sur l’autre, des raisons morales, politiques, religieuses, ou, plus simplement, le défaut de mémoire. Inversement, la connivence affective ou intellectuelle de ceux qui s’entretiennent, la souplesse de la forme et la spontanéité de l’échange favorisent l’épanchement.

Cet ensemble de points, non exhaustifs, pourra nourrir la réflexion, de manière à optimiser la perspective d’étude de l’évolution du genre. L’Entretien comme voie d’expression du moi constituera aussi, comme dans le premier colloque, un axe de recherche,  dans le dessein de cerner l’apport du genre dans la connaissance de soi et le développement de l’expression personnelle. Les comparaisons, quand elles sont possibles, entre les Entretiens et les autres écrits personnels d’un même auteur, Mémoires, lettres, confessions, autobiographies, seront cette fois encore encouragées, de même que la confrontation de l’Entretien avec les genres portant sur la personne, la biographie par exemple. Quelle hiérarchie et quelle répartition des informations, selon le genre retenu ? Que révèle et que tait l’Entretien du sujet entretenu, mais également de son interlocuteur-scripteur, et quand le scripteur est un tiers, de l’intention de celui-ci ? La forme dialectique de l’Entretien appelle des études sur le style des textes, selon des approches linguistiques, rhétoriques, sémantico-syntaxiques. Qu’est-ce que « s’entretenir » au XVIIIe siècle et dans les siècles suivants ?

 Comité scientifique 

Marc-André Bernier (Université du Québec à Trois-Rivières)

Agnès Cousson (Université de Bretagne Occidentale)

Éric Francalanza (Université de Bretagne Occidentale)

Sylvio de Franceschi (École Pratique des Hautes Études)

Sophie Guermès (Université de Bretagne Occidentale)

Antony McKenna (Université de Saint-Étienne)

 

Les propositions de communication avec résumé (300 mots) sont à envoyer avant le 30 octobre 2015 aux adresses suivantes :

 

agnes.cousson@laposte.net

centre.correspondances@univ-brest.fr