Centre de Recherche Bretonne et Celtique

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bretonne et celtique

La Vie bretonne de sainte Barbe / Aman ez dezrou buhez sante Barba dre rym

Établi, traduit et présenté par Yves Le Berre
d'après l'édition de 1557

CRBC - 484 pages - 16 x 24 cm - 27 €
Parution : avril 2018
ISBN : 979-10-92331-35-6

Introduction
Table des matières

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 Résumé

L’objet de L’interminable chantier du savoir est un « petit livre détestable au point de vue littéraire […] très curieux pour la philologie.» Ainsi s’exprime Émile Ernault dans une lettre à Théodore Hersart de la Villemarqué en 1881 à propos de la Vie de Sainte-Barbe sur laquelle il travaille à l’époque. De fait, ce mystère breton n’est guère envisagé que sous l’angle d’une mine de formes lexicales et grammaticales qu’on peut organiser en ordre alphabétique dans les
pages d’un dictionnaire quitte, une fois la mine épuisée, à ranger le dictionnaire bien relié et doré sur tranche sur l’étagère des Intouchables. Mais a-t-on pour autant épuisé le livre?

Yves Le Berre répond non. Cependant, il ne s’agit pas pour le chercheur de « revisiter » – terme à la mode – l’oeuvre mais de la réviser dans sa transcription, sa traduction, sa présentation. Bénéficiant en effet d’outils que ni Théodore ni Émile n’avaient à leur disposition
et tout en reconnaissant leurs mérites qui ne sont pas petits, Yves Le Berre reprend les trois éditions originales de 1557, 1608 et 1647 et les compare à la traduction établie en 1888 par É. Ernault. Ce faisant, son propos n’est pas de détecter la forme rare, la déviance, le bijou philologique mais d’entrer en compréhension avec l’oeuvre, son auteur, son public, les acteurs qui la jouaient. Cette oeuvre a en effet été vivante, jouée à de nombreuses reprises : on y trouve une dramaturgie, des personnages dont certains possèdent une véritable épaisseur psychologique, du tragique mais aussi du comique, bref tous les ingrédients qui appartiennent déjà au théâtre moderne. Réduire la Vie de Sainte Barbe à un amusement du passé frustre de Bretons incultes est injuste ; certes, il n’y a pas de suspens, on sait dès le début que le destin de Barbe est scellé, mais c’est la règle du genre. Le mérite d’Yves Le Berre, mettant en regard texte breton et texte français, est de donner à sentir l’humanité profonde du texte : on y découvre tout un monde engagé dans la représentation du martyre d’un être d’exception qui peut intercéder pour eux auprès de Dieu mais n’en est pas moins femme. C’est peut-être pour cette raison que Barbe est toujours l’une des saintes les plus invoquées, entre autres (hasard divin) par les sapeurs pompiers et les parturientes.


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