Centre de Recherche Bretonne et Celtique

Centre de recherche
bretonne et celtique

Le point de vue périphérique – Projet de recherche en littérature de langue bretonne

Description

Partenaires scientifiques :

  • IKER, UMR 5478
  • CRPHL, EA 3003
  • CELIFRAB, Université de Liège
  • Bibliothèque de Rennes métropole
  • Bibliothèque Yves-Le Gallo, UMS 3554, Brest
  • Musée des beaux arts de Brest

Soutiens financiers : MSH-B, UBO, Conseil général du Finistère, Brest métropole océane, Conseil régional de Bretagne


Présentation du projet

Les grands ensembles de la production littéraire sont généralement constitués autour d’un centre où s’organise l’essentiel de la production ; les autres ensembles, plus petits, sont désignés par rapport à lui. Le centre domine par son prestige, par la masse de son lectorat, par la densité de ses instances de reconnaissance (B. Denis et J.-M. Klinkenberg, 2006). Une périphérie, quant à elle, se définit par un éloignement qui peut être spatial, social, national, idéologique, sociolinguistique, intellectuel ou politique. Cet éloignement crée des distorsions dans la perception de la norme. Une nouvelle approche de la littérature bretonne - tout comme d’autres littératures qui se construisent dans des processus comparables (les littératures des autres langues régionales, par exemple) - passe par l’exploration de cette intertextualité (G. Genette, 1982) et de cette porosité entre différentes littératures et, plus largement, entre différents champs artistiques. 
Si un point de vue périphérique se construit, il est à comprendre à la fois dans ses relations avec l’extérieur - d’où la nécessité d’une réflexion commune et internationale sur la modélisation des connexions et ruptures entre littératures périphériques et littératures centrales - et dans les relations internes, c’est-à-dire propres au champ littéraire (Bourdieu, 1991) breton. Il s’agira d’identifier les divers lieux de sociabilité et divers réseaux dans lesquels s’inscrivent les acteurs et producteurs du champ - d’où la nécessité de la mise à disposition de données sur les trajectoires sociales et institutionnelles des auteurs, ouvrant la voie à des analyses à la fois littéraires et socio-historiques. C’est enfin grâce à la combinaison de cette approche comparatiste et modélisatrice, d’une part, et du croisement serré de données concrètes, d’autre part, qu’il sera possible de comprendre l’une des spécificités du point de vue périphérique breton, à savoir la réflexion « narcissique » (Le Berre, 2006) sur ce qu’est la Bretagne ? En répondant tout particulièrement à la question : que dit un artiste de lui-même quand il dit la Bretagne ?

Le projet s’articule en trois tâches :

Tâche 1 : Des littératures périphériques (colloque)
Ce volet est à considérer comme une introduction générale permettant à des chercheurs issus de domaines et de terrains différents de se rencontrer pour explorer collectivement la notion de périphérie. Le colloque « Connexions et ruptures dans les littératures périphériques » s'est tenu à Brest les 30 et 31 mai 2013. Un ouvrage collectif en est issu. Il est paru aux Presses universitaires de Rennes en mai.

Tâche 2 : Trajectoires des auteurs de langue bretonne (base de données)
La constitution de la base de données PRELIB vise à compiler des informations déjà existantes puis à les compléter et les actualiser. Il s’agira, tout d’abord, de reprendre l’ensemble des données prosopographiques disponibles sur les auteurs de langue bretonne des origines de cette littérature au XXIe siècle. Une base principale contiendra des données sur les auteurs de langue bretonne à laquelle seront liées une base « œuvres » et, à terme, une base « revues » : c’est par le croisement de ces trois bases que nous obtiendrons des données indispensables en vue de recherches novatrices sur la question des réseaux et du fonctionnement du champ littéraire breton.

Tâche 3 : Dire la Bretagne, se dire (ateliers interdisciplinaires)
Ce dernier volet passera par l’organisation de trois ateliers interdisciplinaires réunissant des chercheurs en littérature, arts plastiques, cinéma, architecture, musique, etc. Ceci permettra de confronter les différents domaines de recherches afin d’établir les grandes orientations d’analyse, de choisir des motifs récurrents, de nous interroger sur les faits spécifiques ou originaux. Un partenariat avec le Musée des beaux-arts de Brest permettra de développer la dimension iconographique du projet. L’objectif est de dégager les spécificités de chaque domaine mais également d’établir des passerelles entre eux. Une synthèse permettra d’élaborer une conclusion globale issue de ces travaux collectifs. Ces ateliers feront l’objet de la publication d’un ouvrage dont les articles permettront de mettre en évidence les spécificités les plus pertinentes de la problématique.