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Devenir
des étudiants du Master Géosciences
Océan
Pour offrir une idée de la réalité
des débouchés potentiels
en Géosciences, ainsi que de leur diversité,
nous avons établi un suivi
du devenir des étudiants issus
du Master GO (ou de la Maîtrise et du DEA qui
l'ont précédé) depuis 1999.
Par ailleurs, le SUAOIP
(Service Universitaire d'Accueil d'Orientation et
d'Insertion Professionnelle) de l'UBO a établi
un bilan général de la situation en
2005/2006 des diplômés de licence et
Master 1 - promotion 2005 à l'UBO. Vous trouverez
ce bilan complet en PDF pour les diplômés
de la Licence
et pour les promotions de Master
1 (voir page 62 pour la Licence STU et page 55
pour le Master 1 Géosciences Océan).
En 2006, nous avons lancé les Premières
Journées Professionnelles en Géosciences,
regroupant des interventions sur deux journées
de nombreux professionnels (Fonction Publique Territoriales,
EPIC, Bureaux d'étude, entreprises privées
de toute taille), pour un grand nombre issus du milieu
Universitaire, notamment de la formation de l'UBO
Brest. Nous en avons tiré un compte-rendu.
Nous renouvelons l'opération en 2007 (19-20
mars, IUEM et Bouguen, UBO, voir affiche
et programme en pdf).
Nous avons organisé en 2007 les 2èmes
Journées Professionnelles en Géosciences,
les 19 et 20 mars à l'IUEM (affiche et programme
disponibles en PDF,
ou programme ci-dessous).
Cette page regroupe ces informations, qui doivent
permettre de convaincre les étudiants qu'il
existe des débouchés importants en Géosciences,
et que les Universitaires ont de fait de réelles
possibilités d'embauche hors de la Recherche
Fondamentale, même si celle-ci est souvent leur
motivation première en intégrant un
Master de type "Recherche" comme le Master
"Sciences de la Mer et du Littotal", Mention
"Géosciences Océan". Les discussions,
qui ont concerné aussi bien les étudiants
de Master que de Licence, Doctorat, et aussi Post-Doc,
ont certainement permis de dédramatiser l'image
du géologue au sens large et de décomplexer
les étudiants vis à vis de leur formation
universitaire. Sans faire d'optimisme béat,
il existe donc une offre et des carrières à
la mesure de nos étudiants! Le parcours suivi
par d'anciens étudiants le prouve. L'organisation
de la maquette de Master 1 (avec notamment, en Semestre
8, une UE optionnelle "Outils de la Géophysique",
un parcours Géosciences Générales
et Environnement, composé de 3 UE appliquées,
et un stage en entreprise) sont susceptibles d'apporter
de solides atouts pour trouver un débouché
dans le monde socio-écomnomique, si tel est
la volonté de l'étudiant.
PROGRAMME
DES JOURNEES PROFESSIONNELLES 2007
Lundi 19 mars,
Amphi A, IUEM-UBO, Technopôle Brest-Iroise
9h - Laurent KERYELL, ingénieur (SCREG-Quimper
, carrières de granulats, Delhommeau)
10h - Raymond NERZIC, océanographe (ACTIMAR-Brest
, océanographie opérationnelle)
11h - Hélène LEAU, géophysicienne
(IPEV-Brest, Institut polaire)
14h - Pierre MAURIAUD, géologue pétrolier
(TOTAL-Pau , relations universités/écoles)
15h30 - Renan FURIC, géologue exploration (IOS-Québec
, services géoscientifiques, mines)
Mardi 20 mars, site du Bouguen,
Amphi Pédagogique, AES, UBO
9h - Gaël LEFEUVRE, ingénieur (VEOLIA-Brest)
10h - Michel LECLERCQ, géologue (BRGM-Rennes)
11h - Gilles MARJOLET, hydrogéologue (CG22-Saint-Brieuc,
Direction de l'agriculture et de l'environnement)
fonction publique territoriale.
14h - Philippe SEGUIN, ingénieur (Agence de
bassin Loire-Bretagne, Ploufragan)
15h30 - Gilles LUCAS, hydrogéologue (GEOARMOR,
Rennes)
16h TABLE RONDE sur l'évolution des métiers
de l'eau; avec la participation de Christophe COUSSEMENT
(REAGIH) et Xavier LE GAL (CG22)
16h – TABLE RONDE sur l’évolution
des métiers de l’eau
Contacts: Joël
ROLET et Carole
LE HIR
COMPTE-RENDU
DES JOURNEES PROFESSIONNELLES 2006
1. PROGRAMME
Les Journées ser sont déroulées
les 16 et 17 mars 2006, à
l'IUEM, en présence de plus de 40 étudiants
de Licence, Master, Doctorat. Une affiche
(format jpg) reproduit cet événement,
soutenu par l'Ecole Doctorale des Sciences de la Mer
(EDSM).
Jeudi 16 mars
9h – M. G. MARJOLLET, hydrogéologue,
Directeur-adjoint, Direction de l’Agriculture
et de l’Environnement (CG 22), Hydrogéologue
agréé
10h – M. X. LE GALL, géologue, Technicien
supérieur, protection de la ressource en eau
(CG 22)
11h – M. M. LECLERCQ, Directeur du SGR du BRGM
de Rennes (35)
14h – M. B. MICHEL, géologue pétrolier,
TOTAL Paris La Défense (75)
15h – M. V. RELLIER, géologue, EUROVIA
(granulats routiers) Nantes (44)
16h – M. et Mme P. BOUGIER, et J.-M. GALISSAIRES,
bureau d’étude IOTA SURVEY (géophysique
marine), St Aunès (34)
17h – M. H. SAUVAGE, géologue, DAMREC-IMERYS,
exploitation de kaolins de Berrien (29)
Vendredi 17 mars
9h – M. F. MOAL, géologue, chef exploitation,
DAMREC-IMERYS, carrière d’andalousite
de Glomel (22)
10h – M.T. PATRIS, hydrogéologue, Laboratoire
d’Analyse des Eaux de Brest-Océan, Plouzané
(29)
11h – M. L. LIDOUREN, hydrogéologue,
Communauté de communes de Quimperlé
(29)14h – M. Y. FOUQUET, géologue métallogéniste,
responsable de programme GEODE, IFREMER Brest (29)
15h – M.N. WEBER, géologue marin, bureau
d’étude HOCER, Guipavas (29)
16h – M.C.COUSSEMENT, géologue, bureau
d’étude REAGIH, l’Hôpital-Camfrout
(29)
2. TABLE
RONDE
A la fin de la 2e journée de présentation,
une table ronde a été réalisée
entre les étudiants présents, les 2
derniers intervenants professionnels et 3 enseignants.
Le débat a entre autres porté sur la
création d’entreprise (présence
de Christophe Coussement), l’adaptabilité
et la réactivité du géologue
praticien dans la vie de l’entreprise, ainsi
que sur les améliorations possibles de notre
offre de formation : maintien d’une formation
pratique solide de terrain, bonne maîtrise de
l’écrit (rédaction de rapports)
et de l’oral (faire passer un message géologique
auprès de tout public), renforcement de la
pratique dans notre formation en géomatique.
3. MESSAGES
COMMUNS AUX PRESENTATIONS - RECOMMANDATIONS
Plusieurs points importants ont été
relevés:
- Perspectives importantes
et durables de recrutements dans toutes les
branches du secteur socio-économique touchant
aux géosciences, où l’offre va
rester soutenue (soit en raison du papy-boom,
soit pour des raisons de développement nécessaire
des activités, soit à cause d’une
forte croissance mondiale de la demande en énergie
pétrolière et matières premières,
soit enfin en raison d’une demande croissante
en environnement)
- Facteurs humains : capacité
à prendre des responsabilités, autonomie,
débrouillardise, pluridisciplinarité,
ne pas avoir peur de bouger, sont des qualités
très appréciées dans l’exercice
des métiers des géosciences -> Il
ressort que la phase de formation progressive au sein
même des entreprises ou des collectivités
via des stages, CDD, CDI, est essentielle
- Maîtrise de l’expression écrite
et orale : capitale, soulignée par
la plupart des intervenants
- Fonction Publique Territoriale
: possibilités et préparation aux concours
(procédures de recrutement) souvent mal connues,
pourtant accessibles aux étudiants de Master
(Bac+5) ou Doctorat (Bac+8): un encouragement à
candidater est formulée, notamment par d'anciens
étudiants de l'UBO (X. Le Gall, L. Lidouren).
- Demande forte d’une expertise en «
géo-quelque chose », pas trop
spécialisée donc ! Polyvalence thématique
et méthodologique très importante pour
ces débouchés
- Outils et savoir-faire fréquemment
requis : SIG, métrologie, logiciels
de représentation, maniement d’outils
géostatistiques, etc…
- Le niveau d’étude Master 2
(bac+5) est bien adapté à une
recherche d’emploi, surtout si l’on y
rajoute un peu d’expérience de type stages
en entreprise (dans le cursus ou hors cursus)
- Le niveau thèse (bac+8)
peut être un plus dans la mesure ou l’apprentissage
à gérer son temps et à mener
à bien un projet est considéré
comme acquis
SUIVI
DU DEVENIR DES ETUDIANTS
MASTER 1 (ou
ancienne Maîtrise des Sciences de la Terre et
de l'Univers de l'UBO)
Année |
Effectifs |
DEA
ou M2 |
CDD |
CDI
public |
CDI
privé |
Autres
informations |
1999-2000 |
15 |
9 |
2
"Environnement" |
1
DDE
1
Fonction territoriale Environnement 1 Fonction
Publique Impôts
|
1
"Granulats" |
- |
2000-2001 |
22 |
11 |
6
"Environnement" |
1
Administration |
2
"Environnement" |
1
élève officier navigant
1 IUFM |
2001-2002 |
16 |
11 |
1
"Mines et Carrières"
3
"Environnement" |
- |
- |
1
Géomatique |
| 2002-2003 |
13 |
7 |
1
"Mines
et Carrières"
1"Environnement"
|
- |
1
Usine |
plus:
1 stage "Environnement",
1 stage informatique appliquée,
1 stage géophysique appliquée
|
2003-2004 |
12 |
2 |
- |
- |
- |
5
Master Pro: Génie Civil, Risques Naturels,
Géophysique appliquée, Métallogénie,
Environnement |
2004-2005 |
14 |
6
à Brest, 5 à l'extérieur |
- |
- |
- |
M2
Perpignan - 2
M2 Hydro Rennes
- 1 abandon, 1 redoublement |
2005-2006 |
12 |
5
à Brest, 5 ailleurs |
? |
- |
- |
3
M2 Hydro Rennes, 1 en M2 Sédim Bordeaux,
1 en M2 Pétro Montpellier |
MASTER 2 (ou
ancien DEA Géosciences Marines de l'UBO)
Année |
Effectifs |
Thèses
|
CDD |
CDI |
Master
2 Pro ou DESS |
Autres |
2003-2004 |
18 |
10
(4 UMR, 1 IFREMER, 2 en France, 3 à l'étranger) |
- |
|
1
DESS, 1 M2 Pro Hydrologie |
1
IUFM, 1 Professeur |
2004-2005 |
8 |
1 |
1
(Maison des Minéraux, Crozon) |
1 |
1
M2 Pro Rennes |
2
IUFM,
2 redoublements
|
2005-2006 |
13 |
1,
voire 3 |
2
(dont 1 prof. SVT) |
2 |
1
M2 Pro Paris |
1
en attente ERASMUS, 2 en recherche d'emploi,
2 en attente
|
Carrières,
Métiers et Géosciences (FFG, mai 2008)
Fédération Française
de Géologie
La Lettre n° 3
Forum «Carrières, Métiers et Géosciences»
(session 33 de la 22e Réunion des Sciences
de la Terre, Nancy, 24 avril 2008)
Cette session tenait lieu de 3e édition du
Forum «Quels géologues pour demain?»
initié par le CNFG, la SGF et l’UFG en
2003 à Paris et organisé par les mêmes
trois associations en 2006 pendant la 21e RST à
Dijon. Cette fois-ci c’est Jean-Paul Tisot qui
organisa ce forum pour la FFG, au nom de l’UFG
dont il est président.
Le forum était organisé en deux séances,
l’une le matin sur les matières premières
(énergie et mines), l’autre l’après-midi
sur eau, géotechnique et environnement. Gérard
Sustrac (UFG) a donné une conférence
introductive sur «L’emploi des géologues
un panorama» correspondant schématiquement
à une mise à jour critique de ses évaluations
de 2003 et 2006. Jacques Varet (BRGM) a donné
une conférence de fin de session sur «Prospective
emplois en géosciences», résultat
d’une enquête qu’il a menée
pour le compte du BRGM. Entre les deux sont intervenus
Pierre Mauriaud pour la société Total
(énergies), Philippe Bordarier pour Eramet
(secteur minier), Aline Grandjean du Ministère
de l’Equipement (géotechnique) et Jacques
Ricour de la société Antea (eau, environnement
et aménagement du territoire). Le message principal
à faire passer est le suivant: après
20 années de marasme relatif, les géosciences
offrent à nouveau, et pour au moins 20 ans,
des perspectives de métiers en exploration-production
pour tout jeune prêt à développer
sa carrière dans un contexte international.
Deux chiffres pour commencer: l’effectif total
des géologues en France est ré-évalué
à 6060 (à une marge d’erreur près)
par G. Sustrac tandis que le besoin d’embauches
de géologues serait de l’ordre de 1500
par an (dont à peu près 500 enseignants
du secondaire) à l’horizon 2010-2020
selon J. Varet (chiffre peut-être sous-évalué).
Les profils les plus recherchés font appel
à la mobilité géographique des
candidats et à leur adaptabilité culturelle;
ils doivent maîtriser l’anglais, avoir
de fortes connaissances de terrain, des capacités
de synthèse de données multisources,
maîtriser les outils modernes d’analyse
et de modélisation, être aptes à
travailler en équipes multinationales…
Ceci recoupe fortement les demandes spécifiques
des entreprises. Cependant, si les entreprises d’hydrocarbures
et les entreprises minières, en particulier
les multinationales, sont plutôt à la
recherche de géologues de formation généraliste
(formation de base solide avec stages de terrain et
en entreprises), les sociétés travaillant
dans le domaine de l’eau, environnement, géotechnique,
aménagement du territoire sont intéressées
par des profils plus spécialisés dans
ces secteurs d’intervention. Les premières
sont prêtes à embaucher à bac
+ 8 (à condition que le profil des candidats
ne soit pas trop «pointu») ou à
bac + 5: soit des ingénieurs ENSG soit des
Masters passant par l’ENSPM ; les secondes par
contre sont intéressées par des bac
+ 5 professionnalisés (ingénieurs, Master
Pro ou ex-DESS).
G. Sustrac a rappelé que, parmi les 6060 géologues
recensés en France, près du tiers relève
de l’enseignement supérieur-recherche
(universités, CNRS, etc.: 1810). A ce total
de 6060, il faut ajouter environ 2800 professeurs
des collèges et lycées qui ont une formation
en SVT-géologie. En matière de formation,
il a observé une forte augmentation du nombre
de Masters Pro depuis la mise en place du système
LMD dans les universités, avec un nombre excessif
de Masters en «environnement» et en «développement
durable» qui entraîne une perte de lisibilité
de ces formations (les employeurs n’arrivent
pas à identifier les compétences développées
par les étudiants ayant suivi ces filières).
Certains secteurs montrent un déficit en géologues,
c’est le cas en particulier des hydrogéologues
des services publics où le potentiel pourrait
être de l’ordre de 500 pour un effectif
actuel de 113 (lié aux contraintes budgétaires);
le manque se fait sentir dans les conseils généraux
et les agences de l’eau. Un secteur où
le potentiel d’emplois est théoriquement
important est celui du patrimoine géologique
et de la médiation, mais les employeurs potentiels
ne sont pas bien identifiés (musées,
CCSTI, etc.). Plusieurs secteurs seront, dans les
années à venir, à effectif quasi-constant,
avec renouvellement des emplois: l’enseignement
supérieur-recherche (universités, CNRS,
IRD, IFREMER, MNHN) et le BRGM. Par contre, dans un
contexte économique actuellement porteur, les
secteurs de l’énergie, des mines, carrières
et travaux publics et les bureaux d’étude
(eau, environnement, géotechnique…) vont
connaître une forte augmentation (25 géologues,
25 géophysiciens et 30 ingénieurs de
réservoir par an chez Total; peut-être
plusieurs centaines de géologues dans le secteur
minier et des carrières; idem pour les bureaux
d’étude; 50 à 80 ingénieurs
et géologues par an au BRGM). [L’enquête
de G. Sustrac sera publiée sur le site Web
de l’UFG]
J. Varet a replacé ces tendances françaises
dans le contexte international où le pic d’âge
des géologues est à 40-45 ans, notamment
dans les industries extractives, entraînant
une forte demande qui devrait se prolonger au moins
pendant 20 ans. On manque actuellement et on va continuer
de manquer de personnels à mi-carrière
(schématiquement les «quadras»).
Globalement, la demande de géologues est en
augmentation dans le secteur pétrolier (envolée
des cours du brut, reprise des activités d’exploration
et des investissements) et les bureaux d’étude,
avec un décalage pour le secteur minier (où
on observe aussi une augmentation des dépenses
d’exploration depuis 2004 en particulier pour
la recherche de gisements métalliques). On
observe une augmentation régulière de
la dépense en environnement et dans les risques
naturels tant en France qu’à l’international
depuis 20 ans; cette tendance devrait se poursuivre.
Dans le secteur des énergies, on prévoit
d’atteindre un plateau dans la production des
hydrocarbures mais avec des dépenses accrues
en exploration, production et développements
technologiques; on aura aussi besoin de plus de géologues
sur les nouveaux secteurs d’activité
identifiés (le stockage du CO2 par exemple).
Cette tendance est une tendance lourde à 20
ans au moins. Le niveau des effectifs devrait atteindre,
voire dépasser celui de 1985, année
historique de début de la chute des recrutements
qui a duré 20 ans… Dans ce contexte de
recrutement globalement favorable, il y a cependant
un problème: on observe au niveau mondial soit
des régions à fort déficit en
compétences (en particulier en Amérique
du Nord et en Russie par réduction forte des
formations dans les universités) soit au contraire
des régions à fort surplus (Chine et
Indonésie par exemple). Une première
conséquence de cet état de fait est
l’envolée des salaires des géologues
qui peuvent être recrutés dès
le niveau «bachelor» aux USA (environ
80000 à 100000 USD/an en salaire débutant
soit 4000 à 5000€/mois, certaines entreprises
américaines venant recruter directement en
France…). En France, la situation est moins
catastrophique que dans les autres pays développés.
Nous avons conservé de nombreuses formations
en géosciences à la fois dans les universités
et dans les écoles d’ingénieurs
(l’ENSG, l’ENSPM et l’Institut Lasalle-Beauvais
envisageant même d’augmenter leurs effectifs
d’étudiants). Autrement dit, si le nombre
d’étudiants français attirés
par les sciences en général et par les
géosciences en particulier continue de stagner
à un niveau faible alors que certains pays
asiatiques regorgent de tels étudiants, nos
établissements d’enseignement supérieur
ne devraient pas hésiter à pratiquer
le «brain drain». Il faut communiquer
davantage sur les métiers des géosciences
dès le collège, adapter les programmes
d’enseignement, développer l’accueil
des étudiants étrangers, assurer la
mobilisation des seniors… J. Varet propose également
de réduire la dispersion des formations en
géosciences actuellement observée en
France en créant des pôles d’excellence
plus tournés vers la demande internationale
et qui associeraient enseignement supérieur,
laboratoires de recherche, écoles d’ingénieurs
et entreprises [sa proposition illustrée par
une carte de France où figuraient ces possibles
pôles a entraîné quelques remous
dans la salle]. Les quelques différences de
chiffres observées entre les résultats
des deux enquêtes (G. Sustrac et J. Varet) proviennent
de l’utilisation du terme «géosciences»
qui est plus large chez J. Varet (qui inclut géophysiciens
et ingénieurs de réservoir) que chez
G. Sustrac; néanmoins, dans l’ensemble
leurs diagnostics sont très proches. [En ce
qui concerne la formation dans les universités,
il a été reconnu que l’activité
de base du géologue de terrain est très
formatrice; mais se pose aux universités françaises
le problème récurrent des moyens financiers
et il a été suggéré que
les industriels s’y investissent davantage,
ce qui rejoint d’une certaine façon la
proposition de J. Varet] [L’enquête de
J. Varet sera disponible sur le site Web du BRGM après
la tenue de son Conseil d’administration le
15 mai 2008].
L’augmentation de la population mondiale d’ici
2050 (où on passerait de 6 milliards et demi
d’habitants à près de 9 milliards
évaluation basse) crée les conditions
d’une demande accrue d’énergie,
de minéraux, de métaux, de matériaux,
d’eau…. 80% de la demande en énergie
concernera encore des énergies fossiles avec
un fort développement (déjà engagé)
de la demande en charbon, surtout pour faire tourner
les centrales électriques (en Chine en particulier).
Dans le secteur pétrolier, 85% des réserves
mondiales sont entre les mains des grandes sociétés
nationales (Arabie séoudite, Iran, Irak, Koweit,
Vénézuéla, Mexique, Chine, Algérie,
Libye, Emirats arabes unis). Du côté
des entreprises privées, Total embauchera dans
les années à venir près de 25
géologues par an en France (voir ci-dessus),
dont plus des deux tiers d’universitaires. Les
domaines nouveaux d’exploration-production-développement
concernent, pour les hydrocarbures, les zones de «foothills»,
les réservoirs profonds HP-HT, les régions
arctiques, les gaz très acides; les autres
domaines en expansion sont ceux du solaire (photovoltaïque,
surtout pour l’Europe du Sud et la Californie),
des biomasses de type II et III, de l’oxycombustion,
du stockage du CO2… Dans le secteur minier,
les entreprises se sont réorganisées
via un processus (encore en cours) de fusions-acquisitions
entraînant une reconfiguration rapide du secteur,
avec de très grands groupes nationaux (Russie,
Afrique du Sud, Brésil, Chine, Australie).
Elles disposent actuellement de technologies très
éprouvées, d’une grande expertise
technique et de réserves énormes de
trésorerie. Cependant, malgré une conjoncture
mondiale favorable au développement des activités
minières (augmentation durable des besoins
en métaux, investissements nombreux en exploration,
accélération de la consolidation minière),
plusieurs faiblesses sont identifiées: un retard
dans les investissements industriels des pays développés
(après des années difficiles), un manque
d’infrastructures dans plusieurs pays producteurs
(Australie, Afrique du Sud, Afrique centrale), un
manque d’équipements (pneus, vérins
hydrauliques…), un problème de renouvellement
des générations de géologues
miniers (voir ci-dessus) et un défaut d’image
et d’attractivité du secteur, tout du
moins en Europe. Ajoutez à cela les risques
et incertitudes liés aux conditions géopolitiques
de certaines régions (Bolivie, Afrique) et
à la révision des codes miniers et de
l’environnement (Ghana, Australie), les mouvements
de clients vers l’amont de la chaîne de
production (pour verrouiller et sécuriser leurs
ressources) ainsi que la pénurie des ressources
elles-mêmes (humaines, infrastructures, énergie,
services…), et vous comprendrez que le secteur
minier est un secteur à risques (sans jeu de
mot). Enfin, même s’il recrute actuellement,
les recrutements se font de plus en plus localement,
dans les pays où l’activité extractive
est implantée (Indonésie, Gabon…).
En géotechnique, les géologues ayant,
en plus de leur formation, des connaissances en droit
(droit de l’environnement, classement des établissements
industriels…) et en démarche qualité
avec des stages en entreprise et/ou en apprentissage
sont les bienvenus. Le secteur de l’environnement
aménagement du territoire et de l’eau
est confronté, lui aussi, à une raréfaction
de la ressource (en terres cultivables, en eau) ainsi
qu’au vieillissement des infrastructures (cf.
les ponts aux USA, les réseaux de distribution
souterrains en France) qui entraîne une augmentation
des besoins en matière d’études
et aménagements. Dans ces deux secteurs, les
problèmes à régler sont de plus
en plus complexes (tout comme dans les secteurs pétrolier
et minier) et exigent des équipes pluridisciplinaires
intégrant géologues, géotechniciens,
géochimistes, juristes, voire écologues.
Les employeurs identifiés sont les bureaux
d’étude, les laboratoires des Ponts et
Chaussées, les sociétés privées
telle qu’Antea, les collectivités territoriales
(cf. par exemple l’aménagement transfrontalier
du Grand Lille), les industriels (terrassement, dépollution
des sous-sols, traitement des déchets…),
les banques et compagnies d’assurance (en particulier
pour l’évaluation des risques: séismes,
tsunamis, etc.). La conjoncture actuelle est très
favorable dans ces secteurs à la fois en termes
de carrières très spécialisées
(par exemple dans les problèmes de corrosion
des bêtons par l’eau) et de carrières
généralistes (par exemple la réhabilitation
des friches industrielles Renault à Boulogne-Billancourt).
La demande de mobilité à l’international
y est beaucoup plus faible que dans les secteurs pétrolier
et minier (sauf s’il s’agit de transfert
vers les pays en développement comme, par exemple,
la construction d’une ligne de TGV au Maroc).
En conclusion, ce Forum des métiers était
très orienté vers les secteurs de la
géologie appliquée suivant la volonté
de son organisateur afin de permettre en principe
un échange entre les professionnels et les
formateurs. On regrettera qu’il n’ait
pas attiré plus de monde (une cinquantaine
de personnes aux meilleurs moments) ni plus de jeunes,
l’université et le monde de la recherche
étant très peu représentés.
La prochaine RST se tiendra à Bordeaux en 2010
d’après des informations obtenues à
Nancy. La FFG devra se pencher de nouveau sur l’opportunité
de lier ce Forum des métiers à la RST.
La suggestion de l’UFG d’organiser des
forums régionaux qui auraient un impact plus
fort sur les étudiants mériterait d’être
réétudiée.
Pour le Bureau de la FFG
A. Blieck avec la participation de P. Mauriaud (TOTAL),
J.-P. Tisot et J. Varet
13 mai 2008
LIENS
VERS DES SITES UTILES
Secteur
d'activités
/Domaines |
Géologie
- Géophysique - Géochimie marine |
Hydrogéologie
- Hydrologie |
Minerais - Matériaux
|
Autres |
Fonction
Publique Territoriale |
|
|
|
|
EPST
|
|
|
|
|
EPIC |
|
|
|
|
| Bureaux d'étude |
|
|
|
|
Sociétés |
|
|
|
|
Autres
(salons, conférences...) |
|
|
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|