Interaction entre tectoniques atlasique et atlantique au Maroc.

Déformations transverses et flexuration à l’extrémité occidentale de la Chaîne du Haut Atlas.

 

 

Tuteur : B. Le Gall (IUEM, Brest)

 

Co-tuteurs : J. Rolet, J. Malod (IUEM, Brest)

 

 Laboratoire d’accueil : UMR 6538 ‘Domaines Océaniques’, Brest

 

Problématique : La chaîne du Haut Atlas marocain, ainsi que la marge atlantique qui la borde à l’ouest, montrent des évidences de raccourcissement récent, (mais d’intensité contrastée), consécutifs à la convergence Afrique-Europe. Au niveau de la chaîne atlasique, les déformations compressives contribuent à l’édification de reliefs qui culminent à plus de 4000 m dans le Haut Atlas central (Toubkal) et décroissent rapidement jusqu’à la marge d’Agadir-Essaouira, cad. à environ 300 km plus à l’ouest.

Quelle que soit la nature des contraintes responsables de la surrection de l’Atlas (épaississement crustal par imbrication, structure en fleur, anomalie thermique, ...), les modalités de la disparition des reliefs atlasiques vers l’ouest sont mal connues. Divers types de processus peuvent être invoqués, en relation avec 1) une flexuration de grande longueur d’onde, 2) l’affaissement de blocs le long d’accidents transverses, 3) l’amortissement latéral des déformations compressives, ..

Tester ces hypothèses necessite de discuter, pour la partie terrestre, le problème de l’évolution latérale du style structural atlasique à l’extrémité occidentale de la chaîne, et particulièrement le long du tronçon Argana-Agadir, en termes 1) de géométrie et 2) de chronologie de mise en place des déformations (plicatives et cassantes).

Concernant la fracturation, il s’agira de préciser le rôle de structures transverses d’échelle régionale dont la présence est suggérée par des linéaments N20°, N50° et N140°, observables dans le dispositif actuel de l’Atlas et du bassin du Souss au sud. Une attention particulière sera accordée au linéament N140° soulignant le trait de côte Agadir-Cap Rhir, et prolongé au SE, à travers le bassin du Souss et vers le NO, le long du plateau immergé de Tafelney, par des structures d’âges et d’origines diverses.

Pour les prolongements immergés du dispositif, il s’agira de définir les modalités de transition entre les bassins du Souss et d’Agadir, ainsi qu’entre les reliefs du Cap Rhir et la structure N140° de Tafelney. Le rôle de cette dernière dans l’évolution du rift triasique est bien documenté, et dans l’hypothèse où celle-ci été ultérieurement réactivée (à vérifier), se posera alors le problème de l’importance des inversions et de l’héritage structural dans la morphostructure actuelle de l’Atlas et de la plate-forme continentale adjacente.  

 

Méthodologie : Compte tenu de la complexité structurale de la zone d’étude et de son caractère hybride ‘terre-mer’, son étude reposera sur la compilation d’un grand nombre de données disponibles, de natures diverses. 1) Les informations topographiques fournies par le MNT de la Nasa (résolution verticale de 16 m) permettront de vérifier l’existence d’escarpements transverses récents. 2) La même démarche sera appliquée à propos des cartes bathymétriques du bassin d’Agadir (analyse morpho-structurale à réaliser). 3) Les images satellitales SPOT (2 scènes de 60x60 km) préciseront la nature des relations géométriques entre dépots et déformations récentes. 4) Les profils de sismique réflexion (ONAREP pour le bassin émergé du Souss et VENCO pour les bassins de la marge) serviront à préciser, respectivement, l’évolution latérale EO, parallèlement à l’Atlas, de l’architecture du remplissage des bassins du Souss et d’Agadir, et la chronologie (mouvements récents?) des structures transverses N140° de type ‘Tafelney’ ainsi que leur cinématique.

L’ensemble des données traitées et interprétées pourra être intégré dans un SIG (Arcview).

 

Collaborations:

         - M. Amrhar (Faculté des Sciences de Marrakech, Maroc)

         - J.P. Réhault (IUEM Brest)

         - ONHYM (Office National des Hydrocarbures et des Mines du Maroc).