Sujet de master M2 Géosciences Océan 2005-2006

 

Failles transverses et déformations récentes le long du front sud-atlasique, Maroc.

Analyse  morpho-structurale du couloir d’Argana.

 

 

Tuteurs : B. Le Gall, J. Rolet, C. Delacourt (IUEM) et B. Van-Vliet (Univ. Lille)

Co-tuteur : M. Amhrar, Univ. Marrakech

 

 Laboratoire d’accueil : UMR 6538 "Domaines Océaniques", IUEM Plouzané.

 

Problématique :

                        La chaîne sud-atlasique du Maroc est l’exemple-type d’une chaîne intra-continentale, fortement enracinée, dont la surrection (reliefs >4000m) est disproportionnée par rapport au faible raccourcissement horizontal cumulé. La prépondérance des mouvements verticaux, dont l’origine profonde est toujours discutée (Zeyen et al., 2005 ; Teixell et al., 2005), s’exprime le long du front sud-atlasique (FSA) qui marque la transition brutale entre (1) les reliefs jeunes de la chaîne, consécutifs à un raccourcissement N-S d’âge Miocène-Actuel pour l’essentiel, et  (2) la Plaine du bassin du Souss qui les borde au sud. Ce dispositif frontal présente de fortes variations latérales d’est en ouest, marquées notamment par la diminution rapide des reliefs le long d’un segment d’environ 300 km, depuis le Haut Atlas Central (HAC) qui culmine à plus de 4000 m (Toubkal), jusqu’au domaine côtier des Ida ou Tanane (altitude <1500 m). Des études préliminaires ont montré l’existence d’un dénivellé topographique très fort au niveau du couloir transverse  (N40°E) d’Argana, situé à l’aplomb d’un hémi-graben triasique, et le long duquel le domaine HAC semble donc découplé mécaniquement du domaine oriental et sa couverture méso-cénozoïque. Ceci implique que des déformations récentes (actives ?) ont du intervenir le long du couloir transverse d’Argana, associées aux déformations frontales et aux soulèvements enregistrés par le HAC. du Miocène à l’Actuel.

            L’objectif de cette étude consiste à rechercher des indices de déformations récentes le long de la zone de transition entre le flanc est du couloir d’Argana (partie distale flexurée de l’hémigraben triasique) et les derniers reliefs occidentaux du HAC (impliquant le socle hercynien). Les marqueurs néotectoniques seront déduits de l’analyse morphologique des reliefs et de celle des anomalies du réseau de drainage, puis ils seront interprétés en termes de structures dont la géométrie et la cinématique seront également précisées et replacées dans le contexte du front sud-atlasique.

 

Méthodologie

                       

L’identification des structures (morphologiques et réseaux de drainage) et leur mesure seront réalisées à partir (1) d’images satellite SPOT (résolution spatiale de 20 m) et (2) de modèles numériques de terrain ASTER (résolution spatiale de 15 m  et précison verticale de quelques m). La quantification des principaux paramètres de forme de chaque réseau hydrographique (typologie, élongation, fréquence, densité, sinuosité) permettra de hiérarchiser leur organisation, puis d’apprécier leur maturité ainsi que les conditions climatiques (pluviosité) correspondantes. Cette étude, couplée à l’analyse 3D du profil en long des cours d’eau et de la topographie, aboutira à identifier des anomalies morphologiques, et estimer l’intensité de l’incision du relief (profil d’équilibre ou non). On étudiera plus particulièrement les réseaux transverses à la chaîne (N70-90°E) dont le profil est propice à l’enregistrement  des déformations et mouvements verticaux à polarité E-W. L’identification de surfaces d’érosion-repères vers l’est au niveau du HAC sera basée sur la restauration de courbes-enveloppes dont l’âge sera estimé. Ces résultats fourniront des indications sur l’amplitude verticale des mouvements et ils seront enfin comparés à ceux, bien contraints, intéressant le dispositif frontal occidental du segment Tagragra-Agadir.

 

Programme de coopération

                        Action Intégrée Brest-Marrakech