Sujet Mastere 2
Evolution récente du lagon SW calédonien :
contrôle eustatique et mouvements verticaux
Tuteurs :
Pascal Le Roy (UMR 6538), Yves Lagabrielle (UMR DL, Montpellier), Guy Cabioch et Bernard Pelletier ( (IRD Nouméa)
Collaborateurs : Alain Chauvet (UMR DL)Pierre Maurizot (BRGM, Nouméa), Yves Lafoy (Services des Mines et de l’Energie, Nouméa)
La
Nouvelle-Calédonie présente deux caractéristiques géologiques majeures :
1) elle
présente à l’affleurement une importante nappe ophiolitique de composition
essentiellement hazburgitique mise en place durant l’Eocène.
2)
elle est ceinturée par un des plus grands récifs
barrières du monde qui se développe sur plus de 1000 km de côte.
Le récif barrière, parfois double ou triple, pratiquement ininterrompu autour de la Grande Terre offre une excellente opportunité pour quantifier les mouvements verticaux récents subis par la plate-forme et ses marges. Les travaux réalisés à ce jour sur la Nouvelle-Calédonie au cours du Quaternaire reposent essentiellement sur l'analyse sédimentologique et stratigraphique d'une quarantaine de forages peu profonds réalisés à travers les récifs frangeants le long du littoral ou sur les îlots voisins. Ils ont permis de mettre en évidence la présence de deux unités récifales supérieures, l'une datée de 125 ka (Pléistocène supérieur) et construite lors du haut niveau marin du dernier interglaciaire, l'autre d'âge holocène édifié tardivement à partir de 8500 ans B.P. environ, au moment où le niveau de la mer est situé aux alentours de -10m par rapport au niveau actuel. Leur disposition relative et la position générale actuelle immergée ou émergée du récif daté de 125 ka reflète le comportement géodynamique de l'île (Coudray, 1976 ; Cabioch, 88 ; Cabioch et al., 1996, Cabioch et al., 1999). Ainsi, le bâti néo-calédonien paraît avoir subi au cours des derniers 125 000 ans un double gauchissement continu, à la fois longitudinal et transversal. Ces variations sont liées à la fois aux ultimes étapes de l’exhumation du substratum des ophiolites et au basculement de l’ensemble de la plaque Australie en relation avec la flexure lithosphérique se produisant à l’approche de la subduction des Vanuatu. L’étude de l’évolution sédimentaire récente du lagon SW calédonien offre la possibilité de mieux contraindre l’enregistrement de ce contrôle tectonique interférent avec les variations eustatiques. Le stage proposé vise donc à caractériser cette évolution à partir des récentes données de la campagne CALGON réalisée en mai 2004. Ces données se composent d’un levé sismique haute-résolution Sparker et d’un levé bathymétrique multifaisceaux EM1002. La double approche sismique et bathymétrique permettra de cartographier les formations sédimentaires. Les modifications des paléo-réseaux hydrographiques et des incisions visibles dans la bathymétrie du lagon seront étudiées en détail. Leur contrôle tectonique éventuel sera analysé et servira de base de comparaison aux incisions et captures reconnues à terre. L'intégration des données de la campagne avec les données terrestres devrait permette d'améliorer significativement la connaissance des modalités de la tectonique récente de la Nouvelle Calédonie et contribuera à une meilleure connaissance de la variation des niveaux marins du Quaternaire terminal en complétant les travaux en cours sur l'édification du récif barrière.
Ce projet s’intègre dans le programme d’étude intégrée
terre-mer des plates-formes continentales de l’UMR 6538, dans les programmes de
néotectonique de l'UMR Géosciences Azur et celui de l’étude des variations du
niveau marin depuis 125 ka développé par l’UR Paléotropiques de l’IRD
.