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Anciennes classifications des Deutéromycètes

Parmi les anciennes classifications des Deutéromycètes nous citerons la classification de Saccardo (1884) modifiée par Grove (1919) et celle plus récente de Hughes (1953) modifiée par Tubaki (1958) puis par Barron (1968).

 

Classification de Saccardo

La classification de Saccardo n'est basée que sur la morphologie, elle prend en compte le mode de groupement des appareils sporifères ainsi que la couleur, la forme, et le mode de cloisonnement des conidies.

Saccardo classe les "fungi imperfecti" en quatre ordres et dix familles selon le mode de regroupement et la pigmentation (sombre ou non) des appareils sporifères.

  • Mycelia sterilia ou Agonomycetales : mycélium stérile.
    • Agonomycetaceae
  • Moniliales : conidies produites directement sur le mycélium ou sur des conidiophores dispersés ou regroupés.
    • Dematiaceae : conidiophores de couleur sombre dispersés sur le substrat.
    • Moniliaceae (ou Mucedinaceae) : conidiophores de couleur claire dispersés sur le substrat.
    • Stilbaceae : conidiophores groupés en corémies.
    • Tuberculariaceae : conidiophores groupés sur un stroma globuleux (sporodochie).
  • Melanconiales : conidies produites par des conidiophores groupés sur un stroma mince, inclus dans les tissus de l'hôte (acervule).
    • Melanconiaceae
  • Sphaeropsidales : conidies produite dans une structure bien différenciée la pycnide.
    • Sphaerioidaceae : conidiophores groupés dans une pycnide de couleur sombre.
    • Nectrioidaceae : conidiophores groupés dans une pycnide incolore ou de couleur vive.
    • Leptostromataceae : conidiophores groupés dans une pycnide incomplète.
    • Exipuliaceae : conidiophores groupés dans une pseudo-pycnide en forme de coupe.

 

Chaque famille est subdivisée en sept sections en fonction de la forme des conidies, certaines sections étant subdivisées en deux groupes selon la pigmentation (hyaline : préfixe Hyalo-, ou sombre : préfixe Phaeo-) des conidies :

  • Amerosporae : conidies unicellulaires.
  • Didymosporae : conidies bicellulaires.
  • Phragmosporae : conidies pluricellulaires, cloisonnées transversalement.
  • Scolecosporae : conidies très allongées, unicellulaires ou pluricellulaires cloisonnées transversalement.
  • Dictysporae : conidies pluricellulaires, cloisonnées transversalement et longitudinalement.
  • Helicosporae : conidies allongées en spirale ou hélicoïdales, unicellulaires ou pluricellulaires cloisonnées transversalement.
  • Staurosporae : conidies en étoile ou irrégulières, unicellulaires ou pluricellulaires.

 

Remarques :

Moniliales et Agonomycétales sont regroupés dans les Hyphomycètes par différents auteurs.
En 1919 Grove regroupe les Melanconiales et les Sphaeropsidales dans les Coelomycètes.

Les caractères de regroupement des conidiophores s'estompent voire disparaissent en culture. Le rattachement d'une espèce aux Coelomycètes sur la base d'une simple observation "en culture" est donc assez délicat, voire impossible.

 

Classification de Hughes, Tubaki, Barron

Le système de classification de Saccardo étant uniquement basé sur la morphologie il aboutissait à des regroupement totalement artificiel des espèces. D'autres auteurs se sont intéressés au mode de formation des conidies.

En 1953 Hughes a proposé de prendre la conidiogenèse comme caractère primaire de regroupement des Deutéromycètes. Il divise les Hyphomycètes en huit sections (notées I à VIII).

Cette classification a été reprise et affinée par Tubaki (1958), puis Barron (1968) qui divise le groupe en dix familles correspondant pour partie aux huits sections de Hugues. Ces familles correspondent à peu près à celles que nous utilisons actuellement.

 

Correspondances entre les classifications de Hugues et Barron
Sections de Hughes (1953) Familles de Barron (1968) Noms actuels
I A
Blastosporae Acroblastosporés
I B
Botryoblastosporae Botryoblastosporés
II
Sympodulosporae Sympodulosporés
III
Aleuriosporae Aleuriosporés et Monoblastosporés
 
Annellosporae Annellophorés et Annelloblastosporés
 
  Annélidés
IV
Phialosporae Phialosporés
V
Meristem-Arthrosporae Arthrosporés méristématiques
VI
Porosporae Porosporés
VII
Arthrosporae Arthrosporés
VIII
Meristem-Blastosporae Deutéromycètes basauxiques

 

Arthrosporés

Les conidies résultent de la désarticulation du mycélium (arthrospores).
Exemple : Geotrichum candidum

 

Arthrosporés méristématiques

Les conidies généralement en chaîne basipète sont formées par une évolution régressive du conidiophore.
Exemple : Basipetospora, Trichothecium roseum, Oïdium, Wallemia sebi, ...

 

Aleuriosporés

Les conidies ou aleuriospores sont formées par différenciation d'un hyphe (renflement de l'extrémité d'un filament en spore et détachement de la spore).
Les aleuriospores peuvent être formées isolément, en chaîne ou en bouquet.
Exemples : Chrysosporium, Epicoccum, Mycogone, Nigrospora

 

Annelosporés

Les conidies sont produites successivement à l'apex d'un conidiophore ou d'une cellule conidiogène qui continue une croissance lente. L'extrémité du conidiophore présente donc une superposition de cicatrices circulaires (aspect annelé).
Exemple : Scopulariopsis, Spilocea, Doratomyces, ...

 

Blastosporés

Les conidies sont produites par bourgeonnement d'un conidiophore simple ou ramifié, ou à partir d'une cellule conidiogène ou d'une autre conidie.
Chez certaines espèces les spores sont capables de bourgeonner d'autres spores. Les conidies sont alors en chaînes acropètes simples ou ramifiées.
Exemples : Cladosporium (C. herbarum), Monilia, Aureobasidium, ...

 

Botryoblastosporés

Les conidies sont produites simultanément sur une cellule renflée bien différenciée. Les conidies peuvent être en bouquet ou en chaînes acropètes (parfois ramifiées).
Exemples : Botrytis (B. aclada, B. cinerea), Cephaliophora, ...

 

Porosporés

Les conidies sont bourgeonnées au travers d'un pore du conidiophore, parfois en chaîne acropétale
Exemples : Alternaria (A. brassicicola, A. solani), Curvularia, Helminthosporium, Stemphylium, Ulocladium

 

Sympodulosporés

Après bourgeonnement d'une conidie il y a une repousse apicale de la cellule mère puis bourgeonnement d'une autre conidie et ainsi de suite. Les conidies sont donc en bouquet sympodial à l'extrémité de la cellule mère.
Exemples : Cercospora, Beauveria, ...

 

Phialosporés

Les conidies sont formées successivement à partir de l'apex ouvert d'une cellule conidiogène la phialide.
Les phialides ont généralement la forme d'un flacon avec un col et un ventre (structure lagéniforme).
Les phialides forment des conidies en succession basipète, les conidies seront donc isolées, ou en glomérule, ou en chaîne basipète (jamais ramifiée).

Il existe de très nombreuses espèces de Phialosporés, on distingue :

  • les phialospores endogènes : les endoconidies restent à l'intérieur de la phialide, le point végétatif est bas. Exemples : Chalaropsis, Thielaviopsis (T. basicola), ...
  • les phialides à conidies isolées ou en glomérule. Exemples : Acremonium, Cephalosporium, Fusarium (F. oxysporum), Gliocladium roseum, Gliomastix, Trichoderma (T. viride), Verticillium, ...
  • les phialides à conidies en chaînes. Exemples : Aspergillus ( A. clavatus, A. fischeri, A. flavus, A. niger, ...), Paecilomyces, Penicillium, Stachybotris

Le mode de regroupement des phialides peut également être un élément d'identification important.

 

Blastosporés méristématiques

Les conidies sont formées par bourgeonnement d'un conidiophore lui-même formé par le bourgeonnement d'une cellule mère basale.
Groupe comportant peu d'espèces, exemples : Arthrinium, Spegazzinia, ...

 

Remarques

Le critère d'ontogénèse sporale nécessite de nombreuses observations et est relativement difficile à appliquer particulièrement dans le cas des Coelomycètes.

 

Références

  • Barron, G.L. (1972) The genera of hyphomycetes from soil. Robert E. Krieger publishing compagny, 364 p.
  • Grove W.B. (1935,1937). British stem- and leaf-Fungi (Coelomycetes) : a contribution to our knowledge of the Fungi imperfecti belonging to the Sphaeropsidales and the Melanconiales. 2 vols. Cambridge : The University press, 488 & 405 p.
  • Hughes, S.J. (1953). Conidiophores, conidia, and classification. Canadian Journal of Botany, RC Research Press
  • Saccardo PA. 1882–1972. Sylloge Fungorum Hucusque Cognitorum. 26 vols. Ann Arbor, MI: Edwards Brothers
  • Subramanian CV (1983). Hyphomycetes : Taxonomy and Biology. Academic Press Inc., 328 p.
  • Tubaki, K. (1958). Studies on the japanese Hyphomycetes, 5. Leaf and stem group with a discussion of the classification of Hyphomycetes and their perfect stages. Journal Hattori Botanical no. 20, p. 142-244.

 

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