UBO - Université de Bretagne Occidentale
 
Aspergillus flavus

Systématique

Forme sexuée :

Fungi, Ascomycota, Pezizomycotina, Eurotiomycetes, Eurotiomycetidae, Eurotiales, Trichocomaceae

 

Forme asexuée :

Aspergillus est une forme asexuée : Deutéromycète - Hyphomycètes - Hyphales - Phialosporée à conidies en chaîne
Aspergillus section flavi

 

Caractères morphologiques

Caractères culturaux :

Espèce thermopréférante et osmopréférante.
Bonne croissance sur les trois milieux de culture à 25°C et 35°C.
Thalle : Colonies granuleuses sur milieu M2 vert jaune à vert-olive, floconneux, plus dense vers le centre, lâche en périphérie.
Revers incolore ou beige clair, rosatre à brun rouge pour les souches productrices de sclérotes.

Sur milieu Aspergillus flavus parasiticus agar (AFPA), revers orange caractéristique.

A. flavus est souvent difficile à distinguer d'A. orizae et d'A. parasiticus en raison de l'existence de souches à caractères intermédiaires.

A. flavus

Aspergillus flavus sur milieu M2

Aspergillus flavus sur milieu M2S5

 

Microscopie :

Têtes conidiennes bisériées (quelquefois unisériées), de couleur vert jaune à vert olive. Typiquement radiées à l'état jeune puis se séparant en colonnes plus ou moins bien définies à maturité.
Conidiophore nettement rugueux, incolore, atteignant 1 mm de long parfois plus.
Vésicule globuleuse ou subglobuleuse de 25 à 45 µm de diamètre, généralement bisériée.
Phialides verdâtres, de 6-10 x 4.0-5.5 µm, formées le plus souvent sur des métules, groupées sur les trois quarts supérieurs de la surface de la vésicule.
Conidies subsphériques à ellipsoïdales, de 3 à 6 µm, vert pâle et légèrement rugueuses.

Tête conidienne d'A.flavus.

 

Production fréquente de sclérotes par les souches fraîchement isolées, de taille et de forme variables, blancs puis brun à noir 400-700µm.

 

Observations diverses
Thalles sur milieu M2 Vésicule unisériée
Conidiphore et tête conidienne Stipe rugueux

Jeune vésicule unisériée

Métules et phialides
Vésicule bisériée    

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Formation du conidiophore
       

 

Habitat, Ecologie, Intérêt

Conditions de culture :

Espèce thermopréférante et osmopréférante.
Bonne croissance sur les trois milieux de culture (M2, M2S5, Cz) à 25°C et 35°C.
Recherché à 35°C.
Aw minimale : 0.78 à 0.8

 

Habitat :

Espèce cosmopolite, A. flavus peut coloniser de nombreux substrats.
C'est une espèce à prédominance tropicale et subtropicale, fréquemment rencontrée dans le sol, les produits végétaux en décomposition, les fourrages, les grains et semences en stockage, les épices, parfois les fruits secs (figues),les aliments pour animaux, les dérivés de céréales, etc...

 

Toxicité et pouvoir pathogène :

Production de mycotoxines : aflatoxines B1 et B2, acide aspergillique, acide kojique, acide cyclopiazonic, acide 3-nitropropionique.

A. flavus élabore divers métabolites toxiques, mais surtout des aflatoxines, mycotoxines hépato-toxiques, notamment l'aflatoxine B1 qui est l'un des plus puissants hépato-carcinogènes connus à l'heure actuelle. Des aflatoxicoses aiguës ou chroniques ont été fréquemment observées en élevage, les animaux les plus sensibles étant les volailles, les porcins, les jeunes ovins et bovins, ainsi que les truites.
Les matières premières susceptibles d'être contaminées par les aflatoxines sont principalement l'arachide, le maïs, les tourteaux (arachide, coton, coprah et soja), le manioc, le sorgho, le blé, et le lait (ce dernier pouvant contenir de l'aflatoxine M1 issue du métabolisme des aflatoxines ingérées).

Environ 50 % des souches d'A. flavus sont aflatoxinogènes, mais cette proportion varie selon le substrat d'origine. Par contre, la quasi totalité des souches d'A. parasiticus sont fortement toxinogènes (espèce très voisine d'A. flavus, ayant des têtes conidiennes unisériées de teinte vert sombre).
L'aflatoxinogénèse peut avoir lieu de 12°C à 42°C, avec un optimum situé entre 25°C et 30°C. Dans les aliments composés pour animaux, une teneur en eau minimale de 18 % est nécessaire.

 

A. flavus présente également un important pouvoir pathogène. Il attaque principalement les voies respiratoires de l'Homme et des animaux. C'est l'un des principaux responsable des Aspergilloses bronchiques allergiques.

Il est parfois responsable d'avortements mycosiques chez les ruminants.
L'espèce voisine, A. parasiticus, peut parasiter certains insectes.

 

Bibliographie

  • Cahagnier, B. (1997). Moisissures des aliments peu hydratés. Technique et Documentation, Lavoisier, Paris.
  • Domsch, K.H., Gams, W., Anderson, T.H. (1993). Compendium of soil fungi. Vol. I & II, reprint IHW - Verlag. Eching, Germany, 859 + 405 p.
  • Raper, K.B. & Fennell, D.I. (1965). The genus Aspergillus. Williams & Wilkins, Baltimore, 686 p.
  • Samson, R.A., Hoekstra, E.S., Frisvad, J.C. (eds., 2004). Introduction to food- and airborne fungi (7e ed.). Centraalbureau voor Schimmelcultures, Utrecht, The Netherlands. 389 p.
  • Samson, R. A., Houbraken, J., Thrane, U., Frisvad, J. C. & Andersen, B. (eds., 2010). Food and indoor fungi. (CBS-KNAW Fungal Biodiversity Centre: Utrecht, The Netherlands). 390 p.
  • Smith J.E., Pateman J.A. (1977). Genetics and Physiology of Aspergillus. Academic press. London.

L'espèce sur Mycobank

 

 

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