UBO - Université de Bretagne Occidentale
 
Aspergillus groupe glaucus - Eurotium spp.

Systématique

Forme sexuée :

Fungi, Ascomycota, Pezizomycotina, Eurotiomycetes, Eurotiomycetidae, Eurotiales, Trichocomaceae, Eurotium spp.
Les téléomorphes étant connus ces champignons étaient classés parmi les Eurotium mais avec les nouvelles conventions internationales ils sont maintenant nommés Aspergillus.
Le genre Eurotium comprend une vingtaine d'espèces, dont quatre sont communément rencontrées : E. amstelodami, E. chevalieri, E. herbariorum, et E. rubrum.

 

Forme asexuée :

Aspergillus est une forme asexuée :
Deutéromycète, Hyphomycètes, Hyphales, Moniliacés (Phialosporés - phialides en tête aspergillaire, à phialospores en chaîne).

Le groupe « glaucus » selon Raper et Fennel doit maintenant être remplacé par le sous-genre Aspergillus et la section Aspergillus.

 

Caractères morphologiques

Caractères culturaux :

Toutes les espèces de ce groupe sont thermopréférantes et typiquement osmophiles.
Croissance optimale sur le milieu M5, nulle ou atypique sur M2 et Cz. Les conditions d'incubation (température, lumière...) influencent fortement les caractéristiques morphologiques des cultures.
Colonies vertes à jaune, parfois brun rouge, selon les espèces, à marge souvent irrégulière.
Les Aspergillus "glaucus" (Eurotium) sont caractérisés par la présence d'organes de reproduction sexuée : cleistothèces, petites boules jaunes visibles à l'oeil nu, dispersés dans le mycélium qui présente également les têtes conidiennes de la forme asexuée.

E. rubrum sur milieu M2

E. rubrum sur milieu M2S5

 

Microscopie :

Formes sexuées :

Cléistothèces globuleux à sub-globuleux plus ou moins abondants, jaune vif à orangé, à paroi mince, ayant en moyenne un diamètre de 150 µm.
Asques nombreux, plus ou moins sphériques, octosporés, à paroi disparaissant rapidement.
Ascospores unicellulaires, hyalines, lenticulaires, généralement pourvues d'un sillon équatorial bordé de crêtes ou de bourrelets parallèles. Elles peuvent être lisses ou rugueuses selon les espèces.
L'identification des différentes espèces se fait surtout sur les caractères morphologiques des ascospores mûres.

 


 

 Asque et ascosopores

Formes conidiennes :

Têtes conidiennes bleu-vert à vert-gris, radiées (aspect ébouriffé), atteignant 150 à 200 µm de diamètre. Conidiophore lisse, s'élargissant en une vésicule subglobuleuse de 20 à 35 µm, ne supportant qu'une seule série de stérigmates.
Conidies globuleuses à elliptiques, plus ou moins ornementées, de 3,5 à 6 µm selon les espèces.

 

 Conidiophore

 

 

Habitat, Ecologie, Intérêt

Conditions de culture :

Espèces thermopréférantes et typiquement osmophiles.

Croissance optimale sur le milieu M5, nulle ou atypique sur M2 et Cz.

 

Habitat :

Champignons cosmopolites, de par leur caractère osmophile les Aspergillus du groupe glaucus sont les contaminants typiques des substrats organiques ou inorganiques à faible teneur en eau (grains et dérivés, semences, fruits secs, isolants électriques, éléments optiques...), ou à forte concentration en sucre ou en sel (confitures, jus de fruits, salaisons...).
Ce groupe comprend une vingtaine d'espèces, les plus fréquemment isolées dans les aliments pour animaux étant A. herbariorum, A. amstelodami, A. chevalieri, et accessoirement A. ruber.

En se développant dans les produits à faible teneur en eau, les Aspergillus du groupe glaucus, ainsi que d'autres espèces osmophiles telle que A. restrictus, provoquent la libération d'eau métabolique, ce qui permet une évolution progressive de la mycoflore latente, et notamment le développement d'espèces moins osmophiles, telles que A. candidus, A. versicolor, A. flavus et certains Penicillium.

 

Toxicité et pouvoir pathogène :

Les Aspergillus du groupe glaucus produisent des pigments quinoniques. Leur toxicité a été mise en évidence chez les bovins (hyperkératoses), les volailles (baisse de croissance, syndromes hémorragiques), les lapins (entérites, symptômes nerveux), et les porcins (entérites).

 

Note :

Depuis quelques années la nomenclature des Aspergillus a été modifiée.

En 2011 lors du congrès de l'ICN (International Code of Nomenclature) à Melbourne le principe de "one fungus : one name" a été adopté (Norvell et al. 2011). Ces nouvelles règles de nomenclature ont une grande incidence pour les Penicillium et les Aspergillus pour lesquels la question de l'utilisation du nom de la forme sexuée ou de celui de la forme non sexuée a été l'objet de nombreux débats.
En ce qui concerne les Aspergillus, l'ICPA (International Commission on Penicillium and Aspergillus) a décidé en 2012 de conserver le nom Aspergillus pour toutes les espèces, et de traiter les autres noms (Eurotium, Emericella, ...) comme facultatifs mais uniquement lorsqu'ils ont un usage habituel (et toujours conjointement avec le nom Aspergillus !).

 

 

Bibliographie

  • Cahagnier, B. (1997). Moisissures des aliments peu hydratés. Technique et Documentation, Lavoisier, Paris.
  • Domsch, K.H., Gams, W., Anderson, T.H. (1993). Compendium of soil fungi. Vol. I & II, reprint IHW - Verlag. Eching, Germany, 859 + 405 p.
  • Raper, K.B. & Fennell, D.I. (1965). The genus Aspergillus. Williams & Wilkins, Baltimore, 686 p.
  • Samson, R.A., Hoekstra, E.S., Frisvad, J.C. (eds., 2004). Introduction to food- and airborne fungi (7e ed.). Centraalbureau voor Schimmelcultures, Utrecht, The Netherlands. 389 p.
  • Samson, R. A., Houbraken, J., Thrane, U., Frisvad, J. C. & Andersen, B. (eds., 2010). Food and indoor fungi. (CBS-KNAW Fungal Biodiversity Centre: Utrecht, The Netherlands). 390 p.
  • Smith J.E., Pateman J.A. (1977). Genetics and Physiology of Aspergillus. Academic press. London.

 

 

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