UBO - Université de Bretagne Occidentale
 
Penicillium roqueforti

Systématique

Forme sexuée :

Fungi, Ascomycota, Pezizomycotina, Eurotiomycetes, Eurotiomycetidae, Eurotiales, Trichocomaceae

La forme sexuée de P. roqueforti n'est pas connue. Toutefois il a été récemment trouvé dans la série Roqueforti une nouvelle espèce présentant une forme sexuée : Penicillium psychrosexualis (Houbraken et al., 2010).

 

Forme asexuée :

Penicillium est une forme asexuée :
Deutéromycète, Hyphomycètes, Hyphales, Moniliacés (Phialosporés - phialides en pinceaux - phialospores en chaîne).
Penicillium sous-genre Penicillium

Le groupe Penicillium roqueforti a récemment été divisée en trois espèces : P. roqueforti, P. carneum, et P. paneum, sur la base de différences dans les séquences d'ADN ribosomique et secondaires profils métaboliques (Boysen et al., 1996 ; Samson et Frisvad, 2004). Ces trois espèces forment la série Roqueforti.

 

Caractères morphologiques

Caractères culturaux selon la classification de Pitt :

Sur milieu CYA :
A 25 °C : Thalles de 40-70 mm de diamètre, texture lisse ou présence de légers sillons radiaux, ras, strictement velouté ; marge rase, irrégulière, souvent clairsemée et partiellement submergée ; mycélium peu en évidence, blanc ; conidiogenèse modérée à importante, vert turquoise en marge ou bleu-ciel glauque, vert terne, ou entre vert-pistache et bleu-vert glauque, et de temps en temps brun-olive au centre ; absence de pigments solubles et d'exsudats ; revers pâle, brun, ou vert à bleu-vert profond, parfois noir.
A 5°C : formation de petits thalles, généralement de 2 à 5 mm de diamètre, présence d'un amas central, avec une marge clairsemée, composée uniquement de mycélium blanc.
A 37°C : pas de croissance.

 

Aspect sur milieu CYA

P. roqueforti

Thalles

Revers

Sur milieu MEA :
Thalles de 40-70 mm de diamètre, texture lisse et strictement veloutée, mycélium ras et clairsemé ; marge sous la surface gélosée, souvent irrégulière ; mycélium peu en évidence, blanc, souvent sous la surface gélosée; conidiogenèse modérée à importante, vert terne ou entre vert-pistache et bleu-vert glauque, et de temps en temps brun-olive au centre ; absence de pigments solubles et d'exsudats ; revers pâle, brun, ou vert profond.
 

Aspect sur milieu MEA

P. roqueforti P. roqueforti

Thalles

Revers

Sur G25N :

Thalles de 20-22 mm de diamètre, mais parfois présence d'une marge submergée étendue, le diamètre peut alors atteindre 28 mm, texture lisse ou présence de légers sillons radiaux, modérément profond, dense, veloutée à légèrement floconneuse ; marge généralement large, faite de mycélium blanc ; conidiogenèse modérée à importante, couleurs similaires à celles sur CYA; absence de pigments solubles et d'exsudats.

Aspect sur milieu G25N

P. roqueforti

 

 

Thalles

 

Microscopie

 P. roqueforti

Traits caractéristiques :

Les conidiophores (100 à 200 µm) sont portés par des hyphes subsurfaçaux, ils ont une paroi mince et rugueuse.
L'appareil sporifère est terverticillé (sous-groupe des Penicillium).
Les phialides sont ampouliformes avec un col court.
Les conidies sont sphériques (4-6 µm), avec une paroi fine et lisse, elles sont portées en longues colonnes compactes irrégulières à désordonnées, en masse elles paraissent vert foncé.

Des sclérotes peuvent être formés dans les cultures agées.

Penicillium roqueforti : appareil sporifère.

 

 

Habitat, Ecologie, Intérêt

Habitat Ecologie :

Penicillium roqueforti est un champignon saprophyte commun, qui est répandu dans la nature et peut être isolée du sol, des matières organiques en décomposition.
Très utilisé comme ferment dans la fabrication des fromages à pate persillée, P. roquefortiest aussi un champignon d'altération très commun. Du fait de son aptitude à croître à basse température il est fréquemment retrouvé comme agent d'altération sur les aliments conservés au froid. Il est également retrouvé sur les ensilages.
Il est commun sur les substrats avec une teneur élevée en acide acétique ou acide propionique, mais également en présence de teneurs élevées en CO2 et de faibles teneurs en O2.

 

Toxicité et pouvoir pathogène :

Dans certaines conditions de croissance, la plupart des souches sont capables de produire des métabolites secondaires nocifs (alcaloïdes et autres mycotoxines) (Peberdy, 1985).

Production de plusieurs mycotoxines : la roquefortine C, la PR-toxine, l'acide mycophenolique.

 

Bibliographie

  • Boysen M, Skouboe P, Frisvad J, Rossen L. (1996). Reclassification of the Penicillium roqueforti group into three species on the basis of molecular genetic and biochemical profiles. Microbiology 142: 541–549.
  • Domsch, K.H., Gams, W., Anderson, T.H. (1993). Compendium of soil fungi. Vol. I & II, reprint IHW - Verlag. Eching, Germany, 859 + 405 p.
  • Houbraken, J., Frisvad, J.C., and Samson, R.A. (2010). Sex in Penicillium series Roqueforti. IMA Fungus 1, 171–180.
  • Peberdy, J.F. 1985. Biology of Penicillium. In: Biology of Industrial Microorganisms. Demain, A.L. and Solomon, N.A., Eds. The Benjamin/Cummings Pub. Co., Inc. London; Amsterdam; Don Mills, Ontario; Sydney; Tokyo. pp. 407-431
  • Pitt, J.I. (1979). The genus Penicillium and its teleomorphic states Eupenicillium and Talaromyces. Academic Press, London, New York, 634 p.
  • Pitt John I. (1988). A laboratory guide to common Penicillium species (2nd ed.). Commonw Scientif Ind Research Organisation, North Ride Australia, 197 p.
  • Samson RA, Frisvad JC. (2004). Penicillium subgenus Penicillium: new taxonomic schemes and mycotoxins and other extrolites. Studies in Mycology 49: 1–266 .
  • Samson, R.A., Hoekstra, E.S., Frisvad, J.C. (eds., 2004). Introduction to food- and airborne fungi (7e ed.). Centraalbureau voor Schimmelcultures, Utrecht, The Netherlands. 389 p.
  • Samson, R. A., Houbraken, J., Thrane, U., Frisvad, J. C. & Andersen, B. (eds., 2010). Food and indoor fungi. (CBS-KNAW Fungal Biodiversity Centre: Utrecht, The Netherlands). 390 p.

 

 

L'espèce sur Mycobank

 

 

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