UBO - Université de Bretagne Occidentale
 
Monascus ruber

Systématique

Forme sexuée :

Fungi, Ascomycota, Pezizomycotina, Eurotiomycetes, Eurotiomycetidae, Incertae sedis, Monascaceae, Monascus ruber.

 

Forme asexuée :

La forme asexuée pousse souvent en mélange : Basipetospora rubra.
Deutéromycète, Hyphomycètes, Hyphales, Moniliacés (Arthrosporés méristématiques).

 

Caractères morphologiques

Caractères culturaux :

Sur milieu M2, les thalles sont brun à gris-brun.
Le mycélium est un peu floconneux.
Le revers est brun à brun-rouge tirant parfois vers le rouge brique, de couleur plus intense vers le centre.

Monascus ruber

M. ruber sur milieu M2

 

Microscopie :

Au microscope, on peut voir deux types de spores :

  • Des ascospores ovales à elliptiques, lisses (de diamètre 5-6 μm), de couleur jaunâtre.
    Les asques sont gloguleux de 7,5-10 µm, leur paroi est évanescente et fragile et s'ouvre dans l'ascocarpe.
    L'ascocarpe est un cleistothèce de 20 à 70 µm, formé terminalement sur un filament qui peut dépasser les 150 µm de long. La paroi hyaline à brun-rouge est formée d'hyphes enchevètrés.
Monascus ruber
 

Cleisthothèce et ascospores de M. ruber

Monascus ruber Monascus ruber
  • Des conidies en chaînes basipétales persistantes, ovales à pyriformes avec une base tronquée, lisses  (de diamètre 6-8 μm), formées à l’extrémité de filaments peu différenciés .
    Leur paroi peut être épaisse (chlamydospores).

Conidies de M. ruber

 

 

Habitat, Ecologie, Intérêt

Conditions de culture :

Espèce thermotolérante.
Croissance à vitesse moyenne sur milieux M2, optimale sur le milieu M2 à 30-35°C.

L'espèce tolère les pH bas et les faibles teneurs en O2.

 

Habitat :

Il s’agit d’un contaminant alimentaire répandu, on le retrouve fréquemment sur les produits riches en amidon tels que les légumes cuits, le riz, divers céréales.
Il est fréquent dans les ensilages, et parfois isolé dans le sol.

 

Intérêt :

M. ruber peut produire des toxines comme la Citrinine.

Monascus ruber produit des statines molécules hypocholestérolémiantes. La Lovastatine, un médicament de synthèse prescrit en cas d'hypercholestérolémie, était, à l’origine, extrait de Monascus ruber.

 

Une espèce proche Monascus purpureus la « levure de riz rouge » :

Nous avons choisi de garder l’appellation la plus fréquente « levure de riz rouge », mais il s’agit d'une erreur de traduction et on devrait plutôt parler d’une « moisissure rouge de riz ».
La levure de riz rouge est un champignon microscopique (Monascus purpureus) cultivé sur du riz, ce champignon contient un pigment d'une couleur rouge prononcée ; c'est donc bien le champignon qui est rouge et non le riz ! Champignon qui n'est d'ailleurs pas une levure mais une moisissure.

 

En Asie, la levure de riz rouge est avant tout un produit alimentaire utilisé depuis des siècles. Le champignon provoque la fermentation du riz sur lequel il est cultivé. Le produit ainsi obtenu est séché et réduit en poudre. Il est utilisé comme colorant ou comme rehausseur de goût dans diverses préparations alimentaires asiatiques : sauces et mousses de poisson, vin de riz, tofu rouge, légumes marinés, viandes salées, etc.
Le produit est riche en amidon, en acides gras, en phytostérols, en isoflavones et en une famille de neuf substances particulières, les monacolines.

Les monacolines font partie de la famille des statines, substances qui inhibent la synthèse du cholestérol.
La principale monacoline (la monacoline K) est chimiquement identique à la Lovastatine, un médicament prescrit en cas d'hypercholestérolémie.

 

La levure rouge de riz est donc réputée avoir une action hypocholestérolémiante et est souvent vendue comme telle.

En Asie, des suppléments normalisés sont en vente libre et sont approuvés en tant que "Chinese Proprietary Medicine" par les autorités médicales, ce qui signifie qu’ils répondent à certains critères de fabrication, d’innocuité, d’étiquetage et de suivi des effets indésirables. Les suppléments de levure de riz rouge qui ont fait l’objet d’essais cliniques probants pour leurs effets hypocholestérolémiants sont fabriqués à partir d’une souche spécifique de levure (Monascus purpureus Went) et normalisés de manière à renfermer un certain pourcentage de monacolines.

En Amérique du Nord, dans les années 1990, la compagnie Pharmanex avait lancé le produit Cholestin®. Cet extrait de levure de riz rouge affichait sa teneur normalisée en monacolines, soit au moins 4 %, dont 2 % de monacoline K.
Ce produit avait aussi la faveur du public en raison de son efficacité et de son prix beaucoup moins élevé que celui des statines de synthèse. Cependant, la Food and Drug Administration (FDA) américaine, a considéré ce supplément comme un médicament non approuvé et a ordonné son retrait du marché, sa commercialisation a été arretée en 2001.
Aujourd'hui aux USA la commercialisation de suppléments de levure de riz rouge vantant leurs propriétés anticholestérol est contraire à la loi (médicament non approuvé). Les produits n’affichant pas d’allégation semblent tolérés, même si en principe, ils contreviennent aussi à la loi. Malgré ces aléas judiciaires, les suppléments de levure de riz rouge sont restés populaires aux États-Unis.

En Europe ces produits sont autorisés comme supplément alimentaire mais pas en tant que médicament. Les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge ne sont pas dosés de manière standard en monacolines. De ce fait, leur posologie est difficile à définir et le conseil d'un médecin est indispensable.

 

Bibliographie

  • Botton, B., Breton, A., Fevre, M., Guy, Ph., Larpent, J.P., Veau, P. (1985). Moisissures utiles et nuisibles d'importance industrielle. Masson biotechnologies. Paris.
  • Samson, R.A., Hoekstra, E.S., Frisvad, J.C. (eds., 2004). Introduction to food- and airborne fungi (7e ed.). Centraalbureau voor Schimmelcultures, Utrecht, The Netherlands. 389 p.
  • Samson, R. A., Houbraken, J., Thrane, U., Frisvad, J. C. & Andersen, B. (eds., 2010). Food and indoor fungi. (CBS-KNAW Fungal Biodiversity Centre: Utrecht, The Netherlands). 390 p.
  • Site : Eurekasanté
  • Site : passportsanté.net 

 

 

L'espèce sur Mycobank

 

 

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