UBO - Université de Bretagne Occidentale
 
La mérule : Serpula lacrymans

Systématique

Fungi, Basidiomycota, Agaricomycotina, Agaricomycetes, Boletales, Serpulaceae, Serpula

Au sein de la famille des Serpulaceae, le genre Serpula est composé de 5 espèces : Serpula himantioides, S. lacrymans, S. incrassata, S. pulverulenta, S. similis et S. tignicola.

Synonymes : Boletus lacrymans, Gyrophana lacrymans, Merulius destruens, Merulius lacrymans, ...

 

Caractères morphologiques

S. lacrymans peut produire un sporophore résupiné et charnu qui peut facilement être détaché de son support.
Le sporophore peut se développer de manière isolée ou en groupe et juxtaposés. Ils sont de couleur rouille au centre et blanc en périphérie et peuvent s’étendre de quelques centimètres jusqu'à 2 mètres.

   

L'hyménium abrite un très grand nombre de spores de forme ellipsoïdale à réniforme. Les spores émises par le sporophore peuvent former une fine couche de couleur rouille dispersée dans l'air (sporée).

   

Dans l'habitat, le mycélium de S. lacrymans évolue et présente des stades caractéristiques de son développement en fonction du substrat attaqué et des facteurs environnementaux (température, humidité, …). En début d'infestation, le mycélium est d'abord dense, à texture filamenteuse et blanc cotonneux. Plus tard, la couleur du mycélium tend vers le jaune puis devient grisâtre pour finalement prendre l’aspect d’un voile aérien quand les conditions deviennent défavorables à son développement.
En conditions de stress hydrique, les hyphes s’agglomèrent et se mélanisent pour former des rhizomorphes (cordons mycéliens) qui servent à la translocation de l’eau et des éléments nutritifs à distance de la source d’infestation.

   

 

Habitat, Ecologie, Intérêt

S. lacrymans est l'agent responsable de la dégradation du bois mis oeuvre dans l'habitat, il est plus connu sous le nom de « mérule » (Maurice et al. 2011). Les symptômes occasionnés par ce champignon se caractérisent par une pourriture cubique du bois et une perte de résistance et des propriétés mécaniques du bois.
Selon l'Anah (Agence nationale de l'habitat, 2006), les mérules sont les plus dangereux des champignons pouvant dégrader les bois d’une maison.

Selon Kauserüd et al. (2007), ce champignon cosmopolite et très redouté pour son aggressivité, est en fait l'une des deux lignées constituants cette espèce : S. lacrymans var. lacrymans. Elle peut être isolée de bois morts aussi bien dans l'environnement que dans l'habitat. Contrairement à cette variété domestiquée, la seconde lignée (S. lacrymans var. shastensis) peu agressive est isolée exclusivement dans l'environnement et n’a jamais été détectée dans l’habitat.
Le génome de deux souches appartenant à chacune des lignées a été séquencé et ces résultats apportent également une meilleure compréhension de l'évolution des champignons décomposeurs du bois et de leur écologie (Eastwood et al., 2011).

 

Moyens de lutte et prévention

La lutte contre S. lacrymans et les champignons lignivores dans l'habitat repose essentiellement sur une lutte chimique curative et non sélective.
Cette lutte comprend l'élimination et le remplacement des pièces de bois infestées et doit impérativement être associée à des mesures constructives visant à protéger le bois de l’humidité.

Les mesures préventives les plus efficaces pour protéger un bâtiment consistent à le maintenir dans des conditions où la mérule ne se développe pas. Pour cela il faut éviter toutes les entrées d'eau et assurer une ventilation suffisante des locaux.

 

Bibliographie

  • Agence nationale de l'habitat, 2006. Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat. Guide pratique.
  • Centre technique du bois et de l’ameublement (2000). Insectes et champignons du bois. Ed. CTBA Paris, pp115.
  • Eastwood, D.C., D.Floudas, M.Binder, A.Majcherczyk, P.Schneider, A.Aerts, F.O.Asiegbu, S.E.Baker, K.Barry, M.Bendiksby, M.Blumentritt, P.M.Coutinho, D.Cullen, R.P.de Vries, A.Gathman, B.Goodell, B.Henrissat, K.Ihrmark, H.Kauserud, A.Kohler, K.LaButti, A.Lapidus, J.L. Lavin, Y-H.Lee, E.Lindquist, W.Lilly, S.Lucas, E.Morin, C.Murat, J.A.Oguiza, J.Park, A.G.Pisabarro, R.Riley, A.Rosling, A.Salamov, O.Schmidt, J.Schmutz, I.Skrede, J.Stenlid, A.Wiebenga, X.Xie, U.Kües, D.S.Hibbett, D.Hoffmeister, N.Högberg, F.Martin, I.V.Grigoriev, S.C.Watkinson, 2011. The plant cell wall decomposing machinery underlies the functional diversity of forest fungi. Science 333 no. 6043 : 762-765.
  • Kauserud H, Svegården IB, Sætre GP, Knudsen H, Stensrud Ø, Schmidt O, Doi S, Sugiyama T, Högberg N, 2007. Asian origin and rapid global spread of the destructive dry rot fungus Serpula lacrymans. Molecular Ecology 16: 3350-3360.
  • Maurice S, Le Floch G, Le Bras-Quéré M, Barbier G, 2011. Improved molecular methods to characterize Serpula lacrymans and other Basidiomycetes involved in wood decay. Journal of Microbiological Methods 84: 208-215.

 

L'espèce sur Mycobank

 

 

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