Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Les Enjeux des Études cinématographiques et audiovisuelles

Appel à contribution Mise Au Point n°7

Les Enjeux des Études cinématographiques et audiovisuelles :
Théories, Méthodes, Idéologies, Finalités.
Philippe Bourdier
Jean-Albert Bron
Isabelle Le Corff


Les structures d’enseignement des études cinématographiques et audiovisuelles diffèrent d’un pays à un autre, au gré des enjeux et des valeurs qui les sous-tendent.

Ces études sont au cœur de nombreuses problématiques. Si elles se définissent par leurs objets, tout domaine de recherche est alors légitime (droit, économie, sociologie, anthropologie, psychologie, histoire, philosophie etc.) et toute méthode peut s’y appliquer. Mais le problème de la délimitation même de ces objets se pose : quid du « cinéma », qui a historiquement évolué et éclaté entre des espaces de diffusion et de consommation différents ? Quid de l’« audiovisuel », la masse des images et messages qui circulent dans l’ensemble des circuits susceptibles de revendiquer la qualité « audiovisuelle » posant un véritable problème de définition d’un objet circonscrit, susceptible d’une approche cohérente ?
Si les structures de l’enseignement en France, dans les collèges et lycées, privilégient la diversité des intervenants, celles de l’enseignement supérieur et de la recherche postulent plus explicitement que leur objet relève d’approches spécifiques nécessitant une cohérence heuristique et propédeutique. Alors se pose la question d’une définition de cette cohérence, en relation avec une interrogation des théories sous-jacentes.

L’aspect pédagogique est quant à lui trop rarement abordé, notamment dans les espaces de discussion universitaires. Certaines disciplines, certains contenus sont-ils plus faciles à transmettre que d’autres ? Quels sont les obstacles à l’interdisciplinarité, du primaire à l’université ?
Se posent également des questions de légitimité des corpus enseignés, de pérennité de certaines théories par rapport à d’autres, de critères d’expertise d’analyses filmiques, de la place de la cinéphilie dans les lieux de décision. Comment les concours, qu’il s’agisse des concours d’entrée aux écoles de cinéma ou des concours d’enseignement tels que CAPES et Agrégations disciplinaires, intègrent-ils ces différentes dimensions ? Quelles sont les finalités de leurs épreuves ?

Ce dossier vise, entre autres, à produire un état des lieux des programmes et des méthodes convoqués explicitement ou implicitement dans les différents dispositifs aujourd’hui institutionnalisés, de l’école à l’université, en France et à l’étranger. Nous souhaitons que soient interrogés les dispositifs eux-mêmes mais aussi les articulations, les fondements et présupposés théoriques, sociaux et idéologiques qui les éclairent. La question de la place et du statut des dimensions pratiques dans les espaces d’enseignement est également cruciale dans notre réflexion.

Les contributeurs à ce dossier de Mise Au Point apporteront des éléments de réponse à ces interrogations, non seulement dans une perspective synchronique qui permettra d’éclairer l’état actuel de l’enseignement-éducation du cinéma et de l’audiovisuel, mais aussi dans une perspective diachronique, attentive aux évolutions du système et des discours, en France et dans les autres pays. Les approches comparées sont les bienvenues.
Les contributions porteront notamment sur :

1. L’accès aux films, sa qualité, ses caractéristiques (problématisation historique des lieux, des formats, du médium utilisés). Approche théorique de la question juridique des droits de citation et d’utilisation des images dans ces enseignements
2. La question de l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel, pensée comme une donnée économique et politique (maillage territorial des lieux de culture et de pratiques artistiques, place des festivals et des dispositifs réunissant les ministères de la culture, de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur).
3. Les idéologies qui ont permis, et qui permettent encore, de concevoir l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel : conceptions de la culture, du cinéma, de l’élève, des étudiants, des savoirs de référence, difficultés et réticences à la mise en place d’enseignements réellement interdisciplinaires.
4. Les valeurs et pratiques pédagogiques : les choix de corpus et des modalités d’enseignement, leur évolution, la mise en valeur de certaines théories au détriment d’autres, les critères de légitimation des œuvres, les instances influentes, la place de la recherche et l’impact de la critique.
5. Les programmes des concours : quels contenus ? Selon quelles finalités ? Quels critères d’évaluation ?
6. L’articulation des pratiques socio-culturelles de référence des élèves avec celles que l’éducation au cinéma introduit : discours, pratiques pédagogiques, supports.

Les propositions de contributions devront être soumises, en français ou en anglais à Philippe Bourdier (philippe.bourdier@univ-orleans.fr), Jean-Albert Bron (mailto:jbron@u-paris10.fr) et Isabelle Le Corff (cils@wanadoo.fr) pour le délai de rigueur, le 30 septembre 2013. Après examen des propositions par le comité éditorial de Mise Au Point, les auteurs dont les propositions auront été retenues s’engageront à remettre leur contribution pour le 1er mars 2014. Les articles soumis ne doivent pas faire l’objet de publication dans une autre revue.

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