Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Le transnationalisme et les Amériques

Appel à contributions (pour publication d’un volume)

Le transnationalisme et les Amériques : entre rupture et continuité dans le phénomène migratoire.

L’historiographie classique définit la migration comme un phénomène engendrant isolement et rupture. Par exemple Oscar Handlin (The Uprooted, 1951) considère que le mouvement migratoire est source de choc culturel, voire d’aliénation, et que les migrants sont des individus « déracinés ». Cette vision est remise en question par des recherches récentes, notamment celles qui se rapportent au transnationalisme. Celui-ci donne une nouvelle image de l’expérience migratoire. En effet, Nina Glick Schiller, Linda Basch et Cristina Blanc-Szanzon (Nations Unbound, 1994) ou encore Erika Ruiz (« Desencuentros migratorios eurolatinoamericanos: un dilema Estructural », 2008) mettent en avant la continuité des liens entre les expatriés et leur terre natale. La migration peut se comprendre en termes de continuité, d’échange et de partage ; les migrants doivent être perçus non pas comme des individus isolés mais comme les acteurs d’un mouvement de migration en chaîne, voire les promoteurs de liens privilégiés entre leur région ou pays d’origine et leur société d’accueil. C’est comme si les migrants pouvaient presque vivre dans les deux pays à la fois.
Le transnationalisme n’est pas nouveau, semble t-il. Mais l’évolution des caractéristiques de l’expérience des générations successives de migrants ouvre le débat sur la nature même du phénomène. Pour Peter Kivisto (Theorizing Transnational Immigration, 2001), le concept de transnationalisme n’avait pas été clairement défini avant les études de Schiller, Basch et Blanc-Szanzon. Toutefois les migrants avaient rapidement établis des réseaux culturels, sociaux, économiques et politiques entre leur communauté et leur société d’origine après leur installation dans les Amériques. Ceci leur avait permis d’instaurer, puis de maintenir, des relations étroites entre les pays en question. Non seulement ils ne se sentaient pas « déracinés » mais ils pouvaient continuer de participer à la vie locale de leur territoire d’origine tout en s’intégrant à leur société d’adoption.
Une question s’impose alors. L’intérêt des hommes et des femmes pour leur pays d’origine limite t-il leur intégration dans le système socio-culturel de leur société d’accueil, ou paradoxalement, le transnationalisme permet-il aux migrants de mieux s’affirmer dans leur société d’accueil puisqu’ils sont organisés en réseaux ?
De nos jours, le développement des moyens de communication, la mondialisation ainsi que les changements dans l’origine et les motivations des nouvelles vagues migratoires semblent apporter des données complémentaires et différentes au phénomène (Alejandro Portes, The Debates and Significance of Immigrant Transnationalism, 2001). Les travaux de la CEPAL (La Comisión Económica para América Latina y el Caribe) montrent les liens étroits entre migrants et terres d’origine ainsi que les enjeux encourus à l’heure de l’internationalisation des échanges des personnes, des biens et des moyens de production.
L’on pourra donc s’interroger sur le rôle du transnationalisme dans le phénomène migratoire et se demander s’il s’agit d’un processus inhérent à toutes les vagues d’immigration. A t-il alors des conséquences sociales, culturelles ou politiques sur l’expérience du groupe dans sa société d’accueil ? Quelles sont les conséquences sur les territoires d’origine ? Les effets du transnationalisme sont-ils identiques pour les diverses communautés, les multiples vagues migratoires, et sont-ils comparables dans les divers pays d’accueil et d’origine ? Les enjeux dépendent-ils principalement du contexte international ou relèvent-ils du système communautaire des migrants ? Autant de questions qui peuvent alimenter le débat sur le transnationalisme en tant que facteur de continuité dans le phénomène migratoire vers ou hors des Amériques.

Les contributions devront toutes concerner les Amériques ; elles pourront ouvrir et nourrir le débat sur la théorie du transnationalisme, analyser des cas migratoires particuliers, et se reporter à n’importe quel pays du continent américain. Elles pourront établir des études comparatives entre les anciennes vagues migratoires et les nouvelles. Une attention particulière sera donnée au phénomène de transnationalisme entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Les études de diverses disciplines (d’une part en histoire, sociologie, ethnographie, géographie, économie, littérature, etc., et d’autre part nord- et sud- américanistes) seront les bienvenues.
Les textes, d’une longueur de 15 pages environ, seront exclusivement en français.

Date limite d’envoi des textes : le dimanche 14 octobre 2012.
Les réponses du comité scientifique du groupe « Amériques » de HCTI-EA 4249 (UBS-Lorient) parviendront aux auteurs à la fin du mois de novembre.
Pour les envois et pour tout renseignement, s’adresser à :
marie-christine.michaud@univ-ubs.fr

 

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