Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Les spécificités du kitsch dans le cinéma anglophone

 

Les spécificités du kitsch dans le cinéma anglophone

(Dir) Nicole Cloarec & Isabelle Le Corff
Revue LISA/LISA e-journal (
http://lisa.revues.org/)

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Le kitsch a souvent été utilisé négativement par l'élite pour signifier le mauvais goût ou tout style d’art exploitant les émotions et les icônes populaires, style dévolu au grand public peu cultivé. Cependant il est également perçu comme un élément incontournable de la démocratie culturelle. Le concept peut tout aussi bien désigner une esthétique ringarde et désuète que son recyclage humoristique et sa subversion ironique, chevauchant ainsi les notions de camp et de postmodernisme. Le kitsch n'est pas une notion plus claire en termes d’idéologies politiques. L'écrivain autrichien Hermann Broch considérait en effet le kitsch comme l’expression du fascisme tandis que pour l’écrivain tchèque Milan Kundera, le kitsch est le vernis culturel des dictatures communistes.
Alors que la notion a longtemps été utilisée dans les théories sur l'art en général, elle a jusqu'à présent été très négligée en études cinématographiques. Cela est d’autant plus étonnant que la définition du kitsch comme une forme de culture de masse conçue pour susciter l'engouement populaire s’applique particulièrement bien au cinéma lui-même. Le kitsch cristallise en effet le statut ambivalent du cinéma comme média de masse et comme art, s'appuyant fortement sur des conventions tout en les recyclant et les subvertissant. Critiqué pour sa propension à offrir des gratifications émotionnelles immédiates, le cinéma est lui aussi mal vu pour les sous-entendus idéologiques qu’il véhicule.
Dans ce numéro de la Revue LISA/LISA e-journal (http://lisa.revues.org/), nous invitons les auteurs à explorer les spécificités du kitsch dans le cinéma des pays anglophones :
- Quelles sont les expressions du kitsch dans les films produits dans l’aire culturelle anglo-saxonne ?
- Y a-t-il une spécificité liée à l'excentricité anglo-saxonne par rapport à d'autres parties du monde ? Des différences sont-elles perceptibles au sein de cette aire culturelle ?
- Quels sont les critères utilisés pour définir le kitsch dans ces cultures?
- À quelles fins des genres cinématographiques spécifiques / des cinéastes particuliers se réfèrent-ils au kitsch ?
- Comment la notion de kitsch révèle-t-elle des conventions esthétiques, des idéologies politiques ou des préjugés sociaux sous-jacents ?
- Quelles sont les stratégies utilisées pour recycler et subvertir le kitsch ?
Les contributeurs pourront traiter de films, de filmographies, de séries télévisées en interrogeant leur artificialité et en explorant les jugements esthétiques qui permettent de les classer dans une appartenance au kitsch.
Les propositions (entre 250 et 500 mots) accompagnées d’une note biographique, sont à adresser à Nicole Cloarec (nicole.cloarec@univ-rennes1.fr) et Isabelle Le Corff (isabelle.le-corff@univ-brest.fr) pour le 1er juin 2015. Les articles seront à remettre pour le 1er novembre 2015.

Bibliographie sélective

  • Arrault Valérie, L’Empire du kitsch, Klincksieck, Paris, 2010.
  • Danto, Arthur, The Philosophical Disenfranchisement of Art, New York, Columbia University Press, 1986.
  • Genin, Christophe, Kitsch dans l’âme, Paris. Vrin, 2010.
  • Kulka, Tomas, Kitsch and Art, The Pennsylvania State University, 2002.
  • Mathijs Ernest, Sexton Jamie, Cult Cinema, Blackwell Publishing, 2011.
  • Moles, Abraham, Psychologie du Kitsch : l’art du bonheur. Ed Denoël-Gonthier, 1977.
  • Sontag, Susan, « Note on “Camp” », in S. Sontag, Against interpretation : and other essays, New York, Farrar Straus & Giroux, 1964.

 

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