Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

La représentation des classes sociales dans les films sur les petit et grand écrans dans les pays anglophones

Appel à contribution

Colloque international organisé par l’axe ACB (Axe Civilisation Britannique) de l’Équipe d'Accueil ACE (EA 1796) de l’Université Rennes 2 et le 3L.AM (Laboratoire Langues, Littératures, Linguistiques – EA 4335) des Universités du Maine et d’Angers

En partenariat avec :
- HCTI (Héritages et constructions dans le texte et l’image – EA 4249) des universités de Bretagne Occidentale et de Bretagne Sud
- ERIBIA (Équipe de recherche interdisciplinaire sur la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Amérique du Nord – EA 2610) de l’université de Caen
- LIDILE (EA 3874) commune aux universités Rennes 2 et Rennes 1

Conférenciers invités :
- Jonathan Bignell, Professor of Television and Film, University of Reading, UK
- Richard Butsch, Professor of Sociology & American Studies, Rider University, New Jersey, US
- Michael T Martin, Professor of American Studies, Communication and Culture, Indiana University, Bloomington, US
- Andy Medhurst, Senior Lecturer in Media, Film and Cultural Studies, University of Sussex, UK

Lors de son accession au pouvoir en 1990, John Major promettait de construire une « société réellement sans classes ». Cette déclaration a de quoi surprendre tant la société britannique semble obsédée par les questions de classes, désormais définies non seulement par le type de catégorie socio-professionnelle qu’une personne occupe et les manifestations de sa position sociale telle que le langage mais également par son mode de vie (l’habitus bourdieusien), ses réseaux sociaux et ses habitudes de consommation culturelle. Récemment, certains journalistes ont pu qualifier la venue à la tête du gouvernement de deux fils de bonne famille ayant fait fortune dans la finance, anciens des public schools et d’Oxbridge, de retour des « toffs » alors même que sociologues et autres commentateurs observaient l’émergence d’un nouveau groupe appelé « chavs », ces jeunes gens issus de la classe populaire, bruyants et grossiers. Que ce soit à la télévision ou au cinéma, sans doute nul mieux que les films témoignent de cette fascination durable pour les distinctions de classes : du succès de séries comme Upstairs, Downstairs (LWT, 1971-1975, reprise en 2010 par la BBC) ou le très primé Downton Abbey (ITV, 2010) au personnage de Vicky Pollard dans Little Britain (BBC, 2003-06), de la veine nostalgique des heritage films aux dénonciations critiques des films assimilés au socio-réalisme de Ken Loach, les films forgent et interrogent les stéréotypes complices d’une idéologie de classe.

A l’inverse, l’histoire des États-Unis s’est construite en grande partie contre le modèle britannique, autour du rêve américain, qui promet une société « sans classe » où tout un chacun a les mêmes chances de grimper dans l’échelle sociale. Formidable machine à produire de spectaculaires ascensions sociales, Hollywood a longtemps nourri le mythe d’une société ouverte et occulté toute représentation réaliste de la condition ouvrière par exemple. Les images de la classe moyenne accompagnent un discours racial et politique qui participe à rendre les autres classes invisibles ou marginales (« dynasties » dirigeantes, underclass). Si de nombreux films produits pour le cinéma ou la télévision (notamment des sitcoms) reflètent parfaitement le consensus en exaltant les aspirations matérielles et les valeurs conservatrices de la classe dite moyenne (middle class), les figures archétypales de la réussite sociale sont également parodiées et subverties dans des films produits en période de crise ou par des réalisateurs issus des minorités qui interrogent les limites du mythe.

Ce colloque propose d’interroger les représentations des classes sociales des pays anglophones dans les films de fiction et de non-fiction, au cinéma et à la télévision. Il s’agira d’explorer comment les films mettent en lumière une réalité sociale qui alimente leurs récits, comment ils contribuent à forger une représentation collective, voire stéréotypique, de ces groupes sociaux, ou au contraire comment ils remettent ces représentations en question.

Axes possibles (liste non exhaustive) :
- La représentation des classes sociales selon les médiums filmique et télévisuel, selon les genres fictionnels spécifiques
- La représentation des groupes sociaux et le discours idéologique qui les accompagne
- Les formes esthétiques spécifiques aux questions de classes
- La représentation des cultures de classes, culture savante et culture populaire
- Les modalités de réception des films selon les classes sociales
- La relation entre l’esthétique du kitsch à l’écran et la notion de classe sociale
- La représentation des conflits sociaux
- La construction à l’écran des relations entre classes et genres sexués, classes et générations, classes et minorités ethniques

Les propositions (250 mots) en anglais ou en français ainsi qu’une courte bio-bibliographie sont à envoyer avant le 1er mars 2013 aux adresses suivantes :
nicole.cloarec@univ-rennes1.fr
Delphine.Letort@univ-lemans.fr
david_haigron@yahoo.fr
renee.dickason@orange.fr

Actualité