Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Axe 1 : Espaces

 

Réalisme magique et environnement dans le texte et l'image
(Responsables : Molly Chatalic, François Gavillon, Lucie Taïeb)

S’il est vrai que le « réalisme magique » est un terme notoirement contesté pour rendre compte des mille et une formes que ce mode (est-ce seulement un mode ?) peut prendre, il est tout aussi vrai que la représentation de « l’environnement » dans les littératures et les arts de l’image contemporains (mais s’agit-il seulement de représentation ?) présente également de multiples visages.
Ce programme de recherche aura donc pour objet de répondre à plusieurs questions, la première étant de savoir si le « réalisme magique », au vu des expressions environnementales actuelles, nécessite d’être redéfini, si le vocable lui-même reste valable ou s’il doit côtoyer ou faire place à de nouvelles terminologies.
Parallèlement, la prégnance de la question environnementale en littérature et dans les arts de l’image mérite une réflexion critique ; ce programme de recherche aura donc aussi pour but d’explorer les expressions artistiques nouvelles et, à la lumière de celles-ci, d’approfondir certaines questions centrales : que faut-il entendre par environnement à l’ère de l’Anthropocène ? Comment les poétiques littéraires et les esthétiques des arts de l’image interrogent-elles aujourd’hui la question du rapport de l’humain au non-humain, la question de l’animalité, de la justice environnementale, du sens du lieu et de l’habitation, de la localité et de la globalité ? Plutôt que d’environnement ne faudrait-il pas parler d’environnementalité ? L’environnementalité est-elle crise ou condition du vivant ?
Le(s) réalisme(s) magiques éclaire(nt)-il(s) la condition environnementale, et cette dernière nourrit-elle de nouvelles expériences et expressions de l’être-au-monde ? C’est par l’étude de la rencontre entre ces deux territorialités de la pensée et de l’être que notre programme entend répondre à cette question de fond. Son corpus intégrera toutes les formes de la littérature (fiction, non-fiction, critique), de l’image et de l’image en mouvement, ceci dans les aires géographiques et linguistiques les plus nombreuses possibles.
 
 

Herbes : d’une « modernité » à l’autre
(Responsable : M. Fátima Rodríguez)

C’est dans une continuité logique qu’émerge notre deuxième objet d’étude, les herbes, comme un volet de réflexion indissociable des problématiques posées par plusieurs communications présentées dans les deux colloques précédents. Certains travaux portant sur l’usage historique des parfums ou sur les plantes dont l’usage fut interdit ont induit des rapports dialectiques : défendu/permis, vertus/méfaits… Si, à l’instar des épices, les herbes redéfinissent les espaces géographiques aussi bien que les territoires culinaires ou thérapeutiques ; associées à l’idée de trafic, elles viennent tracer une autre « modernité » et par là même des dialectiques nouvelles : licite/illicite, légal/illégal, faisant suite au défendu/permis d’une perception traditionnelle. Les lignes de force de ces nouveaux modes de perception ancrés dans nos mentalités peuvent être examinées de manière transversale, à la lumière de disciplines aussi diverses que l’histoire, la médecine, la botanique, la philosophie, le droit, la littérature et l’iconographie.

  • Modalités de travail : Journées d’études à partir d’octobre 2015 menant vers un colloque international prévu pour la rentrée 2016.
  • Intervenant-es pressenti-es : Patrick Lesbre, anthropologue, spécialiste du Mexique précortésien ; Luise Benat-Tachot, historienne, spécialiste des chroniques de la conquête de la colonisation de l’Amérique.
  • Une exposition sera consacrée au sujet en parallèle au colloque.
  • Possibles partenaires : Université Océanique de Chine (UOC) à Qingdao ; Université Technologique Qingdao College (QDC)

Interviennent dans ce projet : Iside Costantini, Molly Chatallic, Nicolas Diochon, Philippe Guillou, Nathalie Narváez, Yue Yue.

  

 

Imaginaires et discours des mers et de ses ressources (IDMeR)
(Responsables : C. Conan, K. Page-Jones)

Ce projet souhaite interroger la persistance d’un imaginaire océanique dans la culture maritime des régions de la frange celtique et des pays scandinaves et les influences de cet imaginaire et des représentations maritimes (esthétiques, littéraires, culturelles…) sur le milieu marin, les pratiques sociales et les logiques de consommation.
Comme Roland Barthes l’a démontré à propos du sucre, une autre logique que celle purement économique ou politique peut présider à l’étude des modes de consommation. Tout un imaginaire, lié au goût, à des valeurs, des émotions et affects, sous-tend l’appréhension d’une substance alimentaire. D’autre part, dans son ouvrage The Political Ecology of Things, Jane Bennet envisage à la fois l’impact de l’imaginaire sur l’acte de consommer mais également le pouvoir d’action (« agency ») des aliments qui deviennent, ou redeviennent, matière vivante au contact d’un organisme ou d’un environnement. L’individu, et la matière qu’il consomme, deviennent tous deux des composants actifs et efficients dans un système qu’elle nomme « non-linear assemblage ».
Ce projet, qui s’inscrit dans le vaste champ des humanités environnementales, examinera, à travers les récits et les mythes marins, les contes, le folklore et les arts, les forces structurantes de cet imaginaire et les rapports qui se tissent entre cet imaginaire et la façon dont un peuple s’approprie la mer, son littoral et ses ressources.
Nous examinerons plus précisément la persistance de cet imaginaire dans la littérature contemporaine de la frange celtique (Bretagne, Ecosse, Irlande) et des pays scandinaves (Islande), une littérature qui aujourd’hui se re-territorialise et interroge la question de l’appartenance territoriale ou culturelle à une terre ou à un peuple.
Ce projet interrogera également la possibilité d’une nouvelle connivence art, territoire et politique, notamment en étudiant les liens entre les arts maritimes et les discours politiques/ scientifiques (« Croissance bleue », …) qui sensibilisent le public à l’environnement marin et aux nouveaux défis écosystémiques. La multiplication des salons et festivals (Etonnants Voyageurs, Salon du Livre de Concarneau, …) soutenus par les collectivités locales, des expositions mêlant esthétique et scientifique (Océanopolis, Nausicaa, …), des prix littéraires qui mettent le roman maritime à l’honneur, témoigne de cette volonté de recréer une forme de solidarité entre le récit et le territoire, de diffuser et de faire connaître au grand public ces arts maritimes et ces textes littéraires à la fois ancrés dans le terroir et les traditions mais qui s’enrichissent d’horizons et d’ailleurs par cet imaginaire océanique.
Pour tenter d’élaborer une méthodologie de travail et ainsi approfondir cette réflexion qui s’inscrit dans un des cinq axes majeurs de UBL+, « Océans, interface terre-mer et sociétés en transition », nous avons réuni une équipe de 15 chercheurs représentant 5 laboratoires de l’UBO pour proposer, dans le cadre de l’AAP Projet Transverse – BQR – 2015, la création d’un axe inter-dynamique Mer/SHS (HCTI, AMURE, CRBC, CRPCC, LERCCO). Des contacts ont également été pris avec les laboratoires LEMAR et Géoarchi.
Participants HCTI :
Mathilde Caer / Catherine Conan / François Gavillon / Camille Manfredi / Kimberley Page-Jones.

 

Appartenance et Amériques
(Responsable : M-C. Michaud)

Cette proposition de programme pour le nouveau contrat s’inscrit dans l’axe 1 « Espaces », et pourrait suivre les directions indiquées par les termes : contacts, rencontres, échanges, voyages, transferts, identités…

  • Modalités de travail : Journées d’études ; Conférences/Cours publics ; Expositions ; Spectacles
  • Partenaires pressentis : Université Océanique de Chine (UOC) à Qingdao ; Université Technologique Qingdao College (QDC) ; Université de Cadix (UCA) ; Université Autonoma de Barcelone (UAB, CEFID-GEXEL) ; Mairie de Brest ; Association Brest-Jumelages ; Brest Métropole ; Mairie de Cadix ; Junta de Andalucía ; Association Historia Actual (AHA)


Porteurs de projet : Maria José Fernández Vicente (Héritages et constructions dans le texte et l’image – EA 4249, HCTI) et Iván López Cabello (Héritages et constructions dans le texte et l’image – EA 4249, HCTI) 
« L’appartenance dans les Amériques »
M-C Michaud (responsable du groupe), M. Chatalic, M. J. Fernandez, M. Guennec, Iván López Cabello, M-F Rodriguez, M. Saki ; associée : Maryse Butel

L’appartenance à un groupe, à un espace, à une structure peut aider à la construction et à l’affirmation non seulement des hommes mais également des nations. Elle rejoint en cela la notion de ligne de force, thématique générale choisie par l’équipe d’accueil HCTI pour le quinquennal 2017-2021. Le groupe « Amériques » propose d’intégrer l’axe 1, « espaces », en déclinant le thème d’« appartenances dans les Amériques ».
Rappelons que le groupe « Amériques », qui collabore aux activités du GIS Institut des Amériques, a pour objectif de porter son expertise sur l’ensemble du continent américain, d’où son nom « Amériques » (au pluriel).

Pendant les cinq années du projet, le programme du groupe pourra aborder la thématique suivant différentes perspectives, en s’appuyant notamment sur des documents écrits et iconographiques. L’approche pluridisciplinaire du groupe permettra de mettre en valeur diverses notions liées à celle d’espace sur le continent américain :
1)    les espaces et la mobilité ou la sédentarité des populations,
2)    les frontières géographiques ; nationalismes, régionalismes, communautarismes,
3)    les frontières identitaires, représentation des territoires et de l’Autre,
4)    les liens, rencontres et échanges ou rejets au sein de ces espaces ou entre espaces

L’étude des migrations, phénomène essentiel dans le contexte américain, et la construction des identités individuelles, communautaires et nationales, constitueront une partie importante de ce programme puisqu’elles revêtent une dimension particulière dans le Nouveau Monde. Elles sont d’ailleurs dans la continuité du thème fédérateur du contrat quinquennal précédent, à savoir « les Amériques,  l’Ancien et le Nouveau » (sous-entendu « Monde »).
Le travail d’expertise s’articulera autour de conférences (1 ou 2 par semestre), de journées d’étude (une par semestre), et de deux colloques (2018 et 2021).

 

Arts : Recherche et création / Création et recherche
(Responsables : Isabelle Le Corff et Jean-Manuel Warnet)

Ce projet poursuit un partenariat avec :

  • les laboratoires de recherche de l’UBO : EA 4249 "Héritages et constructions dans le texte et l'image" (HCTI - UFR Lettres - Brest, Lorient), et EA 2219 (Géoarchitecture - Brest, Lorient) ;
  • les formations de l’UBO et de l’UBS : Master 2 Management du spectacle vivant ; Master Aménagement urbain (Géoarchitecture – Brest) ; Master Aménagement (UBS) ; Master Patrimoine (UBS) ; licence Arts à l'UBO.
  • University of Winchester (Grande-Bretagne) : Bachelor of Street Arts
  • Le Fourneau (C  National des Arts de la Rue - Brest),
  • le programme européen Interreg ZEPA II,
  • l'Ecole Européenne Supérieure d'Arts de Bretagne (EESAB) - Site de Brest.

 

Il s’agit de proposer un programme de recherche qui accompagne l’ouverture et le développement de la Licence Arts à Brest, dans le prolongement d’une première rencontre (« Tempête de cerveaux ») sur la thèse-création réalisée en juin 2016.

Il s’agira d’interroger l’œuvre non plus seulement dans la dimension de sa réception, qui est bon gré mal gré le discours majoritaire de la recherche en arts (notamment en France où la scission est forte entre écoles d’art et universités, entre théorie et pratique) ; mais d’abord dans le mouvement de la création, qui est elle-même une recherche.

L’association des deux concepts nous amène à redéfinir ce que chacun de nous met sous chaque appellation et à interroger les finalités de la recherche, de la création, mais aussi les liens et les dissensions entre les deux.  On pourra se demander en quoi le processus créatif nourrit la recherche et sonder a contrario la place de la recherche dans le processus créatif. Comment définir cette recherche ? Comment en saisir le mouvement, les transformations ? Quelles en sont les traces ?

N’y a-t-il pas dans l’association création-recherche une nouvelle manière de faire de la recherche ? En quoi la recherche artistique fait-elle, elle aussi, acte de recherche ?

La recherche peut précéder un acte créatif, mais elle peut également être présente à tous les stades du processus. Comment est-elle formalisée, consignée ? Ces traces disparaissent-elles derrière le « produit fini » qu’est « la création ». N’y a-t-il pas volonté d’effacer les traces des tâtonnements chez l’artiste pour ne retenir que l’œuvre ? Et la sacralisation de l’œuvre d’art en tant qu’objet fini, admiré et soumis à commentaire téléologique, n’induit-elle pas un oubli des dimensions artisanales, techniques, collectives du processus créatif, et de la place du hasard, des rencontres, des stratégies, du contexte économique et politique ?

Le lien entre recherche et création invite également à interroger l’enseignement : quel(s) enseignement(s) pour le créateur ? Quelle(s) école(s) jugée(s) comme modèle(s ). Comment le chercheur se positionne-t-il face à ce qui fait école ?

Ces questions ne sont ni neuves ni achevées, nous proposons de les interroger à pas mesurés, d’abord en proposant un séminaire composé de 3 journées d’études en lien avec les partenaires régionaux (TyFilms Mellionnec ; EESAB Brest…), puis par un colloque international en 2018-2019.