Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Axe 2 : Normes

 

La caricature face à la mondialisation
(Responsable : J-C Gardes)

La notion de caricature actuelle est née de la conjonction de deux traditions différentes qui ont fini par se rejoindre, à savoir l’art de la caricatura – terme créé au milieu du dix-septième siècle pour définir les portraits chargés réalisés par les Carrache dans un dessein essentiellement ludique – et  l’art des images infâmantes et satiriques des feuilles volantes parues dans le cadre des guerres de religion aux 16e et 17e siècles, images qui faisaient confiance au symbolisme pictural plutôt qu’à une transformation artistique. Peuvent être considérés comme éléments constitutifs du genre caricatural :

1.    Un phénomène de distanciation par rapport à l’objet ou la personne représentée. L’effet de  distanciation est souvent réalisé par une altération graphique qui peut revêtir des formes diverses, mais peut être obtenue également par d’autres moyens : parodie, citation, jeu, légende et dessin…
2.    Le rire ou tout du moins le sourire. Le gain de plaisir procuré d’une part par la reconnaissance de l’objet ou de la personne, d’autre part par le sentiment de supériorité éprouvé par rapport aux phénomènes critiqués a pour objectif de susciter l’adhésion du récepteur.
3.    Un message. Se référant à des faits politiques ou sociaux, le caricaturiste cherche à délivrer un message, au risque de tomber sinon dans le grotesque.

De cette définition sommaire découlent de nombreuses interrogations quant aux notions de normes et d’écart, tout particulièrement dans le contexte mondial dans lequel s’inscrit aujourd’hui toute production d’images. Les événements tragiques de début janvier 2015 qui ont lourdement frappé la revue Charlie Hebdo sont venus rappeler à quel point ce genre au confluent de diverses disciplines n’est pas sans poser problème.

Il semble nécessaire, dans la continuité des travaux entrepris précédemment et en tenant compte des différents éléments constitutifs de la caricature, d’analyser le plus précisément possible les thèmes suivants :

1.    Les procédés rhétoriques de la caricature
A quels procédés les caricaturistes recourent-ils prioritairement pour réaliser la distanciation mentionnée ci-dessus ? Il apparaît clairement que les procédés utilisés ne sont pas tous universels et que l’analyse de l’effet de distanciation par rapport au canon de la représentation doit prendre en compte les époques de création et les cultures dans lesquelles les œuvres sont produites. La caricature chinoise, pour prendre un exemple, a peu de points communs sur le plan formel avec la caricature française. Il s’agit donc de s’interroger sur les raisons de ce décalage qui nuit à la bonne compréhension du message de l’autre. Il est essentiel également de tenter de repérer les influences sans doute de plus en plus grandes à l’heure d’Internet, de repérer les réseaux qui se sont créés au fil des décennies et de se demander si les différences observées sont susceptibles de s’estomper.

2.    Les spécificités du rire
Le rire est incontestablement un objet culturel qui a parfois de grandes difficultés à passer certaines frontières, même entre des pays voisins, comme l’a déjà si bien observé Baudelaire il y a un siècle et demi. Il s’agit à l’aide d’études comparatives de tenter de cerner les ressorts de l’humour et de la satire et de saisir les implicites culturels et/ou psychologiques permettant de comprendre les décalages observés. Il convient également de réaliser des études diachroniques qui mettent en lumière l’évolution du rire au sein de sociétés données et viennent compléter les études déjà existantes.

3.    Liberté d’expression et caricature
En dehors du cadre législatif propre à chaque pays, toute société est régie par un certain nombre de lois tacites, de tabous auxquels il est difficile d’échapper. Il est donc essentiel non seulement de repérer les divergences de législation en matière de censure, mais aussi d’observer les différentes réponses apportées par les artistes aux pressions plus ou moins diffuses exercées par la société. Si certains revendiquent une certaine forme d’auto-censure et prônent des formes de contournement pour passer au travers des interdits, d’autres cherchent incontestablement à briser ces tabous. Les caricaturistes sont-ils prioritairement du côté de ceux qui cherchent à combattre les prescriptions morales ou religieuses ? Dans ce dernier cas, luttent-ils ouvertement ou recourent-ils à des voies détournées ?

Ces tabous diffèrent incontestablement en fonction des époques, des pays et des cultures. Mais ces tabous ou interdits sont-ils uniquement de nature culturelle ou certains peuvent-ils être considérés comme universels ?

Les images circulent aujourd’hui avec une rapidité extrême, les caricatures de Charlie Hebdo sont immédiatement connues dans toutes les parties du monde, qui sont engluées dans des rapports de force politiques qui dépassent largement le contexte satirique. Dans quelle mesure les dessinateurs tiennent-ils compte de la réception future de leurs caricatures et de leur instrumentalisation souvent fanatique, non pas dans leur pays, mais dans des contrées parfois lointaines et fort différentes ? Il semble bien qu’un clivage se soit opéré entre les tenants d’une éthique de conviction et ceux d’une éthique de responsabilité (Max Weber).

 

Kitsch et marges
(Responsable : L. Souquet)

Jusqu’à présent, le travail que nous avons mené portait sur une définition du kitsch (1ère J.E.) et sur l’étude de cette notion à travers les âges (2e J.E. sur le Baroque, 3e J.E. sur l’Antiquité et 4e J.E. sur l’art contemporain). Après notre colloque sur « Kitsch et idéologies », programmé pour fin 2016, nous allons maintenant analyser le kitsch dans l’espace. Notre thématique générale pour le nouveau Plan, à partir de 2017, sera « Kitsch et marges ». Ce thème sera exploré selon deux lignes fortes, complémentaires et connexes : « Orient et Occident » et « Kitsch et objets ».

* Orient et Occident :
Cette sous-thématique vise une exploration des aires culturelles du kitsch, de l’Orient aux Amériques en passant par l’Europe. L’un des objectifs de cette approche sera l’analyse de la notion de kitsch ou de « mauvais goût » dans différentes cultures et régions du monde. La notion de kitsch est-elle opératoire dans des pays comme la Chine ou l’Inde, par exemple ? Pourquoi et comment les « chinoiseries » en vogue dans l’Europe des XVIIIe et XIXe siècles ont-elles été associées à la notion de kitsch ? On observe aussi un certain mépris des élites européennes pour le goût moyen-oriental ou pour la culture populaire nord-américaine : que révèlent ces jugements esthétiques ? Nous tenterons de décrypter les mécanismes socioculturels de jugement (Bourdieu, etc.) et de rejet du goût de « l’autre », souvent caractéristiques d’un positionnement hégémonique, voire européocentriste. Ces regards croisés seront étudiés selon différentes perspectives (histoire de l’art, sociologie, analyse littéraire, musicale ou filmique, etc.)

- Une J.E. « Kitsch et Orient » permettra d’ouvrir les aires culturelles. Nos collègues Iside Costantini (spécialiste des relations entre la Grande-Bretagne et la Chine) et Yue Yue (sinologue) souhaitent s’investir dans ce projet. Nous nous interrogerons sur la validité de la notion de kitsch au Moyen-Orient et en Asie ainsi qu’aux représentations de l’Orient dans les cultures occidentales (arts plastiques, littérature, cinéma, etc.). Les travaux sur la caricature trouveront ici leur place (J.-C. Gardes). 

- Une J.E. « Kitsch et Amériques ». Cette Journée pourrait être organisée à Lorient (avec l’aide de M.-C. Michaud et en collaboration avec l’IDA). Les notions de carnaval et de carnavalisation pourraient être au cœur de cette approche.

- « Le Kitsch dans les médias brésiliens ». Notre collègue sociologue Solange Wajnman propose de former un groupe d'étude – avec ses collègues de l’université de São Paulo (Brésil) – autour des répercussions de la culture kitsch de l'Amérique latine au Brésil, à partir des années 1940 et 50, lorsque la radio, le cinéma et la télévision apportent la culture du drame, de la nostalgie et du mauvais goût. Leur proposition est d'établir une route généalogique de cette culture hispanique au Brésil, jusqu’à nos jours : musiques, telenovelas, mode, etc.  En bref, S. Wajman et ses collègues proposent d’étudier un point de la formation de la culture kitsch au Brésil à partir de l'étude généalogique des médias.
Cette proposition pourrait s’articuler avec le projet de J.E. « Kitsch et Amériques » et permettrait de développer les liens avec l’université de São Paulo et, éventuellement, d’autres universités brésiliennes et latino-américaines.

- Jaqueline Zanchetta propose de travailler sur les liens : le kitsch et la musique populaire en Amérique latine (tango, boléro, etc.). Notre collègue nantaise, Emmanuelle Bousquet, spécialiste de l’opéra italien, souhaite aussi collaborer activement avec nous (il serait intéressant d’analyser la représentation de l’Orient dans des opéras tels que Madame Butterfly, par exemple). Une J.E. sera donc consacrée aux liens  « Kitsch et musique, orient-occident ». Cette J.E. pourrait d’ailleurs se faire en collaboration avec les Beaux Arts de Brest ainsi que l’Université et les Beaux Arts de La Plata, en Argentine.

- Michael Rinn propose une J.E. sur « Kitsch et mauvais goût : de la subjectivité des saveurs ».

La notion de kitsch sera également explorée dans le domaine gustatif : les goûts alimentaires des autres milieux sociaux (Bourdieu, Hoggart, Santarsiero) et/ou culturels font aussi l’objet de jugements de valeurs (les Européens peuvent considérer la nourriture mexicaine comme « trop » épicée et les pâtisseries orientales « trop » sucrées, etc.). Cette thématique rejoint partiellement celle de Fátima Rodríguez sur les « Herbes ».
- Cette sous-thématique pourra s’appuyer, entre autres, sur les travaux suivants :

  • ARRAULT, Valérie, L’empire du kitsch, Paris, Klincksieck, 2010.
  • ECO, Umberto (sous la direction de), Histoire de la beauté (2002), Paris, Flammarion, 2004.
  • ECO, Umberto, Histoire de la laideur, Paris, Flammarion, 2007.
  • GENIN, Christophe, Kitsch dans l’âme, Vrin, « Matière étrangère », 2010.
  • LEIDUAN, Alessandro, Le problème esthétique chez Umberto Eco. Pour une phénoménologie du kitsch contemporain, Thèse de Doctorat en « langue, littérature et civilisation italiennes », Université « Sophia-Antipolis » de Nice, 2005, inédit.


* Kitsch et objets : (Cette deuxième sous-thématique s’articule avec la première)
- Myriam Marrache-Gouraud propose d'organiser une journée sur les objets, notamment la question de l'objet "culte" (kitschissime en général). Donc orienter la réflexion, plutôt que seulement vers l'art proprement dit, dans une direction qui serait celle du phénomène de la collection (ce qui n'exclut pas l'art, bien au contraire, et même hyper contemporain : voir Jeff Koons ou les séries d'objets façon Boltanski). L'idée serait de s'interroger sur la manière (qui varie selon les époques) dont un objet (même banal à première vue et produit en série, donc pas unique du tout) devient un objet "à collectionner", ou tout simplement "à exposer". Chez soi ou dans un musée. Ce qui touche aussi bien à l'art, à la muséologie, qu'à la sociologie (phénomène de société, phénomène de mode, marketing), à l'histoire des collections, voire des sciences, via les cabinets de curiosités (avec la coexistence de ces objets dans un environnement lié à l'histoire naturelle), à l'histoire tout court (puisque les objets ne sauraient être les mêmes d'une époque à l'autre, et varient selon les modes), et pourquoi pas au cinéma si l'on songe aux objets dérivés (on peut faire une collection d'objets Star Wars et celle-ci peut apparaître comme kitsch). Une telle approche permettrait aussi de délimiter, d'une autre façon, ce qu'on appelle "curiosité" et savoir à quel moment et dans quelles conditions cette dénomination croise celle du "kitsch" ou devient "kitsch". Cette J.E. pourrait s’intituler : "L'objet kitsch, de la curiosité à l'objet culte : kitsch et collections".

- Cette sous-thématique s’appuiera, entre autres, sur les travaux de :

  • BAUDRILLARD, Jean, Le Système des Objets, éditions Gallimard, Paris, 1968.
  • DORFLES, Gillo, Le Kitsch, un catalogue raisonné du mauvais goût, traduit de l'italien par Paul Alexandre, préface de Jean Duvignaud, édition Complexe, Bruxelles, 1978.
  • MARRACHE-GOURAUD, Myriam, « Le ‘magazin du monde’ en Poitou. Cabinets et curieux aux XVIe et XVIIe siècles », dans Curiosité et cabinets de curiosités, dir. D. Moncond’huy, Neuilly, Atlande, 2004, p. 93–108.
  • MARRACHE-GOURAUD, Myriam, « Quand l’aloès se pare des plumes du perroquet. Présentation énigmatique, rareté et curiosité », dans L’énigmatique à la Renais­sance : formes, significations, esthétiques. Actes du col­loque RHR (Lyon, 7–10 sept. 2005), études réunies par A. Tournon, D. Martin, P. Servet, Paris, Honoré Champion, 2008, p. 415–425.
  • MARRACHE-GOURAUD, Myriam, « L’Amérindien et le curieux : rencontre de deux mondes », dans Un continent en partage. Cinq siècles de rencontres entre Amérindiens et Français, dir. M. Augeron et G. Havard, Paris, Les Indes Savantes, 2013, p. 43–52.
  • MOLES, Abraham, Psychologie du Kitsch, l'art du bonheur, Maison Mame, Paris, 1971.

Notre travail autour du Kitsch suscite l’intérêt de nombreux chercheurs et les projets se multiplient. Voici quelques orientations et propositions qui pourraient éventuellement compléter notre programme :
- Une J.E. « Kitsch et caricature » (ce projet est proposé par Isabelle Le Corff et J.-C. Gardes).
- Hélène Machinal serait intéressée par une J.E. et/ou une publication sur « Kitsch et fantastique »
- « Kitsch, camp et subculture gay ». Le genre et la subculture gay sont également des thèmes très pertinents quand on travaille sur le kitsch. Ce sont des thèmes porteurs qui intéressent plusieurs chercheurs de l’UBO. Ce thème peut aussi en traverser d’autres comme le fantastique, la caricature...

 

Normes et numérique à l’époque moderne
(Responsables : A. Cossic et A. Kerhervé)

Ce programme de recherche serait un prolongement du sous-axe actuel sur la Sociabilité à l’époque des Lumières. Il permettrait notamment d’approfondir l’étude et d’en présenter les résultats au moyen des humanités numériques, souvent associées aux études dix-huitiémistes.
Il aurait deux objectifs principaux :
 

  • DIGITENS : Digital Encyclopedia of Sociability / Encyclopédie numérique de la sociabilité en Grande-Bretagne au siècle des Lumières, porté par Annick Cossic
    Le projet DIGITENS a pour objectif la création d’une encyclopédie numérique de la sociabilité en Grande-Bretagne au siècle des Lumières à partir de laquelle il sera possible d’accéder à une anthologie historique de sources textuelles ou iconographiques. Par son caractère électronique et par sa pluridisciplinarité, il s’adresse à la communauté des chercheurs anglophones et francophones, mais aussi plus largement au grand public qui grâce aux modalités de sa mise en place et ensuite de sa consultation et de son utilisation sera amené à s’interroger sur une valeur essentielle des Lumières qui trouve diverses formes d’expression au XXIe siècle pouvant aller de la permanence d’espaces institutionnels de sociabilité à celle de denrées “sociables” comme le café ou le thé ou encore de pratiques de sociabilité comme l’amitié. Le croisement des approches, sociologique, philosophique, linguistique, historique et littéraire permettra la réalisation d’un produit innovant et évolutif unique à ce jour dans l’univers de la recherche.  Site dédié : http://grisol.hypotheses.org/


  • 18CLW : Eighteenth-Century Letter-Writers, porté par Alain Kerhervé
    Constitution d’une base de données en ligne des 88 manuels épistolaires britanniques publiés entre 1700 et 1800, éventuellement complétée ensuite par les manuels antérieurs et d’autres manuels européens. L’idée essentielle est de remonter à la source de la théorie épistolaire, aux normes épistolaires, de manière à mieux comprendre et expliquer, ensuite, la production épistolaire de l’époque, que ce soit celle des correspondances privées ou celle des romans épistolaires. La mise en place de la base de données se ferait en parallèle du développement d’une interface novatrice qui permette de croiser les textes (et non seulement une expression ponctuelle) de manière automatisée. La réflexion théorique est déjà menée et les applications pour la recherche en ALL pourraient être nombreuses. Les premiers contacts sont établis avec le TGIR Huma-Num.

 

Intertextualité et Imaginaires bibliques :  normes et écarts
(Responsables : B. Jeanjean, I. Durand)

Le programme de recherches sur l’intertextualité et les imaginaires bibliques engagé dans le cadre du précédent contrat se propose désormais d’interroger les différentes réécritures des figures et topoi bibliques dans le texte et l’image. Si le texte biblique, revêtu de son caractère sacré, constitue bien une norme tant littéraire que doctrinale, il importe de saisir jusqu’à quel point ses réécritures et ses détournements s’inscrivent dans cette norme ou s’en écartent, dans une intention apologétique, parodique, critique ou purement esthétique. Il y a ainsi des lignes de force qui parcourent l’intertextualité et les imaginaires bibliques, depuis le substrat de l’Écriture sainte, jusque dans les métamorphoses que lui font subir les créations littéraires, iconographiques ou filmiques qui s’en inspirent.

Le texte biblique en lui-même est déjà un lieu où s’observent de telles lignes de force à travers le prolongement problématique des Écritures juives par les Écritures chrétiennes. Si les chrétiens revendiquent pour eux les textes de l’Ancien Testament, les juifs dénient tout caractère sacré au Nouveau Testament. Au sein même des controverses doctrinales qui émaillent l’histoire du christianisme jusqu’au XXIème siècle, le recours à l’argument scripturaire constitue un argument d’autorité, alors que celle-ci ne peut s’exercer que dans le cadre d’un consensus toujours contesté sur l’interprétation des textes invoqués.
Les innombrables réécritures dont la matière biblique fait l’objet s’organisent également en suivant diverses lignes de force, selon qu’elles s’inscrivent dans le prolongement, le dépassement, le détournement ou le renversement de la norme biblique originelle.

On cherchera donc à mesurer le degré d’écart qui peut séparer le modèle biblique revendiqué et l’intention qui motive son réemploi. On pourra également s’interroger, dans une perspective diachronique sur le rapport paradoxal qui peut lier, dans de telles réécritures, l’intention affichée de l’artiste, à son époque, et les conséquences imprévisibles ou inattendues de la référence à l’imaginaire biblique dans le contexte de réception contemporain.
Deux grandes démarches herméneutiques se dessinent ainsi, selon que l’on considère les lignes de force internes au texte biblique et à ses utilisations confessionnelles, ou celles qui conduisent à traduire la norme sacrée dans la sphère du profane.

La méthodologie suivie pour dégager de telles lignes de force repose sur la confrontation des approches de la question propres aux différents domaines artistiques ou aux différents contextes culturels où l’influence de la Bible se fait sentir. Si l’approche de plusieurs chercheurs engagés dans ce programme est à dominante littéraire, d’autres membres de l’équipe dont le champ de recherche porte davantage sur la caricature, la peinture, la photographie ou le cinéma, y apporteront régulièrement leurs regards. Il s’agit donc d’un projet interdisciplinaire qui croise les disciplines (linguistique, littératures grecque, latine, française, anglophone, hispanophone, germanophone, histoire), et les approches (narratologique, anthropologique, esthétique, politique). Des chercheurs extérieurs à l’équipe seront sollicités, par appel à communications sur les sites de diffusion et d’information dédiés, ainsi que par sollicitations personnelles à travers les réseaux nationaux et internationaux propres à chaque domaine disciplinaire.

Les travaux auront lieu sous forme d’un séminaire régulier bimestriel, d’une durée de deux ans et demi, sur des thématiques définies en équipe et ciblant à chaque fois un aspect particulier du modèle biblique. Le premier séminaire pourra s’intéresser aux figures de femmes, depuis Eve jusqu’à Marie-Madeleine, en passant par Rébecca, Léa, Rachel, Suzanne, Judith, etc… à l’exception de la Vierge Marie qui a fait l’objet d’un colloque lors du contrat 2012-2016. Le second séminaire pourra porter sur les figures de prophètes dans leurs rapports avec l’autorité politique. Ces séminaires qui impliquent des membres de l’équipe rattachés aux universités de Brest et de Lorient auront lieu en alternance à l’UBO et à l’UBS.

Un colloque international sur « La Bible au miroir de ses réécritures » pourra donner lieu à un croisement des approches littéraires, iconographiques et cinématographiques permettant de dégager les lignes de force de l’intertextualité et des imaginaires bibliques en dehors de la thématique nécessairement plus limitative des séminaires de recherche.