Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Axe 1

Logogenèse synchronique et diachronique du texte et des discours
(Responsables : Michael Rinn et Geoffrey Williams)


La Maîtrise de la langue est souvent considérée comme un instrument indispensable du « pouvoir ». Plus on maîtrise les différents registres de sa langue maternelle, plus on a de pouvoir sur ses concitoyens. Plus on maîtrise les langues étrangères, plus on a du pouvoir dans le monde. Il n’y a pas d’homme de pouvoir qui ne soit désireux de maîtriser la langue. Par conséquent, la question des « Rapports de force » est au centre de toute étude de langue réelle. A l’inverse, la personne qui ne maîtrise que peu les registres de sa langue ne peut jamais atteindre un degré de pouvoir, et sera forcément soumise au pouvoir des autres. C’est pour cette raison que cette question est un enjeu primordial pour l’enseignement. Notre propos est de mettre en lumière ces rapports de force afin que d’autres puissent utiliser ces études à des fins pédagogiques, au sens le plus large du terme.
Tout énoncé réel étant émis par un locuteur et adressé à un interlocuteur, par ce fait même, établit des rapports de force entre les deux partenaires de la communication. Le texte de publicité pose ainsi un rapport de force entre l’annonceur et le consommateur éventuel afin d’impulser l’achat d’un produit ; le texte politique établit un rapport de force entre l’homme politique et le citoyen afin d’obtenir l’aval de ce dernier, et in fine sa voix ; le texte de recherche scientifique crée un rapport de force entre groupes de chercheurs en tentant de faire approuver un nouveau fait ou une nouvelle idée dans la masse de connaissances acceptées ; le mode d’emploi d’une machine suppose également un rapport de force entre le fabricant et l’acheteur qui utilise son produit. Aucun texte n’échappe à cette règle, le texte scientifique comme les discours publics.
Notre approche sera volontairement – et théoriquement éclectique, car, à l’exception éventuelle des analyses purement formalistes, toute théorie linguistique rend finalement compte de ce phénomène. Aussi les approches de type fonctionnel, cognitif et argumentatif sont-elles des éléments pertinents qui contribuent à cette étude.

Fonctionnement et évolution du texte

(Responsables : David Banks et Geoffrey Williams)

1. Le Texte Spécialisé

Le texte spécialisé est devenu depuis plusieurs décennies un champ fécond d’études linguistiques. Ces études sont de double nature, fondamentales et appliquées : fondamentales car elles nous renseignent sur la structure et le fonctionnement de la langue, et appliquées car elles sont indispensables pour les questions de rédaction ou de traduction, et dans l’enseignement des langues. Néanmoins, bien que ces études soient menées de longue date, deux aspects n’ont encore reçu que très peu d’attention. D’abord la comparaison du français et de l’anglais. L’anglais est devenu la langue de communication internationale dans la majorité des domaines de la langue spécialisée et il est indispensable de davantage mener des études comparatives avec notre langue nationale. Deuxièmement, l’aspect diachronique des langues de spécialité a été jusqu’à nos jours négligé. En effet, il existe des études historiques et des études sociologiques (voire sociolinguistiques), mais très peu d’études purement linguistiques, l’application des outils de la linguistique aux textes spécialisés ou littéraires, à travers les siècles, n’est que très rare. Les membres de l’équipe se considèrent comme des pionniers en la matière (surtout en ce qui concerne le texte spécialisé), car ils ont entamé l’étude de ce domaine depuis plusieurs années. Ces deux aspects peuvent se rejoindre dans des études qui sont à la fois comparatives et diachroniques.
A titre d’exemple, dans le domaine scientifique, où le texte constitue un texte de spécialité par excellence, l’année 1665 s’avère une année primordiale. En effet, cette année a vu la naissance des deux premières revues intellectuelles en langues vernaculaires. Le premier, français, le Journal des Sçavans, est paru pour la première fois le 5 janvier 1665, suivi deux mois plus tard par le Philosophical Transactions, en anglais, paru pour la première fois le 3 mars de la même année. Le Journal des Sçavans avait été fondé par Denis de Sallo, grâce à l’appui de Colbert, avec l’intention de fournir des informations sur toute une gamme de sujets intellectuels de l’époque. La revue consistait principalement en des recensements de livres. Le Philosophical Transactions fut fondé quant à lui par Henry Oldenburg, un des secrétaires de la Royal Society of London. Etant au centre d’un réseau de correspondances, il espérait utiliser sa position afin de créer un bulletin d’informations, comme moyen d’augmenter ses revenus. L’éventail des sujets traités était plus restreint que dans le Journal des Sçavans, car le Philosophical Transactions se limitait à la « philosophie naturelle », ce qui correspond grossièrement à notre conception du champ scientifique. Il s’agissait donc d’un bulletin d’informations basé principalement sur les lettres reçues par H. Oldenburg. Dès le début, ces deux revues, pourtant avec des objectifs très similaires, ont pris des options totalement différentes, en termes de sujets à traiter, et en termes de genres, ce qui les amena à favoriser des traits linguistiques bien différents. La situation en France se compliqua avec la création de l’Académie Royale des Sciences en 1666, mais les mémoires des premières années, au dix-septième siècle, ne furent publiés qu’au cours du siècle suivant. Ce champ d’études foisonne de rapports de force : entre la nouvelle science et l’ancienne basée sur l’étude des auteurs de l’Antiquité ; entre l’usage de l’anglais et du français, et entre ces langues vernaculaires et le latin, jusqu’alors lingua franca ; entre la pensée cartésienne et l’empirisme ; entre différents choix de genres.
Il est intéressant de noter que ces deux revues existent toujours, le Journal des Savants (l’orthographe ayant changé) se limitant aux sciences humaines, le Philosophical Transactions demeurant dans le champ scientifique. Cela donne un exemple du champ d’investigations qu’il est utile et intéressant de défricher. Les deux revues citées constituent un corpus qui recouvre certes toute la période (de 1665 à nos jours), mais il est possible et bon de prendre en compte d’autres textes tels que les mémoires de l’Académie des Sciences.
On peut considérer que ces deux revues marquent le début des langues spécialisées en ce qui concerne le français et l’anglais. Partant de leur étude, les recherches peuvent s’étendre et porter également sur l’époque contemporaine, avec, toujours à titre d’exemple, l’analyse du discours de prévention dans le domaine du cancer du sein, ou l’analyse des discours tenus sur l’introduction des nouvelles technologies, comme les OGM dans l’alimentation. De telles études resteront ouvertes quant au cadre théorique, mais on peut mentionner, sans exclusivité, les approches propres à l’analyse de discours, à la linguistique systémique fonctionnelle, à la théorie de l’énonciation et à la sémantique lexicale.

 

2. La Linguistique de corpus

La linguistique de corpus est, par sa nature même, pluridisciplinaire. Nos activités sont concentrées autour des nouvelles technologies et de l’utilisation des recommandations de la Text Encoding Initiative pour la création de ressources numériques en littérature et en histoire.
L’approche employée est ascendante ou corpus-driven, ce qui consiste à construire un modèle linguistique à partir des données plutôt que des intuitions du linguiste. Le cœur de l’approche reste la collocation en tant que relation sémantique et statistique entre mots. Les applications de ses recherches appliquées servent à la création d’outils concrets tels que des dictionnaires, des outils d’aide à la rédaction (SCIENTEXT), la partie compréhension d’un robot (EMOTIROB), des outils de navigation (METTRIC) ou la perception identitaire (IntUne) – mais le développement de la partie théorique est central puisque tout découle du rôle de la collocation thématique comme moteur dans l’organisation de la langue.
La linguistique de corpus s’est considérablement développée depuis ses origines sur les ordinateurs des années soixante. Les ordinateurs sont désormais plus puissants et l’accès aux corpus de référence et autres ressources lexicales est de plus en plus aisé. Cependant, les résultats d’une analyse dépendent entièrement du corpus ; il est impossible de généraliser à partir d’un corpus dont le seul critère de constitution a été la facilité d’accès et la disponibilité des textes. Il est par conséquent vital d’analyser le contenu des corpus avec des modèles externes mais également internes afin de juger de leur représentativité.
Les travaux contextualistes ont démontré l’importance de la collocation dans l’organisation interne du lexique. Les deux principes défendus par Sinclair (1987), celui du choix ouvert (open-choice principle) et celui de l’idiome (idiom principle) organisent nos choix linguistiques. Il est de plus en plus évident qu’une fois un choix ouvert opéré, nous sommes confrontés à des restrictions idiomatiques, qu’elles soient lexicales ou syntaxiques. Dans cette hypothèse, la notion d’idiomatisme est très large et va au-delà même des catégories de formules figées et d’idiomes répertoriées par Moon (1998) pour inclure les formules collocationnelles (Renouf et Sinclair 1991) et les grammaires locales (Hunston et Francis 2000). Cependant, bien que, dans une classification linguistique, la collocation soit classée avec les autres phénomènes de figement, les travaux de l’équipe conduisent à lui attribuer une place à part. Le rôle joué par la collocation dans l’organisation du lexique à la fois au niveau psychologique et linguistique est primordial.
Les théories de la résonance collocationnelle et de l’amorçage lexical essaient d’expliquer les mécanismes de l’acquisition du langage, de l’emploi et de l’évolution des langues. Comme toutes les théories issues de la linguistique de corpus, ces mécanismes sont construits à partir des faits du langage. La question est de connaître la pertinence éventuelle en lexicographie, et, dans le cas présent, en lexicographie bilingue.
La première constatation est que la simple équivalence n’existe pas en dehors de la terminologie technologique. Il semble donc évident qu’un dictionnaire bilingue ne peut être équivalent de deux dictionnaires monolingues mis face à face. Il faut des corpus comparables afin d’explorer les systèmes de relations internes pour chaque langue afin de comparer les systèmes et les sous-systèmes. L’étude des collocations d’un verbe va permettre de construire les classes d’arguments possibles ; ainsi nous voyons les classes d’identité qui apparaissent pour les verbes « forger » et « construire ». Il n’est pas certain que ces classes seront présentes dans le corpus de comparaison, ou que les traductions auront le même poids. Dans ce cas, il faut pouvoir montrer que « forger », par exemple est une collocation importante de l’identité en français, ce qui n’est pas nécessairement le cas en L2. Il est aussi évident que, même si « forger » et « construire » entrent dans la même classe sémantique, ils ne seront pas nécessairement des synonymes, leurs poids sémantique étant différents.
Les travaux sur la résonance collocationnelle se situent dans le contexte des recherches sur l’identitaire politique menées au sein du projet PCRD 6 IntUne. L’objectif est de modéliser l’identité présentée dans la presse afin de créer une ontologie de référence utilisable initialement par les chercheurs du consortium IntUne. Les réseaux collocationnels seront utilisés pour créer et comparer les regroupements thématiques extraits des différentes langues afin de voir comment les différents aspects de l’identité peuvent être privilégiés à un moment ou un autre par la presse d’un pays. La résonance collocationnelle servira pour traiter l’emploi de la métaphore et de la connotation par la presse.

 

Mots de la controverse : Polyphonie et intertextualité

(Responsable : Ghislaine Lozachmeur)

La polyphonie est une notion centrale qui s’impose dans les études. Il est admis que chaque discours, produit dans un contexte donné, en contient un autre et le reflète, que chaque discours s’inscrit dans une interaction explicite et implicite. Plusieurs voix se font entendre aux niveaux macro textuel ou micro textuel. Ces notions intéressent les différents travaux du groupe relevant de la sémantique ou de la pragmatique en s’inspirant des travaux de Michaïl Bakhtine, Gérard Genette, Oswald Ducrot, Jean-Claude Anscombre et Alain Berrendonner.
Le groupe « Mots de la controverse : polyphonie et intertextualité » se propose d’explorer les possibilités combinatoires des études polyphoniques avec les domaines de l’argumentation, de l’analyse textuelle et des analyses conversationnelles. Les travaux pourront se focaliser sur le marquage linguistique ou sur l’interprétation polyphonique des énoncés, que ce soit dans l’œuvre romanesque, dans un corpus de textes de presse, dans des discours politiques et scientifiques. Ils en appréhenderont l’appareil théorique et s’interrogeront sur l’unité du sujet parlant. Le thème de l’altérité et du rapport à la parole de l’autre sera inclus également dans la dynamique de recherche. Comment la voix de l’autre est-elle étouffée ou au contraire comment lui aménage-t-on une place importante dans le dire de l’énonciateur ? Est-elle prise en charge, mise à distance, construite comme fiable, douteuse ?
Ces travaux seront ancrés dans la réflexion narratologique et textuelle qui a renouvelé l’approche du récit et des discours, tels qu’ils ont été réévalués dans un esprit critique. Il s’agit de réfléchir à la façon dont le narrateur est confronté à la langue et au défi de l’expression en tant que la langue informe notre intériorité, trame nos échanges, construit nos concepts ; en effet, le narrateur est dominé par l’ordre verbal qui contraint la société et les individus. La conception de l’analyse sémantique des textes a jeté un nouveau regard sur les représentations de la société contemporaine. Il faut tenir compte, dans les recherches entreprises, des techniques informatiques d’analyse et de traitement du langage qui ont introduit une nouvelle lecture du texte et en conséquence, l’intérêt d’une interrogation méthodique par les approches computationnelles.
Quête du savoir, sens philosophique, sens esthétique et sens éthique sont donc des incitations à retravailler la langue. C’est cette controverse déjà en germe dans les siècles précédents, forme de refus, de protestation, de révolte, d’esquive vis-à-vis de la norme littéraire, linguistique, sociale, vis-à-vis de la doxa, qui constitue le cœur de notre étude.
En effet les mots du récit peuvent être habités par une charge polémique et un esprit de dénonciation, de recomposition intérieure, de rébellion, de construction d’un contre-univers, qui interrogent la polyphonie. La controverse libère l’ordre verbal, facteur incontournable des oppressions du réel, des interdits. Elle transforme les mots en armes. Et le récit devient alors espace de contestation linguistique ou de reconstruction, qu’il soit anecdote, autobiographie, roman, récit historique, témoignage, article de presse, recours au récit pour le sociologue, l’ethnologue, le psychologue. Il module l’expression, démystifie les paroles dominantes d’une époque et se réapproprie la langue. En même temps, il influe sur la destinée des mots.
De ce fait, l’analyse linguistique de la polyphonie et l’analyse littéraire peuvent se combiner pour s’attacher à observer certains thèmes récurrents comme le point de vue, la problématique de l’énonciateur, la notion de prise en charge, les discours rapportés.

 

Les discours publics : Prise de parole, promotion de la santé et action sociale

(Responsable : Michael Rinn)

Articulant à la fois le souci de soi et la solidarité d’un groupe d’appartenance, les discours articulant la santé publique visent non seulement à promouvoir des intérêts particuliers auprès de l’Etat, du monde médical et de l’opinion, mais à reconnaître l’émergence des associations comme acteur principal sur la scène publique. Afin d’analyser les pratiques de prise de parole publique, de promotion de la santé et d’action sociale que les associations adoptent au nom de différentes populations vulnérables, le projet articulera trois axes de recherches :
1. La diversité des stratégies développées par les associations et leurs différents types de positionnement. Est-ce que l’association est une at arm’s length agency, un gestionnaire d’établissements, une organisation d’entraide, un organisme qui a pour but principal le soutien de la recherche scientifique ou s’agit-il d’une organisation militante revendiquant des traitements spécifiques pour leurs membres ?
2. Les usages rhétoriques particuliers liés au profil adopté par les associations. Quels sont leurs aspects argumentatifs (l’usage de la topique des passions, allant de l’indignation à la révolte, en passant par le combat militant), juridiques (la quête de reconnaissance d’Utilité publique), économiques (p.e. groupes de pression auprès de l’industrie pharmaceutique), ou sociaux (la constitution d’un groupe d’amis, de voisins, de sympathisants en une association) ?
3. La participation des associations au système de gouvernance régionale, nationale et internationale. Quelles sont les stratégies déployées par les associations pour intégrer les forums, les modes de sélection des associations par les pouvoirs publics ; les modes de coordination entre associations et d’autres acteurs et les réseaux constitués ou mobilisés pour influencer les débats, peser sur les orientations. Quels sont les instruments et les cadres cognitifs mobilisés dans ces stratégies et débat ?
Faisant appel aux sciences du langage, de l’information et de la communication, à la sémiotique, à la théorie des acteurs-réseaux, à l’anthropologie, à la science politique, à la psychologie, à l’économie ou au droit, cette recherche s’inscrit dans un cadre interdisciplinaire et fait appel à des méthodologies des sciences humaines variées, à la fois qualitatives et quantitatives. Le corpus de recherche englobera les supports médiatiques susceptibles d’influer sur l’opinion : sites internet, campagnes de publicité par spots télévisés, affiches, annonces, feuilles volantes, brochures, manifestations scientifiques.
Ce projet comportera un travail sur le terrain auprès des associations locales et régionales, ainsi que sur le rôle des associations et leurs représentants au sein des instances participatives. Il s’agira également de créer un réseau de recherche international afin de proposer des analyses comparatives. Enfin, le projet élaborera un protocole de recherche interculturelle avec des partenaires africains.

Participants à l’axe 1

Enseignants-chercheurs
David Banks, PR, Thomas Buckley, MCF, Jean-Pierre Dupouy, MCF, Imma Fabregas, MCF, Philippe Guillou, MCF, Ghislaine Lozachmeur, MCF, Marie-Anne Macé, PR, Frédérique Mengard, MCF, Pouneh Mochiri, MCF, Michaël Rinn, PR, Mohamed Saki, MCF, Joanna Thornborrow, PR, Geoffrey Williams, PR.

Membres Associés
Mohamed Allayl, Enseignant-chercheur, Faculté de droit d’Agadir, Elena Berthemet, Contractuelle UBO, Irena Buckley, Professeur de littérature lituanienne Université Vytautas Magnus (Kaunas, Lituanie), Claire Doquet-Lacoste, MCF UBO-IUFM, Lamria Chetouani, MCF-IUFM, Simon Eason, docteur, Matthieu Gallou, PRAG UBO, Irina Lord, MCF Toulouse, Marie-France de Palacio, PR UBO-CECJI, Gary German, PR, UBO-CRBC, Anca Pascu, MCF HDR-Paris IV, Philippe Pedrot, PR-UBO-CRA, François Le Tollec, Contractuel UBO.

Doctorants
Irena Abzalova, Samir Abdelhamid, Lelloucha Bouhadiba, Raluca Banciu, Zhaira Boumaza, Mehdi Chourou, Pierre-Yves Danzé, Gwladys Koumba, Ismaïl El Maarouf, Régis Kawecki, Aurélie Lagadec, Ma Li, William Louw, Cécile Médina, Chrystel Million, Hughes Pichard, Christophe Ropers, Camela Smith-Château, Georges Sosin, Bo Su, Shanshan Wang.