Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

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HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Réalisme magique et environnement dans le texte et l'image

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Journée d'étude à Quimper le 20 octobre

Soit le réalisme magique, concept notoirement disputé, mais dont on donnera ici une définition consensuelle : irruption du magique/surnaturel/non-rationnel dans une œuvre par ailleurs réaliste (littéraire souvent, mais pas seulement).

Soit la question de l’environnement, qui a forcé son chemin jusqu’au cœur de notre modernité, philosophique, scientifique, politique, économique, et de nos arts.

Soit un investissement inédit de la question environnementale par des modes d’expression, littéraires ou imagiques, qui délaissent les chemins traditionnels de la rationalité pour s’engager sur des pistes non-réalistes/non-rationnelles peu fréquentées.

Ce croisement déplace-t-il les lignes théoriques du réalisme magique ? Et parallèlement, le réalisme magique donne-t-il voix nouvelle à la « nature » et forme nouvelle à ce qui la questionne : nature sauvage/nature humanisée ; animalité ; (in)justice environnementale ; catastrophe ; science et spiritualité ; localité/globalité ; esthétique… ?

Cette première journée d’étude aura pour but de réfléchir sans a priori réducteurs aux questions théoriques que pose ce rapprochement nouveau (l’est-il vraiment ?) ainsi qu’au périmètre de notre recherche.

Il va sans dire que plus variées seront les formes artistiques envisagées (texte, cinéma, BD, photographie, land art…), plus nombreuses seront les langues et aires géographiques représentées, et plus cette recherche sera riche d’inspiration et de découverte.

 

 

Programme de la journée :

9h30 : accueil et présentation scientifique

1oh00 : Benoît Quinquis

10h30 : Lucie Taïeb

11h00 : Gilles Chamerois

 

Déjeuner au restaurant universitaire

 

13h30 : Philippe Guillou

14h00 : Anne-Laure Bonvalot

14h30 : Samia Haroune

15h00 : Anne Le Guellec

 

 

Abstracts

 

• Benoît Quinquis

Le temple du soleil d’Hergé : de la magie dans le monde réel à la magie réelle du monde

 

Hormis Tintin au Tibet, c’est dans Les sept boules de cristal et Le temple du soleil que s’exprime le plus explicitement l’intérêt d’Hergé pour les phénomènes surnaturels. Ce diptyque est fondé sur un paradoxe qui n’est pas étranger à la fascination qu’il exerce sur le public : d’une part, les décors rendent manifeste le souci de réalisme de l’auteur et, d’autre part, la magie est omniprésente dans le récit. Aux côtés de la simple prestidigitation (le numéro de Bruno l’illusionniste, que le capitaine Haddock tente de reconstituer, et la scène de l’éclipse par laquelle Tintin dupe les héritiers de l’empire inca) coexiste la « vraie » magie, représentée par trois phénomènes qui échappent totalement, au sein du récit, à toute explication rationnelle : premièrement, la divination, avec la voyante Yamilah qui a la préscience du mystérieux mal dont vont souffrir les explorateurs ayant profané le tombeau de Rascar Capac ; deuxièmement, la prophétie, avec les inscriptions gravées sur ledit tombeau ; troisièmement, enfin, l’envoûtement, quand le grand Inca révèle comment il faisait souffrir les savants à très longue distance. Fait révélateur de la grande habileté scénaristique d’Hergé, cette irruption de l’irrationnel dans un récit apparemment réaliste ne choque pas le lecteur, cette irruption n’étant pas brutale mais, au contraire, savamment préparée par une série de découvertes extraordinaires qui disposent le lecteur à admettre comme envisageables les phénomènes les plus improbables : ainsi l’agnostique Hergé invite-t-il les jeunes lecteurs auxquels il destine son œuvre à ne pas se laisser aveugler par le cartésianisme au point de ne plus accorder droit de cité aux phénomènes qui défient le sens commun. Conscient que le monde est loin de se limiter au connu, Hergé fait droit à la magie dans le monde réel pour rendre justice à la magie réelle du monde.

 

• Lucie Taïeb

De la décharge comme lieu mystique : figures et transfigurations de sites dévastés

 

Ma communication interrogera, sur la base d’un large corpus littéraire, filmique, et photographique,  la représentation de la décharge, et son potentiel de fascination.

Bien des œuvres associent les lieux de relégation (décharges ou casses) à des activités clandestines et illégales, se nourrissant et alimentant un imaginaire collectif où toute zone périphérique est aussi trouble, et potentiellement dangereuse.

Espaces de marginalité, de pauvreté, les décharges et leurs abords, dès lors qu’ils apparaissent dans des œuvres consacrées principalement, sinon exclusivement, à la question spécifique des déchets et de leur circulation, perdent cette aura trouble, suspecte, et font le plus souvent l’objet de descriptions précises, documentées, qu’on pourrait aisément qualifier, tant au sein de romans que de récits documentaires, de réalistes. Or, ce sont précisément ces représentations « réalistes » de la décharge, loin du cliché d’un no man’s land où s’opèrent des transactions douteuses ou des règlements de compte, qui suscitent pourtant, de la manière la plus surprenante, une forme de fascination. Comme si le lieu, de par sa nature, ou sa fonction, excédait, de lui-même, tout réalisme, dépassait ce que la pensée même peut concevoir ou imaginer, et semblait receler, dès lors qu’il se donne à voir, une forme de vérité ou de révélation – si bien que la description la plus sobre, la photographie la plus « objective » apparaît déjà comme transfiguration de la réalité, ou comme manifestation d’une réalité transfigurée.

Je tenterai d’expliquer cet apparent paradoxe en me référant à la place assignée, dans nos sociétés, aux rebuts et à leurs lieux de stockage : je lirai donc la fascination qu’exerce la décharge au prisme des sciences sociales. L’irrationnel, le surnaturel, qui surgit dans de nombreuses représentations réalistes de la décharge, me semblent en effet pointer les processus d’invisibilisation ancrées dans les sociétés policées, tendant à faire du déchet à la fois une constante, et un impensé.

 

 Gilles Chamerois

« Un monde même et autre » : la photographie aérienne environnementale, réaliste et magique

 

La photographie aérienne a apporté un bouleversement qui a permis de considérer la Terre comme un sujet qui nous regarde, au double sens de l’expression. Ceci est dû selon Philippe Dubois au caractère « vertical et réversible » du point de vue qu’elle propose. Le décentrement offert par cette réversibilité n’est que l’un des paradoxes que je voudrais aborder, paradoxes qui sont autant de variations sur l’oxymore « réalisme magique ». Du côté réaliste, la photographie aérienne permet de montrer les choses telles qu’elles sont vraiment. Elle permet d’accéder à des endroits cachés, où par exemple les déchets de la société industrielle et postindustrielle ont été entreposés loin des regards. Elle permet également de mettre au jour le travail du temps, et l’archéologie de phénomènes écologiques. Elle permet enfin de déceler des formes qui ne sont pas visibles du sol, des formes d’occupation des sols totalement aberrantes et non durables par exemple. Du côté magique, la photographie aérienne est capable de transformer en objets esthétiques ces absurdités écologiques, pour reprendre le sous-titre français d’un ouvrage de photographies aériennes d’Alex MacLean. Le décentrement qu’elle offre permet en effet de considérer le monde à neuf, quel que soit l’état d’usure dans lequel il est réellement. Si le titre de ma communication reprend celui d’un livre de Michael Edwards, c’est peut-être un autre titre du même auteur qui peut servir de guide à mes propos : De l’émerveillement, et pour ce qui nous occupe, de l’émerveillement lié aux décentrements créés par la photographie aérienne. Je me propose d’étudier quelques modalités de ces décentrements, des renversements d’échelles d’Olivo Barbieri au jeu sur les couleurs offert par la pollution chimique chez David Maisel, en passant par l’abstraction formelle de nombreuses photographies aériennes. Au bout du compte c’est bien cette capacité d’abstraction qui est au cœur de la magie de la photographie aérienne depuis son origine, liée comme Philippe Dubois nous le rappelle à celle de l’art abstrait, et pas forcément dans le sens que l’on croit, car « l’art abstrait est né de la photographie aérienne ».

 

Pistes bibliographiques :

Olivo Barbieri, Italian Quakes and Other Diseases, Ravenna : Danilo Montanari Editore, 2016.

Alex MacLean, Over: The American Landscape at the Tipping-Point, New York : Abrams, 2008.

David Maisel, Black Maps: American Landscape and the Apocalyptic Sublime, Berlin : Steidl, 2013.

 

Philippe Guillou

La Nature dans l’œuvre de Mo Yan

 

Le canton du nord-est de Gaomi dans la province du Shandong (Chine) est devenu célèbre dans le monde entier depuis qu’un certain Mo Yan a reçu le prix Nobel de littérature en 2012. Toutes les histoires contées par Mo Yan y trouvent leur origine, qu’il s’agisse des personnages, lesquels au gré de l’histoire-de leur histoire- évolueront dans des paysages différents ou qu’il s’agisse du lieu même de l’action. Cette entité administrative au fil des histoires apparaît comme un personnage récurrent, tutélaire, qui rattache les personnages et l'auteur à un territoire somme toute limité mais tendant à l’universalité chinoise.

La nature omniprésente dans l’œuvre de Mo Yan en constitue l’élément essentiel sans laquelle l’histoire ne peut exister. Les personnages très souvent la subissent dans ses manifestations physiques et climatiques (inondations,  sécheresse, tempêtes, froid, chaleur, multiplication de nuisibles…) culturelles et politiques (tradition et modernisation, occupation et libération, révolution et contre-révolution…) mais ils en retirent de la force, des croyances que l'auteur retranscrit dans une langue foisonnante, exubérante à la manière d'un Gabriel García Márquez dont il a revendiqué la filiation avant de s’éloigner du réalisme magique pour mieux y revenir.

Mo Yan connaît bien cette terre du canton du nord est de Gaomi puisqu’il y est né et qu’il y habite. Il en a fait le centre du monde chinois dont il narre l’histoire populaire de petites gens confrontés à de petits et grands tourments tout en cherchant à créer une littérature purement chinoise, détachée de toute influence étrangère. L’espace du peuple offre à Mo Yan une perspective onirique, une échappatoire à la contraignante norme du pouvoir central. Ruralité, localité et régionalité pourraient nuire au récit et au projet de l’auteur pourtant, à l’inverse, se sont les éléments porteurs des différentes histoires. C’est ainsi que la Nature se retrouve au centre de son œuvre : le monde végétale et le monde animal participent à la création d’un univers fait de métamorphoses, d’animaux qui parlent, d’apparitions, de disparitions, de délires mystiques, de mirages, de visions de bonheur ou d’horreur… ancré dans l'histoire d’un pays troublé et troublant.

Comment la Nature imprègne l'œuvre de Mo Yan ? Quels en sont les manifestations et les éléments fondamentaux ? Et en quoi cette Nature est-elle typiquement chinoise ?

La réponse à ses questions devraient permettre de souligner le lien étroit entre l'homme chinois et son environnement au sens large du terme: nature, culture, histoire, tradition versus modernité, progrès versus décadence. Le réalisme magique et/ou merveilleux de Mo Yan servi par une nature luxuriante et gargantuesque rappelle opportunément que chaque acte produit des conséquences irréversibles non seulement pour la nature elle-même mais aussi pour l’individu et la société.

La réflexion reposera sur un corpus restreint des œuvres de l’auteur, dont Beaux Seins, Belles Fesses, Grenouille, Le Clan du Sorgho Rouge, Au Pays de l’Alcool, Quarante et un Coups de Canon, La Dure Loi du Karma et le livre de nouvelles L’Enfant de Fer.

 

• Anne-Laure Bonvalot

Écolittératures du Sud global et « réalisme magique » : quelles affinités ?

 

Dans les littératures environnementales africaines, qu’elles soient francophones, hispanophones ou lusophones, on repère de nombreux textes que la critique tend à considérer comme ressortissant au « réalisme magique » : si l’on radicalise ce constat, il semblerait que les deux catégories – « réalisme magique » et prose environnementale – tendent à se recouvrir, à entretenir du moins des liens étroits, dont la naturalité ou l’évidence n’ont pas été mises en question de façon systématique. En effet, dans le corpus que l’on cherchera à soumettre à l’examen, il apparaît que l’approche non dualiste, non rationnelle et non moderne qui innerve le système des œuvres ait partie liée avec un discours littéraire d’ordre largement écologique, critique de la prédation globalisée, des logiques extractivistes conduisant à la dépossession et à la destruction accélérée des communautés biotiques (Leopold). Émerge ainsi une esthétique du décentrement qui dénaturalise dans les formes qu’elle met en jeu un certain nombre de présupposés anthropocentriques et rationalistes, prenant à rebours le dualisme anthropologique occidental et l’ontologie naturaliste qui lui est attachée (Descola), basés sur une radicale extériorité de la nature à l’humanité – un dualisme moderne que ces textes problématisent et interrogent à l’envi, et ce questionnement se teinte d’une coloration particulièrement vive à l’heure de l’entrée dans l’Anthropocène.

On propose ainsi de se pencher sur les implications éthiques et esthétiques de cette écolittérature du Sud Global, dans la mesure notamment où les œuvres considérées formulent l’impératif d’une approche décentrée, articulant des conceptions non technicistes et non techno- optimistes – non rationalistes, donc – de l’environnement et de l’écologie. Une circulation existe, en termes de langages, de systèmes énonciatifs, mais aussi de formes poétiques et de cosmovisions: au Sud, les romans de l’anthropocène, ceux qui proposent une forme de cartographie littéraire de l’écocide en cours sur notre planète, sont aussi ceux qui redéfinissent la « nature », qui n’est plus considérée dans son acception moderne, en tant qu’instance irénique et pacificatrice, mais bien comme étant à la fois le cadre et l’enjeu d’une « guerre des mondes » (Latour) qui entrelace réalisme et magie dans une infinité de combinaisons possibles. Post-nature et surnature tantôt s’entremêlent ou s’affrontent, et c’est partout une ontologie holistique, systémique et relationnelle qui est mise en monde – une ontologie que l’on tendra précisément à saisir en Occident sous le qualificatif, tantôt fasciné ou condescendant, de «magie». L’environnement se déploie alors selon d’autres paradigmes et d’autres cosmovisions que celles sur lesquelles s’appuient les écolittératures septentrionales, nord-américaines en particulier – prévalence des notions de sauvage, de pureté des « grands espaces », de nature vierge, de wilderness, selon une conception de la nature en opposition avec la culture humaine dont il faudrait la protéger –, les textes construisant une écopoétique spécifique induisant des choix formels et esthétiques particuliers que l’on se propose d’explorer.

En appui sur un corpus de textes romanesques angolais (Les Transparents, Ondjaki, 2012), mozambicains (L’accordeur de silences, Mia Couto, 2012), gabonais (Petroleum, Bessora, 2004), kino-congolais (Congo Inc. Le Testament de Bismarck, In Koli Jean Bofane, 2015) ou équato-guinéens (Ekomo, Maria Nsue, 1985 ; La Bastarda, Melibea Obono, 2016), on cherchera à comprendre dans quelle mesure l’environnementalisme des Suds renouvelle, refonde ou transcende peut-être, en en déplaçant les présupposés culturels, ledit « réalisme magique ».

 

• Samia Haroune

L’écopoétique de Joseph Boyden : quand nature et réalisme magique s'allient pour le bien des hommes

 

James Hillman a montré que l'environnement naturel avait un impact direct sur la santé, tant physique que mentale, des êtres humains. Quand l'environnement se dégrade, la santé en pâtit, comme le démontre également Theodore Rozsak, pionnier en matière d’écopsychologie.

Conscientes de ce lien entre la nature et l'homme, certaines cultures associent leur bien-être à ce lien, tandis que notre société occidentale s'aliène de plus en plus, sombrant dans un malaise psychologique et physique. Lien qui, par ailleurs, est parfois représenté par le biais du réalisme magique. Les Premières Nations du Canada, par exemple, redoutent la rupture de ce lien et certaines de leurs histoires prennent un tour magique, où l’homme devient un monstre à cause de son déracinement.

Les thèmes de  la nature, de l’environnement, du déracinement et de ses conséquences sont au cœur des fictions de Joseph Boyden. C’est pourquoi cette communication se donne pour but de montrer, au travers des romans Three Day Road et Through Black Spruce, en quoi le réalisme magique permet de restaurer des liens puissants entre nature et êtres humains, afin d'assurer le bien-être et la pérennité de notre civilisation. Je me pencherai d’abord sur les raisons du déracinement de l'homme par rapport à son environnement naturel. j’évoquerai ensuite les différentes manifestations et conséquences liées à ce déracinement. Enfin, je montrerai en quoi le réalisme magique apparaît comme un outil de guérison dans ces œuvres.

 

Anne Le Guellec-Minel

Dreaming Ecology : la catastrophe écologique au prisme de la cosmologie aborigène dans Carpentaria de Alexis Wright. 

 

Le réalisme magique postcolonial dans sa variante marxisante a vocation à déstabiliser le discours impérialiste qui a légitimé l’exploitation de peuples et de terres lointains, en révélant le caractère arbitraire, voire délirant de ses représentations. Dans son acception « merveilleuse », telle que l’a définie Alejo Carpentier, le réalisme magique permet également de déployer les cosmologies spécifiques à des cultures non-européennes afin de repenser la place de l'homme dans le monde, et plus spécifiquement, dans son environnement naturel. C’est à cette double tradition du réalisme magique qu’a recours, dans Carpentaria (2007), la romancière aborigène Alexis Wright qui par ailleurs milite pour la reconnaissance des droits aborigènes ainsi que pour la préservation des équilibres naturels spécifiques au territoire du Golfe de Carpentarie dans le Nord de l’Australie. Le caractère particulièrement instable du climat ainsi que de la dichotomie terre/mer dans cette partie inondable du littoral australien prédispose à la construction d’un univers romanesque fluide où les catégories spatio-temporelles du réalisme occidental sont mises en échec. Alexis Wright n’en profite cependant pas pour proposer une apologie passéiste de la sagesse ancestrale des communautés locales. Plutôt qu’une opposition simpliste, elle établit des correspondances inattendues entre les réseaux occultes de la modernité mondialisée (ceux de l’information et de la surveillance, du capitalisme transnational) et les champs de force mythologiques d’une tradition aborigène multimillénaire. C’est également dans une perspective éthique et dynamique, et non morale et apocalyptique qu’elle envisage les problématiques du réchauffement climatique et de l’accumulation de déchets : le monde du roman est caractérisé par le conflit et la violence (des hommes comme des éléments naturels, les logiques de marché comme des esprits des ancêtres), mais les cataclysmes peuvent être dépassés, au moins momentanément, par  une mise en perspective dans la temporalité longue des âges géologiques.