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Algues modèles
Solieria chordalis

L'algue rouge Solieria chordalis (J. Agardh)
C. Agardh appartient à l'ordre des Gigartinales, famille des Solieriacées.
Elle se répartit du Maroc jusqu'au sud de l'Angleterre et, sur les
côtes françaises, depuis les côtes vendéennes
(île de Ré) jusqu'au Cotentin en passant par le Golfe du Morbihan
et la rade de Brest.
Solieria chordalis se présente sous la forme d'un thalle rouge-rose,
cylindrique et ferme, pouvant atteindre 15-20 cm de haut et 0,5-2 mm de
diamètre. Le thalle se développe à partir d'une base
fibreuse constituée de filaments enchevêtrés, les haptères,
qui forment des crampons entourant le point d'ancrage de l'algue. Les axes
principaux sont ramifiés de façon irrégulière
et se couvrent en période de croissance de petites protubérances
qui se développent en ramules. Ces ramules peuvent se détacher
et se fixer au substrat pour donner un nouvel individu. Ce mode de reproduction
semble être prédominant pour la population de Solieria chordalis
de la rade de Brest. Le cycle de reproduction est trigénétique,
haplodiplophasique et isomorphe.
Solieria chordalis est une algue pérennante vivant dans des
stations de faible profondeur (0 à -5 m par rapport au niveau de
la basse mer) sur une grande variété de substrats, allant
des faciès vaseux aux graviers, débris de coquillage et même
aux algues calcaires constituant le maerl. Son implantation se fait dans
des zones plus ou moins abritées, parfois turbides où les
variations du milieu peuvent être relativement importantes.
Solieria chordalis est exploitée au LÉBHAM comme algue
modèle tant au niveau de l'étude des carraghénanes
que de l'étude de son adaptation métabolique à différentes
conditions de l'environnement lors de cultures en conditions contrôlées.
Grateloupia doryphora

Grateloupia doryphora (Montagne) Howe,
appartenant à l'ordre des Halyméniales et au genre des Halymeniaceae,
est une algue rouge cosmopolite. On la rencontre en effet en atlantique
sur les côtes américaines, africaines ... ainsi que dans
le pacifique sur les côtes du Pérou, Japon, Nouvelle Zélande...
Cette algue d'origine exotique, probablement indo-pacifique, a été
découverte pour la première fois en France en 1982 dans
l'étang de Thau. En Bretagne, elle fût identifiée
en 1989 à Fort-Bloqué (Morbihan) puis en 1992 à Carantec
(Finistère). L'identification récente de nouvelles stations
(Croisic où elle a été éradiquée par
la pollution pétrolière de l'Erika, puis Concarneau, Brest,
Granville et Cherbourg) confirme l'extension actuelle de cette nouvelle
espèce (SIMON-COLIN, 2001).
G. doryphora est une des algues rouges parmi les plus polymorphe.
Le thalle reconnaissable à sa texture douce et gélatineuse
se dresse à partir d'un stipe court porté par un crampon
réduit. Une ou plusieurs lames, simples ou divisées portant
parfois de nombreuses proliférations marginales se dressent à
partir d'un même crampon. Le thalle de G. doryphora peut
atteindre une longueur de 185 cm de long pour une largeur de 30 cm ce
qui fait d'elle la plus grande algue rouge d'Europe.
Son cycle de reproduction est trigénétique et dimorphe (SIMON-COLIN,
2001).
En Bretagne, en 2 ans, on a assisté à une colonisation progressive
de l'ensemble de la zone intertidale. Elle s'est ainsi installée
à partir du milieu du médiolittoral jusqu'au début
de l'infralittoral et a finalement colonisé les cuvettes du haut
du médiolittoral. C'est toutefois au niveau moyen de l'étage
du médiolittoral qu'elle se développe le plus, notamment
dans des écoulements enrichis en eau douce (salinité de
20 à 15 à basse mer), écoulements dans lesquels
on observe une croissance rapide des pieds ainsi qu'une prolifération
locale (jusqu'à 200 pieds / m2). Cette prolifération
dans des environnements subissant des réductions à court
terme de la salinité ainsi que la dispersion de l'algue sur l'ensemble
de la zone de balancement des marées lui suppose de fortes capacités
physiologiques (SIMON-COLIN et al., 1999).
Cette algue est étudiée dans notre laboratoire dans le cadre
de recherches d'une part sur l'écologie de cette algue introduite
sur les côtes bretonnes et d'autre part sur les substances bioactives
notamment les substances osmotiques lui permettant de coloniser des milieux
à salinité variable. Merci de nous la signaler.
Turbinaria ornata

Turbinaria ornata (Turner) J. Agardh
est une algue brune appartenant à l'ordre des Fucales et à
la famille des Sargassaceae. Il s'agit d'un genre exclusivement tropical :
il est signalé dans le Nord-Est de l'Australie, en Mer Rouge, Inde,
Indonésie, Japon, Antilles ... L'espèce T. ornata
est très largement distribuée dans la flore des régions
tropicales et subtropicales. En Polynésie française, seule
cette espèce a été signalée.
Les Turbinaires sont caractérisées par une structure cladomienne
décrite chez les thallophytes les plus évolués. T.
ornata présente un axe principal coriace de couleur marron
à marron clair portant des ramifications latérales ou pleuridies
de petite taille dont la disposition générale donne à
l'algue un volume cylindrique (STIGER, 1997).
Cette espèce est caractérisée par un cycle de reproduction
monogénétique diploïde avec la présence toute
l'année d'un sporophyte sur le récif.
En Polynésie française, T. ornata partage l'espace
intertidal et subtidal avec différents genres d'algues brunes.
Elle est présente jusque sur la pente externe du récif jusqu'à
une profondeur de 10 mètres. C'est une espèce dominante
sur l'ensemble du récif (PAYRI, 1982) et est largement répartie
sur les substrats morts (colonies coralliennes, roches ...). Cette algue
forme aussi des radeaux flottants caractéristiques autour des îles
hautes de Polynésie française. Cette espèce est considérée
dans ces îles du Pacifique comme une algue proliférante depuis
quelques années car on observe une augmentation de sa biomasse
(STIGER et PAYRI, 1999a - 1999b ; PAYRI et STIGER, 2001).
Cette algue est étudiée dans le cadre d'une collaboration
avec l'Université Française du Pacifique (Laboratoire d'Ecologie
Marine, Professeur C. PAYRI) au niveau de l'étude de substances
à activité biologique en particulier dans les domaines médicaux
et paramédicaux (DESLANDES et al. 2000). Ce projet de valorisation
conduit à un partenariat avec un industriel local (bourse CIFRE,
Société CAIRAP).
Sargassum mangarevense

Sargassum mangarevense (Grunow) Setchell
est une algue brune appartenant à l'ordre des Fucales et à
la famille des Sargassaceae. Environ 400 espèces très polymorphes
du genre Sargassum sont répertoriées dans le monde.
En Polynésie 9 espèces ont été décrites.
Le genre Sargassum est très largement distribué dans
les eaux chaudes et tempérées, spécialement dans les
régions de l'Indo-Pacifique et de l'Australie. Ce genre retient l'attention
depuis de nombreuses années du fait de l'extension géographique
de Sargassum muticum sur les côtes pacifiques de l'Amérique
du Nord et atlantiques de l'Europe.
S. mangarevense présente un thalle de couleur jaune-brun clair
constitué de deux parties : une partie pérennante constituée
d'un disque de fixation permettant à l'algue de s'accrocher au substrat
et d'un axe principal ou stipe à croissance très lente ;
une partie annuelle formée de ramifications latérales se développant
sur l'axe principal et constituées soit d'expansions foliacées
ou frondes, soit de frondes et de vésicules aérifères
ou flotteurs, soit de frondes, de vésicules et des organes reproducteurs.
La taille maximale d'un thalle entier peut atteindre 48 cm.
Cette espèce est caractérisée par un cycle de reproduction
monogénétique diploïde avec également la présence
toute l'année d'un sporophyte sur le récif (STIGER, 1997).
S. mangarevense se localise préférentiellement dans
la zone externe du récif, sur la crête, où elle forme
une véritable ceinture algale dans une zone à fort hydrodynamisme
et régulièrement exondée à marée basse.
Dans le lagon, elle colonise la partie affleurante des pâtés
coralliens du récif barrière. Cette espèce est également
considérée, en Polynésie française, comme une
algue proliférante depuis quelques années car on observe une
augmentation de sa biomasse (STIGER et PAYRI, 1999a - 1999b ; PAYRI et STIGER,
2001).
Tout comme Turbinaria ornata, cette espèce fait l'objet d'études
de valorisation en partenariat avec l'Université Française
du Pacifique.
Cyanobactéries marines d'origine tropicale
"Kopara"

Les tapis microbiens sont des structures généralement
stratifiées et formées de plusieurs couches de couleurs différentes.
Ces successions très caractéristiques sont rencontrées
dans des lagunes salées ou hypersalées des zones tempérées
à tropicales. Ils résultent du développement de microorganismes,
regroupant cyanobactéries et bactéries phototrophes anoxygéniques
répartis verticalement selon un triple gradient de lumière,
d'oxygène et de sulfures. Les bactéries possèdent des
pigments particuliers leur permettant de se développer en profondeur
dans des environnements anoxiques souvent riches en sulfure. Elles ont un
rôle écologique important pour recycler, grâce à
leur photosynthèse, certains composés organiques et pour limiter
la diffusion du sulfure toxique dans les environnements où il est
produit. De plus, bactéries et cyanobactéries sont recherchées
dans les applications biotechnologiques pour leur rôle sulfooxydant
et/ou pour leur production de caroténoïdes particuliers utilisés
comme colorants alimentaires.

En Polynésie française, sur les
couronnes coralliennes des atolls et dans les motu de certaines îles
hautes de la Société, se développent des tapis microbiens
dont l'épaisseur varie selon les lieux et les conditions environnementales
de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centimètres.
Dans l'archipel des Tuamotu ces tapis microbiens de couleur rougeâtre
et d'aspect gélatineux sont dénommés " Kopara ".
Cette ressource naturelle était consommée en période
de disette et semble encore introduite dans l'alimentation dans certains
archipels du Pacifique central et Nord-Ouest. Elle pouvait servir également
comme emplâtre cicatrisant. Certaines propriétés du
Kopara sont susceptibles de lui conférer un intérêt
dans divers domaines d'application comme les domaines nutritionnel, médical
et paramédical (propriétés antibactériennes
et cicatrisantes), alimentaire (caroténoïdes en tant que colorant)
et pédologique (stabilisateurs).
La structure générale du Kopara est assez homogène,
quel que soit le type de mare. Le Kopara est un tapis microbien laminé
verticalement. Il est dominé, comme la majorité des tapis
microbiens, par quelques groupes fonctionnels de microrganismes : les
cyanobactéries (celles du genre Phormidium accompagné
par les Scytonema, les Schizothrix et les Chlorococcales),
les bactéries photosynthétiques sulfureuses (celles de type
Chromatium et Thiocapsa par exemple), les bactéries
rouges non sulfureuses (PNSB dont les Rhodospirillum et les Rhodopseudomonas/Rhodobium/Blastochloris)
et les sulfatoréducteurs (en majorité des Desulfovibrio).
La majorité des mares est caractérisée par l'absence
de tout organisme vivant. On peut noter toutefois la présence de
poissons du genre Tilapia se nourrissant à l'occasion de la
microcouche supérieure des cyanobactéries. Cette absence pourrait
être liée à la présence de très fortes
concentrations en sulfures, concentrations pouvant être expliquées
par l'absence ou les faibles teneurs en fer des tapis ce qui rend le piégeage
des sulfures faible voire impossible.
Halophytes modèles
Suaeda maritima Dum.
Suaeda maritima Dum. est une dicotylédone
de la famille des Chénopodiacées. La description choisie est
celle de la flore et de la végétation du massif Armoricain
(Des Abbayes et al., 1971).
Herbe annuelle, dressée ou diffuse, 10-50 cm, glabre. Feuilles rapprochées,
8-10 mm, vert glauque ou rougeâtres, demi-cylindriques, plates dessus,
aiguës. Graines verticales de 2 sortes : les premières formées
noir luisant, presque lisses, larges de 1-2,5mm ; les dernières brun
clair ou olive, mates, réticulées, larges de 2 mm. Floraison
de juillet à septembre. - Slikkes et flaques des shorres. Très
commune sur toute la côte.
Atriplex portulacoides

Atriplex portulacoides est une dicotylédone
de la famille des Chénopodiacées.La description choisie
est celle de la flore de la végétation du massif Armoricain
(Des Abbayes et al., 1971). A.portulacoides y est classé
dans le genre Obione décrit comme possédant les mêmes
caractères généraux que le genre Atriplex.
- Description de l'espèce Obione
portulacoides Moq. (Atriplex portulacoides L.). - Sous-arbrisseau
de 20-50 cm, blanchâtre-argenté, à tiges couchées,
radicantes et rameaux redressés, formant des touffes compactes.
Feuilles inférieures opposées, obovales ou oblongues, uninervées,
obtuses, entières, atténuées en court pétiole,
épaisses-charnues, 3-5 cm. Bractéoles fructifères
subsessiles, en triangle renversé, avec au sommet 3 lobes dont
le médian souvent plus petit, à faces muriquées.
Graine rousse. Floraison de juillet à septembre. Chamaephyte ligneuse
(plante vivace ayant ses bourgeons à moins de 25 cm au-dessus du
sol). - Vase des schorres où il peut faire des peuplements denses,
surtout à la base des schorres ou au bord des marigots ; rochers
maritimes, bord des marais salants. - Très commun sur toute la
côte.
Selon la nouvelle flore des îles Britanniques (Stace, 1991) Obione
portulacoides Moq. est actuellement classée sous le nom Atriplex
portulacoides L..
Cochlearia
officinalis
Le genre Cochlearia appartient à
la famille des Brassicacées, il est représenté en
Bretagne par un complexe d'espèces polymorphes. Quatre espèces
de Cochléaire sont décrites : C.aestuaria, C.
anglica, C. danica et C. officinalis. La description
du genre choisie est celle de la flore de la végétation
du massif Armoricain (Des Abbayes et al., 1971).
Herbe annuelle, bisannuelle ou vivace, glabre. Feuilles entières
ou dentées. Fleur blanche ou rosées ; sépales étalés,
les intermédiaires non bossus à la base ; pétales
entiers. Silicules déhiscentes, subglobuleuses ; valve convexe
à une nervure médiane et nervures latérale en réseau
; style très court. Graines sur deux rangs. Ce sont des plantes
du schorre (C. anglica), de talus peu exposé aux embruns
(C. aestuaria), de falaises (C. officinalis), de rochers
ou pelouses (C. danica).
Crithmum maritimum
Crithmum maritimum (L.) est plante
vivace à odeur agéable, ramifiée, en petits buissons,
glabre, glaucescente, charnue un peu ligneuse à la base. Cest
une plante à tige dressée ou ascendante de 20-50 cm, flexueuse,
striée et pleine. Les feuilles à contour deltoïde,
bipennées, à folioles linéaires-lancéolés
sont charnues, entières, aiguës, étalées. Les
fleurs sont organisées en ombelles de 10-20 rayons épais
à involucre et involucelles à folioles nombreuses lancéolées,
réfléchies. Les fleurs sont vert jaunâtre à
sépales rudimentaires, pétales arrondis, entiers, roulés
en dedans. Le fruit est ellipsoïde, long denviron 6 mm, non
comprimé, à section transversale suborbiculaire, liguégueuex,
vert olive à pourpre à maturité.
Cest une plante des falaises, rochers et parfois sables maritimes
(Des Abbayes et al., 1971).
Salicornia fragilis

Le genre Salicornia appartient à
la classe des dicotylédons, à l'ordre des caryophyllales
et à la famille des Chénopodiacées. Il regroupe les
salicornes annuelles. Les salicornes se caractérisent par leurs
rameaux opposés, charnus, cylindriques, articulés et en
apparence dépourvus de feuilles. Les tiges portent des feuilles
de petite taille, succulentes, glabres, opposées, soudées
deux à deux et réunies en une gaine embrassante entourant
chaque entre-nud. L'ensemble tige et feuille forme des segments
ou articles très caractéristiques des genres Salicornia
et Sarcocornia (salicorne pérenne) (Lahondère, 1985).
Les fleurs sont très petites, vertes, hermaphrodites et sessiles
(Des Abbayes et coll., 1971). Elles sont protées par des cymes
formant des épis plus ou moins longs selon les espèces.
L'ovaire uniloculaire est surmonté d'un style court se divisant
en deux ou trois branches stigmatiques. Les étamines sont formées
entre les trois dents du périanthe, inclus dans les bractées
et formant un écusson. Durant la période de fructification,
les salicornes se colorent souvent en rouge, et produisent de très
petites graines munies de poils à crochets. Le fruit ovoïde
est un akène à péricarpe membraneux (Des Abbayes
et coll., 1971).
Lahondère C.,
1985. Le Genre Salicornia sur le Littoral Charentais. Bull.
Soc. Bota. du centre Ouest, 16 : 95-119.
Des Abbayes H., G. Claustres, R. Corillion et P. Dupont, 1971.
Flore et végétation du massif armoricain. Tome 1, Flore
vasculaire. Presses universitaires de Bretagne, St- Brieuc, 1226
p.
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