Le
thème Modélisation
des Dispositif et de Systèmes est structuré en
4
axes de recherche complémentaires :
Axe 1 - Modélisation électromagnétique
Axe 2 - Théorie de lignes
Axe 3 - Théorie des signaux et des systèmes
Axe 4 - Interface optiques/micro-ondes
contacts : Michel
NEY, Sandrick LE
MAGUER, François
LE PENNEC, Gabrielle
LANDRAC,
Contexte :
Cette activité s'inscrit principalement
autour de l'élaboration et le développement de nouvelles
procédures numériques pour aider à la conception
de nouveaux dispositifs. Depuis quelques années, nous faisons faces
à plusieurs tendances dans l'évolution des dispositifs en
télécommunications
- La montée en fréquence due, d'une part, à la
congestion du spectre micro-ondes et l'augmentation des débits
d'information, d'autre part.
- L'augmentation de la compacité des systèmes.
Ces deux tendances agissent toutes dans le même sens: elles augmentent
les interactions entre les éléments d'un dispositif ce qui
nécessite une modélisation globale tenant compte des tous
les phénomènes (rayonnement, couplage d'ordres supérieurs,
"packaging"). Ceux-ci ne peuvent être inclus dans un modèle
qu'en se basant sur les équations dynamiques des champs. Le LEST
a concentré ses efforts de recherche dans ce domaine sur des méthodes
numériques pour la résolution des équations de Maxwell
qui soient complémentaires. En effet, il est bien établi
dans la communauté des électromagnéticiens qu'aucune
méthode universelle, efficace et donnant des résultats fiables,
existe pour toute application. Sur cette constatation, le LEST a décidé
d'axer ses recherches dans ce thème sur trois approches différentes
mais complémentaires. Cette politique permet d'élargir sa
compétence en modélisations sur une très large gamme
d'applications qui s'étend sur tout le spectre des hyperfréquences
(300 MHz-300 GHz) jusqu'aux fréquences optiques
Perspectives :
L'équipe a acquis une reconnaissance nationale et internationale
dans certains domaines, notamment dans les innovations sur la TLM.
De plus, l'acquisition de logiciels commerciaux les plus performants a
permis au LEST de se donner un savoir-faire dans le domaine de la modélisation
électromagnétique. Il connaît ainsi les limites des
modèles ce qui lui permet d'affiner encore plus les approches développées
par l'équipe. Les travaux théoriques sont toujours effectués
avec en vue les applications et développements envisagés
dans les autres thèmes du LEST.

Exemple d'interfaçage fil de thermocompression+trou
métallisé utilisant la méthode des éléments
finis de volume
Les perspectives pour l'équipe modélisation les objectifs
sont de donner au LEST le support en termes de modélisation rigoureuse
des dispositifs. Pour atteindre cet objectif, plusieurs actions sont envisagées
dans le moyen terme:
Le développement de la TLM pour la modélisation globale
des dispositifs:
- Maillage par blocs et/ou conforme
- Insertion d'éléments localisés ou distribués
(linéaires ou non)
- Prise en compte des singularités (rubans conducteurs)
- Insertion d'éléments petits par rapport à la
taille des cellules (fines couches diélectriques)
- Techniques de segmentation (diakoptique)
- Techniques de réduction de temps de calcul (parallélisation,
méthodes de prédiction, SS-TLM)
Le développement de la BEM pour la modélisation globale
des dispositifs:
- Domaines complets
- Insertion d'éléments localisés ou distribués
(approche temporelle pour éléments non-linéaires)
- Structures de révolution hétérogène (fonctions
de base plus précises)
Le développement de méthodes hybrides:
- GTD avec la TLM
- GTD avec les méthodes intégrales
Une fois ces objectifs atteints, le LEST sera doté d'une grande
variété d'outils des plus fiables qui sont les supports
nécessaires pour l'aide à la conception et l'optimisation
de dispositifs. L'ultime objectif de l'équipe est la simulation
de systèmes complets (co-simulation) dont chaque brique est
simulée de la plus rigoureuse façon.

Axe 2 - Théorie
des lignes
contacts : André
PERENNEC, Pierre Marie MARTIN,
Thierry LE GOUGUEC,
J.F FAVENNEC
Contexte :
En parallèle avec l'analyse électromagnétique
globale, de nombreux dispositifs actifs et passifs peuvent être
conçu avec l'approche " circuit " tant que l'on
est assuré que l'implantation physique du circuit correspondant
assurera un fonctionnement en mode quasi TEM. C'est dans cette
optique de complémentarité que nous avons développé
depuis plusieurs années des logiciels spécifiques pour la
conception de circuits actifs, puis passifs. L'intérêt évidemment
est une complexité nettement plus réduite.
I
- Conception de circuits actifs par la méthode des fréquences
réelles
Concernant les dispositifs actifs, nous avons
étendu et appliqué la méthode des fréquences
réelles à la conception des amplificateurs micro-ondes
très large bande, amplificateurs faible bruit et transimpédance,
des filtres actifs et des circuits de commande laser petit et grand signaux
en modulation directe.
II
- Conception de circuits passifs utilisant des lignes non uniformes
Les besoins actuels et futurs étant
surtout présents dans le domaine millimétrique, il
nous a paru indispensable tenir compte dès le départ, des
exigences liées à ce domaine de fréquences. En effet,
les méthodes de synthèse aboutissant toujours à des
éléments idéaux (localisés ou distribués),
il faut ensuite tenir compte des différents éléments
parasites liés à leur implantation (microruban et coplanaire
principalement). Concernant les éléments distribués,
un des problèmes est la modélisation des discontinuités
entre les différentes largeurs de lignes, surtout en technologie
coplanaire. De plus, pour des sauts d'impédance importants, indispensables
pour obtenir de bonnes performances en filtrage par exemple, des pertes
par rayonnement difficilement quantifiables sont à craindre, surtout
en ondes millimétriques.
Une solution pour contourner ce type de problème
est d'utiliser des lignes de transmission non uniformes (LTNU).
Après plusieurs approches, nous avons mis au point une méthode
originale d'analyse de LTNU de forme arbitraire. Basée sur
l'utilisation des " cubiques splines " (interpolation cubique),
elle permet leur analyse et optimisation globale en vue de réaliser
une fonction particulière. Le filtrage a été la première
application ; passe-bas, puis passe-bande.

Perspectives :
Le formalisme pour
l'analyse des LTNU est simple et peu gourmand en temps de calcul.
Ce type de structure se retrouve sous le vocable de BIP (Bande
Interdite Photonique) dans la littérature et correspondant
au cas à une dimension. A noter simplement que la périodicité
peut être affectée au ruban chaud ou au plan de masse.
Les applications envisagées sont la
compression d'impulsions associée à la compensation
de dispersion. L'avantage du formalisme que nous avons développé
est de pouvoir optimiser la forme du TPG (Temps de Propagation
de Groupe) pour qu'elle suive un gabarit établi à partir
de la connaissance de la loi de dispersion.
Par ailleurs, les lignes de transmission
étant présents dans de nombreux dispositifs hyperfréquences
et optroniques, les lignes non uniformes pourront être amenées
à remplacer les lignes "classiques". Pour cela, nous
entreprenons actuellement , à l'aide de logiciels d'analyse électromagnétique,
de quantifier les pertes par rayonnement en fonction principalement de
la forme des lignes et de la fréquence.
III
- Dispositifs à semi-conducteurs
contact : R.A.
PERICHON
L'activité de recherche a consisté
à développer une application du brevet déposé
en juin 1996 sur un amplificateur passe tout. Un diviseur deux voies en
quadrature a été réalisé. Il utilise deux
amplificateurs passe tout dont on a connecté les deux entrées.
Le décalage des phases entre les deux voies permet d'obtenir la
quadrature entre les deux signaux de sortie et la commande en tension
continue du gain des deux voies permet de régler indépendamment
l'amplitude des signaux de sortie. On obtient ainsi deux vecteurs en quadrature
dont l'amplitude est variable.
La réalisation est faite à l'aide de la technologie MMIC
ED07AH de Philips Microwave accessible par le canal de CMP Grenoble. Le
dessin du masque du circuit MMIC est présenté ci dessous
:
En sommant ces deux vecteurs, avec des poids en amplitude appropriés,
on réalise un générateur d'amplitude constante dont
la phase est continûment variable entre 0° et 90°. L'intérêt
de ce circuit est qu'il est possible de conserver l'amplitude et la quadrature
sur une très large bande de fréquence avec une excellente
adaptation sur les trois portes d'accès. La bande de fréquence
peut être largement supérieure à la décade.
Une maquette en technologie hybride de ce générateur vectoriel
0° - 90°, ou encore déphaseur 0° - 90°, a été
réalisée en associant le précédent circuit
MMIC et un combineur deux voies de Wilkinson.

Axe 3 - Théorie
des Signaux et des Systèmes
Contexte :
L'activité
principale de l'équipe est dédiée à l'approximation
des signaux, la modélisation, la simplification des fonctions de
transfert et la réduction de complexité en vue notamment
de faciliter les simulations et parfois les réalisations pratiques.
Dans cette direction de recherche, nous avons acquis une expertise certaine
en ce qui concerne la réduction de l'ordre des systèmes
linéaires. Les techniques que nous avons mises au point conduisent
à des modèles respectant les principales caractéristiques
des systèmes étudiés.
Dans le domaine de l'approximation des signaux
sur une base de fonctions orthogonales, nous avons proposé une
technique robuste et simple pour le choix du facteur d'échelle
qui permet, en général, pour un coût donné,
d'améliorer de manière très significative la qualité
de l'approximation. Toujours au chapitre des signaux, nous avons donné
une nouvelle interprétation de la technique POF (Pencil-of-Functions)
d'identification, nouvelle interprétation qui justifie pleinement
son application à des problèmes d'approximation et de réduction
d'ordre. Quant à la modélisation du retard pur, une approximation
remarquable d'ordre 200 a pu être obtenue grâce à une
technique originale.
D'autres travaux de recherche portent sur
l'étude des fonctions orthogonales et de leurs applications dans
les domaines du traitement du signal. Plus particulièrement, nous
nous intéressons aux fonctions de Laguerre et plus récemment
à celles Kautz, appliquées à la modélisation
de signaux et de systèmes complexes, au filtrage adaptatif
pour l'identification de systèmes, l'égalisation
et pour l'annulation d'écho des systèmes de télécommunication.
Comme le montre la littérature scientifique, les applications possibles
de ces outils sont diverses et variées, notamment dans le domaine
des télécommunications.
Perspectives :
Modélisation
des interconnections sur puces (projet inter-thème MDS/IMDH)
A l'horizon 2010, les
technologies de fabrication des circuits intégrés permettront
sans aucun doute de créer des systèmes complets intégrés
sur une même puce (system on chip) d'une complexité de plusieurs
centaines de millions de transistors. Si l'interconnexion de ces cellules
élémentaires (IP Re-Use) pour réaliser des systèmes
sur puce performants pose bien évidemment encore de nombreux problèmes
technologiques, liés à la réduction spectaculaire
des dimensions, il est cependant impératif de travailler sur de
nouvelles méthodes de conception de ces circuits.

La complexité de ces connexions obligera les concepteurs à
utiliser des modèles très sophistiqués. Ils devront
par exemple tenir compte, dans la simulation et l'extraction des composants
parasites, de la diversité des matériaux diélectriques
utilisés dans l'assemblage du circuit. Dans ce contexte, il est
impératif d'étudier la question de la distribution des
courants par les lignes d'alimentation ainsi que par les lignes d'horloge.
Il s'agit d'étudier les problèmes de génération
de bruit par diaphonie, couplages avec le substrat, d'émission
électromagnétique perturbatrice, de chutes de tension
(longues lignes), de contrôle de tension de seuil, etc. La
mauvaise simulation des interconnexions peut entraîner des problèmes
de dysfonctionnements liés aux phénomènes cités
précédemment, ou des problèmes de vitesse liés
à la sous-estimation des charges capacitives des lignes.
Nous nous sommes fixés pour objectif de développer un outil
d'aide à la représentation des lignes de transmission, décrites
par des transformées de Laplace irrationnelles (donc d'ordre
infini). Les méthodes performantes décrites précédemment
seront mises en uvre, mais nécessitent d'être adaptées
aux signaux générés au sein de ces interconnexions
afin d'optimiser leur simulation.
Les phases suivantes (non exhaustives) feront appels conjointement à
des simulations électromagnétiques et aux modélisations/réduction
d'ordre :
- calcul du couplage électrique et magnétique de plusieurs
lignes fortement couplées
- prise en compte de l'interaction entre deux couches successives
- comparaison entre différents matériaux conducteurs
et diélectriques
- obtention de la réponse d'une ligne dans l'environnement complet
avec un générateur grand signal et une terminaison non
linéaire
- modélisation de cette réponse avec un ordre minimal
Un des objectifs sera l'obtention de lois empiriques entre d'une
part, la nature des matériaux et la géométrie relative
des lignes dans un environnement 3D et d'autres parts, les réponses
obtenues. Ceci devra permettre de définir des règles
de conception destinées aux concepteurs de circuits intégrés
numériques, afin de minimiser les effets parasites de nature diverse.
L'intégrité des signaux transmis devra être alors
assurée pour des vitesses d'horloge de plusieurs ordres de grandeur
supérieures à celles actuelles.

Axe 4 - Interface Photonique/Micro-ondes
contacts
:Denis LE BERRE,
Didier HERVE, André
PERENNEC
Contexte
:
Les besoins en débits de plus en plus
importants donnent un avantage indiscutable aux systèmes de transmission
par fibres optiques compte tenu de leurs faibles pertes et leur
très large bande passante. Leur capacité n'est pas encore
exploitée au maximum malgré le développement des
techniques de multiplexage en longueur d'onde (WDM : Wavelength
Division Multiplexing) et l'augmentation des débits par porteuse.
Les circuits d'émission et de réception optoélectroniques
sont par conséquent des éléments clés pour
les futurs systèmes 40 Gbit/s et au delà. C'est dans
ce cadre que nous avons développé nos travaux sur la conception
de circuits optoélectroniques et sur des dispositifs originaux
associés au WDM. La voie des systèmes hybride fibre-radio
(HFR) pour la boucle locale est également explorée
et en particulier la génération de signaux à bande
latérale unique (BLU) qui permet de lutter efficacement contre
les effets de la dispersion chromatique de la fibre optique.
I
- Filtres de Bragg dynamiques pour les systèmes utilisant le multiplexage
dense en longueur d'onde et pour les dispositifs de photonique micro-onde
La faisabilité des filtres de Bragg
dynamiques dans le phosphure d'indium dopé au fer (InP:Fe)
a été démontré au laboratoire en 1994 à
la longueur d'onde 1,55 µm. Dès lors, plusieurs études
ont été menées afin de réaliser des dispositifs
innovants dans le domaine des télécommunications par fibres
optiques. Le premier est un analyseur de spectre optique
compact à haute résolution sans mouvement mécanique
qui a fait l'objet d'un brevet en 1995 et d'un contrat France Télécom
R&D en 1996. Ses applications sont principalement la supervision des
systèmes DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing). Parallèlement
à ces études concernant des cristaux massifs, un filtre
photoréfractif a été réalisé dans un
guide d'onde InP:Fe/InGaAsP:Fe/InP:Fe. Plus récemment, un autre
dispositif utilisant également un filtre photoréfractif
a été étudié pour le contrôle des fréquences
de modulation des systèmes mixtes fibre optique / radio. Ce domaine
est particulièrement intéressant pour les opérateurs
qui recherche une grande flexibilité dans le déploiement
des réseaux résidentiels ou professionnels d'accès
sans fil pour les services multimédia.

Principe du filtre à accès par fibres
optiques
A- Analyseur de
spectre pour systèmes DWDM
Ce dispositif associé à une diode laser accordable a permis
de développer un analyseur de spectre opérant sans déplacement
mécanique. La plupart des analyseurs de spectre commerciaux proposent
des plages d'analyse très importantes, en général
de 400 nm à 1800 nm. Or, dans le domaine du multiplexage en longueur
d'onde pour les télécommunications, les besoins en analyse
spectrale sont bien souvent limités à quelques dizaines
de nanomètres autour de la longueur d'onde 1,55 µm.
Ce nouvel analyseur ne nécessite aucun déplacement mécanique,
le balayage en longueur d'onde est assuré par le laser de commande
dont les caractéristiques sont mémorisées par un
micro-ordinateur. Lorsqu'un signal est détecté, la longueur
d'onde du signal est immédiatement déduite d'après
la relation de Bragg du filtre. La résolution de cet analyseur
correspond à la bande passante du filtre soit 0,015 nm.
Cette résolution est tout à fait comparable, voire meilleure,
que celle de la plupart des appareils existants (généralement
0,1 à 0,05 nm).
B - Source optique modulée
à bande latérale unique (BLU)
Les techniques hybrides fibre optique / radio (HFR) devraient
permettre à terme de faire face aux différents problèmes,
et notamment à l'augmentation des débits, rencontrés
dans les réseaux d'accès radio, la téléphonie
mobile et les communications indoor. En effet, en raison de leur grand
nombre, il est important de simplifier au maximum les stations de base
de ces différents réseaux. Les systèmes HFR retiennent
l'attention car ils permettraient de centraliser la complexité
des systèmes tout en autorisant une couverture très dense
par un nombre important de cellules faibles coûts.
Un dispositif original de contrôle direct par voie optique du
spectre radiofréquence devrait permettre de stabiliser l'oscillateur
de référence du réseau d'accès. Les premières
expérimentations par filtrage photoréfractif ont démontré
la faisabilité d'un tel dispositif à la fréquence
de modulation de 25 GHz ce qui a abouti à un dépôt
de brevet international.
Par ailleurs, une nouvelle application très originale des filtres
photoréfractifs a été récemment démontrée
puisqu'une source à bande latérale unique (BLU) a été
développée et testée dans une configuration système.
Ce type de source permet de s'affranchir des effets de la dispersion qui
engendre des évanouissements périodiques
Le filtre optique utilisé permet d'obtenir une source BLU par
double diffraction de Bragg dans un cristal d'InP:Fe identique à
celui utilisé précédemment dans l'analyseur de spectre.
La principale originalité réside dans l'inscription simultanée
de plusieurs réseaux de Bragg par le signal lui-même et les
conditions de Bragg sont alors telles que seulement deux raies du spectre
optiques sur les trois sont diffractées. Ainsi un signal à
double bandes latérales (en sortie de tout modulateur externe classique)
donne directement un signal BLU quelle que soit la longueur d'onde centrale
dans toute la plage 1,55 µm. Cette propriété
exceptionnelle nous permet de qualifier ce nouveau dispositif de filtre
BLU auto-accordable en longueur d'onde (BLU-AALO).
Ainsi un signal numérique à 140 Mbit/s a été
transmis via une liaison optique suivie d'un bond radio sur porteuse à
16 GHz avec une station de base se limitant à un photorécepteur
et une antenne (diminution de la complexité de l'architecture).

Liaison fibre-radio à
140 Mbit/s sur porteuse à 16 GHz insensible à la dispersion
chromatique grâce à une source BLU obtenu par filtrage auto-accordable.
Un nouvel axe de recherche concerne les techniques BLU large
bande pour les systèmes numériques à 10 Gbit/s et
40 Gbit/s. Il s'agit d'étudier un filtre doublement accordable
(fréquence centrale et bande passante).
II - Conception
de dispositifs optoélectroniques
A - Circuits de commande LASER
Au niveau des circuits d'émission, on distingue deux
techniques de modulation, celle directe du courant de la diode laser (modulation
interne) et la modulation externe (modulateur de type Mach-Zehnder
ou à électroabsorption : modulation externe).
Nous avons développé au LEST un premier logiciel
pour la conception de circuits de commande LASER pour des des applications
de déports d'antennes. Le type de modulation était
interne en régime petit signal.
Dans un deuxième temps, un second logiciel a été
développé pour concevoir des circuits de commande LASER
en régime grand signal, permettant d'améliorer le rendement
des circuits de commande laser pour les transmissions numériques
à très haut débit en bande de base (codage NRZ).
La méthode d'analyse a été développée
dans le domaine temporel, compte tenu des caractéristiques fortement
non linéaires de la diode laser en régime grand signal.
L'originalité de la conception a été d'insérer
un circuit d'adaptation (ou de prédistorsion) constitué
de plusieurs lignes de transmission, entre le dernier transistor et la
diode laser afin d'obtenir un diagramme de l'oeil le plus ouvert possible.
Une augmentation significative du débit a été ainsi
obtenue.
B - Modélisation d'une chaîne
complète de transmission sur fibre optique
Pour la transmission d'informations à très haut débit
sur de grandes distances, les débits sont actuellement de 10 Gbit/s
au niveau industriel et de 40 Gbit/s dans les laboratoires. Le 80 Gbit/s
puis le 160 Gbit/s sont envisagés pour les années à
venir. A de tels débits apparaissent des problèmes d'interactions
entre dispositifs associés et il est nécessaire de les
prendre en compte dès la conception.

But de l'étude
Deux caractéristiques essentielles apparaissent : la complexité
et la diversité des dispositifs constitutifs. Un des buts
de la modélisation de ces systèmes sera d'évaluer
de manière qualitative et quantitative, l'influence
d'une caractéristique d'un élément de la chaîne
sur les performances de l'ensemble. Par exemple, quelle dégradation
sur le diagramme de l'il est provoquée par le niveau d'ondulation
du gain de l'étage d'amplification en réception. On pourra
ainsi dégager des relations empiriques entre caractéristiques
et performances.
Par ailleurs, ce sera une aide pour le choix des dispositifs à
associer ; en effet il apparaît dans la littérature à
l'heure actuelle que différentes topologies et technologies apparaissent
équivalentes en terme de performances. Par contre et surtout dans
un contexte industriel, le critère de coût sera essentiel.
Mise en uvre
La modélisation globale en utilise les fonctionnalités
du logiciel ADS (Advanced Design System). Elle doitêtre
la plus conviviale possible et pour cela utiliser au maximum les notions
de hiérarchie, modularité, couches successives et de
boîtes noires. Une attention particulière est apportée
au niveau de la première couche pour la saisie des modèles
ou des mesures. Le " packaging " et tous les phénomènes
parasites associés devront pouvoir être pris en compte.
Applications
- La première application est celle de la chaîne complète
décrite ci-dessus. La transmission étant en bande de
base, les circuits associés sont alors très large bande.
- Une deuxième application envisagée est celle d'une
station de base dans le cadre d'une transmission optique-radio (boucle
locale). Dans ce cas, les dispositifs analogiques sont relativement
bande étroite et l'architecture peut être celle de la
figure suivante :
Exemple d'architecture de station de base pour
la boucle locale

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