MORTELETTE Yann

Champ libre 1 : Professeur
Champ libre 2 : Littérature du XIXe siècle


State categorie
Etablissement : Université de Bretagne occidentale
Affectation de recherche : CECJI (Centre d'Etude des Correspondances et Journaux Intimes)

Equipe(s) : EA7289
LogoUBO
Logo
Pour la messagerie : prénom.nom@univ-brest.fr
Page personnelle : yann.mortelette@univ-brest.fr

Mes recherches se sont organisées autour de trois grands axes : la vie et l’œuvre du poète José-Maria de Heredia (1842-1905) ; le Parnasse et sa place dans l’histoire de la littérature ; les principales figures du mouvement parnassien et leurs liens avec les grands poètes de la seconde moitié du XIXe siècle, notamment Rimbaud.
De 1997 à 2006, j’ai retrouvé plus d’une cinquantaine de poèmes inédits de Heredia, complets ou fragmentaires, que j’ai publiés dans différents articles. En 2012, dans mon mémoire de synthèse pour l’habilitation, j’ai présenté quinze autres poèmes. L’ensemble de ces découvertes, qui représente quelque mille trois cents vers, m’a conduit à élaborer un projet de nouvelles Œuvres poétiques complètes de Heredia.
En préparant la Bibliographie du poète que j’ai publiée aux Éditions Memini en 1999, j’ai repéré une autre voie d’accès essentielle à son œuvre et pourtant méconnue : sa correspondance. Inédite à près de 90 %, elle compte environ 1 700 lettres adressées à plus d’une centaine de destinataires. Les deux tiers en sont conservés dans des fonds publics, principalement à la Bibliothèque nationale de France, à la bibliothèque de l’Arsenal et à la bibliothèque de l’Institut ; le reste vient de collections privées. Les deux mille cinq cents pages de cette correspondance révèlent le talent de prosateur du poète et présentent un très grand intérêt biographique, historique et critique. Depuis une dizaine d’années, j’ai entrepris d’éditer l’ensemble des lettres de Heredia en cinq tomes aux Éditions Honoré Champion. Le détachement que j’ai obtenu dans le corps des chargés de recherche du CNRS, de 2004 à 2006, m’a permis d’accroître considérablement mes compétences en matière d’édition de textes : accueilli par le Centre d’étude des correspondances et journaux intimes de Brest (UMR 6563), j’ai pu bénéficier de l’expérience de chercheurs spécialisés dans la localisation, la transcription, la datation et le classement des lettres ; les ressources informatiques et scientifiques du Centre, notamment la vaste collection de catalogues de ventes qu’il possède, m’ont été fort utiles.
En 2011, le premier tome de la Correspondance de Heredia a fait connaître 171 lettres, qui datent de 1846 à 1865 et qui permettent de retracer sa jeunesse et la naissance de sa vocation poétique. En 2013, le deuxième tome a regroupé 269 lettres rédigées à l’époque du Parnasse contemporain (1866-1876), qui marque l’apogée du mouvement parnassien et qui fait découvrir Heredia comme l’un des poètes les plus prometteurs de sa génération. Le texte des trois autres tomes est en grande partie établi et annoté. Le troisième, que je suis en train de terminer, comportera les lettres des années de maturité (1877-1893), et le quatrième celles des années de consécration (1894-1905). Dans le cinquième figureront les compléments et les lettres non datées. La publication des deux premiers tomes aura pour complément celle du journal intime de la mère de Heredia, rédigé de 1820 à 1877 et qui se trouve aujourd’hui dans la collection de Marie-José Delrieu, descendante de l’une des sœurs du poète. Ce journal, dont Marie-José Delrieu et moi avons presque achevé l’édition et qui devrait paraître chez Honoré Champion en 2017, apporte un témoignage historique important sur la vie des planteurs à Cuba au XIXe siècle et sur la vie littéraire parisienne des années 1860 et 1870 ; c’est aussi l’un des tout premiers journaux intimes : en tant que tel, il permet de mieux comprendre la constitution de ce nouveau genre littéraire au début du XIXe siècle.
En 2005, pour le centenaire de la mort de Heredia, j’ai coordonné un numéro spécial du Bulletin d’études parnassiennes et symbolistes et organisé à la bibliothèque de l’Arsenal un colloque, dont les actes ont été publiés sous ma direction aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne l’année suivante : ce volume, intitulé José-Maria de Heredia poète du Parnasse, s’est efforcé de mettre en évidence le rôle important du poète dans l’histoire littéraire de la Belle Époque et d’aborder son œuvre sous des angles thématiques nouveaux.
Le deuxième axe de mes recherches est celui auquel j’ai consacré ma thèse de doctorat, dont une version remaniée des trois premières parties a paru sous le titre Histoire du Parnasse aux Éditions Fayard en 2005. L’année suivante, j’ai publié dans la collection Mémoire de la critique des Presses de l’Université Paris-Sorbonne un volume intitulé Le Parnasse, dans lequel j’ai proposé un panorama de la critique sur le mouvement parnassien à travers quarante-trois textes datant de 1866 à 1925, dont la plupart n’avaient jamais été réédités. J’ai également écrit onze articles sur l’esthétique du Parnasse, ses rapports de filiation et d’opposition avec le romantisme, ses thèmes de prédilection et son influence sur les poètes de la seconde moitié du XIXe siècle.
Mon troisième domaine de recherche m’a conduit à consacrer des articles aux principaux membres de l’école parnassienne, notamment Leconte de Lisle, François Coppée, Sully Prudhomme et Catulle Mendès, ainsi qu’à des figures moins connues du mouvement, telles que Frédéric Plessis. En 2003, j’ai rassemblé pour la première fois les Chroniques artistiques, dramatiques et littéraires de François Coppée dans un volume des Presses de l’Université Paris-Sorbonne, afin de montrer que ce poète a été également un critique judicieux et perspicace. En juin 2012, j’ai organisé à l’Université de Brest un colloque sur Frédéric Plessis, dont les actes ont paru aux Presses universitaires de Rennes en 2014 sous le titre Frédéric Plessis poète et romancier : cet ouvrage, qui comporte onze études et qui s’appuie sur la correspondance inédite de l’écrivain conservée à la bibliothèque municipale de Brest, fait découvrir un ami intime d’Anatole France et de Maurice Barrès, qui fut à la fois un poète parnassien et un romancier réaliste, un latiniste émérite et un intellectuel engagé, un humaniste parisien et un propagateur du renouveau celtique.
J’ai étudié également l’influence des poètes du Parnasse sur Rimbaud, qui les a d’abord imités avant de les parodier. En 2013, lors d’un colloque organisé par Olivier Bivort à Venise, j’ai examiné la position de Rimbaud à l’égard de la poétique parnassienne, qui lui a servi tout à la fois de modèle et d’antimodèle. L’année suivante, j’ai précisé ses liens avec la plupart des Parnassiens dans une série d’articles du Dictionnaire Rimbaud, dirigé par Jean-Baptiste Baronian dans la collection Bouquins et publié aux Éditions Robert Laffont.
Outre ces trois axes de recherche, j’ai écrit plusieurs articles sur Baudelaire, m’intéressant notamment à ses rapports avec le décadentisme lors d’un colloque à la Sorbonne en 2014. À l’occasion du centenaire de l’écrivain brestois Louis Hémon (1880-1913), j’ai publié trois lettres inédites de lui ; j’ai rappelé son rôle de précurseur de la littérature sportive dans une conférence à la bibliothèque de Brest et dans un article des Cahiers de l’Iroise ; et j’ai participé au colloque sur Hémon organisé par l’Université du Québec à Montréal, en essayant de montrer comment les idées de Darwin avaient orienté sa pensée politique et sociale.