TALARMIN Helene



Enseignant-chercheur
Etablissement : Université Bretagne Occidentale
Affectation de recherche : M2S (MOUVEMENT, SPORT, SANTE)

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La neuromyopathie de réanimation (NMR) représente la pathologie neurologique acquise la plus fréquente observée en réanimation.
La NMR comporte plusieurs atteintes, nerfs et muscles souvent associées.
Les différents mécanismes impliqués sont :
- une atrophie musculaire secondaire à l’immobilisation, à l’augmentation du catabolisme musculaire, à l’inhibition de l’anabolisme protidique et à l’apoptose
- une atteinte de la chaîne respiratoire mitochondriale
- un trouble de l’excitabilité membranaire nerveuse et musculaire
L’intensité des signes cliniques est très variable, allant d’une atteinte peu symptomatique à une tétraplégie flasque. La physiopathologie des neuromyopathies acquises en réanimation reste à ce jour incomplètement comprise.
La NMR est associée à une augmentation de la durée du séjour à l’hôpital et de la mortalité, mais également à des séquelles à long terme pouvant altérer la qualité de vie des patients. La difficulté du sevrage respiratoire lors de l’arrêt de la sédation est un des premiers signes cliniques de l’existence d’une NMR expliquant son diagnostic tardif. L’un des principaux facteurs de risque associé à la NMR est le sepsis sévère.
Le sepsis est une réaction inflammatoire systémique, secondaire à une infection, caractérisée par l’apparition de plusieurs symptômes : fièvre ou hypothermie, accélération du rythme cardiaque et de la respiration, une mauvaise perfusion des organes entraînant leur dysfonctionnement. Lors de ce type d’infection sévère, les leucocytes activés sécrètent des cytokines pro-inflammatoires ainsi que des espèces réactives de l’oxygène (ERO ou ROS : Reactive Oxygen Species) qui sont impliquées dans le dysfonctionnement de différents organes parmi lesquels les nerfs et les muscles, à l’origine de neuromyopathies.
Les ROS ont retenu l’attention de la communauté scientifique au cours de ces dernières années. En effet, ils semblent impliqués dans de nombreuses maladies neurodégénératives, le diabète, le cancer et le vieillissement. Ils pourraient participer aux troubles de l’excitabilité membranaire observés au cours du sepsis.
Les radicaux libres font partie des ROS. Ce sont des molécules instables possédant des électrons non appariés. Cette propriété rend ces éléments très réactifs du fait de la tendance de cet électron à se réapparier, déstabilisant ainsi d’autres molécules. Les molécules ainsi transformées deviennent à leur tour des radicaux libres et initient une réaction en chaîne. L’oxydation des principaux constituants de la cellule (membranes lipidiques, protéines et ADN) entraînent des dommages irréversibles à l’origine de maladies.
Dans le cas d’une production physiologique de radicaux libres, l’organisme dispose de systèmes efficaces de protection qui lui permettent de lutter contre ces espèces radicalaires. Ces systèmes de défense sont constitués d’un dispositif endogène de nature enzymatique représenté par les superoxydes dismutases (SOD), capables d’éliminer l’anion superoxyde (O2.-), ainsi que par les catalases et les glutathions peroxydases (GPx), capables de détruire le peroxyde d’hydrogène (H2O2).
Ce système de défense se compose également d’un dispositif d’antioxydants exogènes apportés par l’alimentation.
Dans l’ensemble de nos tissus sains, les défenses antioxydantes sont capables de faire face et détruire les radicaux produits en excès. On dit que la balance antioxydants/prooxydants est en équilibre. Mais dans certaines situations, en raison d’une surproduction radicalaire (tabac, alcool, pollution) ou d’une diminution des capacités antioxydantes (insuffisance d’apports des micronutriments antioxydants, inactivation enzymatique), un déséquilibre entre production de radicaux libres et système de défense est à l’origine d’un état rédox altéré de la cellule appelé stress oxydatif.
Notre objectif est d’évaluer l’intérêt potentiel de biomolécules à activité antioxydante d’origine végétale, pour des applications thérapeutiques dans le contexte de neuromyopathies de réanimation.