UMR1078

UMR 1078
Genetics, functional genomics
and biotechnology

Historique

Dates et chiffres clés :

1985 : Début de la recherche sur la mucoviscidose par Claude Férec et Claudine Verlingue, technicienne.
1988 : Pionnier du dépistage néonatal systématique (250 tests positifs).
1996 : Contrat de Recherche Inserm inauguré par Philippe Lazar.
2001 : Création de l’unité mixte INSERM-EMI 0115.
2004 : Création de l’UMR613, unité mixte Inserm, UBO et EFS.
2008 : L’unité devient constituante de l’IFR148 ScInBioS (Sciences et Ingénierie en Biologie-Santé).
2011 : Recréation de l’unité sous l’appellation « génétique, génomique fonctionnelle et biotechnologie » (UMR1078).
2012 : 92 personnes travaillent dans l’unité notée A+ par l’AERES
Depuis 1996, 400 des plus de 2000 mutations du gène de la mucoviscidose ont été décrites à Brest.
570 patients atteints de mucoviscidose suivis dans l’unité
En 20 ans, l’espérance de vie des patients atteints de mucoviscidose a augmenté de 20 ans
Mise en œuvre du dépistage prénatal de la mucoviscidose.
30% de moins pour l’incidence de la mucoviscidose en Bretagne en 20 ans.
En 1992, il faut quelques mois pour obtenir le diagnostic de mucoviscidose; en 2012, 1 semaine suffit.
300 fœtus diagnostiqués depuis 1992 suite à des signes échographiques.

Les travaux de recherche et l’engagement de Claude Férec trouvent leurs motivations dans une première expérience personnelle, quand jeune médecin en Bretagne, il a été témoin de la tragédie d'avoir un enfant atteint de mucoviscidose, dans une région française, où cette maladie mortelle était et est toujours plus fréquente qu'ailleurs.

En 1985, Claude Férec, avec le soutien du directeur du Centre de Transfusion Sanguine Jean-Paul Salaün, a commencé à travailler sur la mucoviscidose accompagné d’une technicienne avec la conviction que la biologie moléculaire constituerait un solide espoir de recherche. Ensemble avec les familles, les médecins et les médias (Opération Télégramme), ils ont alerté l'opinion publique sur la maladie et ont collecté des financements pour son laboratoire. Il a activement participé à la course contre le temps pour trouver le gène responsable de la maladie. Aujourd'hui, l’unité de Claude Ferec réunit 92 personnes. L'unité pluridisciplinaire inclut des professeurs, maîtres de conférences, chercheurs, ingénieurs et techniciens, post-doctorants et doctorants.

En 2010, Claude Férec a présenté pour 2012-2015 le projet de la nouvelle Unité Inserm qui a reçu par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) et l'Inserm le score maximal pour l'évaluation de l'unité de recherche : A +.
Il a soutenu trois thèses (Pharmacie, Médecine et Sciences) pour mieux comprendre les mécanismes des maladies et chercher de nouvelles thérapies. Claude Férec a lancé en 1996 le développement de la recherche en génétique moléculaire humaine et en épidémiologie génétique. À côté de la recherche fondamentale, la recherche translationnelle est un objectif clé des programmes de recherche de l'unité du gène au patient et du patient au gène.

L’Inserm a posé une première pierre à Brest en 1996 en y ouvrant sa première structure dans le Finistère, sous la forme d’un Contrat de Recherche Inserm (CRI) de 5 ans, qui a été inauguré par son Directeur de l’époque, Philippe Lazar. Ce CRI concrétisait l’émergence d’une recherche dans le domaine, nouveau à cette époque, de la génétique moléculaire humaine. Cette recherche était consacrée pour l’essentiel à l’étude du gène CFTR et de ses mutations responsables de la mucoviscidose, une maladie particulièrement fréquente en Bretagne. Dans cet élan, nous avons, dès cette époque, initié d’autres projets de recherche, en particulier sur la pancréatite chronique héréditaire ou sur l’hémochromatose génétique. Claude Férec est en effet reconnu aux niveaux national et international pour le diagnostic moléculaire des pancréatites chroniques héréditaires, des polykystoses hépatiques et de l’hémochromatose génétique. Il a étudié les interactions entre CFTR et les gènes impliqués dans les pancréatites et a décrypté les réseaux complexes de ces désordres génétiques.

A l’issue de ces 5 années, l’unité a avons porté un dossier de création d’une équipe mixte Inserm/Université de Bretagne Occidentale (UBO)/Etablissement Français du Sang (EFS). La demande a été acceptée et l’unité mixte INSERM-EMI 0115 a vu le jour en 2001. L’année 2004 a été une année charnière dans notre développement avec la création de l’UMR613, une unité mixte de recherche pilotée par l’Inserm, en commun avec l’UBO et l’EFS. L’unité de recherche est aussi devenue une unité constituante de l’IFR148 ScInBioS (Sciences et Ingénierie en Biologie-Santé) créée au 1er janvier 2008 (Directeur : Pr. Pierre Lehn, aussi membre de l’UMR613), une structure fédérative Inserm qui témoigne également de la vitalité du site de Brest.

Depuis 1996, Claude Férec, avec le laboratoire de génétique moléculaire du CHRU de Brest, est l'un des leaders nationaux et l'expert dans le domaine de la mucoviscidose. Il a décrit plus de 400 mutations sur les 1950 mutations et est impliqué dans le Consortium International de la mucoviscidose, consacré à la collection des mutations du gène CFTR. Il suit une cohorte de plus de 570 patients mucoviscidosiques et était le pionnier du dépistage néonatal systématique en 1988, ce qui a permis de doubler l’espérance de vie grâce à une prise en charge des patients systématique plus précoce.

Fort d’une expérience de 20 ans, il a mis en place le diagnostic prénatal réduisant l'incidence de la mucoviscidose en Bretagne de 30 %. Depuis 1992, il a permis de réduire de quelques mois à une semaine le délai pour obtenir un diagnostic de mucoviscidose, ce qui a été essentiel dans les cas d’anomalies morphologiques visualisées par échographie sur plus de 300 fœtus. Il travaille sur la corrélation complexe génotype - phénotype dans la mucoviscidose.
À côté de la génétique fonctionnelle et de l'épidémiologie génétique des mutations du gène CFTR grâce aux grandes cohortes constituées par les patients et leurs familles, il a très tôt voulu trouver des thérapies et a commencé à travailler sur la thérapie génique non-virale et sur la thérapie de la protéine, avec des chimistes. Il est impliqué dans le Conseil Scientifique de l’association Vaincre La Mucoviscidose ainsi que dans les manifestations visant à collecter des fonds pour cette cause.
Il est responsable, dans les domaines de la génétique, la génomique et des biotechnologies, de l’enseignement universitaire et de la formation pratique des étudiants en LMD de l’Université de Bretagne Occidentale. Il est responsable du Master, a dirigé 27 thèses et est régulièrement invité comme membre de jury de doctorat en sciences, médecine et HDR. Il doit être souligné que Claude Férec a développé une recherche focalisée sur la génétique, la génomique, la protéomique, la biologie de systèmes et la méta-analyse des mutations causant les maladies génétiques humaines.

Pour mener ce projet multidisciplinaire, le laboratoire rassemble des généticiens, des biologistes moléculaires et cellulaires, des épidémiologistes et des cliniciens, et utilise différents modèles cellulaires allant de la levure à la souris.

Depuis 2004, date de création de l’unité mixte de recherche U613 pilotée par l’Inserm de concert avec l’UBO et l’EFS, la structure s’est renforcée par :

  • l’arrivée de deux DR2 Inserm, Laurent Corcos (2004) et Emmanuelle Génin (2012), par le biais de la mobilité
  • la nomination de quatre PU/PH : Pierre Lehn (2004, Biologie Cellulaire), Marc Blondel (2006, Biologie Cellulaire), Cédric Le Maréchal (2010, Génétique), Valérie Ugo (2012, Hématologie),
  • la nomination de trois MCU/PH : Frédéric Morel (2004, génétique), Gérald Le Gac (2010, génétique), Nathalie Douet-Guibert (2012, génétique),
  • la nomination de quatre MCU : Catherine Le Jossic-Corcos (2004, biochimie), Tristan Montier (2005, biochimie), Mathieu Kerbiriou (2011, génétique), Delphine Bernard (2012, génétique),
  • le recrutement de deux CR EFS : Pascal Delépine (2005) et Yann Fichou (2011),
  • la nomination d’un DR EFS : Jian-Min Chen (2008)
  • l’obtention d’une chaire d’excellence par Olivier Mignen (2009),
  • le recrutement de 2 chercheurs CR1 et 2 chercheurs CR2 à l’Inserm : Cécile Voisset (2010) et Gaëlle Friocourt (2011), Virginie Scotet (2004) et Déborah Tribouillard (2012).
  • le rattachement de trois professeurs associés : Jean-Baptiste Nousbaum, Serge Timsit, Jean-Philippe Metges.

Ces recrutements témoignent de la vitalité de l’Unité et montre sa reconnaissance par l’Inserm, l’Université de Bretagne Occidentale, le CHRU de Brest ainsi que l’EFS.
Cette dynamique de recrutement a non seulement permis d’asseoir et d’enrichir nos compétences, mais également de mettre en place les nouveaux projets que nous avons présentés dans le cadre de la contractualisation 2012-2015, pour la recréation de l’unité sous l’appellation « génétique, génomique fonctionnelle et biotechnologie » (UMR1078) qui prend depuis le 1er janvier 2011 le relais de l’UMR613. Celle-ci est portée, au plan institutionnel, par l’Inserm, l’Université de Bretagne Occidentale, l’EFS et le CHRU. Le cœur traditionnel d’activité de l’unité qu’est l’étude moléculaire de maladies génétiques de transmission mendélienne comme la mucoviscidose, l’hémochromatose et la pancréatite chronique héréditaire (PCH) s’est depuis élargi. Notre unité s’est enrichie des compétences originales de nouveaux membres dans l’étude de l’épissage, du transcriptome, de l’électrophysiologie et dans l’utilisation du modèle levure. Nous nous intéressons aujourd’hui à des maladies génétiques (mucoviscidose, hémochromatose, pancréatite chronique héréditaire, pathologies mitochondriales), à des cancers (cancer colorectal, cancer de la prostate, mélanomes, cancers associés au virus d’Epstein-Barr, cancers liés à l'inactivation du gène suppresseur de tumeur p53) ainsi qu’à des protéinopathies (maladies du repliement des protéines comme les maladies à prion). Notre projet de recherche a pour but de mieux comprendre les bases moléculaires et physiopathologiques de ces pathologies humaines afin de développer de nouvelles stratégies diagnostiques et thérapeutiques.

L’équipe est actuellement géographiquement très dispersée avec des locaux répartis sur trois étages de la faculté de médecine, à l’EFS et au CHRU. Cette dispersion géographique devrait prendre fin grâce à la construction d’un nouveau bâtiment de recherche : l’IBRBS (Institut Brestois de Recherche en Biologie et Santé). Cette construction est destinée à regrouper les deux Unités Inserm de Brest (UMR1078 & U1101 « LATIM ») et sera aussi le siège de la SFR (Structure Fédérative de Recherche) ScInBioS dont le but sera de poursuivre les actions fédératives de l’IFR148.