5 thèmes de recherche inter-connectés

LBAI
Lymphocytes B et Autoimmunité
UMR 1227

Épigénétique du lymphocyte B en Auto-immunité

 La séquence des événements qui aboutissent à l’émergence d’une pathologie auto-immune demeure inconnue. Pour mieux comprendre cette complexité, de nombreux facteurs de risques ont été identifiés tels que les facteur génétiques, hormonaux et environnementaux. Force est de constater que les facteurs environnementaux comme les médicaments, les rayonnements ultraviolets, les infections et l’alimentation sont prépondérants, y compris chez les jumeaux homozygotes, pour expliquer la ségrégation sexuelle et géographique qui prédispose au développement des maladies auto-immunes. Cette forte implication des facteurs environnementaux nous amène donc à nous interroger sur les mécanismes, sensibles aux facteurs externes, qui gouvernent la transcription des gènes en aval du code génétique et que l’on regroupe sous le terme générique d’épigénétique.
A la différence des mutations génétiques qui sont permanentes, reliées à des altérations de l’ADN, et que l’on retrouve dans toutes les cellules, les modifications épigénétiques sont responsables des modifications stables de la transcription pour un type cellulaire donné. Plusieurs mécanismes épigénétiques sont nécessaires pour réguler l'expression de nos 30 000 gènes au cours du cycle cellulaire, au cours de l’ontogénèse, et en relation avec les sollicitations de l’environnement. Le système immunitaire est tout particulièrement sensible aux modifications épigénétiques.
Des modifications épigénétiques ont été décrites dans de très nombreuses pathologies telles que le cancer, l’insuffisance cardiaque, les affections de la peau… et les maladies auto-immunes. Dans un contexte d’auto-immunité, il est intéressant de noter que les modifications épigénétiques sont spécifiques d’un type cellulaire particulier, y compris le lymphocyte B, qu'elles interviennent avant l’émergence de la pathologie, avant l'apparition des auto-anticorps, et que l’effet est plus marqué chez des individus prédisposés génétiquement. Enfin, ces anomalies ne sont pas limitées aux maladies auto-immunes idiopathiques puisqu’on les retrouve également dans les formes induites par des médicaments ou par les polluants de l’environnement.