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LBAI
Lymphocytes B et Autoimmunité
UMR 1227

IVIg et lymphocyte B

Les immunoglobulines intraveineuses (IVIg) sont préparées à partir des plasmas de milliers de donneurs sains et étaient à l'origine utilisées dans le traitement des déficits immunitaires. L'immunomodulation induite par les IVIg a été démontrée sur la base de travaux scientifiques et également en clinique depuis les études qui ont établi son efficacité dans le purpura idiopathique thrombocytopénique (Imbach et al, 1981) il y a vingt ans. Depuis, d'autres maladies auto-immunes comme le syndrome de Guillain-Barré, la polyneuropathie chronique démyélinisante, la myasthénie grave ou encore syndrome de Kawasaki ont tous été montrés pouvant bénéficier de perfusion d'IVIg. De nombreux travaux ont montré que les IVIg pouvaient réguler les différentes cellules impliquées dans l’auto-immunité. Par exemple, les IVIg agissent sur l’expansion et l’activité des lymphocytes T (LT) régulateurs CD4+ CD25+ FoxP3 (Ephrem et al., 2008), régulent la différenciation et l’activité des LTh17 (Maddur et al., 2012) et inhibent la fonction de présentation d’Ag des cellules dendritiques (Othy et al., 2012).
Notre équipe s’est intéressée au rôle des IVIg sur la physiologie du lymphocyte B. Nous avons d'ores et déjà montré que parmi les IVIg certaines fractions, les IVIg sialylées pouvaient se lier au récepteur CD22 des LB humains et provoquer alors leur entrée en apoptose (Seïte, Blood, 2010, Prix Behring 2010). Cette modulation entrainait d’une part l’apoptose des LB mais également leur capacité à répondre à une stimulation des récepteurs de l’immunité innée (Séïté et al, J Autoimmunity, 2011). Plus récemment nous avons montré que les IVIg entrainaient les LB dans un état anergique c’est-à-dire de non réponse fonctionnelle à une stimulation antigénique (Séïté et al, JACI, 2014). Toutes ces données tendent à montrer que les IVIg sont capables de moduler spécifiquement la réponse physiologique du LB diminuant sa capacité pro-inflammatoire.