David Banks

David Banks

Professeur de Linguistique Anglaise
Professeur émérite UBO/HCTI (Héritages et Constructions dans Le Texte Et L'Image)
Ancien Directeur de l'ERLA (Equipe de Recherche en Lingusitique Appliquée)
Ancien Président de l'AFLSF (Association Française de la Linguistique Systémique Fonctionnelle)

 

Communication Forum 2014

Rédaction d'un article scientifique, comment tout a commencé
Writing the scientific article and how translating it got started

Si l’on considère que la manière dont une langue s’est développée au cours de l’histoire nous aide à comprendre son fonctionnement de nos jours, j'aimerais étudier certains des exemples les plus anciens de traduction d’articles universitaires en langues vernaculaires. La toute première revue universitaire, le Journal des Sçavans, parut à Paris le 5 janvier 1665. Seulement deux mois plus tard, le 6 mars 1665, elle fut suivie de la revue scientifique Philosophical Transactions à Londres. Le Journal des Sçavans fut édité par Denis de Sallo, à l’instigation de Colbert qui voulait contrôler les nouvelles connaissances et s'en servir pour étendre le prestige de Louis XIV. La France, centre économique et culturel de l’Europe, était alors un exemple de stabilité. Philosophical Transactions était une initiative privée de Henry Oldenburg, secrétaire de la Royal Society, et représentait pour lui une source de revenus supplémentaire. L’Angleterre venait de traverser l’un des demi-siècles les plus chaotiques de son histoire mais nourrissait depuis peu de nouveaux espoirs nés de la Restauration. Le Journal des Sçavans, qui se composait principalement de critiques d’ouvrages, couvrait tous les sujets des nouvelles connaissances, notamment la théologie, le droit et l’histoire. Philosophical Transactions se limitait à la science et à la technologie et se basait sur la correspondance personnelle d’Oldenburg, pilier d’un réseau d’échanges épistolaires scientifiques. Sa première édition reprenait la traduction d’un article paru dans la première livraison du Journal des Sçavans. Il s'agissait par conséquent de la toute première traduction d’un article universitaire entre deux langues vernaculaires. L’étude de certaines caractéristiques linguistiques (notamment la structure thématique et les types de modalités) des deux textes montre qu’Oldenburg avait suivi le texte français à la lettre, même s’il l’avait restructuré afin d’en faciliter la compréhension. Le Journal des Sçavans fut censuré après treize semaines mais fut relancé quelques années après sous la direction de l’Abbé Bignon. Le numéro du 11 janvier 1666 comportait la traduction d’un article paru dans Philosophical Transactions du 8 mai 1665. Le texte français le présentait comme un véritable résumé, mais il s’agissait plutôt de la traduction d’une sélection de passages. L’étude des spécificités linguistiques mettait à nouveau en évidence les différences entre les deux textes. L’étude de ces textes est fascinante mais au-delà de leur intérêt intrinsèque, le fait est qu’ils constituent les toutes premières tentatives de traduction d’articles universitaires et marquent par conséquent la naissance de la traduction scientifique telle que nous la connaissons.

In the belief that looking at how language has developed historically can help us understand how it functions today, I would like to look at some of the earliest examples of translations of academic articles in vernacular languages. The very first academic periodical, the Journal des Sçavans, appeared in Paris on 5 January 1665. This was followed, only two months later, on 6 March 1665, by the Philosophical Transactions in London. The Journal des Sçavans, was edited by Denis de Sallo, at the instigation of Colbert, whose objective was to control new knowledge and use it to enhance the glory of Louis XIV. France was totally stable, and the economic and cultural centre of Europe. The Philosophical Transactions was a private enterprise begun by Henry Oldenburg, one of the secretaries of the Royal Society, as a means of augmenting his income. England had gone through one of the most chaotic half-centuries in its history but was then basking in the new-found hope of the Restoration. The Journal des Sçavans covered the whole range of new knowledge, including theology, law, and history, and was mainly made up of book reviews. The Philosophical Transactions was restricted to science and technology, and was based on the contents of Oldenburg’s postbag, which was voluminous due to his position as the centre of a network of scientific correspondence. The first issue of the Philosophical Transactions includes a translation of an item that had appeared in the first issue of the Journal des Sçavans. This therefore constitutes the very first translation of an academic article from one vernacular language to another. Study of some of the linguistic features (notably thematic structure and process types) of the two texts show that Oldenburg followed the French text closely, though he tidied up the organization to make it easier to follow. The Journal des Sçavans was suppressed after 13 weeks, but was revived at the beginning of the following years under the editorship of the Abbé Bignon. The issue for 11 January 1666 has a translation of an item which had appeared in the Philosophical Translations on 8 May 1665. The French text presents it as a summary, but it is closer to a translation of selected passages than a summary as such. Study of linguistic features again brings out differences between the two texts. Study of these texts is fascinating in its own right, but over and above their intrinsic interest, is the fact that these were the first attempts at translation of academic articles, and thus the development of the translation of academic articles can be seen as starting from this point.

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