Deniz Kurmel

Deniz Kurmel

Assistante de recherche à l’Université Technique de Yıldız (Istanbul) dans le département de traduction.

Elle va bientôt soutenir sa thèse de doctorat intitulée « Les droits de l’homme en turc: aménagement ou développement spontané ? » dirigée par Monsieur John Humbley à l’Université Paris 7, Denis-Diderot. Elle poursuit ses recherches dans les domaines de terminologie et de traduction juridique.

 

Communication Forum T&R 2014

Traduire la science « en plein air » ou à l’ère du Web 2.0 : exemples de Turquie
Translating Science in the Age of Web 2.0 examples from Turkey

La révolution de l’information et de communication (TIC) liée au phénomène pluriel de la mondialisation modifie considérablement notre société. Il s’agit de l’avènement d’une ère nouvelle qui ouvre de vastes possibilités de communication s’affranchissant des barrières du temps, de l’espace, parfois même de la réalité concrète. Les nouvelles exigences de la société digitale, societé numérique, societé de réseaux ou societé d’information possèdent un effet direct sur le public par l’accessibilité directe et l’immédiateté. Ces nouvelles formes de societés reproduites au 21ème siècle, sont structurées au sein du réseau Internet. Aujourd’hui, si on pense aux usages de TIC, la transformation sociale fait émerger differents types de production, de consommation, de média et de distribution. Nous sommes à présent face aux nouvelles formes de sociabilité; les pratiques relationnelles telles que les habitus, les tendances, les modes de vie ont pris une toute autre allure. Par ailleurs, l’entrelacement entre relations ordinaires et correspondants virtuels produit une transformation visible au niveau des dynamiques sociales. Les nouveaux agents/rôles en témoignent le jeu en ligne, le Web 2.0 avec un nouveau parcours spécialisé. Désormais, les médias sociaux exploitent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne.L’expression « médias sociaux » est de plus en plus utilisée et tend à remplacer le terme de Web 2.0 et recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent, créent ensemble du contenu web, organisent le contenu, l’indexent, le modifient ou font des commentaires, le combinent avec des créations personnelles. C’est ce qui se passe en Turquie pour traduire la science au sens large du terme. Dans cette communication, s’appuyant sur les exemples des plates-formes collaboratives de traduction dans les différents domaines – droit, écologie, technologie, santé – organisés au sein du réseau web, nous démontrons la transformation des pratiques traductives scientifiques en Turquie. Ces communautés en ligne, qui constituent une nouvelle forme de réseau social, produisent, partagent et font circuler la science par le biais d’un travail collaboratif et participatif. Les notions empruntées à la sociologie de la traduction, plus particulièment à Pierre Bourdieu (habitus, champ, légitimation, positionnement, relationnel, réflexif) et d’autre part celles empruntées à Yves Gambier, Minako O’Hagan (traduction bénévole par réseau, traduction collaborative, traduction crowdsourcing, communautés en ligne...) seront notre guide. Pour ce faire, divers flux d’idées sont proposées. L’acquisition des différentes compétences, surtout de la terminologie scientifique, de plus en plus spécialisée sera aussi soulevée. De quelles manières les usages numériques transforment-ils la traduction scientifique ? Au niveau de la traduction scientifique, comment pouvons-nous qualifier ces nouveaux traducteurs apparus avec les réseaux sociaux ? Quels sont les pratiques, les habitus, les tendances de ces nouveaux acteurs qui entrent en jeu ? Quand il s’agit de traduire la science, quels sont les enjeux ? Quelles sont les démarches prises pour surmonter les problèmes de vocabulaire ou de terminologie scientifique ? Que peut-on dire pour la vulgarisation scientifique et les critères étiques/déontologiques ? Au travers de divers exemples de traductions scientifiques se construisant “en plein air” ou à l’ère du Web 2.0, les éventuelles réponses du champ turc pourraient sans doute nous être utile à argumenter les agents et les dynamiques représentatifs.

The Information and Communication Technology (ICT) revolution, tied to the phenomenon of globalisation, considerably changes our society. This new trade era opens a broad range of possibilities in communication, breaking barriers of space and time, and sometimes even those of concrete reality. The new demands of digital, network and information societies directly affect the public through their direct and immediate accessibility. These new forms of societies of the 21st century are structured within the networks of the web. Today, if we reflect upon the uses of ICT, this social transformation brings to surface the different types of productions, consumptions, medias, and distributions. We are currently faced with new forms of sociability; relational practices such as habits, tendencies, and lifestyles have taken on a whole new form. Moreover, the intertwining between ordinary relationships and virtual correspondants has produced a visible transformation of social dynamics. With new roles and agencies for online specialist of the Web 2.0 Now, social medias exploit collective intelligence in the spirit of online collaboration. The expression "social medias" is used more and more, tending to replace the term "Web 2.0", and covers the various activites integrated in technology, social interaction, and content creation. By the means of social communication, collaborating individuals, or groups of individuals, together build, organise, index, and modify or comment on web content, combining this with personal creations. This is the case in Turkey when translating science, in the broadest sense of the word. In this presentation, using examples from online collaborative translation platforms of different domains (i.e. law, ecology, technology, health), we will demonstrate the transformation of scientific translation practices in Turkey. These online communities, new forms of social networks, produce, share and transmit science via a collaborative and concurrent effort. Guiding our presentation are the notions of the sociology of translation, particularly borrowed from Pierre Bourdieu (habitus, field, legitimation, positioning, relational, reflexive), also from Yves Gambier and Minako O'Hagan (unpaid web translation, collaborative translation, crowdsourcing translation, online communities, etc). A flow of diverse ideas are proposed. The acquisition of various, increasignly specialized skills, especially scientific terminology, will also be addressed. In what ways does digital use transform scientific translation? Concerning scientific translation, how can we qualify the new translators emerging from social networks? What are the practices, habits, and tendencies of these new players entering the field? What is at stake when translating science? What are the steps taken to resolve the problems arising from scientific vocabulary and terminology?
What can we say about the popularization of science and ethical/deontological criteria? Through various examples of scientific translations created in the age of Web 2.0, answers in the Turkish field may certainly be useful in arguing the agents and dynamic representatives.

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