Liliana Alic

Liliana Alic

Communication Forum T&R 2014

Quelle place pour la lingua franca dans la recherche scientifique actuelle ?
What is the role of lingua franca in today’s scientific research

Nous vivons dans une Europe multilingue qui encourage la diversité linguistique, ce qui devrait se traduire par la possibilité de se servir, dans le but de la communication, implicitement de la communication scientifique, de la langue maternelle de chacun. L’Union Européenne a, sauf modification sans notification, 24 langues officielles.
Et pourtant, les scientifiques sont bien obligés d’écrire en anglais s’ils veulent se faire publier dans une revue ayant un facteur d’impact élevé. Normalement, la Lingua franca joue l’intermédiaire entre le chercheur scientifique et son évaluation nationale ou internationale. Parfois, certains chercheurs scientifiques se passeraient volontiers de pareil médiateur, et cela pour des raisons multiples. Il se peut qu’ils s’expriment mieux dans une langue de leur choix. Il se peut que s’ils traduisent leur article en anglais ils doivent s’attendre à des difficultés quand il s’agit de trouver des équivalences entre les termes et, parfois, entre les notions. Dans notre article, nous avons l’intention de détailler la situation de facto en Roumanie (du XXIe siècle), où pour la reconnaissance de la recherche dans le domaine de la linguistique, les linguistes disposent d’une seule revue indexée par la Thomas Reuters Agency. D’où l’obligation de publier dans des revues étrangères qui imposent (parfois) l’écriture de l’article en anglais. De plus, une activité scientifique en bonne et due forme, susceptible d’être prise en compte et puis comptabilisée en vue d’une promotion, passe invariablement par la soumission d’un projet de recherche. Là encore, la langue (de bois) de rédaction du projet est obligatoirement l’anglais.{/t2}
Il ne suffit donc pas d’avoir des idées, il faut encore les formuler en anglais, si la connaissance de la langue nous le permet, ou alors de les traduire en anglais, si on n’est pas capable d’aligner ses pensées directement en anglais. Que faire dans les cas malheureux où il n’y a pas d’équivalent pour un terme ? Il faut recourir à une paraphrase, au risque de perturber le nombre de mots admis ou bien au risque de donner un équivalent très approximatif, ce qui va à l’encontre de l’éthique. Ou bien que faire pour expliquer en anglais le très politiquement correct « technicien de surface » ou encore l’autre très politiquement correct « étudiant virtuel » ? Et les difficultés de la traduction ne s’arrêtent pas là. Nous n’avons pas l’intention de faire l’inventaire de ce type de difficultés du chercheur, mais d’en signaler les plus significatives pour sensibiliser les responsables des revues cotées ISI et pour leur faire accepter l’idée que, du moins dans la science, il n’y a pas d’hégémonie.

We live in a multilingual Europe that encourages linguistic diversity in which it should be possible for each of us to use our native language for the purpose of communication. This should be unquestioningly the case in scientific communication. The European Union has twenty-four official languages, barring unannouced alterations. Even so, scientists are expected to write in English if they want to be published in a high-impact journal.  The lingua franca typically acts as an intermediary between the research scientist and their national or international appraisal. Sometimes, research scientists will willingly go without this intermediary. This could happen for several reasons: It’s possible that they express themselves better in a language of their choice. It’s also possible that if they translate their article into English they must be prepared to face difficulties when it comes to finding equivalencies between terms and, occasionally, between concepts. In this article we aim to examine the de facto situation in Romania (in the 21st century), in which linguists have only one journal at their disposal indexed by the Thomas Reuters Agency in order to gain recognition for their research in the field of linguistics. Hence the necessity to publish in foreign journals which (on occasion) require that articles be written in English. Moreover, any formal scientific activity likely to be taken into account and evaluated in promotion applications, invariably requires the submission of a research project. Once again, the project is necessarily composed in English. Having ideas isn’t enough; we still have to express them in English if our knowledge of the language permits us to do so. Or, if we aren’t capable of formulating our thoughts directly in English, we need to translate them. What are we supposed to do if there is no equivalent for a term? It becomes necessary to resort to paraphrasing, while running the risk of disrupting the allotted word count or going against ethical practices by giving only an approximate equivalent. What’s more, how can we render from the French into English the very politically correct terms such as “technicien de surface” (“superstore cleaner,” literally, “superstore technician”) or “etudiant virtuel” (literally, “virtual student,” or an apparatus consisting of virtual student data)? And the translation problems don’t stop there. We aren’t attempting to make an inventory of these kinds of difficulties faced by the researcher, but rather to highlight those that are the most significant in order to raise awareness among heads of popular ISI journals and have them accept the idea that, at least in the sciences, there is no hegemony.

 

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