Ika PAUL-PONT médaillée de bronze du CNRS 2019

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Entretien croisé avec Christian BROSSEAU

A l'occasion de l’attribution de la médaille de bronze du CNRS à l’une de nos brillantes chercheuses du LEMAR*, ce Zoom Sur vous propose un entretien croisé entre Ika PAUL-PONT, chargée de recherche au CNRS et membre du LEMAR, et Christian BROSSEAU, vice-président recherche et innovation de l’UBO.

CB : Pouvez-vous nous présenter les principaux projets de recherche dans lesquels vous avez été impliquée ?

IPP : Depuis mon recrutement j’ai participé à des projets situés sur différentes échelles : régionale (SAD IN MEMO), nationale (ANR Nanoplastics) et européenne (Interreg MICRO). Ils visaient à comprendre les processus de vieillissement des débris plastiques et leur fragmentation en micro et nanoparticules, leur interaction avec les contaminants chimiques et biologiques déjà présents dans le milieu naturel et la toxicité de ces particules pour la vie marine. Le caractère pluridisciplinaire de ces projets, mêlant chimistes, physiciens et biologistes, est essentiel pour comprendre les processus complexes qui régissent le destin de ces particules en milieu marin.

CB : Que pensez-vous de votre métier de chercheuse au CNRS : répond-il à toutes les attentes que l’on peut en avoir (financement de projet, créativité, mobilité, vulgarisation…) ?

IPP : La plus grande qualité de mon métier de chercheuse au CNRS est la liberté que nous avons de pouvoir définir et orienter notre recherche au fur et à mesure de nos avancées et découvertes, sans contrainte ni pression. Cela nous permet de rester créatifs et dynamiques, et compense un peu la lourdeur administrative qui pèse de plus en plus sur la vie des chercheurs, notamment vis-à-vis de la difficulté croissante de trouver des financements.

CB : Quel peut être l’impact de cette récompense de très haut niveau qui vient de vous être attribuée sur votre carrière de chercheuse ?


IPP : Cette récompense peut être bénéfique à plusieurs niveaux : sur l’obtention de futur projets et financements, sur l’avancement de carrière et sur le plan relationnel aussi bien que personnel car c’est une sacrée reconnaissance du travail fourni par toute notre équipe !

CB : Quels seront, selon vous, les grandes tendances et les principaux enjeux scientifiques de ces prochaines années dans votre discipline ?

IPP : Les enjeux principaux de la thématique des déchets plastiques en mer concernent la compréhension du cycle de vie ultime de ces débris une fois arrivés en mer et des impacts à long terme pour nos écosystèmes et l’Homme, ainsi que l’identification de pistes pour le futur (alternatives, écoconception, économie circulaire, etc.).


* Le LEMAR (Laboratoire des Sciences de l’Environnement Marin, UMR CNRS 6539) https://www-iuem.univ-brest.fr/lemar/ est un laboratoire interdisciplinaire qui regroupe des écologistes, des biologistes, des biogéochimistes, des chimistes, des physiciens et des juristes de l’environnement marin. Ses objectifs sont de conduire des travaux sur des thématiques de recherche fondamentale ou d’importance sociétale ; de contribuer à atteindre les objectifs du développement durable dans les pays du Nord comme du Sud ; d’apporter des innovations en lien avec le monde économique et des résultats venant en appui aux politiques publiques et de s’engager dans les formations interdisciplinaires du domaine des sciences de la mer et du littoral.