L’Institut Universitaire Européen de la Mer structure son axe polaire

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Face aux enjeux climatiques l'axe polaire transverse se fixe pour objectif de favoriser les synergies interdisciplinaires entre les différentes unités de recherche de l’IUEM  et ses partenaires


La grande majorité des unités de recherches de l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) est impliquée dans des programmes de recherches polaires et subpolaires, en coopération avec leurs partenaires au niveau national (Ifremer, Museum National d'Histoire Naturelle, Institut Paul Emile Victor,…) et au niveau international. Cet effort s’inscrit dans la déjà longue tradition des recherches polaires de l’Université de Bretagne Occidentale, lancée dès les années 1970 par des recherches en géomorphologie au Spitzberg et en océanographie chimique dans le secteur Indien de l’océan Austral.

A l'occasion de son lancement les 1er et 2 avril derniers, l'axe polaire a montré la richesse de son potentiel de recherche interdisciplinaire et de ses résulats en réponse à ces questions :

Quels sont les impacts du changement climatiques sur les interactions océan-atmosphère et sur la circulation océanique ?
Quelles sont les perturbations des écosystèmes polaires dues aux activités humaines ?
Comment le changement climatique affecte la géomorphologie littorale ?
Quels sont les impacts économiques et juridiques du changement en cours ?
A plus grande échelle de temps, quel est l’apport des régions polaires pour établir de nouveaux concepts en sciences de la Terre ?
 

Plusieurs résultats majeurs de recherche ont été mis en évidence.
S’agissant de l’Arctique :
• Le réchauffement spectaculaire de l’océan Arctique risque, à terme, d’impacter la circulation thermohaline à l’échelle de l’Atlantique Nord et le climat de l’Europe Occidentale ; il affecte déjà le fonctionnement des systèmes biologiques et les ressources marines exploitables.
• Au Spitzberg, en Islande, et à Nunavik (nord du Québec), de notables modifications environnementalessont en cours augmentant la vulnérabilité en milieu continental (ex: dynamiques de versant exacerbéespar la hausses des températures et la modification du régime des précipitations) et littoral (ex : fortesédimentation suite aux débâcles vs érosion du littoral suite à la fonte des pieds de glace).
• Au Groenland et en Islande, une nouvelle approche de la dynamique des marges conduit à une
nouvelle définition des limites océan-continent, réduisant significativement la proportion de lithosphère océanique dans l’Atlantique NE. Par extension ceci remet en cause les limites océan-continent dans 50% des espaces océaniques mondiaux.


S’agissant de l’Antarctique, les résultats des chercheurs montrent en particulier :
• L’intérêt de développer l’acoustique passive continue dans l’océan Austral, à partir de réseaux
d’hydrophones autonomes placés dans la colonne d’eau, permettant de quantifier sur le long-terme de
nombreux phénomènes d’origine géologique (sismicité), biologique (migrations des grands mammifères marins), cryogénique (déplacement des icebergs), et anthropique (navigation maritime).
• La complexité de la pompe biologique de carbone dans l’océan Austral où les systèmes productifs en
phytoplancton ne sont pas nécessairement les plus exportateurs de CO2 vers l’océan profond.
• Le développement spectaculaire des connaissances sur l’océan Austral, océan du silicium par excellence, mettant en évidence le rôle des organismes pélagiques silicifiés dans la pompe à carbone et la vitalité des éponges siliceuses dans les écosystèmes libérés de la présence des glaces.

Consulter le programme de la journée de lacement de l'axe transverse