Centre de Recherche Bretonne et Celtique

Centre de recherche
bretonne et celtique

Fonds Naig Rozmor

Description du fonds

Le fonds d’archives Naig Rozmor a été confié au Centre de recherche bretonne et celtique par donation en septembre 2015. Il est composé de seize boîtes contenant des documents de natures très diverses (dossier de presse, correspondance, nombreux manuscrits, photos) qui permettent d’avoir une vision d’ensemble de l’action de Naig Rozmor dans le milieu culturel breton.

Vous trouverez ci-contre l'inventaire de ce fonds.

Pour consulter les archives, il est nécessaire de s’adresser au personnel du Centre de recherche bretonne et celtique.

 

Biographie de Naig Rozmor

Anne Le Bian naît le 3 septembre 1923 à Saint-Pol-de-Léon. À 7 ans, elle entre à l'école ; c'est sa première rencontre avec le français. Sa famille possède trois livres, dont La vie des Saints. On en fait la lecture tous les soirs. Son envie de lire ne cesse de croître et les livres de la famille ne satisfont plus ce besoin. Il ne lui reste plus qu'une solution : écrire elle-même. Elle a 11 ans lorsqu'elle achève son premier « roman », l'histoire d'une famille de réfugiés pendant la Première Guerre mondiale.

Elle fait ses études secondaires à l'école Notre-Dame-de-Lourdes à Morlaix. Elle désire être enseignante mais la guerre met un terme à ses envies. Elle prépare donc par correspondance un diplôme de bibliothécaire.

En 1947, le 7 février, elle épouse Émile Corre à Guiclan. Ce dernier étant marin, elle quitte sa Bretagne natale pour le suivre dans ses affectations. Entre 1949 et 1963, elle a deux fils et une fille.

À 45 ans, elle revient s'installer à Roscoff. Dans les années 70, elle suit les cours par correspondance de Visant Seité pour apprendre à écrire le breton car si elle sait le lire et le parler, elle n'en maîtrise pas l'écriture. En 1969, elle devient animatrice radio pour l'ORTF, au sein de l'émission « Le breton en radio », elle aura ensuite sa propre émission hebdomadaire. Une émission où elle doit raconter une histoire en breton pour les adolescents. C'est pour cette raison qu'elle se met à écrire des contes qui seront publiés dans Bleun Brug et Brud Nevez. Après la fin de l'ORTF, elle collabore avec FR3 Bretagne.

En 1977, elle publie son premier ouvrage : Karantez ha karantez [Amour et amour], des poésies en breton. Elle prend pour nom de plume, Naig Rozmor. Une partie de ces poèmes sont érotiques : une grande première en littérature de langue bretonne. Une grande surprise dans ce Léon « « prude et religieux » dont elle n'hésite pas à qualifier les habitants de « talibans de l'Ouest ». Les raisons qui la poussent à se lancer dans cette aventure sont multiples, mentionnons seulement celles qu'elle confie au magazine Roscoff info : « Un jour un linguiste m'a dit que je perdais mon temps à écrire en breton, que notre langue n'était plus compétitive puisque au 20e siècle, nous n'avions même pas les mots nécessaires pour parler d'amour. C'était tellement vrai que j'ai voulu relever le défi... ». Pour y arriver, elle joue avec les périphrases et les métaphores, comme l'a fait avant elle le poète indien Rabindranath Tagore dont elle traduit l'œuvre en breton à la même période. Karantez ha karantez est pourtant plus qu'un défi linguistique relevé avec brio, on y découvre l'expression de ses sentiments les plus intimes, admiration du père, amour, amour physique, colère, tristesse, joie etc. Ligne conductrice qu'elle continuera de suivre dans Evel eun tantad, recueil de poésie paru en 1995.
Poésie, théâtre, histoires drôles et contes font partie de son oeuvre. Elle a écrit nombre de ses pièces en collaboration avec P-M Mevel ou bien encore Bob Simon. Elle est régulièrement invitée dans les classes pour témoigner en breton de son enfance, des travaux à la ferme etc. Ces traces d'un passé, pas si loin de nous, ont été scellées par un ouvrage accompagné d'un CD, Lavar din, Mamm gozh [Raconte moi, Grand-mère]. Ainsi, loin de se borner à un genre, son œuvre étendue et diverse s'adresse à tous les publics, animée par le souffle des passions et des convictions, même si sa préférence va à la poésie.
En 1980, elle est lauréate du Grand prix des écrivains bretons. Deux ans plus tard, elle prend part pour la première fois à un spectacle de la troupe Strollad ar Vro Bagan, Spontuz Circus. Puis, en 1984, elle est récompensée par le Prix de la Société des poètes et des écrivains de France.
En 1997, elle fait la part belle à la traduction, elle publie en breton une anthologie mondiale de poésie, parue sous le titre Mondo Cane, en collaboration avec un poète polonais habitant à Lublin, Jerzy Wielunski. Leur but était de publier une anthologie de l'amour faite de poèmes écrits par des opprimés. Cet ouvrage est également paru en français.
En 1998, on lui remet le Collier de l'Hermine, distinction remise aux personnes ayant oeuvré pour la culture bretonne. La ville de Roscoff lui décerne une médaille la même année.
En 2002, elle publie sa dernière pièce de théâtre, Les Johnnies de l’Hilda. Ce drame raconte l'histoire de familles, dont les hommes partent « faire la saison » en Angleterre, pour vendre leurs oignons. Les familles se séparent sur le quai, attendant déjà l'heure du retour, qui se fera dans la douleur, car l'Hilda, bateau des retrouvailles, fera naufrage.
En 2013, atteinte de la maladie d'Alzheimer et aidée par la psychologue Chantal Gombert dans le cadre d'une « thérapie relationnelle basée sur la peinture », elle rassemble ses forces pour un dernier ouvrage, Les fins dernières d'un poète, Finvezoù diwezhañ ur barzh, traits de plume, traits de pinceaux. Naig Rozmor s'éteint le 15 mars 2015 à la maison de retraite de Kersaudy à Saint-Pol-de-Léon.
 

Bibliothèque Yves-Le Gallo

UMS3554

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