Centre de Recherche Bretonne et Celtique

Centre de recherche
bretonne et celtique

Fonds Denise Guieysse-Luec (1907-1997)

Description du fonds

En 1998, trois cartons – deux contenant des ouvrages, le troisième des documents d’archives – ont été déposés au Centre de recherche et de documentation sur la littérature orale de Kernault. Récemment, ils ont été confiés au Centre de recherche bretonne et celtique, conformément à la volonté consignée dans son testament par Madame Denise Guieysse-Luec, la fille de Marcel Guieysse.

Ce fonds a été inventorié (PDF).

Pour consulter les archives, il est nécessaire de s’adresser au personnel du Centre de recherche bretonne et celtique.

Biographie de Denise Guieysse-Luec (1907 à Vire-1997 à Saint-Nazaire)

Née dans le Calvados où son père, Marcel Guieysse, est sous-préfet, elle vit à Paris dès les années 1920. C'est par son père qu'elle découvre Breiz Atao, dont elle devient lectrice assidue. Adolescente, elle suit des cours hebdomadaires de breton, puis fréquente René-Yves Creston, qu'elle persuade de créer à Paris une section de l'Union de la Jeunesse de Bretagne. Cette dernière est créée à l'hiver 1926 et Denise Guieysse en devient la secrétaire. Elle conserve ce poste lorsque l'Union devient Parti autonomiste breton en 1927, puis Parti national breton en 1931, et ce jusqu'en 1936. Entretemps, elle est devenue fonctionnaire à la statistique générale de la France (1928).
Propagandiste active, elle vend le Breiz Atao à la criée, anime des réunion, fait des conférences, puis se rapproche de Célestin Lainé et de sa société secrète Gwenn-ha-Du, ce qui lui vaut d'être inquiétée par la police après les attentats de 1932 et de 1936 (date à laquelle son père prend le secrétariat de section afin qu'elle puisse conserver son emploi).
À l'été 1939, elle aide Célestin Lainé à cacher les armes qu'il a obtenues de l'Allemagne et qui ont été débarquées à Locquirec. Lorsque la direction du PNB quitte la Bretagne pour Berlin fin août 1939, Denise Guieysse reste en France, mais elle ne rejoint pas son poste à la « statistique » pour rester en Bretagne et cacher les archives du parti. Pendant la « drôle de guerre », suspendue sans traitement de son emploi, elle devient marchande itinérante de tissu, ce qui lui permet d'assurer la liaison entre les militants éparpillés. Après le résurrection du parti, en juillet 1940, elle devient secrétaire et chauffeur de son père, qui est alors chef départemental du PNB pour le Morbihan. De plus en plus intransigeante dans ses positions, Denise Guieysse délaisse le PNB de Raymond Delaporte en se rapprochant de l'Unité Perrot, pour finalement rallier le Conseil National Breton ressuscité et dirigé par son père Marcel Guieysse, en liaison avec Lainé. Dans le même temps, elle devient sectataire de la foi celtique que Lainé élabore depuis 1934.
Survient le débarquement allié. Denise Guieysse quitte Rennes avec les femmes des soldats de l'Unité Perrot, le bureau du CNB et Roparz Hemon, le 1er août 1944. Après un court séjour à Strasbourg, puis tout le mois d'octobre à Berlin, la famille Guieysse rejoint le professeur Mülhausen à Oberkirschberg. Là, Denise Guieysse produit avec son père plusieurs lettres circulaires du CNB et participe à la tentative de publier un nouveau numéro de Breiz Atao sous la direction de Célestin Lainé, à destination des Bretons exilés en Allemagne et des militants restés en France. Arrêtée en mai 1945, la famille Guieysse est livrée aux autorités françaises et emprisonnée à Mannheim, Schirmeck, puis Ecouvres, avant d'être transférée à Rennes en octobre 1945. Jugée en juin 1946, Denise Guieysse est acquittée mais interdite de séjour en Bretagne et son jugement est assorti de quelques années d'indignité nationale. Grâce à des relations familiales, elle obtient un emploi de comptable qu'elle occupera jusque ses 75 ans. C'est elle qui aide Célestin Lainé à faire reparaître quelques livraisons de Breiz Atao après guerre. Denise Guieysse s'est mariée en 1972 à Ange Luec (1922-1987), un ancien soldat de l'Unité Perrot. Dans le début des années 1990, elle adhère au CRB-KRB (Convention régionale de Bretagne - Kenemglev evit Rannbarzh Breizh).

Références :
- Bouessel du Bourg Yann, « Interview de Denise Luec-Guieysse », Gwenn ha Du, n°110 et n°111, août-septembre et octobre-novembre 1995.
- Cadiou Georges, L’hermine et la croix gammée. Le mouvement breton et la collaboration, Rennes, Editions Apogée, 2006, p. 155.
- Carluer Jean-Yves, « Les protestants bretons pendant la Seconde Guerre mondiale: une minorité engagée? », Christian Bougeard, Bretagne et identités régionales pendant la Seconde Guerre mondiale : Actes du Colloque international (15-17 novembre 2001), Brest, Centre de recherche bretonne et celtique, 2002, p. 271-284.
- Carney Sébastien, Breiz Atao ! Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré : une mystique nationale (1901-1948), Rennes, PUR, 2015.
- Déniel Alain, Le mouvement breton : 1919-1945, Paris, Maspéro, 1976, p. 427-428.
 

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