Centre de Recherche Bretonne et Celtique

Centre de recherche
bretonne et celtique

Philippe Lagadec

Faculté des Lettres Victor-Segalen, 20 rue Duquesne - CS 93837 - 29238 Brest cedex 3

Téléphone : 33 (0).298.016.385
Courriel : philippe.lagadec@univ-brest.fr

Ingénieur d’études Chargé de ressources documentaires

Fonctions / Charges

  • Responsable administratif et financier du laboratoire
  • Organisation et participation aux projets et actions de l’UMS 3553 CNRS-UBO CRBC-Documentation (bibliothèque numérique, valorisation des fonds d'archives, dont archives sonores…)
  • Mise en œuvre et développement des opérations liées à l’acquisition, au traitement et à l’exploitation de l’information scientifique et technique
  • Gestion des ressources humaines
  • Coordination des rencontres scientifiques du laboratoire
  • Coordination de l’activité éditoriale du laboratoire

Projets

Mars 2019-novembre 2020, copilotage (avec Jean-Baptiste Pressac et Mannaig Thomas notamment) du projet « La République locale des lettres. Analyse du fonctionnement du jeu littéraire en Bretagne entre 1946 et 1977 », lauréat de l’appel à projets CollEx-Persée 2018

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le jeu littéraire (Bernard Lahire, La condition littéraire. La double vie des écrivains, La Découverte, 2006) en Bretagne entre dans une phase de refondation et de redéfinition de ses hiérarchies. Si une partie des acteurs restent les mêmes que pendant la guerre, leur implication et la hiérarchisation des structures du jeu se modifient considérablement après la Libération.

La numérisation et la production des métadonnées d’une sélection de documents (correspondance, manuscrits, organigrammes, comptes rendus de réunions...) issus des fonds d’archives des acteurs liés à ce mouvement, mettront à la disposition de la communauté scientifique des données permettant d’analyser les modifications qu’a connues le jeu littéraire en Bretagne à cette époque, en particulier, dans le cadre de la fondation de la fédération culturelle Emgleo Breiz. Il s’agit là de l’un des acteurs majeurs dans les domaines littéraire et culturel de cette époque – dont Pierre-Jakez Hélias est l’auteur le plus connu –, mais autour duquel gravitent bien d’autres acteurs. Les données constituées dans le cadre de ce projet, témoignant d’échanges interrégionaux, elles permettront de mettre en évidence des liens entre des acteurs de différentes régions françaises (par exemple, une correspondance importante avec Robert Lafont, une figure du mouvement occitan) et d’identifier des instances et des lieux de sociabilité au niveau national. Ce projet vise donc à définir le fonctionnement d’un jeu littéraire à partir des exemples breton et occitan et des liens qui les unissent entre eux, ainsi qu’avec d’autres acteurs des mondes littéraire, culturel et politique en Bretagne et ailleurs en France.

Page du projet Collex REBELLE

Depuis 2015, avec Laurent Le Gall et Mannaig Thomas, participation au projet de recherche « Qu'est-ce qu'un drapeau ? Sociohistoire du dévoilement politique »

- Lagadec Philippe, Le Gall Laurent, Simon Jean-François et Mannaig Thomas, « Passage à l’acte : arborer un drapeau tricolore après les attentats du 13-Novembre (Brest, 27 novembre 2015) », Ethnologie française, 2019/1 (N° 173), p. 45-62.

Dans le sillage de cette enquête réalisée en 2015, notre attention s’est portée sur une question en apparence toute simple : « Qu’est-ce qu’un drapeau ? ». Abonné aux stades, le drapeau national (mais pas que) ne serait-il qu’un élément folklorisé d’un rapport pour le moins ténu à l’idée que l’on se fait de la nation. C’est, en nous appuyant sur cette hypothèse banale que nous avons entrepris une enquête orale, dans le Finistère, en Bourgogne, à Nice. Cette enquête n’en est qu’à ses débuts. S’il nous a paru important d’engranger des entretiens avec des acteurs du pavoisement qui le firent au moment de la Coupe du monde de football (Moscou, 2018), il nous semble essentiel de poursuivre ce travail de terrain dans plusieurs directions : avec des « quidams » comme avec ceux pour qui le drapeau est doté d’une valeur quasi performative (porte-drapeaux de certaines associations, militants…). Compte tenu du matériau que nous avons accumulé (près d’une centaine d’entretiens), le drapeau est à l’instar du bulletin de vote, « une évidence et une énigme ». De l’objectivation des significations dont on le dote, à l’aune d’un questionnement valorisant les entrepreneurs d’identité nationalitaire – ce qui suppose que nous nous intéressions aux drapeaux locaux, régionaux –, nous espérons des résultats contribuant à une meilleure compréhension de ce qui fait nation.

2013-2015, copilotage (avec Laurent Le Gall, André Rousseau et Mannaig Thomas) du groupe de recherche « Produire la Bretagne »

La naissance de ce projet est directement liée à la publication du volume collectif de la revue Ethnologie française (2012/4) « Modernité à l’imparfait. En Bretagne » qui a rendu compte de quelques mythologies armoricaines auscultées à partir d’une dizaine d’entrées. Objet piégé tant les analyses divergent fréquemment quant à sa définition, ses approches ou aux desseins que telle ou telle de ses études sous-tend plus ou moins ouvertement, l’identité y a été une trame en filigrane. Partant du constat que tout n’aurait pas été écrit sur l’identité bretonne, ses légitimations et ses utilisations ou, plus exactement, qu’une approche critique de sa fonction dans la fabrication d’un « nationalisme soft » serait quelquefois demeurée en friche, nous avons pensé qu’un projet collectif, qui permettrait de faire appel aux compétences disciplinaires de chaque contributeur (une vingtaine de chercheurs ou d’enseignants-chercheurs émargeant à différentes disciplines : historiens, sociologues, linguistes, géographes, ethnologues …), serait à même de porter quelques fruits.  Parler de « nationalisme soft » ne suppose pas d’emblée d’en postuler sa vérité ; il appelle surtout à en questionner les apports possibles et les limites certaines en s’intéressant prioritairement aux acteurs qui, à l’intérieur d’un espace régional entendu d’abord comme une addition de sphères (économique, culturelle politique) plus ou moins reliées en fonction des concurrences et des collusions de ceux qui en sont les porte-parole et les intermédiaires, participent, plus ou moins explicitement et plus ou moins consciemment, à son élaboration.

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