Centre de Recherche Bretonne et Celtique

Centre de recherche
bretonne et celtique

Le beau XVIe siècle en Bretagne - B16B

Description du projet :

Les arts de la couleur sont un des domaines de l’histoire de l’art que l’on associe peu à la Bretagne. La province est pourtant riche d’oeuvres conservées et il apparaît nécessaire de construire un projet de recherche global touchant aux différentes techniques (vitrail, peinture murale, enluminure…) sans être enfermée dans un cadre trop restreint, sur le plan de la chronologie ou de la géographie. La région bretonne connaît au XVIe siècle un changement majeur, celui de son rattachement effectif au royaume de France en 1532, qui a été largement étudié par de nombreux historien·ne·s. Pour autant, les histoires de la Bretagne ne se limitent pas, sous la plume d’Alain Croix ou de Joël Cornette, par exemple, à cet événement historique. Une période de prospérité économique touche aussi bien la province que le reste du Royaume et se prolonge bien au-delà de 1532 voire de la fin du XVIe siècle.

L’étude de l’évolution artistique de la Bretagne n’a pourtant pas attiré les spécialistes, si ce n’est quelques études ponctuelles ou très succinctes - et parfois anciennes. André Mussat y a consacré un petit opuscule, publié en 1961 , référence obligée, encore aujourd’hui, pour qui se lance dans l’étude de cette période pour la province. Les questions demeurent toutefois nombreuses. L’image d’une Bretagne reculée, imperméable aux « nouveautés » - entendez par là italiennes - a longtemps été développée et, malgré des contrepoints plus ou moins récents, perdure. André Mussat rejetait cette idée dès 1961, tout comme après lui Alain Croix, qui abordait la question en tant qu’historien et nuançait les choses . Si la Renaissance artistique bretonne a été abordée par des chercheuses ces dernières années, c’est surtout dans le domaine de la sculpture. Ainsi Sophie Duhem en 1997 se penchait sur les sablières du XVe au XVIIe siècle  ; plus récemment Emmanuelle Le Seac’h a travaillé sur les sculpteurs de Basse-Bretagne du XVe au XVIIe siècle  et Florence Piat a étudié les stalles bretonnes réalisées aux XVe et XVIe siècles . Dans le domaine pictural, Guylaine Le Kernec a consacré son DEA à l’étude des lambris peints (XVIIe-XIXe siècles)  et Maud Hamoury a réalisé une thèse sur la peinture religieuse en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles , publiée en 2010. La question picturale reste donc peu abordée pour les périodes précédant le XVIIe siècle, ce qu’un rapide aperçu des sources comme des oeuvres conservées peut suffire à expliquer.

Or il est souligné par de nombreux auteur·e·s l’extraordinaire richesse des vitraux bretons du XVIe siècle (surtout de la Basse-Bretagne), avec une période particulièrement féconde s’étendant de 1490 à 1550 . En 1979, Roger Barrié consacrait une thèse aux vitraux de Cornouaille, thèse qui fait toujours autorité . Si le Corpus Vitrearum, sous la direction de Françoise Gatouillat et Michel Hérold, a livré récemment un volume consacré à la Bretagne, des recherches approfondies et suivies doivent être entreprises sur les différents ensembles de la région, et notamment de la Basse-Bretagne. Ces recherches ne peuvent se faire qu’en prenant en compte les autres productions peintes (comme les lambris ou les peintures murales, récemment mises à l’honneur lors d’un colloque organisé à Rennes en 2016). En outre, les dimensions économiques ou encore de réseau et de commandes sont essentielles pour comprendre la production vitrée bas-bretonne du XVIe siècle. Pour cela, une ouverture aux autres régions du Royaume comme de l’Europe sont indispensables (Flandres, Angleterre, Espagne, Italie).

La question des tableaux (sur bois ou toile) se pose évidemment avec force car la production n’en est pas connue. Les raisons de cette lacune sont à explorer elles aussi. Les liens avec les autres productions artistiques (sculpture, architecture, enluminure, gravure) représentent dans ce cadre une piste fertile, qui permettra certainement de mieux saisir les relations nouées par les commanditaires et les artistes bretons avec les autres provinces européennes.

Retrouvez le projet complet ici.

Pour suivre l'évolution du projet : https://b16b.hypotheses.org/

Responsable du projet :

Tania Lévy, MCF en histoire de l’art moderne, UBO