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3 nouveaux lauréats Marie Curie European Fellowships à l’UBO

20/03/2018

L’UBO accueillera, dès Septembre 2018, 3 nouveaux lauréats individuels Marie Curie. Ces 3 candidats ont reçu fin janvier la notification de la Commission Européenne de leur financement de bourses post-doctorales et seront donc bientôt à l’UBO pour mettre en œuvre des projets de recherche et de développement de carrière de 24 mois.


 Ces trois projets ont bénéficié du soutien de la Plateforme projets européens (2PE) pour leur montage :

Projet CIOP ‘Centrifugal Instability in the Orkney Passage’

Superviseur : Jonathan GULA
Laboratoire d’accueil : Laboratoire d'Océanographie Physique et Spatiale LOPS – IUEM
Collaboration : Alberto Naveira Garabato (Southampton), Sonya Legg (Princeton) and Stephen Griffies (NOAA/GFDL).

Dans un contexte global de changement climatique, il est important d’améliorer la précision des modèles climatiques. Ces modèles sont en constante amélioration, mais ils nécessitent toujours le paramétrage de nombreux processus à des échelles non résolues. Un de ces processus, présent autour des topographies abruptes dans l’océan profond, est l’instabilité centrifuge. C’est un processus turbulent qui va générer du mélange à petite échelle, et potentiellement impacter la circulation océanique mondiale en modifiant les propriétés des eaux denses profondes.

Le projet CIOP vise à mieux comprendre la dynamique de ce processus turbulent, évaluer son impact sur la circulation et améliorer sa représentation dans les modèles numériques d’océan et de climat. Le projet utilisera des observations effectuées dans le Passage d’Orkney dans le cadre de la campagne DynOPO et de nouvelles simulations réalistes à très haute-résolution de cette région. La situation du Passage d’Orkney en fait un endroit particulièrement intéressant puisqu’il est emprunté par les eaux profondes formées dans la mer de Weddell, qui vont ensuite nourrir la circulation océanique profonde. Les observations et les simulations permettront d’identifier la présence de l’instabilité centrifuge ou d’autres processus turbulents concurrents et de mieux quantifier leur importance en évaluant les flux turbulents qui vont impacter les propriétés des masses d’eaux au travers ce passage.

Projet ECOFOULPEST ‘From marine molecules to eco-friendly tools for agriculture’

Superviseur : Claire Hellio
Laboratoire d’accueil : LEMAR –IUEM

Si l'utilisation d'un large éventail de pesticides a augmenté le rendement des cultures, contrôlé les vecteurs de maladies et réduit les pertes après récolte, il n’en demeure pas moins que pratiquement tous les pesticides sont des poisons et certains d'entre eux représentent un danger à long terme pour l'environnement et les humains en raison de leur persistance dans la nature et les tissus corporels. Idéalement, un pesticide doit être mortel pour les ravageurs ciblés, mais pas pour les espèces non ciblées, y compris l'homme.

Dans la recherche de nouvelles alternatives « vertes », le principal objectif du projet ECOFOULPEST est d'évaluer le potentiel d'organismes marins spécifiques (i.e. les éponges essentiellement) à produire des prototypes d'agents agrochimiques respectueux de l'environnement, en particulier des herbicides et des fongicides, et d'évaluer plus avant les résultats potentiels. Parallèlement, le postdoc étudiera la voie biosynthétique du composé naturel ainsi que son rôle écologique vis-à-vis d'autres organismes marins.

Projet SHIPWORM ‘A transregional and interdisciplinary study of the societal impact of the shipworm epidemic in the North Sea region in the eighteenth century’

Superviseur : Pierrick Pourchasse (Professeur Histoire moderne - CRBC) pour la composante historique
Collaboration : Jennifer Coston-Guarini (LIA BEBEST-IUEM) pour les aspects biologiques

Ce projet de recherche s’intéresse à l'impact de l'épidémie de ver de mer sur les sociétés côtières le long de la mer du Nord au XVIIIe siècle. Le teredo navalis, mieux connu sous le nom de ver de mer, est un mollusque qui s’amasse sur le bois flottant ou immergé dans un milieu marin. Hébergé dans les coques en bois des Indiens de l'Est de retour, ce ver a été introduit en Europe vers 1730. En quelques années, il avait détruit des structures en bois artificielles tout le long de la côte de la mer du Nord.

L'Europe du Nord-Ouest est alors confrontée à une catastrophe écologique: les Pays-Bas sont au bord de l'inondation alors que les vers marins détruisent les digues en bois, que l'infrastructure portuaire coûteuse est irréparable et que de nombreux navires doivent recevoir de nouvelles coques pour rester à flot. Les solutions et les réformes mises en œuvre pour minimiser les effets de ce ver étaient multiples et souvent lourdes de conséquences. En tant que tel, l'impact sociétal du ver de mer a été très large, car il a engendré - pour ne citer que quelques exemples - un fanatisme religieux qui a entraîné des exécutions massives d'homosexuels en République néerlandaise, des réformes politiques dans le sud des Pays-Bas, un intérêt scientifique pour la biologie marine, un nouvel équilibre international des pouvoirs et des techniques innovantes d'optimisation de la coque des navires.

Le projet SHIPWORM est basé sur la recherche archivistique et sur une approche interdisciplinaire en collaboration avec des biologistes marins et des ingénieurs hydrodynamiciens. Des panneaux représentant des coques de navires gainés de cuivre, enduits de goudron et non revêtus de cuivre seront contaminés par des vers de mer et seront ensuite testés dans une citerne de remorquage pour mesurer l'étanchéité des navires. L'épidémie de la tordeuse des navires est une crise environnementale qui a eu un impact important sur la région de la mer du Nord.

En analysant plusieurs études de cas, cette recherche vise à montrer comment et pourquoi ces sociétés ont réagi comme elles l'ont fait, pourquoi certaines se sont retrouvées dans une impasse et pourquoi d'autres ont pu renverser la vapeur et profiter de cette crise par l'innovation.

Si vous avez des questions sur les actions Marie Curie, n’hésitez pas à contacter la 2PE - Plateforme Projets Européens : delphine.muths@2PE-bretagne.eu