Site Model

The first open-access digital encyclopaedia on sociability in Europe throughout the long-eighteenth century

Site Model

"Représenter la sociabilité urbaine de Hogarth à Boilly", musée Cognacq-Jay

Image

Next session: 22 June 2022
« De la rue au Salon, émergence de sociabilités nouvelles dans le Paris de Boilly »

Représenter la sociabilité urbaine de Hogarth à Boilly / Representing urban sociability from Hogarth to Boilly
 

 Nouveau cycle de conférences (printemps-automne 2022)
organisées par le GIS Sociabilités, en parallèle de l'exposition

‘Boilly. Chroniques parisiennes (1761-1845)’
(16 février - 26 juin 2022)
au Musée Cognacq-Jay
8 rue Elzévir
75003 PARIS

Cycle co-organisé par Alain Kerhervé (UBO Brest) & Frédéric Ogée (Université de Paris)

Les séances ont lieu le vendredi de 17h à 19h.

En présentiel dans la salle des conférences du musée, inscription gratuite et obligatoire, via le site du musée (rubrique Agenda).
+ En distanciel via Zoom, inscription obligatoire, Contact : alain.kerherve@univ-brest.fr

Séance 1 : VENDREDI 25 MARS

Mark PHILP (Warwick University) & Pascal DUPUY (Université de Rouen):

"Comprendre la caricature britannique : contexte et esthétique. Autour de l'invasion française en Angleterre (1789-1815)" - Discutante: Kimberley Page-Jones (UBO Brest)

Abstract:
The authors are interested in exploring representations associated with the threatened invasions of 1797-8 and 1803-5 and with the characterisations of French and British military and machines. This is a period of intense hostilities and deep anxiety about the prospect of British defeat - and we are interested in exploring how this medium of representation works with both comic and serious representations to contemporary events.

Pascal Dupuy est maître de conférences à l'université de Rouen Normandie. Ses recherches portent principalement sur la caricature française et européenne aux 18 et 19e siècles et sur l'écho de la Révolution française dans les îles britanniques. Ses dernières publications : La caricature sous le signe des Révolutions. Mutations et permanence (18-19e siècles) (Rouen: PURH, mars 2022), en collaboration avec Rolf Reichardt ; La France en 1789. Entrer en révolution (Paris: HD Histoire, 2021) ; Le temps des cannibales. La Révolution française vue des îles britanniques (Paris: Vendémiaire, 2019), en collaboration avec Harry Dickinson.

Mark Philp is professor of history and politics at the University of Warwick, and an Emeritus Fellow of Oriel College. He is Chair of the Advisory Board to the Committee of Standards in Public Life and has worked extensively in the fields of social, cultural and political history 1750-1850, political theory and the history of political thought, and in political ethics and political corruption. Recent publications include Radical Conduct: Politics, Sociability and Equality in London 1789-1815 (Cambridge University Press, 2020); Reforming Political Ideas in Britain: Politics and Language in the shadow of the French Revolution (Cambridge, 2013); and with Joanna Innes eds., Re-imagining Democracy in the Age of Revolutions: America, France, Britain, Ireland 1750-1850 (Oxford, 2013) and Re-imagining Democracy in the Mediterranean (Oxford, 2018). He has published editions of Paine, Godwin, and Mill for Oxford World Classics.

Séance 2 : VENDREDI 22 AVRIL

Martial GUEDRON (Université de Strasbourg) & Laurent BARIDON (Université Lumière Lyon 2):

"Satire des sociabilités chez L.-L. Boilly et J.J. Grandville : sources anglaises et caractérisations physionomiques"

Résumé :
Louis-Léopold Boilly (1761-1845) et J.J. Grandville (1803-1847), qui appartiennent à deux générations différentes, ont en commun d’avoir souvent figuré des vues d’atelier, de rues, de tavernes ou de théâtres. Elles évoquent les sociabilités propres aux différents milieux représentés en utilisant une caractérisation des personnages au moyen de leur costume, de leur attitude ou de leur physionomie. Ces scènes, qui ne s’inscrivent pas dans les genres artistiques nobles de leur époque, proposent une forme d’art social avant la lettre, en ce qu’elles reflètent la vie sociale citadine et visent un public moins élitaire que celui de la « grande peinture ». Cependant, leur caractère réaliste ne doit pas faire oublier que ces deux artistes puisent dans les corpus de la peinture et de la gravure septentrionale ainsi que dans l’estampe satirique anglaise dont Hogarth, Rowlandson, Gillray ou les Cruikshank étaient des représentants connus dans la France du tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

Laurent Baridon est professeur à l’Université Lumière Lyon 2 et chercheur au LARHRA (UMR 5190). Historien de l’art et de l’architecture, il étudie depuis plusieurs années l’histoire de la satire visuelle. Il a notamment publié L’imaginaire scientifique de Viollet-le-Duc (L’Harmattan, 1996), L’art et l’histoire de la caricature (Citadelles & Mazenod, 2021), Un atlas imaginaire : cartes allégoriques et satiriques (Citadelles & Mazenod, 2011) et De Topor à Grandville, le fantastique des dessinauteurs (INHA, 2022). Il a co-organisé plusieurs expositions avec Martial Guédron, dont celle consacrée à "Jean-Jacques Lequeu, Bâtisseur de fantasmes" (musée du Petit Palais, Paris, cat. expo. BnF/Norma, 2018).

Martial Guédron est professeur d’histoire de l’art à l’Université de Strasbourg, membre du programme de recherche « Didactique tangible » de la HEAR et directeur de la collection « Cultures visuelles » aux PUS. Il étudie les liens entre sciences et arts à travers les représentations du corps humain, tant du côté de l’idéalisation que de celui du trouble, du grotesque et du monstrueux. Auteur d’articles et de plusieurs ouvrages traitant de ces questions, il a été commissaire scientifique des expositions "Homme-Animal. Histoires d’un face à face" avec Laurent Baridon (musées de Strasbourg, 2004), "Beautés Monstres. Curiosités, prodiges et phénomènes avec Sophie Harent" (Nancy, MBA, 2009), "Rire à pleines dents. Six siècles de satire graphique avec Thérèse Willer" (Musée Tomi Ungerer, Centre international de l’Illustration, 2021).

Séance 3 : VENDREDI 20 MAI

Claire BETELU (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) :

"Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey. Promotion d’une nouvelle communauté d’artistes ?"

Discutante : Florence Magnot-Ogilvy (Université Rennes 2)

Résumé :
En 1798, Louis-Léopold Boilly expose au Salon Réunion d’Artistes dans l’atelier d’Isabey. Le peintre, connu pour ses talents de portraitiste, soumet au jury rétabli cette année-là, une composition ambitieuse : trente et une figures masculines sur un fond élégant étrusque dans un format réduit caractéristique des scènes de genre. Séduit, le public loue le réalisme des portraits et se plait à reconnaître les figures connues de la scène artistique parisienne contemporaine, autant des beaux-arts que des arts de la scène.
Représentation des liens d’amitié ? de connexions artistiques ou politiques ? Boilly joue des codes de la peinture et du théâtre afin de promouvoir une communauté qui se reconstruit sous le Directoire.
Dans le cadre de cette conférence, nous reviendrons sur l’étude du processus de création du tableau qui éclaire le projet iconographique de Boilly. Dans un deuxième temps, nous tâcherons d’expliciter les liens qui existent entre ses différents acteurs de la scène artistique et de comprendre la place de Boilly au cœur de ce réseau.


Claire Betelu
est Maître de conférences, Paris 1 Panthéon Sorbonne et Conservatrice-restauratrice de peinture. Elle est membre de l’équipe d’accueil Histoire Culturelle et Sociale de l’Art (HiCSA) et directrice de la mention CRBC à Paris 1. Conciliant ses activités de recherche et de restauration de peinture, Claire Betelu étudie les processus de création et de dégradation des œuvres peintes pour les périodes moderne et contemporaine. Elle est à l’initiative du projet PictOu qui se propose de documenter la technique picturale de Jean-Baptiste Oudry.

Séance 4 : MERCREDI 22 JUIN

"De la rue au Salon, émergence de sociabilités nouvelles dans le Paris de Boilly"

- Francesca Whitlum-Cooper (National Gallery, London) : « Boilly, les boulevards, et la sociabilité des rues »

Résumé :
Tout au long de sa carrière, Louis-Léopold Boilly a été le témoin de la vie parisienne. De sa première parade des Parisiens (des jeunes et des vieux, des élégants et des pouilleux, des sans-culottes et des soldats) dans La Marche incroyable (vers 1797), à son dernier grand tableau du boulevard, Le Scène de carnaval (1832), Boilly dépeint les scènes de rue. Surtout, il s’intéresse au spectacle de la foule.
Observation piquante de la vie humaine ? Regard humoristique sur ses contemporains ? Ou thématique parfaite pour montrer la précision détaillée de son pinceau ? Cette conférence évoquera la fascination de Boilly pour les divertissements et les gens du boulevard, nouveau lieu de sociabilité à Paris dans les premières décennies du XIXe siècle.

- Etienne Bréton (Saint Honoré Art Consulting) : « 1800, Boilly face à un nouveau marché de l’art contemporain »

Résumé :
Lors du Salon de 1800, Louis-Léopold Boilly, confronté à une société qui a changé, repense sa stratégie quant à ses choix de sujets et sa façon de gagner des parts de marché. Innovations originales par rapport à ses collègues artistes, il propose au Salon, un nouveau modèle de portrait et, hors de tous les genres connus et acceptés : un Trompe l’œil. Deux années plus tard, il réalise ce qui est probablement le premier essai de lithographie en France.
Résultat de ces audaces, il prend une place quelque peu parallèle dans le monde de la création artistique de son temps avec un succès sans conteste.

Dr Francesca Whitlum-Cooper est Associate Curator of Paintings 1600–1800 à la National Gallery de Londres, où elle a assuré le commissariat des expositions “Poussin and the Dance” (2021), “Boilly: Scenes of Parisian Life” (2019) et “Cagnacci’s Repentant Magdalene: A Baroque Masterpiece from the Norton Simon Museum” (2017). Elle a reçu son doctorat du Courtauld Institute of Art (2015), écrivant une thèse au sujet du pastel au dix-huitième siècle.

Etienne Bréton est expert en tableaux anciens et du XIXème siècle et le président de la société d’expertise et de conseil : Saint Honoré Art Consulting basée à Paris. Il est aussi, avec Pascal Zuber, le spécialiste de l’œuvre de Louis-Léopold Boilly et récent auteur du catalogue raisonné de l’artiste (2019). Commissaire scientifique de l’exposition Boilly, chroniques parisiennes au musée Cognacq-Jay en 2022.