UBO - Université de Bretagne Occidentale
 
Les Penicillum

Généralités sur le genre Penicillium :

Penicillium

Le nom Penicillium est donné à un genre de champignons imparfaits (Deutéromycètes) qui comprend environ 300 espèces, réparties en quatre sous genres.
Les formes parfaites (téléomorphes) de certaines d'entre elles sont connues, et appartiennent à l'embranchement des Ascomycota (genres Eupenicillium et Talaromyces notamment).

Ce sont des contaminants fréquents de nombreux substrats, notamment des aliments.
Certains d'entre eux produisent des métabolites toxiques pour les mammifères.

 

NB : depuis quelques années la nomenclature des Penicillium a été modifiée.

Conidiophore de Penicillium

 

Morphologie :

Les Penicillium sont caractérisés par la présence de conidiophores dressés, plus ou moins ramifiés, terminés des phialides.
Les phialides sont disposées en verticilles à l’extrémité des conidiophores. Elles sont insérées directement (Penicillium monoverticillés) ou par l’intermédiaire d’une rangée de métules (Penicillium biverticillés) ou de deux rangées successives de métules et rameaux (Penicillium triverticillés) sur les conidiophores.
Les phialides sont serrées les unes contre les autres, l’ensemble donne une image de pinceau (ou pénicille).
Les conidies produites en grand nombre par les phialides restent en chaîne et contribuent à donner à la tête conidienne un aspect en pinceau.

Penicillium

 

Physiologie :

La température optimale de croissance des Penicillium se situe le plus souvent entre 20°C et 25°C. De ce fait, leur distribution est plutôt tempérée.

 

Intérêt :

Les Penicillium sont très répandus dans l'environnement, ce sont des contaminants alimentaires fréquents, mais certaines espèces sont utilisées par l’industrie : P. roqueforti, P. camemberti, P. nalgiovense.
Outre la dégradation du produit la gravité de leur incidence sur les aliments dépend de leur aptitude à produire ou non des métabolites toxiques.

Certaines espèces produisent des métabolites d'intérêt médical ; Fleming en 1928, a été à l’origine de la découverte de la pénicilline à partir d’une souche de P. rubrum (ancien nom).

Très peu d'espèces sont incriminées en pathologie humaine.
Talaromyces marneffei (ex P. marneffei), champignon dimorphique rencontré exclusivement en Asie du Sud-Est (Chine du Sud, Thaïlande, Laos, Birmanie, ...) est particulièrement redoutable pour l’immunodéprimé. Il est à l’origine d’infections systémiques touchant la peau et les organes profonds (foie, rate, ganglions, os, ...).

 

Classification :

Les Penicillium sont les formes asexuées de plusieurs espèces d'Ascomycètes.
Leur position systématique est : Fungi, Ascomycota, Pezizomycotina, Eurotiomycetes, Eurotiomycetidae, Eurotiales, Trichocomaceae
Pour la plupart des espèces la forme sexuée n'est pas connue ; les formes sexuées connues sont rattachées à différents genres notamment Eupenicillium ou Talaromyces.

Depuis une dizaine d'années la systématique des Penicillium, comme celle des autres groupes de Deutéromycètes, a considérablement évolué en fonction des nouvelles données apportées par les techniques de la biologie moléculaire ; et il est vraisemblable que cette évolution continuera. La nomenclature a également été modifiée. 
Jusqu'à récemment l'identification et la classification des Penicillium étaient basées sur leurs caractères morphologiques et sur leurs caractères physiologiques (croissance sur différents milieux et à différentes températures- Méthode de Pitt). Ces critères sont maintenant supplantés par les méthodes basées sur l'études des séquences d'ADN, mais elles restent valables dans un grand nombre de cas, et permettent au minimum de classer les espèces dans différents sous-groupes.

 

La classification de Pitt (1988) prend en compte la ramification des conidiophores et la croissance sur différents milieux et à différentes températures.

 

Note :

Il faut rappeler que sous le nom de genre Penicillium on regroupe un ensemble de « champignons imparfaits » ne présentant pas de reproduction sexuée ; comme pour tous les Deutéromycètes la notion d’espèce est donc artificielle car elle ne prend pas en compte le critère de « parenté génétique ». En fait il faut considérer "les Penicillium" comme un morpho-genre.


Depuis quelques années la nomenclature des Penicillium a été modifiée.
En 2011 lors du congrès de l'ICN (International Code of Nomenclature) à Melbourne le principe de "one fungus : one name" a été adopté (Norvell et al. 2011). Ces nouvelles règles de nomenclature ont une grande incidence pour les Penicillium et les Aspergillus pour lesquels la question de l'utilisation du nom de la forme sexuée ou de celui de la forme non sexuée a été l'objet de nombreux débats.
En ce qui concerne les Penicillium, l'ICPA (International Commission on Penicillium and Aspergillus) a décidé l'incorporation du genre Eupenicillium et de plusieurs autres genres de formes sexuées comme synonymes de Penicillium (Houbraken & Samson 2011) et le transfert de la plupart des espèces de l'ancien sous-genre Biverticillium dans le genre Talaromyces (Samson et al. 2011).

 

 

Fiches descriptives :

Sur ce site, nous ne décrivons que les principales caractéristiques des espèces les plus courantes dans les aliments. Des données plus détaillées sont disponibles dans les ouvrages spécialisés (Pitt, 1979, 1988 ; Samson & Pitt, 1985 ; Samson et al., 2004 ; Domsch et al., 1980).
Les aspects culturaux de chaque espèce sont illustrés sur le milieu M2YA incubé à 25°C , de manière à se rapprocher des conditions de l'analyse mycologique courante.
Par ailleurs, des renseignements succincts concernant l'écologie, la toxicité et le pouvoir pathogène de chaque espèce sont indiqués.

 

Accédez à la liste alphabétique des espèces.

 

Bibliographie

  • Beuchat, L.R. (1987). Food and beverage mycology. 2nd ed., AVI Publishing Co., Inc. Westport, Connecticut, 527 p.
  • Botton, B., Breton, A., Fevre, M., Guy, Ph., Larpent, J.P., Veau, P. (1985). Moisissures utiles et nuisibles d'importance industrielle. Masson biotechnologies. Paris.
  • Domsch, K.H., Gams, W., Anderson, T.H. (1993). Compendium of soil fungi. Vol. I & II, reprint IHW - Verlag. Eching, Germany, 859 + 405 p.
  • Houbraken J. & Samson RA. (2011). Phylogeny of Penicillium and the segregation of Trichocomaceae into three families. Studies in Mycology 70: 1–51.
  • Norvell, L.L. (2011). Fungal nomenclature. 1. Melbourne approves a new Code. Mycotaxon 116: 481–490.
  • Pitt, J.I. (1979). The genus Penicillium and its teleomorphic states Eupenicillium and Talaromyces. Academic Press, London, New York, 634 p.
  • Pitt, J.I. (1988). A laboratory guide to common Penicillium species (2nd ed.). Commonw Scientif Ind Research Organisation, North Ride Australia, 197 p.
  • Pitt, J.I. & Hocking A.D. (1997). Fungi and food spoilage (2nd ed.). Academic Press, London, 593 p.
  • Samson, R.A & Pitt, J.I. (eds., 1985). Advances of Penicillium and Aspergillus systematics. Plenum Publ., London & New-York, 483 p.
  • Samson, R.A., Hoekstra, E.S., Frisvad, J.C. (eds., 2004). Introduction to food- and airborne fungi (7e ed.). Centraalbureau voor Schimmelcultures, Utrecht, The Netherlands. 389 p.
  • Samson RA, Yilmaz N, Houbraken J, Spierenburg H, Seifert KA, Peterson SW, Varga J, Frisvad JC. (2011). Phylogeny and nomenclature of the genus Talaromyces and taxa accommodated in Penicillium subgenus Biverticillium. Studies in Mycology 70:159–183.

 

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