Conférence de Benoît Jeanjean , Professeur de latin à l'UBO.
En 394-395, Augustin, alors simple prêtre, entame une correspondance avec Jérôme qu’il interroge sur deux points : son interprétation de la querelle survenue à Antioche entre saint Pierre et saint Paul, querelle rapportée par ce dernier dans son Épître aux Galates (Ga 2, 11-14), et son entreprise de nouvelle traduction de la Bible directement sur l’original hébreu et non sur la traduction grecque dite des Septante. Mais cette correspondance s’engage sur de mauvaises bases, puisque les premières lettres d’Augustin ne parviennent pas à Jérôme. Lorsque celui-ci reçoit enfin les lettres d’Augustin, il leur répond avec froideur et distance, pour ce qui est de la forme, sans répondre aux questions qui lui sont posées. On met d’ordinaire l’attitude de Jérôme sur le compte de son caractère irascible et de son orgueil d’exégète qui refuserait toute contradiction. Mais une autre explication est possible si l’on met cette première correspondance, qui s’étend de 394 à 405, en regard de la situation particulière de Jérôme à la même période.
Contact : benoit.jeanjean@univ-brest.fr