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Programme 2021


CYCLE DE CONFERENCES - AUTOMNE 2021

Sociabilité et libertinage au siècle des Lumières

Le cycle de conférences du GIS se poursuit cet automne ...

dans la continuité de l'exposition L'Empire des sens, de Boucher à Greuze au Musée Cognacq-Jay (19 mai - 18 juillet 2021)

Séances 3 et 4 :

- Vendredi 15 octobre (17h-19h): Frédéric Ogée (Université de Paris): "Plaisirs des sens, plaisirs de l’imagination dans l’art et la littérature anglaise du 18ème siècle"

Résumé:
Dans le sillage de sa « Glorieuse Révolution » de 1688, l’Angleterre inaugura le siècle des Lumières en découvrant le plaisir d’un certain nombre de libertés : « régler le pouvoir des rois en leur résistant » (Voltaire), publier sans entrave, ré-évaluer l’héritage des Anciens, regarder la Nature à travers le prisme de Newton plutôt que celui des prêtres, entreprendre à crédit, célébrer la sensibilité et l'imagination. Les Anglais ont ainsi cherché de nouveaux équilibres entre la liberté de l’individu—son goût, sa subjectivité, sa perception du monde, son « progrès » —et les nécessités de la sphère collective, qu’elle soit publique ou privée. Ecrivains et artistes se sont vite employés à représenter cette nouvelle sociabilité, pour la modéliser et la polir autant que pour la promouvoir, au travers de remarquables expériences littéraires et picturales où les personnages se meuvent et s’émeuvent sous l’œil complice du spectateur-lecteur. Influencés par la philosophie empiriste ils font l'expérience du plaisir des sens pour accéder à la connaissance, d’eux-mêmes et du monde. La présente conférence permettra d’évoquer cette remarquable période de créativité qui, de Daniel Defoe et William Hogarth à Jane Austen et Thomas Lawrence, contribua au triomphe de la Grande-Bretagne sur la scène du monde.

Discutante: Sophie Mesplède (Université Rennes 2)

Frédéric Ogée est professeur de littérature et d'histoire de l'art britanniques à l'Université de Paris. Ses principaux domaines de recherche sont l'esthétique, la littérature et l'art au cours du long 18ème siècle (1660-1815), sur lesquels il a souvent donné des conférences dans des universités européennes, nord-américaines et asiatiques. Commissaire de l’exposition sur le peintre anglais William Hogarth au Musée du Louvre en 2006, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment Diderot and European Culture, un recueil d'essais (Oxford: 2006, réédité 2009), J.M.W. Turner : Les paysages absolus (Hazan, 2010) et Jardins et Civilisations (Valenciennes, 2019), suite à une conférence organisée à l'Institut Européen des Jardins et Paysages de Caen. Il écrit actuellement une série de quatre monographies sur quelques grands artistes anglais (Thomas Lawrence, J.M.W. Turner, Thomas Gainsborough et William Hogarth) pour les éditions Cohen & Cohen (Paris), à paraître entre 2022 et 2025. De 2014 à 2017, il a été membre du conseil scientifique du musée Tate Britain à Londres et, depuis 2014, est membre du Conseil Scientifique de la Ville de Paris.
 

Conférence en présentiel dans la limite des places disponibles, entrée libre avec pass sanitaire

Musée Cognacq-Jay
Salle des conférences
8 rue Elzévir
75003 PARIS

ET en distanciel via Zoom

Participation libre sur inscription obligatoire
Contact: alain.kerherve@univ-brest.fr

La conférence sera précédée à 16h30 d’une visite flash des collections en lien avec la thématique du jour.
Gratuit sur inscription obligatoire par email à : reservation.cognacqjay@paris.fr

- Mardi 9 novembre (17h-19h): Nina Kushner (Clark University), "Sexuality and sociability in the Eighteenth Century" titre à préciser ; conférence en anglais


JUIN 2021

Sociabilité et libertinage au siècle des Lumières

François Boucher, La Belle Cuisinière (1735)

en paralèlle de l'exposition "L'Empire des sens, de Boucher à Greuze" au Musée Cognacq-Jay (8 Rue Elzevir, 75003 Paris), du 19 mai au 18 juillet 2021.


Via Zoom en webconférence. Participation libre sur inscription obligatoire.
Pour recevoir le lien de connexion, contactez : alain.kerherve@univ-brest.fr

Séances 1 et 2 : Sociabilité et libertinage dans la littérature

  • JEUDI 3 JUIN (17h-19h):

Jean-Christophe Abramovici (Professeur de littérature française, Sorbonne Université) :
« Le libertinage peut-il faire société ? Diderot au Salon »

Face aux toiles érotiques des Salons de peinture, Diderot multiplie les réactions contrastées, sinon contradictoires : ici, il blâme l’indécence de Boucher, déclare « être bien aise de voir des tétons et des fesses » mais ne pas vouloir qu’on lui en « montre » ; là, il devient égrillard face aux jeunes filles pourtant chastes et prudes d’un Greuze. Tout ne serait-il pas affaire de « public », de « destinataire » ? Les nudités en peinture posent la question de leur partage. Visent-elles à fédérer, ou s’adressent-elles aux regards curieux d’un seul ? Le libertinage peut-il faire société ?

Pour écouter la conférence en podcast, cliquer ICI

  • JEUDI 17 JUIN (17h-19h):

Michel Delon (Professeur Emérite de littérature française du XVIIIe siècle, Sorbonne Université): Jardins libertins au XVIIIe siècle.

Le libertinage du XVIIIe siècle est associé au luxe des salons et aux raffinements des boudoirs, mais il s’attarde volontiers dans les parcs et jardins qui dessinent une carte du Tendre un peu cynique où les courbes des allées épousent les mouvements du désir. Le bosquet, la grotte et le labyrinthe y sont privilégiés et trouvent une nouvelle actualité lorsque le parc à l’anglaise remplace le jardin à la française, lorsque Fragonard réinterprète les fêtes galantes de Watteau. Le souvenir de ces jardins se perpétue au moins jusqu’au roman de René Boylesve, La Leçon d’amour dans un parc (1902).

Pour écouter la conférence en podcast, cliquer ICI


TABLE-RONDE - Lundi 10 mai 2021

Thermalisme et sociabilités féminines

Séance co-organisée avec le GIS Sociabilités, dans le cadre du séminaire "Thermalisme et Politique (XVIIe-XIXe siècle)", animé par Samuel Cuisinier-Delorme (MCF en anglais, Université Clermont Auvergne, IHRIM UMR 5317), Sophie Vasset (MCF en anglais, Université de Paris, LARCA UMR 8225) et François Zanetti (MCF en histoire, Université de Paris, EA ICT).

Lundi 10 mai (16h30-18h30)

Invitées : Annick COSSIC (HCTI, Université de Bretagne Occidentale), Elaine CHALUS (University of Liverpool) et Rachael JOHNSON (Kingston University).

Pour recevoir le lien Zoom, inscrivez vous obligatoirement via ce formulaire d'inscription.

Pour plus d'informations sur le programme du séminaire : cliquez ici.

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Voici les résumés:

  • « Spa Sociability and the Reformation of the Nation: the Case of Hannah More in Georgian Bath (1792-1802) »

Annick Cossic (Université de Bretagne Occidentale)

Hannah More, a British woman of letters, who belonged to the second generation of Bluestockings, lived for about ten years in Bath where she shared a house with her sisters at 76, Great Pulteney Street, which thus became her winter residence. This paper will examine the tension that she experienced between spa sociability and its round of pleasures, on the one hand, and the moral, religious and political crusades that she embarked upon, on the other hand. Through the various letters that she wrote from Bath or its vicinity, it will assess the role of spa sociability in both encouraging political conservatism at the time of the French Revolution and favouring the emergence of an original model of social interaction, a philanthropic one. In spite of the founding utopia of social harmony at the heart of the Palladian redesigning of the ‘Queen of watering places,’ Bath was not exempt from conflicts and controversies. Hannah More’s reinvention of spa sociability along philanthropic lines – an undertaking encouraged by her illustrious friend, William Wilberforce – occurred in a context that exacerbated them.

 

  • « Our Friends at Bath: Sociability and Politics at the Spa »

Elaine Chalus (University of Liverpool)

At the beginning of April in 1767, a week before Parliament rose for the Easter recess, Lady Rockingham, who was in Bath for her health, received a political request from her husband in London. How many — he wanted to know — of ‘our Friends’ were in Bath? Could she find out through her socialising and let him know? And could she please impress upon those ‘Friends’ the importance of being in Parliament for the debate on the 14th? Rockingham and his supporters, then in Opposition, were hoping to defeat the government on the penultimate day of term and put a stop to the parliamentary inquiry into the affairs of the East India Company. As Rockingham explained to his wife: ‘Administration have always much advantage when the House is thin. Administration can easier keep their Followers in Town than we can keep the many Individuals who, if present would Vote with us.’ In 1767 the joint benefits of increased turnpiking and the introduction of the new Bath Flying Coach had shortened the trip to London to less than twenty-four hours, so politicians could readily enjoy the comforts of the spa and still return to Parliament quickly when required.

Lady Rockingham was an experienced political operator by the 1760s and this was by no means the first time that she had acted as ‘whip’ for her husband. Nor would it be the first, or the last, time that she turned her presence at the spa to political ends. Bath was popular with eighteenth-century politicians and its conveniently social ethos could be used to gather information, woo supporters, and build networks and alliances. This paper considers several of Lady Rockingham’s socio-political interventions between c.1760 and 1780 and suggests that the spa town was particularly well suited to the exercise of political sociability .

 

  • « Bell Causey at Tunbridge Wells: Master of Ceremonies, Matchmaker, or Pimp? »

Rachael Johnson (Kingston University)

In The Tunbridge Wells Guide of 1784, Bell Causey is described as ‘a fine but very large woman’ who ‘directed the company’ at this increasingly fashionable Kentish spa ‘in all their pleasures and amusements’. Acting as a de facto Master of Ceremonies, Causey managed the entertainments at Tunbridge Wells between 1725 and 1735, being secure enough in her position to hold off the famous Master of Ceremonies of Bath, Richard ‘Beau’ Nash, who coveted the position for himself. Whilst seemingly formidable – she apparently ‘hustle[d]’ the company ‘as they do chickens, to any place and for any purpose she wanted them for’ – guidebook writers defamed Causey, suggesting that she was the leader of a gang of prostitutes. In this paper, I will consider the portrayal of Causey in The Tunbridge Wells Guide of 1784, asking why its writers felt the need to offer such a slanderous account. Who was the real Bell Causey? What was her role at this fashionable spa? Why is she mentioned in only one of Tunbridge Wells’s Georgian history books? Was there an attempt to erase the spa’s first de facto Master of Ceremonies from history?

 


TABLE-RONDE "Sociabilité et épidémies" - Jeudi 15 avril 2021

Sociabilité et épidémies : comment maintenir le lien social

lors des épisodes épidémiques durant le Long dix-huitième siècle ?


Table-ronde organisée par le GIS Sociabilités
dans le cadre du projet européen DIGITENS

Laboratoire PLEIADE - Université Sorbonne Paris Nord
Laboratoire LARCA - Université de Paris

Jeudi 15 avril 2021, 16h-18h

Invités : Emmanuelle Peraldo (Université Cote d’Azur) ; Stanis Perez (MSH Paris-Nord/Pleiade) ; Elise Ricadat (Université de Paris) ; Laurent Turcot (Université du Québec à Trois-Rivières)

Ecouter le podcast de la conférence en cliquant sur le lien ci-dessous :

Podcast Table-ronde Sociabilités et épidémies 15 avril 2021


Les épidémies sont généralement sources de bouleversements sociaux. Les restrictions visant à limiter la propagation de la maladie obligent à une réorganisation des modes de vie du quotidien et transforment les relations et les interactions entre les individus, remettant en question la sociabilité. Cette table-ronde rassemble des spécialistes d’histoire sociale, d’histoire de la santé, de psychologie et psychanalyse, de littérature, s’intéressant aux mondes anglophones et francophones de l’époque moderne à aujourd’hui. Elle a pour objet de réfléchir à la manière dont les populations ont continué à maintenir les liens sociaux malgré les contraintes liées aux épidémies durant le Long dix-huitième siècle.
Elle interrogera l’impact des épidémies sur les « modes » comportementales et vestimentaires, selon les classes sociales, les âges et les zones d’habitation. Elle regardera la place donnée par les autorités aux rassemblements, divertissements et rencontres sociales, dans le cadre de leur gestion des épidémies. Elle tentera ensuite d’évaluer les degrés de résistances sociales face à ces changements. Une partie du débat abordera enfin les représentations et perceptions du lien social à travers les « témoignages » picturaux et écrits contemporains des épidémies.

La table-ronde aura lieu en ligne.
Pour obtenir le lien vers la plateforme de visio-conférence, INSCRIVEZ-VOUS ICI

Contacts : sabrina.juillet-garzon@sorbonne-paris-nord.fr ; sophie.vasset@u-paris.fr